Différences de prix et Euro

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Objectifs :

1)       Faire un travail personnel de recherche.

2)       Utiliser les taux de variation et d’indice.

3)       Montrer les différentes stratégies des entreprises pour la formation des prix.

4)       Utilisez les notions de compétitivité prix et hors prix.

 

Démarche :

1)       travail par groupes de 3

2)       le travail de recherche est bien sur un préalable à ce T.P.

3)       mise en commun des résultats.

4)       Travail en groupe sur les réponses aux questions.

5)       Présenter oralement les réponses aux questions.

 

 

 

 

Doc.1 : L'euro fait ressortir les différences de prix en Europe

Le passage des étiquettes à l'euro introduit une once de transparence dans le panier du consommateur européen, qui risque d'être tenté d'acheter sa voiture en Belgique et son essence en Grèce du fait des différences de prix considérables d'un pays à l'autre de la zone euro.

Dans l'idéal, l'euroconsommateur commencerait par s'offrir une Volkswagen Golf cinq portes (modèle de base) à Bruxelles pour 14 060 euros, soit une ristourne de 43,5 % par rapport à Lisbonne (20 176 euros). Il irait faire le plein de Super 95 sans plomb à Athènes (0,69 euro le litre) plutôt qu'à La Haye (1,095 euros), ce qui vaudrait au voyageur une remise de 58,7 %. Ce champion des économies en profiterait pour mordre dans un Big Mac grec à 2,11 euros, qu'il paierait 40 % de moins qu'à Bruxelles (2,95 euros). Amateur de parfums, il achèterait son flacon de Chanel No 5 (7,5 ml) à Rome à 57,97 euros plutôt qu'à Berlin, où il est 36 % plus cher (78 euros). Le parcours virtuel de ce consommateur, pour théorique qu'il soit, illustre le chemin qui reste à parcourir jusqu'à l'harmonisation des prix prônée par Bruxelles.

Les entreprises européennes, au premier rang desquelles les firmes automobiles, tancées par la Commission, soulignent l'impossibilité d'harmoniser complètement les prix étant donné les divergences fiscales des douze pays membres. "Si les prix varient d'un pays à l'autre, cela est uniquement dû aux différences d'impôts", souligne le constructeur allemand BMW, qui a annoncé la semaine dernière l'harmonisation européenne des prix de sa nouvelle Série 7. Certains grands groupes de distribution soulignent toutefois que l'alignement total des tarifs n'est ni réalisable ni souhaitable. C'est la conviction d'un des patrons d'Inditex, leader espagnol de la confection dont Zara est le vaisseau amiral. "Les différences sociales, les particularités des marchés d'un pays à l'autre ne vont pas changer d'un trait de plume dès le 1er janvier", estimait en décembre Miguel Diaz, membre de la direction commerciale d'Inditex. Pour le vice-président finances de McDonald's France, Jérôme Tafani, les variations de pouvoir d'achat sont moins déterminantes que les habitudes de consommation. Si le hamburger est nettement plus cher à La Haye qu'en France ou en Italie, "cela tient aux habitudes des Néerlandais : ils font partie de ces pays du nord de l'Europe où l'on cherche d'abord à se nourrir le moins cher possible", a expliqué M. Tafani. McDonald's ne l'ignore pas et facture plus cher ses produits d'entrée de gamme aux Pays-Bas. Pour la chaîne de restauration rapide, seuls 10 % des écarts de prix de la chaîne sont liés aux variations de pouvoir d'achat.

Reste que la diversité des étiquettes d'un pays à l'autre n'a d'égale que celle constatée d'une région à l'autre d'un même Etat. Le ticket de cinéma à 8,10 euros dans un multiplexe à Paris tombe à 5 euros dans une salle de quartier à Caen (Calvados), soit presque le tarif madrilène (5,55 euros). "En France vous avez une hétérogénéité entre le Massif central et la Côte d'Azur. Aux Etats-Unis vous avez des différences entre la Californie et le Massachusetts. Le débat c'est : comment on gère tout ça", relève Christian de Boissieu, professeur d'économie à Paris-I, partisan d'une harmonisation fiscale au sein de l'Europe.

LE MONDE | 03.01.02

 

Doc.2 : Le grand jeu du panier de la ménagère en euros

LE MONDE | 04.01.02

La comparaison du panier de la ménagère, réalisée par les correspondants du "Monde" dans cinq villes européennes, trois jours après le passage à l'euro, témoigne de différences significatives des prix d'un pays à l'autre. Certaines attestent de traditions nationales en matière de comportements ou de fiscalité, d'autres de pratiques commerciales que la transparence va permettre de corriger. Au troisième jour du passage à l'euro, 20 % des transactions commerciales se déroulaient dans la nouvelle monnaie, avec de fortes différences suivant les pays. Des tensions étaient notées, vendredi, en France, dans l'approvisionnement des commerces. La Banque de France a dû rappeler les banques à leur devoir de change des francs contre des euros, leur demandant de "dépanner tous ceux qui veulent effectuer un échange de moins de 2 000 francs".

BRUXELLES de notre bureau européen

Finis les conversions entre devises ou les réajustements pour obtenir des prix exprimés en parité de pouvoir d'achat : avec l'euro, les prix sont nets et comparables dans douze pays d'Europe. Et chacun peut se livrer au petit jeu de voir combien paie son voisin, comme l'a fait Le Monde à Paris, Francfort, Bruxelles, Madrid et Rome.

Qui dit euro dit transparence, mais pas forcément alignement des prix. Les marchés sont souvent locaux, comme il en existe aux Etats-Unis, et c'est au niveau régional que s'équilibrent offre et demande, notamment pour les loyers. Nul besoin de l'euro pour savoir que Rome est plus chère que Bruxelles, et Londres hors de prix, peu importe le niveau de la livre. Généralement, le prix des services est souvent plus élevé dans les régions à haut niveau de vie, car il faut payer frais généraux et salaires élevés : le salaire minimum horaire n'est que de 2,93 € en Espagne, atteint 6,18 € en Belgique. Sans surprise, la coupe de cheveux homme est à 6,25 € au fond de l'ex-RDA, à Schwedt sur l'Oder, près de la frontière polonaise, mais à 15 € dans un quartier chic de Bruxelles.

Il n'existe pas non plus de consommateur type européen, notamment dans l'alimentation. Tel produit, massivement consommé, y sera meilleur marché qu'ailleurs. Le pot de Nutella, prisé en Allemagne, ne vaut ainsi que 1,43 € à Francfort, mais bondit à 1,94 € en Italie. Son équivalent en Espagne atteint 5,25 €. La bière bavaroise coûte deux fois moins cher à Berlin qu'à Lyon, où sa distribution, en faible quantité, est prohibitive. Le concept des week-ends à New York existe peu en Espagne : logiquement, ils coûtent plus cher qu'au départ de Bruxelles ou Francfort.

VARIATIONS

Ces précautions prises, le relevé de prix réalisé dans les cinq villes européennes apporte quelques enseignements : sur les produits les plus anodins, on atteint en pourcentage de fortes variations de prix (crème Nivea, ampoule électrique). Mais celles-ci peuvent toutefois exister entre deux magasins d'une même rue. En revanche, pour les produits très internationaux, les fabricants veillent souvent à ce que les tarifs évoluent dans des fourchettes raisonnables, pour éviter les importations parallèles : la PlayStation de Sony varie de 299 € en Allemagne à 321,99 € en Belgique, le CD de Madonna de 17,23 € en Belgique à 19,80 € en Espagne, et ces variations ne sont pas nécessairement appelées à disparaître. Notons que si Apple sur son site Internet, vend son iMac à 999 € dans toute l'Europe, nos correspondants l'ont tous trouvé à un tarif plus élevé — et assez disparate —, sans doute en raison des marges des distributeurs.

Toutefois, l'euro va susciter une discussion, voire entraîner une harmonisation, lorsque les écarts de prix s'expliquent parce que les industriels cloisonnent de manière flagrante les marchés, ou que ces écarts sont dus à la fiscalité.

Ainsi, depuis toujours, les constructeurs automobiles cherchent à empêcher les consommateurs d'acheter leur véhicule au meilleur prix en Europe. Pour la Peugeot 206 XR, l'écart entre l'Espagne et l'Allemagne dépasse les 20 %. Vu le poids de l'automobile dans le budget des ménages, on devrait parvenir à un resserrement des écarts. Plus subtiles, les compagnies aériennes facturent un billet à un prix différent selon le pays d'achat : mieux vaut acheter son billet Lufthansa en France, où la compagnie cherche à s'implanter, qu'en Allemagne.

Moins visible est l'avantage manifeste que tirent de leur monopole les entreprises publiques de distribution du courrier. Elles remplissent à peu près toutes la même mission, desservant chaque village six jours sur sept, mais le timbre coûte 0,56 € en Allemagne contre 0,25 € en Espagne. Seule l'ouverture à la concurrence — non décidée par les Quinze — pourrait faire vraiment bouger les choses, le particulier pouvant difficilement poster son courrier dans un pays tiers.

CHOIX DE SOCIÉTÉ

Deuxièmement, l'euro va relancer le débat fiscal en Europe. Des pays comme la France ont longtemps favorisé les taxes indirectes (TVA, taxes sur les tabacs et alcools élevées, à l'exception du vin), moins visibles que l'impopulaire impôt sur le revenu, pourtant bas en France. Mais, avec l'euro, ces prélèvements indirects apparaissent au grand jour : l'Allemagne est attrayante pour les fumeurs, avec une TVA de 16 % seulement et des taxes sur le tabac relativement faibles ; l'Espagne pour les conducteurs, avec une essence peu imposée.

Si le consommateur européen a intérêt à comparer les prix de vente, le citoyen européen, lui, doit prendre en compte tous ces impôts, y compris directs.

Le troisième débat concerne les services d'intérêt général. Ceux-ci sont payés en partie par le contribuable, en partie par le consommateur et l'euro met en lumière de fortes disparités : la consultation chez le médecin généraliste en Allemagne, prise en charge à 100 % par les caisses publiques, ne conduit à aucun déboursement contrairement à la France. Les autoroutes sont gratuites en Europe du Nord, à péage dans le Sud. Le ticket de métro coûte deux fois moins cher à Paris qu'à Francfort, mais quel est son taux de subvention ? Les Allemands paient une redevance télévision très élevée, mais ils ont à ce prix un service public de qualité, alors que les Espagnols ou les Italiens eux, n'en paient pas, mais ont des écrans envahis par la publicité.

La France fait payer au prix fort son "exception culturelle", avec une entrée du Louvre à 7,50 € contre 5 € pour le Prado à Madrid. Des différences qui sont autant de choix de société, qui méritent un double débat : sur la performance de ces services et sur le niveau de prise en charge par la collectivité. La ville de Bruxelles, elle, tente de dissocier en chaque individu le consommateur et le contribuable : l'entrée à la piscine coûte 1,86 € pour les résidents de la commune qui paient des impôts locaux, et 2,23 € pour les autres.

Arnaud Leparmentier, avec nos correspondants européens

Questions :

1)    Travail de recherche : faites le tour de vos magasins préférés et remplissez le tableau suivant :

Produit

Prix

Type de magasin

(généraliste ou spécialiste)

Lieu d’achat

Golf

 

 

 

 

Chanel no 5

 

 

 

 

Big Mac

 

 

 

 

Spaghettis

 

 

 

 

Heineken

 

 

 

 

Lait

 

 

 

 

Coca-Cola

 

 

 

 

Essence

 

 

 

 

2)    expliquez les phrases soulignées

3)    quels sont les facteurs avancés dans ces 2 documents pour expliquer les écarts de prix dans la zone € ?

4)    comment peut on expliquer les différences de prix pour des les mêmes produits à l’intérieur même d’un pays ?

5)    en prenant l’exemple de l’automobile, comment les constructeurs peuvent-ils empêcher le consommateur de choisir librement son pays d’achat ?

6)    A l’aide des documents et de vos connaissances, cherchez quels sont les avantages et les inconvénients de l’€ ?

 

 

 

Variations des prix en euros de quelques produits d'un pays à l'autre

Voici les prix toutes taxes comprises de quelques produits relevés par les bureaux de l'AFP dans les différentes capitales de la zone euro (sauf Luxembourg), allant du moins cher au plus cher :


Volkswagen Golf, cinq portes, essence, modèle de base
Bruxelles : 14 060 euros
Paris : 14 850 euros
Berlin : 14 900 euros
Madrid : 15 760 euros
Athènes : 15 803 euros
Milan : 15 905 euros
Vienne : 16 478 euros
La Haye : 17 471 euros
Dublin : 19 035 euros
Helsinki : 19 310 euros
Lisbonne : 20 176 euros

 

Flacon 15 ml de parfum Chanel no 5
Milan : 57,17 euros (7,5 ml), soit environ 114,34 euros
Bruxelles : 112,92 euros
Madrid : 112,99 euros
Athènes : 114,12 euros
Dublin : 116 euros
Paris : 118,91 euros
La Haye : 122,52 euros
Vienne : 127,18 euros
Berlin : 78 euros (7,5 ml), soit 156 euros

 

Hamburger Big Mac
Athènes : 2,11 euros
Lisbonne : 2,49 euros
Vienne : 2,5 euros
Dublin : 2,54 euros
Milan : 2,6 euros
La Haye : 2,60 euros
Berlin : 2,65 euros
Helsinki : 2,90 euros
Paris : 2,95 euros
Bruxelles : 2,95 euros

 

Paquet de spaghettis 500 grammes (gamme moyenne)
Lisbonne : 0,47 euro
Milan : 0,56 euro
Helsinki : 0,59 euro
La Haye : 0,75 euro
Berlin : 0,46 euro (250g) donc 0,9 euro environ pour 500g
Vienne : 0,864 euro
Bruxelles : 500g : 0,87 euro
Dublin : 0,44 euro pour 250g soit 0,88 euro pour 500g
Paris : 1,16 euros
Madrid : 0,69 euro pour 250g donc 1,38 euro pour 500g
Athènes : 0,62 euro pour 250g soit 1,24 euro pour 500g

 

Pack de 6 bières Heineken (33 cl)
Madrid : 2,82 euros
La Haye : 3,49 euros
Bruxelles : 4,02 euros
Paris : 4,11 euros
Lisbonne : 4,28 euros
Milan : 3 bouteilles 33 cl : 2,21 euros soit 4,42 euros pour six bouteilles
Vienne : 6,492 euros
Dublin : 9,38 euros
Helsinki : 12 euros

 

Un litre de lait entier
Berlin : 0,61 euro
Vienne : 0,69 euro
Helsinki : 0,71 euro
Lisbonne : 0,71 euro
Madrid : 0,72 euro
Paris : 0,75 euro
La Haye : 0,77 euro
Bruxelles : 0,83 euro
Dublin : 0,85 euro
Milan : 1,01 euro
Athènes : 1,02 euro

 

Bouteille de 1,5 litre de Coca-Cola
Madrid : 2 litres : 1,05 euro
Vienne : 0,99 euro
Berlin : 1,07 euro
Paris : 1,13 euro
La Haye : 1,20 euro
Athènes : 1,27 euro
Milan : 1,31 euro
Bruxelles : 1,36 euro
Lisbonne : 1,37 euro
Helsinki : 1,40 euro

 

Litre d'essence sans plomb 95
Athènes : 0,69 euro
Madrid : 0,72 euro
Dublin : 0,824 euro
Vienne : 0,835 euro
Lisbonne : 0,86 euro
Milan : 0,999 euro
Paris : 1,00 euro
Bruxelles : 1,014 euro
Helsinki : 1,023 euro
La Haye : 1,095 euro

 

 

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