BIOGRAPHIE DE FLAUBERT
BIOGRAPHIE DE FLAUBERT
Biographie de Gustave Flaubert (1821-1880).
mardi 8 avril 2008
Gustave Flaubert, né à Rouen en 1821, est issu d’une famille de médecins. Le père, grand bourgeois sévère, est chirurgien-chef à l’Hôtel-Dieu. Très jeune, l’enfant a décidé d’écrire. Il a trouvé un sujet, qu’une vie d’écrivain ne suffira pas à épuiser : la bêtise. Ainsi, se manifeste déjà le goût du sarcasme, de l’ironie, de la dénonciation. A quinze ans, Flaubert a déjà dans ses tiroirs une production considérable. Son baccalauréat une fois obtenu, le jeune homme entame sans enthousiasme des études de droit à Paris ; il fréquente surtout les milieux artistiques et se lie d’amitié avec Maxime Du Camp, homme de lettres mondain qui prétend le patronner. Mais son idéalisme blessé tourne au dégoût de la vie, au refus de l’action, à la dérision générale du réel. Il faut donc parler chez Flaubert de neurasthénie profonde, qui éclate en crise épileptique en juin 1844. Celle-ci le laisse quelque temps demi invalide et, dès lors, il renonce définitivement à toute activité sociale. Après la mort de son père, il se retire à Croisset, près de Rouen, dans une propriété familiale. Il dispose désormais de rentes, de temps, d’une absolue liberté qui lui permettent d’écrire.
Dès lors, la vie de Flaubert se confond avec celle de l’écrivain qui ne pense, ne souffre et n’espère qu’en fonction de l’œuvre qu’il est en train d’écrire. Certes il fera en 1849-1850 un grand voyage en Orient (Egypte, Palestine, Grèce) avec Maxime Du Camp, puis en 1858 un séjour sur les ruines de l’ancienne Carthage, en Tunisie… Mais Flaubert se rêve ermite, écrivain ascète, reclus voué à l’écriture. Cette conception de l’Art s’élabore dans les années 1851-1856 pendant lesquelles il travaille à Madame Bovary. Ce roman lui coûte d’énormes peines, il passe par des phases d’accablement et d’ennui, comme en témoigne sa correspondance avec Louise Colet (elle fut sa maîtresse de 1846 à 1854). L’appel du sublime, du grandiose, de l’exotique somptueux (l’ailleurs, l’autrefois) est combattu par sa volonté de faire de la littérature avec de médiocres sujets tirés du quotidien. On retrouvera cette aspiration dans Salammbô (1862) roman dans lequel il prétend reconstituer fidèlement l’ancienne Carthage. En revanche, L’Education Sentimentale de 1867 est le roman des illusions perdues d’une jeune sans caractère et d’une génération sans idéal : Frédéric Moreau. Après l’intermède des Trois contes publiés en 1877, dont « Hérodias » qui rappelle Salammbô est le préféré de Flaubert, Bouvard et Pécuchet, resté inachevé lorsque l’écrivain meurt en 1880, pousse à l’extrême la critique du réel. L’œuvre reflète le pessimisme radical des dernières années de la vie de Flaubert : il a de graves ennuis d’argent, est nerveusement atteint.