Le Romantisme ,Souffrances et exaltation de l'âme solitaire
 
lundi 2 avril 2007
Eugène Delacroix, Les Massacres de Scio
 
Les Massacres de Scio - 1827

Scènes des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l'esclavage
Huile sur toile 419 x 354
Émotion, souffrance, terreur
    L'association de l'art et de la politique commence avec David et se poursuit tout au long de l'épopée napoléonienne. À la chute de l'Empire, toute une génération se retrouve privée d'idéal et désemparée. La guerre d'Indépendance de la Grèce , qui débute en 1821 mobilise les passions de cette jeunesse perdue et ce d'autant plus qu'un de leur héros, lord Byron, y perd la vie dans la chute de Missolonghi le 9 avril 1824. Il faut, dit-on, se battre pour la civilisation contre la barbarie. Delacroix participe à ce combat. Pour Delacroix, il faut montrer, dénoncer, obtenir que cessent les horreurs de cette guerre. Pour cela, il faut provoquer l'émotion devant la souffrance et la terreur. Il faut montrer que ces gens, jetés dans l'attente de la mort et de l'esclavage sont comme abandonnés à leur détresse.
Terre de ruines et ciel vide
    La technique de Delacroix étonne, tout autant que le sujet, servie par un sens parfait du coloris, venant de l'admiration du jeune artiste pour l'art de Rubens et accentuant l'effet dramatique de la scène. La scène est à la fois mouvementée et profondément mûrie. L'accablement du groupe de prisonniers, à gauche, contraste avec la violence triomphante du Turc vainqueur, à droite. Au centre, une femme âgée regarde vers le ciel, symbole de l'accablement d'un peuple entier. Nul héros salvateur ne viendra les toucher comme dans les Pestiférés de Jaffa . À l'infini, la terre est remplie de ruines et, dans le ciel vide, on ne voit que la fumée des villages en feu. Au fond, un paysage lumineux et peint d'une manière transparente ajoute encore à la beauté barbare de la scène
Manifeste de la peinture romantique
    Exposé au Salon de 1824, Scènes des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l'esclavage fut immédiatement considéré comme un manifeste de la nouvelle peinture romantique, aussi bien en raison de son sujet, résolument moderne, que par son traitement d'une force de facture et de couleurs.
    L'œuvre fut acquise, à la fin du Salon, par l'État qui manifestait ainsi son désir de neutralité dans la querelle entre le dessin et la couleur, entre Ingres et Delacroix, qui s'était révélée durant ce Salon de 1824. Ingres avait exposé le Vœu de Louis XIII (Cathédrale de Montauban) face aux Massacres de Scio de Delacroix
 
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