Monologue dans le théâtre classique
Fiche méthode



Un personnage est seul sur scène et se parle à haute voix à lui-meme. Il est alors souvent en proie à un trouble violent et à bouleversement terrible.

Il peut etre devant un choix déchirant. Le monologue peut alors prendre la forme d'un dialogue avec lui-meme (le personnage se dédouble); il s'instaure un dialogue intérieur. Mais le monologue peut aussi prendre la forme d'un dialogue avec des destinataires absents. (rappel : un destinataire est celui auquel sont destinées les paroles).


I) Ses fonctions


1. Fonction de délibération


Face à un dilemme, le personnage prend le temps d'envisager les solutions possibles, leurs avantages et leurs inconvénients, manifeste son désarroi au moment de décider, prend au contraire une décision ou encore essaie de revenir sur une décision antérieure au monologue.

Exemple : Hermione dans Andromaque V 1


2. Fonction d'introspection


Il s'agit de monologues plus lyriques au cours desquels le personnage manifeste une émotion en général violente, sans avoir à décider ; ces monologues sont souvent moins construits (du moins en apparence), et montrent le désordre de la pensée du personnage qui atteint parfois aux limites entre raison et folie.

Exemple : Phèdre dans Phèdre IV 6


3. Fonction dramaturgique


De la décision finale du monologue dépend parfois la suite de l'action de la pièce. Plus que le désordre intérieur du personnage, il doit souligner alors l'importance de sa décision dans le déroulement général de la pièce.

Exemple : Arnolphe dans L'école des Femmes, IV 1



II) Ses caractéristiques


1. Le destinataire


Le personnage s'adresse le plus souvent à lui-même, comme s'il réfléchissait tout haut. Néanmoins, il peut être tenté de s'adresser à un personnage imaginaire ou absent de la scène, croire même, dans un moment d'égarement, à la présence de l'absent et l'invectiver. Il peut encore s'adresser au public.

Exemple : le célèbre monologue d'Harpagon dans l'Avare ; début de la tirade de Roxane dans Bazajet, IV 5 (où elle n'a plus conscience de la présence de Zatime)


2. Les marques du trouble intérieur


Ponctuation souvent forte et abondante ; structure syntaxique souvent bouleversée ; rythme volontiers saccadé ; importance de champs lexicaux d'ordre affectif ; rôle essentiel des marques d'énonciation.Exemple : tous les monologues de ce groupement !


Conclusion


Comme il s'agit de montrer les bouleversements de l'âme, les monologues sont essentiellement présents dans les tragédies ; force poétique réelle de ces passages qui révèlent les tourments d'un personnage, mais aussi la puissance de conviction du comédien qui en endosse le rôle.

Logotype © Yaël Briswalter.