Compte-rendu de la Rencontre
des professeurs de sciences économiques et sociales
avec le Conseil économique et
social
organisée en partenariat avec le ministère de
l’Education nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche
(DESCO – IGEN Sciences économiques et
sociales)
Vendredi 21 janvier 2005 – Palais
d’Iéna
Programme
Présentation du CES
Séance inaugurale
Comptes-rendus des
ateliers
- atelier 1 : « La famille, acteur majeur du lien
social », avec la section des Affaires sociales
- atelier 4 : « Pour une
croissance durable en France et en Europe : aspects conjoncturels et
structurels », avec la section des Questions économiques générales
et de la Conjoncture
- atelier 5 : « Quel
cadre financier et juridique pour la croissance ? », avec la
section des Finances , et un point particulier sur les Autorités Administratives Indépendantes
- atelier 6 :
« Croissance, recherche et technologies », avec la
section des Activités productives, de la Recherche et de la Technologie
Séance de clôture
Programme :
9h30 Accueil des participants
10h00 Ouverture par
Jacques DERMAGNE, président du Conseil économique et social
Intervention de François FILLON, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Présentation par Patrice CORBIN, secrétaire général, des missions et travaux
du Conseil économique et social
Echanges avec les participants.
11h00 Travaux en
ateliers
Présidé par M. Hubert BRIN, président de la section des Affaires
sociales
Supports de l’atelier :
« Famille et insertion économique et sociale des adultes de 18 à
25 ans », rapporteur Hubert BRIN
« La place des personnes
âgées dans la société », rapporteur Maurice BONNET
Présidé par un vice-président de la section des Affaires sociales
Supports
de l’atelier :
« Favoriser la réussite scolaire », rapporteur Claude
AZEMA
« Contribution à la préparation de la loi d’orientation sur
l’avenir de l’école », rapporteur Claude AZEMA
« L’accès de tous
aux droits de tous, par la mobilisation de tous », rapporteur Didier
ROBERT
« La place du travail dans la société », rapporteur Bernard
VIVIER
« Organisations du travail et nouveaux risques pour la santé des
salariés », rapporteur Elyane BRESSOL
« Le harcèlement moral au
travail », rapporteur Michel DEBOUT
Présidé par M. Henri de BENOIST, président de la section des Questions
économiques générales et de la Conjoncture
Supports de
l’atelier :
« La conjoncture au premier semestre 2004 », rapporteur Pierre
DUHARCOURT
« Renforcer l’attractivité de l’économie française au service
de la croissance et de l’emploi », rapporteur Henri de
BENOIST
« Ages et emploi à l’horizon 2010 », rapporteur Bernard
QUINTREAU au nom de l’ancienne Commission spéciale du Plan
Présidé par M. Jean-Michel REYNAUD, président de la section des
Finances
Supports de l’atelier :
« Des autorités de régulation financière et de concurrence : pour
quoi, comment ? », rapporteur Jean-Pierre MOUSSY
« Les
nécessaires évolutions du financement de l’Union européenne », rapporteur
Georges de LA LOYERE
« Projet de loi d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine » (titre IV sur le surendettement),
rapporteur Pierrette CROSEMARIE
Présidé par M. Didier SIMOND, président de la section des Activités
productives, de la Recherche et de la Technologie
Supports de
l’atelier :
« L’acte productif dans la société des savoirs et de
l’immatériel », rapporteur Hubert BOUCHET
« Création et
pérennisation des entreprises de petite taille », rapporteur Jacqueline
SOCQUET-CLERC-LAFFONT
« Economie de la connaissance : la recherche
publique française et les entreprises », rapporteur François
AILLERET
« Prévention et gestion des risques technologiques et
industriels », rapporteur Charles FITERMAN
13h00 Déjeuner-buffet
14h30 Rencontres avec les
groupes
Compte rendu par Pascal Binet
Allocution d’accueil de J.
Dermagne, qui présente sommairement le CES, qui comporte trois groupes
essentiels de conseillers :
les entrepreneurs, les salariés, le monde
associatif et un groupe d’experts désignés par l’éxécutif, apportant des visions
originales (231 conseillers dans 10 sections regroupant les principaux
thèmes).
Le CES remplit la mission constitutionnelle de conseiller le
gouvernement sur la vie de la société civile. Le CES conseille à partir de ce
qu’il sait de la réalité. Il ne fait que conseiller : le CES est en charge
du premier mot de la décision publique, car le dernier mot revient aux élus du
peuple.
Le CES est une assemblée pragmatique : en ce sens, il produit
des avis plus que des rapports ou des études.
Mr Dermagne insiste fortement
sur le fonctionnement de l’économie réelle. Il pense que l’enseignement des SES
est une formation indispensable, qui doit rester ouverte à tous tout au long du
cursus, et que l’école du XXIème siècle doit se préoccuper des acteurs de bases,
entreprises, familles, associations…
(voir présentation plus complète du CES
faites par Karin Bakhti)
Intervention de François
Fillon :
Mr Fillon remercie le président Dermagne, qui est à
l’origine de cette manifestation. Le CES accueille pour la première fois des
enseignants, formateurs, inspecteurs de l’Éducation nationale, et cette journée
a sa place dans la politique d’ouverture du CES. Plus que d’autres la discipline
SES a vocation à nouer des liens avec le conseil économique et social. Le monde
enseignant s’ouvre, et le monde économique et social ouvre à son tour ses
portes. La filière ES s’est imposée comme une voie générale de formation, les
SES comme une discipline au coeur de la culture générale, et les professeurs de
SES sont donc plus que d’autres sensibilisés. Le monde est désormais ouvert et
compétitif, des pôles d’excellence scientifique naissent au 4 coins du monde. La
France a des atouts, des potentiels à développer : économie, éducation
formation forment un tout.
Mr Fillon développe sa vision de l’école actuelle,
et les objectifs de la réforme qu’il promeut et les mesures centrales qu’elle
comporte.
Il conclut en disant que la filère ES n’est pas
menacée.
Patrice Corbin, le secrétaire général, présente
ensuite une brève historique du CES, l’organisation générale de la maison, et
insiste sur l’action internationale du CES qui consiste essentiellement à
participer à la construction de la société civile européenne, et à s’ouvrir au
monde, en promouvant l’existence d’assemblées de ce type partout dans le
monde.
Il reconnaît par ailleurs que le CES a sans doute quelques difficultés
à communiquer sur ces travaux, et que c’est l’un de ses soucis actuels.
L’organisation de cette journée est d’ailleurs une première réponse.
LE CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL EN QUELQUES LIGNES …
Présentation de Karin Bakthi
Une initiative
démocratique :
Créé en 1925 à la demande des syndicats ouvriers, il
n’est au départ qu’une assemblée de représentants professionnels.
En 1946, la
Constitution de la IVème République fonde le conseil économique, institution
indépendante représentative auprès du Parlement et du Gouvernement.
En 1958,
avec la Vème République, le Conseil Economique devient Conseil Economique et
Social.(CES)
Une triple fonction démocratique du CES :
-Constitutionnelle et donc indépendante vis-à-vis des pouvoirs
législatif et exécutif.
-Représentative de ce que l’on appelle
aujourd’hui la « société civile ».
-Consultative puisqu’elle
conseille et conforme les pouvoirs publics sur toute question économique et
sociale.
Qui compose le CES ? Une représentation
démocratique
Le CES, à travers sa composition, favorise le dialogue entre
toutes les catégories socio-professionnelles.
*Trois grands groupes de
conseillers sont présents au CES, ils sont censés représenter la société dans
sa diversité et la variété de ses dimensions :
-le monde
productif dans ses différents secteurs d’activité : agriculture,
artisanat, employeurs privés, public, professions libérales.
-les
salariés à travers les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Union des
syndicats autonomes.
-la vie associative.
*Des experts ou
personnalités qualifiées sont aussi présentes au CES, elles sont nommées par
l’exécutif et ont pour vocation d’apporter une vision originale, différente de
celle des corporatismes.
*Au total, ce sont 231 membres répartis
en 18 groupes de représentants qui siègent au Palais d’Iéna pour
un mandat de 5 ans.
Le nombre de membres pour chaque groupe cherche
une certaine représentativité, même lointaine parfois, du poids de chacun dans
la société.
*Le mode de désignation des conseillers obéit à des
règles différentes d’un groupe à l’autre.
Ils sont désignés pour 163 d’entre
eux par les organisations socio-professionnelles, et nommés par le Gouvernement
pour les 68 autres.
En outre, 72 membres de section jouent un
rôle d’expert pour 2 ans au sein des différentes
sections.
Comment s’organise le CES ? Un fonctionnement
démocratique
Les membres du CES se répartissent en différentes
sections de travail correspondant aux différents grands thèmes des
questions qui leur sont confiées. Il est fait en sorte qu’au sein de chaque
section, on retrouve autant que possible (car il y a parfois moins de membres
dans un groupe qu’il n’y a de sections !) la pluralité des groupes.
Ces
sections sont :
-Affaires sociales
-Travail
-Economies
régionales et Aménagement du territoire
-Cadre de
vie
-Finances
-Relations extérieures
-Activités productives, Recherche
et Technologie
-Agriculture et Alimentation
-Problèmes économiques
généraux et Conjoncture.
A cellles-ci, s’ajoutent deux
délégations :
-la Délégation aux droits de femmes et à l’égalité des
chances entre hommes et femmes
-la Délégation pour l’Union
Européenne.
* Le CES a un Président élu lors de chaque
renouvellement et à mi-mandat, au scrutin secret.
Il est responsable
du CES dans son fonctionnement et dans ses travaux.
Il est le
représentant du CES vis-à-vis des pouvoirs publics, et lors des
cérémonies en France comme à l’Etranger.
* Le CES a un Bureau, élu par
l’assemblée selon les mêmes principes que le Président.
18 membres (un pour
chaque groupe) le composent en plus du Président et d’un Secrétaire
Général.
C’est lui qui fixe l’ordre du jour des travaux du
Conseil.
Il fait le lien entre le CES et le Parlement, entre le
CES et le Gouvernement.
Comment travaille le CES ? Une
participation active à la démocratie.
Le CES doit conseiller le
Gouvernement en participant à l’élaboration de la politique économique et
sociale.
Il contribue aussi à l’information des assemblées politiques
(Parlement) et des citoyens.
Les différentes étapes de travail du
CES :
* Le CES ne travaille que sur saisine.
Celle-ci
émane :
-soit du Gouvernement, elle est obligatoire pour les
lois de programme et sur la conjoncture. Elle est facultative pour tout
sujet économique et social qui intéresse le Gouvernement.
-soit du CES
lui-même, on parle d’autosaisine, sur demande d’un groupe ou d’une
section.
Le Bureau adopte les autosaisines.
1-Il attribue la question à la
section jugée compétente et lui fixe les délais de dépôts du rapport et du
projet d’avis.
2-Au sein de la section retenue :
-un rapporteur est
désigné
-un travail de documentation et d’auditions (10 à 15 intervenants
compétents et de nature diverse) pour une meilleure appréhension concrète du
sujet est réalisé.
Un rapport et rédigé et adopté ainsi qu’un avant-projet
d’avis.
3- Ce rapport est présenté (par le rapporteur désigné dans la section
) en assemblée plénière du CES.(1er jour)
Le ministre représentant
du Gouvernement sur le sujet intervient.
Le projet d’avis est discuté, des
amendements sont déposés.
4-En section, les amendements sont
examinés.
5-Le deuxième jour de l’assemblée plénière du CES, le rapporteur
donne la réponse de la section.
Les amendements sont votés. Le vote est
expliqué.
Le vote final d’avis a lieu.
6- Est publié au JO le
rapport du CES.
*Le CES se réunit deux fois deux jours par
mois.
*Le CES conseille donc le Gouvernement dans l’élaboration de la
loi en donnant son avis, en procédant à des recommandations.
*Il peut par
ailleurs jouer, sur demande du Gouvernement, un rôle de suivi de la loi,
afin d’étudier ses conditions d’application, son opérationnalité, son efficacité
et d’en informer le Gouvernement.
On peut consulter le site du
CES sur lequel sont publiés ses rapports, sont apportées des informations
diverses sur celui-ci.
www.ces.fr
ATELIER N° 01 : LA FAMILLE, ACTEUR MAJEUR DU
LIEN SOCIAL avec M.Hubert BRIN, président de la section des Affaires sociales.
Compte rendu par Marie Bourgeaux.
On distingue trois
formes de travail :
Journée du 21 janvier 2005 au CES
Matin : Atelier 4 : thème
abordé :
Pour une croissance durable en France et en Europe aspects
conjoncturels et structurels avec la section des questions économiques générales
et de la conjoncture
Résumé par Pascal Jullian
Les intervenants
Henri de
BENOIST :
Ingénieur diplômé de l'Institut National Agronomique (INA)
Président de l'Association générale des producteurs de blé et autres
céréales (AGPB) Vice-Président de la Fédération nationale des syndicats
d'exploitants agricoles (FNSEA)
Membre du Groupe de
l'Agriculture
Président de la section des Questions économiques générales et
de la Conjoncture, Rapporteur de l'avis intitulé « Renforcer l'attractivité
de l'économie française au service de la croissance et de l'emploi »
(Janvier 2003)
Pierre DUHARCOURT
Ingénieur civil des
Mines
Docteur d'Etat en sciences économiques
Agrégé des facultés de droit
et de sciences économiques
Professeur à l'Université de
Marne-la-Vallée
Membre des Secrétariats nationaux de la FSU et du
SNESUP
Membre de la section des Questions économiques générales et de la
Conjoncture Rapporteur des avis sur « La conjoncture au second semestre 2002
» publié en janvier 2003 et « La conjoncture au premier semestre
2004 » publié en juin 2004.
Bernard QUINTREAU
Professeur
d'Histoire-Géographie
Président de la Section du Cadre de vie (au titre du
groupe de la CFDT)
Rapporteur de l'avis intitulé « Dynamique de la
population active et emploi.- la gestion prévisionnelle des âges à
l'horizon 2010 » (octobre 2001) et (avec MM. Dominique Taddei, Gérard
Alezard, Jean Billet, et Michel Gevrey) de l'étude intitulée « Scenario et
stratégie pour une France plus active » Juillet
2004).
Début de la séance 10h42
Le président de la
section, M Henri de Benoist, Président de la section « des problèmes
économiques généraux et Conjoncture », présente le rôle important de sa
section au sein du CES. Il précise que les études de sa section sont conduites à
partir, soit d’une saisine gouvernementale soit d’une auto-saisine (c’est à dire
une initiative propre du CES qui décide de mener une étude sur un sujet précis
)
Elle constitue une expertise de la situation conjoncturelle.
Il
donne des exemples de différents rapports élaborés par sa section et en
particulier celle relative à une saisine du Premier ministre qui demandait au
CES en juin 2002 de réaliser « un état des lieux, de diagnostiquer
les conséquences économiques et sociales de la multiplicité du SMIC et de
dresser un inventaire des solutions tendant à rationaliser le référent salarial
minimum »
Le CES propose dans cet avis des solutions qui
tentent de concilier la nécessaire progression du pouvoir d’achat des salariés
les moins rémunérés tout en préservant la situation des entreprises dans le
cadre d’une convergence des différents niveaux de Smic après la loi sur les 35
heures.
(Voir avis sur le site du CES : www.ces.fr « SMIC et réduction du
temps de travail : des divergences à la
convergence »
Une deuxième saisine
gouvernementale demande au CES de faire des propositions pour
renforcer l’attractivité de l’économie française.
Le Président De BENOIST
précise qu’à la suite d’un premier projet d’avis de sa section non approuvé par
le CES en séance plénière en octobre 2002, un deuxième rapport fut approuvé par
le CES en janvier 2003 et transmis au Premier Ministre sous le
titre : « renforcer l’attractivité de l’économie française
au service de la croissance et de l’emploi »
Pour le CES,
notre pays, doit en priorité se concentrer sur le renforcement des ses atouts,
tout en veillant aux faiblesses qui lui sont attribuées.
Ensuite Monsieur
De Benoist précise qu’au-delà des saisines gouvernementales, 10 projets d’avis
ont été élaborés par sa section (suite à une « autosaisine » du CES)
sous forme de rapports semestriels sur la conjoncture économique et sociale de
notre pays.
Il rappelle que ces rapports ont été élaborés dans un contexte
caractérisé par un ralentissement très net de la conjoncture économique
française à partir de la fin de l’année 2000 et début 2001.
En effet, après
la période de forte croissance de l’année 2000 (+4,2% selon lui), on a assisté à
une période de croissance molle qui perdure encore aujourd’hui …
L’UE, quant
à elle, connaît une conjoncture économique sensiblement identique et en
revanche, l’Asie et en particulier la Chine et l’Inde connaissent une forte
croissance.
Suite à cette rapide analyse de la conjoncture, Le président de
la section Mr De Benoist précise que les prises de positions de sa section dans
ces propositions se sont efforcées de concilier 2 exigences
complémentaires :
* D’une part l’obtention d’un taux d’intérêt
suffisamment bas pour permettre un financement facile des agents
économiques. Ainsi selon lui, la politique monétaire de la BCE a été peu
transparente et particulièrement timorée en comparaison de celle de la FED qui a
pratiqué des taux d’intérêt plus bas que la BCE et qui a semblé toujours plus
réactive.
* D’autre part, la maîtrise des finances publiques sans pour
autant rechercher une réduction trop brutale des déficits publics qui pèse sur
le rythme de croissance économique et donc la création d’emploi
Monsieur De
Benoist fait ensuite le constat que le CES trouve que le pacte de stabilité de
1997 est, dans la circonstance actuelle, beaucoup trop rigide et doit être
remanié avant que celui-ci ne se révèle inapplicable (remarque
personnelle :si vous suivez l’actualité portant sur ce sujet - Le monde du
19 janvier p 6 : le refus de l’Allemagne de se laisser enfermer dans le
carcan budgétaire du pacte de stabilité + page 22, horizons
débats : « la nécessaire révision du pacte européen de
stabilité » par Gerhard Schröder- vous pouvez constater la perspicacité
dont ont fait preuve les personnes en charge de cette section à cette époque
…)
Enfin après avoir rappelé la situation conjoncturelle, il présente les
recommandations de la section qu’il dirige au CES relative aux caractéristiques
de l ’offre et de la demande sur le marché français :
Du côté de
l’offre, il faut :
ATELIER 5 : UN EXEMPLE DU ROLE ET DU FONCTIONNEMENT DU
CES :
LA SECTION DES FINANCES
Compte-rendu par Karin BAKHTI
Quatre Rapports de la section « Finances », présentés le 21 Janvier
2005 dans le cadre de l’atelier « Quel cadre financier et juridique
pour la croissance ? », peuvent permettre d’illustrer le rôle
et le fonctionnement du CES :
***
Rapport 2 : « Les nécessaires évolutions du financement de
l’Union Européenne »
Présenté par G. De La Loyère, rapporteur et
nommé par le gouvernement en Conseil des Ministres au titre de personnalité
qualifiée. Ingénieur des travaux publics de formation.
Ce rapport attire
l’attention sur le fait que de nombreuses questions concernant l’Union
Européenne ont déjà été abordées au CES – il existe même une délégation des
affaires européennes-. Mais les rapports établis ont été faits les sections
agriculture, aménagement du territoire…mais le CES n’avait encore rien fait sur
les finances de l’Union.
Il avait pour objet spécifique de s’interroger sur
la question suivante et d’en montrer toute l’acuité :
Comment
faire évoluer le système de financement de l’Union Européenne ?
Non
seulement par rapport à ces compétences, mais aussi par rapport à la stratégie
de Lisbonne (=faire de l’UE la région la plus compétitive au
Monde)
D’autant plus que l’UE a l’originalité de développer ses
perspectives financières sur 7 ans et non de réfléchir à un budget annuel, alors
même qu’elle ne cesse de changer de dimension, et qu’elle n’est, loin s’en faut
la zone la plus prospère. D’ailleurs si la croissance était présente, le
problème justement de la dette ne se serait pas aussi inquiétant et ne serait
pas traité avec autant de difficultés.
Le rapport a l’intérêt pédagogique
de s’interroger sur :
Les grandes orientations européennes
La
composition du budget et ses déséquilibres (cf 60% pour l’agriculture)
Les
modalités de prises de décision avec les rôles différents du Parlement européen,
de la commission et du conseil européen.
La mise en place de l’euro
fiduciaire et les avantages pour la zone en terme de croissance et de stabilité
économique. Cf le problème d’une monnaie unique et des politiques budgétaires
nationales.
Le problème des ressources.
Le problème de la
dette.
Les propositions du CES ont été :
- L’idée d’une fiscalité
propre à l’UE et non plus d’une seule contribution de chaque Etat à
l’UE :
***
Rapport 3 : « Création et pérennisation de l’entreprise de
petite taille »
Présenté par J. Socquet-Clerc Lafont, avocate,
membre du groupe des professions libérales (trois personnes au CES au
total !) en 2001.
Cette étude a été demandée au CES face à
l’infériorité des créations d’entreprises en France proportionnellement aux EU,
et à leur recul constaté de surcroît.
Ce rapport, après avoir dressé le
tableau des (très) petites entreprises en terme de place et caractéristiques en
France, montrait leurs difficultés rencontrées et tout particulièrement leur
grande sinistrabilité du fait d’un manque patent de préoccupations et
connaissances dans le domaine juridique.
-Il proposait en conséquence
d’encourager la création d’entreprises en s’interrogeant sur les moyens
de favoriser les garanties d’une création réussie.
Notamment
concernant :
***
Rapport 4 : « Projet de loi d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine. »
Présenté par P.Crosemarie,
membre du groupe CGT, secrétaire générale de la fédération finance de la
CGT.
Saisine du gouvernement, par M.Borloo en Mai 2003 qui demande un
avis dans les plus brefs délais sur la question du surendettement des ménages,
dont le dépôt de dossiers est en nette accélération depuis 1996.
La loi
devait passée en Août 2003.
Le CES préconise l’effacement des dettes
complet dans les situations irrémédiablement compromises et de manière
accélérée.
En Juin 2003, les propositions sont adoptées par le
Parlement.
De nombreux amendements ont lieu, les banques font en sorte de
bien encadrer les situations pour prévenir les excès.
Passée en urgence par
la volonté de M.Borloo, la loi est promulguée en Août 2003.
Il demande un
suivi du CES sur cette loi du surendettement.
Que constate le CES
lors de son suivi ?
_ dans un premier temps : aucune circulaire ni
décret d’application n’ont été rédigés pour rendre cette loi effective.
_
d’autre part, les propositions ont fait l’objet de nombreuses modifications dans
le sens d’un amoindrissement social, avec une plus faible prise en charge des
problèmes, une équipe moins complète pour traiter le problème.
_ dans le même
temps, la Banque de France a réduit le nombre de ses succursales qui se traduit
par un ralentissement et un alourdissement des procédures -la proximité étant
gage d’efficacité et de rapidité du traitement des dossiers-.
Finalement, le
CES s’aperçoit que les nouveaux dispositifs mis en place avaient conduit à
aggraver la situation. Les situations de surendettement s’accumulaient, la
justice était débordée, alors même qu’augmentait dans le même temps la précarité
par la dégradation de la conjoncture économique, et la déception et la détresse
plus grande encore des démunis pour lesquels la loi avait fait naître des
espérances.
Le suivi du CES a permis de mettre en évidence :
LES AUTORITES ADMINISTRATIVES
INDEPENDANTES – AAI-
par Karin BAKHTI
Qui sont-elles ?
_
Elles peuvent être définies comme des organismes administratifs qui agissent au
nom de l’Etat et disposent d’un réel pouvoir alors même qu’ils ne relèvent pas
de l’autorité du Gouvernement. (et en conséquence, contrairement aux différentes
organisations traditionnelles de l’Etat.)
Elles n’ont donc pas de ministère
de tutelle, elles ne sont donc pas liées au Gouvernement.
_ Elles sont bien
indépendantes, et non seulement à l’égard de l’Etat comme pouvoir politique mais
aussi à l’égard des professionnels du secteur sur le(s)quel(s) elles
agissent.
Elles sont placées sous le contrôle des juges, et relèvent in fine
du Conseil d’Etat.
_ C’est la puissance publique qui leur délègue du
pouvoir.
_ On en dénombre aujourd’hui plus d’une trentaine.
Mais cet
ensemble des AAI est très hétérogène du fait de leurs champs d’intervention, de
leur champ de compétences, de leur grande diversité d’organisation, au point
qu’il est impossible de leur définir un modèle juridique unique.
Que
font-elles ?
Leur rôle peut être très varié.
Les missions
suivantes peuvent leur être confiées :
_ Médiation au sens strict (si
administration est jugée n’avoir pas rempli correctement sa fonction de service
public)
_ Protection des Libertés Publiques
_ Evaluation
pluridisciplinaire et expertise
_ Rôle de garant de l’impartialité de la
Puissance Publique
_ Enfin mission de régulation, notamment dans les secteurs
de l’économie de marché, l’information et de la communication.
* Cette
dernière mission, celle des ARAI (Autorités de Régulation Administratives
Indépendantes) a donné lieu a de nombreux débats sur la question de savoir ce
qu’il fallait entendre par « régulation ». Le rapport du Conseil
d’Etat de 2001 sur les AAI précise la notion p.279 en s’inspirant notamment des
expériences britanniques et américaines.
Quels sont leurs
pouvoirs ?
Les AAI disposent de nombreux types de
pouvoirs :
_ Emettre des avis
_ Formuler des propositions et
recommandations
_ Prononcer des injonctions
_ Prendre des décisions
individuelles
_ Disposer du pouvoir réglementaire
_ Bénéficier du pouvoir
d’investigation et de contrôle
_ Pouvoir prendre des sanctions.
Selon le
type d’AAI auquel elles appartiennent, les AAI ont cet ensemble de pouvoirs au
seulement un seul de ces types.
Comment sont-elles
organisées ?
Les membres qui les composent doivent réunir les
caractéristiques suivantes :
_ Ce sont des connaisseurs : ils
doivent avoir la compétence, être spécialisés dans le domaine d’exercice.
_
Ils sont indépendants du gouvernement, des professionnels.
_ Ils ont
l’expérience du travail en collège.
_ Ils sont nommés et leur mandat est non
renouvelable.
Au-delà de cela, les AAI sont très hétérogènes quant au mode de
désignation de leurs membres, quant à l’effectif composant le collège, quant à
leur statut, de même qu’en ce qui concerne leur budget de fonctionnement.
Certaines n’ont même pas de membres permanents, ni de budget
spécifique.
Pourquoi sont-elles créées ?
_ Le Conseil
d’Etat souligne le fait que le plus souvent, elles naissent du « fruit du
hasard », comme une rencontre entre un problème donné, à un moment donné,
dans un contexte donné.
Des exigences plus structurelles existent cependant.
En raison de la modification du contexte, l’Etat doit se réformer, le paysage
juridique se transforme.
_ Il y a désormais nécessité de s’adapter à la
réglementation européenne, qui exige notamment la séparation entre les autorités
de réglementation et les opérateurs.
_ Certains marchés ou secteurs
d’activité, et plus particulièrement les marchés financiers, connaissent des
exigences particulières, des spécificités.
_ Le contexte international a fait
perdre des marges de manœuvre aux différents pays quant à leur pouvoir de
régulation.
Le conseil d’Etat souligne l’importance du travail en réseau
du fait de la mondialisation et de l’intégration européenne, pour les marchés
financiers et la concurrence.
Quels problèmes soulèvent les
AAI ?
_ Un problème de contrôle quant à leur pouvoir et actions par
rapport :
Compte rendu de l'atelier 6: Croissance
recherche et technologies
Avec la section des Activités productives de la Recherche et de la
Technologie
Compte rendu : Patrice
Paravano
•Atelier présidé par M.Didier SIMOND,président de la
section des Activités productives , de la Recherche et de la Technologie
(APRT)
•4 sujets ont été traités, chacun a d'abord été
présenté par son rapporteur, puis en fin de séance une discussion sur l'ensemble
s'est déroulée.
•Les informations sur ces 4 sujets peuvent être consultées
sur le site du Conseil Économique et Social(CES) "http://www.ces.fr/"
1° sujet: Économie de la connaissance:la recherche publique française
et les entreprises
Rapporteur:François AILLERET (Président du Groupe
des entreprises publiques)
Membre du CES depuis septembre
1999,Polytechnique,École Nationale des Ponts et Chaussées,directeur à Aéroports
de Paris de 1971 à1979,puis carrière à EDF dont il a été Directeur Général en
1994,vice-président en 1996 et Président d'EDF international de 1997 à 2002,
Président du Conseil d'Administration de l'AFNOR depuis septembre
2002.
Références:
Notes d'Iéna n° 156 du jeudi 11 décembre
2003
http://www.ces.fr/présidence/publication/PU03-156.pdf
J.O.
41103-25
Rapport : http://www.ces.fr/rapport/doclon/03121725.pdf
Résumé:
La
compétitivité d'une économie est largement fonction de la qualité de sa
recherche - tant publique que privée.
Alors que l'Union européenne s'est
donné l'objectif de devenir " l'économie de la connaissance la plus compétitive
et la plus dynamique de la planète ", le Conseil économique et social analyse le
potentiel scientifique de notre pays et formule des recommandations afin d'en
améliorer l'efficacité.
Les points forts de l'exposé de François AILLERET
:
•La moitié de la croissance s'explique par les choix de recherche faits
précédemment. La société de la connaissance sera l'objet d'une compétition
extrêmement dure, tant au niveau européen que mondial. Aujourd'hui les cerveaux
sont mobiles, aux Etats-Unis par exemple, la moitié des doctorants viennent de
l'étranger.
•Il convient dans un premier temps de faire un état des lieux
pour la France:
•Les points forts:Qualité de l'enseignement supérieur (bonne
réputation de ceux qui en sortent diplômés) dans divers domaines, des maths purs
à la technologie
Dépenses publiques pour la recherche (1% du PIB)parmi les
plus élevées
Ouverture culturelle vers l'étranger
•Les points
faibles:Désaffection des jeunes pour les sciences alors que la démographie
imposera un fort renouvellement
Mal placée en biotechnologies
Financement
privé faible
Lien recherche publique-entreprises insuffisant
Lourdeurs des
décisions publiques
•Les recommandations du CES:
Créer des liens entre
public et priver ,favoriser la mobilité
Simplifier les procédures
administratives, par exemple les budgets annuels ne sont pas adaptés aux
programmes de recherche
Mettre en place une évaluation et financer des
projets plutôt que des structures
Créer un ministère de la recherche et de
l'enseignement supérieur, celui -ci étant plus proche de la recherche que de
l'enseignement primaire et secondaire
2° sujet:L'acte
productif dans la société du savoir et de l'immatériel
Rapporteur:Hubert
BOUCHET
Membre du CES depuis 1984 au titre des cadres CGT-FO,Ingénieur en
agriculture, diplôme du conservatoire national des arts et métiers de Paris,
représentant du CES à la
CNIL.
Références:
http://www.ces.fr/rapport/doclon/04012803.PDF
http://www.ces.fr/présidence/publication/PU04-160.pdf
Résumé:
A
bas bruit, l'immatériel saisit l'ensemble de nos actes. Autrement appelé "
donnée " ou " information ", il a gagné, après le monde de la production, celui
de la vie quotidienne et personnelle de chacun d'entre nous.
Le Conseil
économique et social examine ce processus qualifié, à un siècle de distance, "
d'irrésistible " par Karl Marx et Raymond Aron et qui abolit les frontières et
interroge sur la relation nouvelle au travail et à la production.
Les
points forts de l’intervention de M Hubert BOUCHET:
•Le CES s'intéresse à
l’immatériel depuis le rapport Delouvrier en 1987,à l’époque l’immatériel
représentait 40% de la production. Depuis 2 autres rapports sont sortis dont
celui évoqué ici et un 4° est en préparation sur l’industrie de l’information et
de la connaissance
•Aujourd’hui les grandes fonctions de l’existence (se
laver, se nourrir, se soigner..) sont sous l’emprise de la technique. En 20 ans
nous avons connu un « chambardement sans précédent »,qui touche tous
les domaines »même la production du lait de vache »
•Dans une
société de l’immatériel il convient de placer la « richesse humaine »
au cœur de l’acte productif ».M.BOUCHET insiste »je ne suis pas une
ressource humaine, je suis une richesse humaine et je crée des
richesses ».Dans cette société il convient donc de mettre à l’abri du
besoin vital. Proposition 15: »Le CES recommande le renforcement des moyens
de solidarité permettant à chacun d’être assuré d'un strict minimum afin de ne
pas être entravé dans l’exercice de ses talents propres.
•Et pour terminer
une dernière citation du rapporteur: »Les neurones ne marchent pas à coup
de pieds au cul »
3° sujet:Prévention et gestion des
risques technologiques et industriels
Rapporteur:Charles FITERMAN (ancien
membre du groupe des personnalités qualifiées)
Membre du CES de 1999 à
2004
Ministre d'État, ministre des Transports de 1981 à
1984
http://www.ces.fr/rapport/doclon/03022606.PDF
http://www.ces.fr/présidence/publication/PU03-133.pdf
Résumé:
La
conjugaison du développement économique et d'une exigence accrue de sécurité
appelle au renouvellement de la démarche de prévention du risque technologique
et industriel.
Les approches techniques et sectorielles doivent se prolonger
par une approche globale et systémique.
Le Conseil économique et social
propose de placer au cour du dispositif, rénové et centré sur l'entreprise, le
facteur humain, permettant ainsi une véritable construction sociale de la
sécurité
Les points forts de l’intervention de M Charles
FITERMAN:
Déjà rapporteur en 2000 d'un rapport sur « les causes
et conséquences du naufrage du pétrolier Erika »Charles FITERMAN est devenu
« le spécialiste des catastrophes » de la section lorsqu'il lui a été
demandé suite à l'explosion de l'usine AZF dans l'agglomération toulousaine de
mener cette étude Étude particulière puisqu'elle se déroulait parallèlement à
une action judiciaire et à une mission d'enquête parlementaire sur lesquelles
elle ne devait pas empiéter.
•Le constat:
Les clivages ne se trouvent pas
là ou M Fiterman les attendait. L'opposition,voire les affrontements opposent
les acteurs économiques(responsables de l'entreprise et salariés) à la
population,ils sont transversaux plutôt que politiques.
Deux préoccupations
légitimes mais contradictoires s'opposent:la demande de sécurité et le
développement industriel.
Depuis 30 ans la sécurité s'est accrue avec un
palier depuis 10 ans. Mais l'approche a été trop technicienne caractérisée par
une accumulation de règles (3600 pages pour la chimie) avec comme conséquence
une déresponsabilisation.
La concentration industrielle est allée de paire
avec la concentration de la population
Une organisation du travail trop
divisée amenant une rupture de la chaîne d'organisation de la sécurité.
•Les
réflexions:
Un effet de loupe:Alors que le sentiment général d'insécurité est
extrêmement fort,en réalité on assiste à un recul des risques majeurs et de
leurs conséquences mais ces risques deviennent des événements majeurs.
La
population attend une sécurité absolue, mais le risque zéro est et reste un
objectif
•Les avis:
La sécurité est un facteur de l'efficacité
économique,elle ne relève pas seulement de l'humain et du social.Il y a une
interdépendance entre une sécurité plus grande et le développement économique
,technologique et industriel.
Il faut intégrer la sécurité et l'examen des
risques dès le début C'est ce qui a été fait dans le nucléaire Le principe de
préoccupation est un principe actif et pas d'inaction.
Il faut insister sur
la dimension humaine de la sécurité sans négliger l'approche scientifique,avec
information et transparence,de la maîtrise des risques.
Il faut sortir de
l'approche qui réserve la sécurité aux spécialistes. Suite à la catastrophe, la
confiance s 'est effondré. Il faut être attentifs aux signaux faibles et
pour cela avoir recours aux « experts du quotidien »
La maîtrise
des risques est une construction sociale mais il y a des décideurs, des
responsables.
4° sujet: Proposition de directive du
Parlement Européen et du Conseil relative aux services dans le marché
intérieur
Rapporteur:Francis LEMOR (Groupe des entreprises
privées)
IEP Paris-DES de Sciences économiques-Inspection des
finances
Inspecteur des finances de 1966 à 1982
Président de la société
française de transports et entrepôts frigorifiques de1987 à 1996
Depuis 1996,
après fusion, président de STEF-TFE
Membre du CES depuis
2004
Références:
http://www.ces.fr/rapport/doclon/05011901.pdf
http://www.ces.fr/présidence/publication/PU05-191.pdf
Résumé:
La
proposition de directive relative aux services vise à établir un cadre juridique
permettant au fort potentiel de croissance et de création d'emplois qu'offre ce
secteur de s'exprimer totalement. Il s'agit là d'une des plus fortes impulsions
données au marché intérieur depuis sa création en 1993.
Le Conseil économique
et social approuve le principe d'un tel texte. Il s'interroge, cependant, sur
certaines de ses dispositions, notamment celles concernant le périmètre de son
champ d'application et l'articulation du principe du pays d'origine avec les
règles européennes préexistantes.
Les points forts de
l’intervention de M Francis LEMOR:
Ce rapport du CES a été adopté les
18 et 19 janvier 2005 (la rencontre CES/SES a eut lieu le 21 janvier).
La
première originalité de cet avis du CES est qu'il résulte d'une auto-saisine. Il
résulte de la publication de la proposition de directive européenne sur les
services, plus connue sous le nom de «directive Bolkestein».
Le constat de
départ:
•Après la libre circulation des biens, des capitaux et des
personnes, la libéralisation des services est le 4° pilier de la construction du
marché européen. Pilier important puisque les services représentent 70% du PIB
européen, et 66% pour l'Europe des 25.
•Jusqu'à présent les transports, les
services bancaires, les télécoms avaient fait l'objet de négociations, secteur
par secteur. Pour les secteurs qui restent continuer au cas par cas serait trop
long.
Les avis du CES:
•Le CES dit oui à l'Europe, oui à
l'harmonisation
•Mais 2 points principaux posent problèmes:
-Le
principe du pays d'origine qui pourrait encourager les prestataires de
service à se délocaliser, générant ainsi un risque de dumping social et/ou
juridique.
-Des secteurs à exclure: le CES considère que doivent être prises
en compte “les spécificités propres à certains secteurs, dont le rôle dans la
cohésion sociale est pourtant essentiel”.
M.Francis LEMOR insiste, au nom du
principe de subsidiarité, sur le fait que la santé, la protection
sociale, le travail intérimaire, les jeux d'argent doivent être exclus de
la proposition européenne relative aux services: "non à une éventuelle Maltaise
des jeux".
•En conclusion, il est indispensable de permettre la libre
circulation des services qui est un facteur de croissance. Mais il faut négocier
sur le principe du pays d'origine et exclure certains services. Dans ce cas, les
services restants représenteraient encore 50%du PIB de l'économie européenne
concernée.
Commentaires personnels:
•Si l'on tape
aujourd'hui "directive Bolkestein"sur Google en français, on a 12 200 références
et le nombre de références augmente chaque jour. Dans la discussion qui avait
suivi cet exposé, il était apparu que cet avis du CES avait été particulièrement
repris par la presse et le personnel politique. On nous avait d'ailleurs signalé
par avance certaines interventions qui ont depuis été publiées.
•C'est pour
moi la principale information de cette journée au CES. En effet, les travaux du
CES ,en particulier celui-ci puisqu'il s'agit au départ d'une auto-saisine,
peuvent être le point de départ d'autres interventions au Parlement Français et
au Parlement Européen, voire au plus haut niveau de l'exécutif. Là encore
l'actualité de ce débat le montre.
•De façon plus concrète et en liaison avec
notre enseignement, ce thème est extrêmement riche. Les liens avec nos
programmes de SES sont multiples:principe de subsidiarité, protection sociale,
Europe, libre-échange et croissance....
•Sur ce dernier point, les
différentes interventions auxquelles j'ai pu assisté sont toujours allées dans
le même sens (à mon point de vue contestable): la liaison
libre-échange/croissance est un acquis qui ne se discute pas.
Les
questions abordées ensuite dans le débat:
•M Ailleret ayant commencé
sa présentation en nous faisant remarquer qu’en parcourant rapidement nos
programmes de SES de seconde et première il n’avait pas trouvé la notion de
recherche. Une de nos collègues lui signale qu’elle est présente en terminale.
Elle reprend ensuite l’idée de la nécessité d’une évaluation pour demander si le
CES a une idée du "taux d’efficacité" de ses recommandations.
•S’ensuit
une discussion fort intéressante ou intervient M Simond, président de séance. Il
apparaît que beaucoup de travaux du CES sont ensuite repris, soit par le
gouvernement (la saisine est la plupart du temps gouvernementale), soit par des
députés ou des missions d'enquête parlementaires (on nous en cite certains,
présents ou à venir, en nous demandant de rester discrets). L'actualité récente
(voir le thème précédent sur les services en Europe) confirme que les travaux du
CES sont effectivement très lus et repris.
Cette pratique déjà répandue et
semble-t-il souhaitée par le CES est appelée à s’étendre, puisque tous les
travaux sont accessibles en ligne sur le site du CES, et qu’ils sont en plus
diffusés aux parlementaires français et maintenant aux parlementaires européens
également.
•Un collègue intervient ensuite pour soulever 2 problèmes:
1/
"Et les sciences sociales?"
Réponse: nous avons surtout évoqué les sciences
dures, mais nous ne négligeons pas les sciences sociales...
2/ "L’école
n’incite pas à la recherche. Il y a une désaffection des jeunes pour la science
dites vous, mais il y a des chercheurs sans emploi !"
Réponse: les
recommandations en tiennent compte. Il faut créer plus de liens entre
l’université et les entreprises: par exemple il est anormal que le grade de
"Docteur" ne soit pas reconnu dans les conventions collectives
• La
discussion sur le thème des risques industriels révèle, elle, que la dimension
environnementale est peu abordée par le CES (c'est la vision du collègue qui
intervient). Ce point est contesté par le Président de séance qui évoque
cependant une possibilité d'évolution, semble-t-il à l'étude, de la composition
du CES.
« Négociation, dialogue social, dialogue
civil »
Compte rendu par Pascal Binet
E. Arnoult-Brill, membre
du bureau du CES, pour le groupe des associations, expose les raisons de la
légitimité du monde associatif quand il s’agit de parler de dialogue social et
civil, et, par là, de la légitimité de la présence du mouvement associatif au
Conseil Économique et Social :
- les associations existent grâce à des
engagements libres et désinteressés, sans droit individuel sur le collectif,
sans recherche de lucre ;
- les associations naissent de projets communs
à des individus ;
- le mouvement associatif est organisé sur le mode
démocratique et participatif.
Compte tenu du champ d’intervention des
associations (l’aide aux familles, l’éducation populaire, l’humanitaire) se sont
elles qui ont posé le problème du dialogue social et civil, et qui ont poussé
les puissances publiques à s’en préoccuper
La très grande majorité de ces
associations fait naître des solidarités, fait naître le sens civique, participe
à l’émancipation des individus : le mouvement associatif permet de
contribuer à construire une véritable citoyennenté active.
Madame
Arnoult-Brill termine en souhaitant una augmentation de la taille du groupe des
associations au sein du CES.
Christian Larose, vice-président du
CES, groupe de la CGT constate l’existence de trois modèles de “négociation
sociale” : individuelle a l’anglo saxonne, tripartite à la nordique, en
conflit à la latine. Si la France, de ce point de vue, a plutôt une tradition
latine, le dialogue social y repose sur le paritarisme. Or, il semble qu’en
France, le dialogue social devienne moins productif. Or, il ne peut pas se
contenter de perspectives simple. L’individu et le travail sont au coeur du
dispositif de recherche d’efficacité, d’augmentation de la productivité. Il y a
un nécessaire choc entre recherche de profit et amélioration du dialogue social.
Il y a donc un réel hiatus entre intention des uns et résutats réels pour les
autres. L’absence d’obligation de résultats fait que les partenaires sociaux
peuvent débattre et se séparer sans résultat. Les syndicats sont très attachés
au dialogue social, à condition qu’il débouche sur des résultats.
Or,
désormais, la concertation prend l’allure d’un banal tour de table, pour
permettre la mise en place de disposition législative sans retour. On passe de
la négociation, à la concertation puis à la consultation…Il y a un nouveau
système à construire. Il faut pouvoir transcender l’absence de syndicat dans les
petites entreprises. Les principe de base de paritarisme ont été mis en cause
par la loi de 2004. Il faut définir des règles pour que la représentation
syndicale soit possible partout.
A. Marcon vice-président du CES,
groupe des entreprises privées insiste plutôt sur le nécessaire dialogue entre
entreprise et enseignement. Le dialogue entreprise et enseignement doit répondre
à une nécessité économique et sociale, car les entreprises ont besoin de
collaborateur bien formés, capables de s’adapter aux évolutions de ce monde. Les
Sciences Économiques et Sociales revêtent à ce titre une dimension
importante : il faut développer l’esprit et la culture d’entreprise.
Monsieur Marcon conclut son propos en se demandant comment améliorer ce dialogue
enseignement entreprise : peut-être cela doit-il passer par une autosaisine
du CES.
La salle réagit notamment en signalant quelques difficultés
d’accès à l’entreprise en général, en dehors de la fourniture de plaquette de
présentation, et regrette la suppression des TPE, qui permettaient ce travail de
connaissance de l’entreprise.