Stage "mise en place des TPE" – Compte-rendu de la troisième journée

Saint Romain en Gal Le 30/12/2001– Moirans le 2/02/2001-Valence le 01/03/2001

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Formateurs : Véronique Vanier – Bruno Hoste- Laurence Maurin

 

 

LES TPE - COMMENT A-T-ON AVANCE ?

COMMENT POURRA-T-ON CONTINUER ?

 

 

La troisième journée donne l’occasion de faire le point sur l’avancée des TPE. Cette première période permet d’arriver à ce double constat :

-  les enseignants apprécient de travailler ensemble et autrement avec les élèves réunis en petits groupes,

- les TPE font surgir (ressurgir) des problèmes parfois restés latents dans le cadre disciplinaire traditionnel.

Comment et dans quelle mesure les TPE permettront de résoudre ces problèmes ?

 

 

1 - Des questions peuvent être résolues  dans le cadre actuel

 

-         Les problèmes organisationnels :

 

La concertation apparaît indispensable: la demande de son inscription dans l’emploi du temps des enseignants fait l’unanimité. Elle doit concerner l’ensemble des collègues concernés par les TPE, y compris évidemment les collègues documentalistes. Une majorité de collègues souhaite une heure hebdomadaire de concertation. D’autres collègues proposent qu’une partie des permanences assurées dans le cadre du suivi des élèves soit aussi utilisée comme un temps possible de concertation pour les enseignants.

 

La place dans l’emploi du temps :  le minimum semble être la mise en barrette par classe voire par série (en évitant la simultanéité des séries et en fixant à deux classes maximum au CDI, ou en salle informatisée)

Les horaires de 16 à 18 h, en particulier le vendredi sont à éviter (démotivation des élèves, risques de mise à l’écart des TPE, difficultés à obtenir des rendez-vous...).

Il semble nécessaire de réaffirmer aux élèves l’obligation de présence au lycée pendant les heures de TPE (sauf travail à l’extérieur autorisé)

 

Les TPE dans l’équipe éducative

La coopération de l’ensemble de l’équipe éducative est indispensable (à titre d’exemple, est mis en place dans certains lycées un système de contrôle des absences en TPE où les élèves s’inscrivent à l’avance auprès des surveillants dans les différentes salles réservées ; ces derniers passent ensuite dans les différents lieux et font l’appel, à n’importe quel moment des séquences pour vérifier la présence des élèves). Par ailleurs, tout collègue volontaire, quelque soit sa discipline, devra pouvoir participer aux TPE dans les années qui viennent. Il paraît nécessaire qu’un collègue par classe et/ou par filière soit désigné comme coordonnateur de l’équipe TPE, à ce titre il devrait bénéficier d’une heure de décharge.

 

L’évaluation des TPE.

L’étalement de l’évaluation sur plusieurs semaines apparaît comme source de dysfonctionnements répétés et facteur d’inégalité de traitement des élèves. Aussi, la banalisation de deux journées (pour les élèves et pour les membres de l’équipe éducative impliqués)  devrait être généralisée à l’ensemble des lycées.

 

- Le suivi des groupes et notamment les groupes en difficulté ou dont le projet est en panne

 

Certains biais ont été proposés pour relancer le travail, sortir d’une impasse... :

Passer par la négociation (ne pas imposer une reformulation professorale du sujet)

Passer par la recherche documentaire (en particulier lorsque le projet reste trop vague)

Repartir du projet de production finale pour redynamiser le travail du groupe

Reposer la question de l’ancrage du sujet (approche concrète, faisabilité du sujet)

Travailler sur la gestion des micro-groupes ( A ce propos, des collègues de St Romain en Gal demandent un stage de formation sur la gestion des groupes)

Retravailler avec les élèves dans une logique de contrat (par exemple sur l’évaluation ou sur la définition des objectifs opérationnels).

 

-         Les problèmes méthodologiques

 

Lorsque des lacunes sont repérées, l’organisation d’ateliers permettant de remédier aux questions concernant par  exemple le travail sur les documents (collecte, traitement, analyse) ou la recherche sur Internet peut être mise en place (nécessité d’un personnel formé à ces pratiques - Internet, montage vidéo... - disponible aux heures TPE et compétent pour la maintenance du matériel).

La discussion sur la (les) définition(s) de la notion de problématique  débouche sur une proposition : la problématique peut être simplement  un questionnement sur les méthodes utilisées (ou à utiliser) dans les  TPE, autre proposition : la problématique pourrait être la série de questions que je me suis posée lors de la démarche du TPE.

 

-         Les problèmes de coût

 

Le budget affecté aux TPE, doit permettre de répondre au mieux à la diversité des besoins (prise en charge de la production finale - quelque soit le support - photocopies, petit matériel, timbres, téléphone...).

La création d’une ligne budgétaire TPE est demandée, qui ne doit pas empiéter sur les autres crédits d’enseignements.

 

 

2 - Des questions restent en débat :

 

-         La question de la guidance (suivi des élèves)

 

Reconnaître l’existence de différences dans nos façons de travailler, dans nos attentes : entre nous, avec les élèves (pratiques pédagogiques, relations) Les expliciter et les harmoniser pour réaliser les TPE.

Accepter l’idée de parcours différents pour des élèves différents : transformer l’échec en expérience.

Accepter d’être une personne référent dans la construction d’une démarche.

 

La question du décloisonnement

 

Pour les enseignants, les TPE permettent un fonctionnement en synergie, obligeant à la     complémentarité.

Pour les élèves, les TPE sont reconnus comme un détour pour acquérir des méthodes, des démarches qui seront réutilisées dans tous les domaines disciplinaires.

Accepter que l’interdisciplinarité soit fondée sur une coopération et un échange entre collègues sur des pratiques de disciplines différentes.

De même, l’interdisciplinarité ne doit pas être présentée comme une contrainte ni dans le choix des sujets, ni dans la réalisation finale.

 

La question de l’utilité des carnets de bord (question apparue de façon particulièrement forte à Valence)

 

Les avis sont très partagés sur l’utilisation des carnets de bord tant par les élèves que par les enseignants :

-         malgré des consignes précises les élèves ont du mal à les remplir de façon pertinente

-         leur contenu est souvent redondant à l’intérieur d’un même groupe

-         les enseignants ne peuvent pas tous les voir de façon régulière car la charge de travail est trop lourde

-         leur contenu ne permet pas ou rarement d’apprécier un travail individuel

-         leur appréciation pour toutes ses raisons reste problématique

Deux propositions se dégagent :

-         suppression pure et simple des carnets de bord

-         un carnet de bord par groupe de recherche

 

 

3 – Actuellement, les conditions de fonctionnement des TPE ne sont pas réunies pour que les objectifs intitiaux soient atteints, ils pourront continuer si :

 

-         Les contraintes concernant les besoins en personnel trouvent une réponse favorable.

 

 En particulier, en ce qui concerne les documentalistes, dès cette année avec un seul niveau concerné, la surcharge de travail est une évidence pour tous :  la création de postes supplémentaires apparaît donc indispensable.

 

-         Les contraintes concernant  le temps sont levées :

 

              - Temps de concertation : la régulation du groupe des enseignants doit être reconnue comme une nécessité. Il est indispensable de donner les moyens (en temps) pour continuer à travailler sur la question du décloisonnement (au moins une heure/hebdomadaire)

              - Charge de travail des enseignants doit être réellement prise en compte. (interventions pour préparer les rencontres, gestion des groupes, diagnostics / remédiations  méthodologiques...)

              - Autonomie des équipes dans la gestion des calendriers : vouloir planifier longtemps à l’avance les rencontres des enseignants avec les groupes d’élèves n’est pas compatible avec l’esprit des TPE

 

-         Les TPE sont reconnus à part entière dans le cursus des élèves :

 

Par le biais des emplois du temps (cf paragraphe 1:  barrettes indispensables, horaires 16 - 18 à éviter)

Par le biais de l’évaluation, notamment en terminale (reconnaissance du travail effectué par les élèves: où ? Quand ? sous quelle forme ?)

Une évaluation des critères d’évaluation utilisés cette année devrait permettre à l’avenir de savoir véritablement où l’on va.

 

 

Un véritable bilan de l’expérimentation menée cette année auprès des classes de première doit être fait avant d’envisager la généralisation des TPE en première et terminale.

 

                                        Le groupe des participants aux  stages de St Romain en Gal, Moirans et Valence.