Accueil.Connaissez-vous Jean Jacques ?

Les petits boulots.

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Au cours de sa vie, Rousseau pratiqua beaucoup de métiers, plutôt variés. Il a exercé de petits emplois pouvant appartenir à une classe sociale assez pauvre ou, au contraire, a exercé des fonctions importantes dans la haute société.


La gravure sur bois.

De grandes ressources.

Jean Jacques Rousseau est un homme polyvalent, c'est-à-dire qui a exercé des métiers divers.

Livre I, premier vrai métier :

Chez Mme Basile il transcrit des comptes et des mémoires, met au net quelques livres, traduit des lettres de commerce d'Italien en Français. C'est le premier endroit où son travail est rémunéré.
Puis il est laquais au service de Madame la comtesse de Vercellis. Il écrit des lettres qu'elle lui dicte lorsqu'elle est malade. Celle-ci meurt.

Livre II :

Jean Jacques Rousseau trouve son emploi de laquais chez madame de Vercellis grâce à Mme Basile qui la connaît. Elle sait qu'elle a besoin quelqu'un. Comme Rousseau cherche un travail, elle pense à lui. Mais il est renvoyé de chez Mme Basile. « Peu de jours après ma catastrophe, mon hôtesse, qui, comme je l'ai dit, m'avait pris en amitié, me dit qu'elle avait peut-être trouvé une place, et qu'une dame de condition voulait me voir ».

Livre III :

Serviteur chez le comte de Gouvon, premier écuyer de la reine il sert à table, il écrit quelques lettres et découpe des images. Il n'est pas considéré comme domestique.
Secrétaire de l'abbé Gouvon, il copie des documents, écrit sous sa dictée. « Il me reçut bien, me dit que, sans m'amuser de promesses vagues, il avait cherché à me placer, qu'il avait réussi, qui me mettait en chemin de devenir quelque chose, que c'était à moi de faire reste ».

Livre IV :

Il exerce la fonction de professeur de musique à Lausanne, puis de secrétaire et interprète d'un faux Archimandrite de Jérusalem.
Il est engagé par le colonel Godard pour s'occuper de son neveu, en tant que cadet (Soldat).
Il copie de la musique pour un Antonin, M Rolichon.
Secrétaire pour le roi Victor Amédée. « C'est ainsi qu'après quatre ou cinq ans de courses, de folies et de souffrances depuis ma sortie de Genève, je commençais pour la première fois de gagner mon pain avec honneur. »

Autres livres :

Des métiers plus importants tels que :
Précepteur des enfants de madame de Mably, grand prévôt de Lyon pendant un an.
Secrétaire particulier de M Montaigu, ambassadeur à Venise.

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Les relations professionnelles.

Livre II :

Pendant l'épisode du ruban volé, il rencontre la comtesse de la Roque qui l'emmènera plus tard chez le Comte de Gouvon, pour y être domestique et puis secrétaire.

Livre IV :

Lorsqu'il décide de devenir professeur de musique à Lausanne, c'est un certain Perrotet qui lui trouve ses premiers élèves. « Il me promit de parler de moi, et de tâcher de me procurer des écoliers ».
Grâce au marquis de Bonac, ambassadeur de France, chez qui il se rend avec le faux archimandrite de Jérusalem, il entre au service colonel Godard pour s'occuper de son neveu. En fait c'est surtout grâce à M de Merveilleux secrétaire interprète de l'ambassade qu'il obtient le poste. « M De merveilleux, secrétaire interprète de l'ambassade, dit que son ami Godard, colonel suisse au service de la France, cherchait quelqu'un pour mettre auprès de son neveu ».
A la fin du livre IV, Rousseau rejoint madame de Warens à Chambéry où elle les présente M L'intendant général (Don Antoine Pettiti) qui l'emmènera chez le roi Victor Amédée où il deviendra son secrétaire. « Mon enfant, me dit elle, vous appartenez au roi ; remerciez M l'Intendant qui vous donne du pain ».

Livre VI :

Mme de Warens a une amie à Grenoble, Mme d'Eybens, femme d'un ami de monsieur de Mably. Madame d'Eybens lui propose d'être le précepteur des enfants de ce dernier. « Elle avait à Grenoble une amie appelée madame d'Eybens, dont le mari était ami de monsieur de Mably, grand prévôt à Lyon. Mme d'Eybens ne proposant l'éducation des enfants de monsieur de Mably : j'ai accepté je parti pour Lyon ».

Livre VII :

Madame Dupin lui procure la place de secrétaire particulier de M De Montaigu, ambassadeur à Venise, grâce à sa relation avec madame de Broglie qui connaît ce dernier. « Mme de Broglie, sachant que l'ambassadeur cherchait un secrétaire me proposa ».

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La gravure en taille douce.

Apprentissage raté.

En 1724, Jean Jacques arrive à un âge où il faut songer à une profession. Sa famille veut en faire au départ un horloger puis un pasteur et finalement un greffier.
On envoie d'abord chez le greffier Masseron « pour y apprendre l'utile métier de grapignan ». Mais cette proposition n'est pas son goût et surtout ne convient pas à son caractère : « L'espoir de gagner force écus par une voie ignoble flattait peu mon humeur hautaine, l'occupation me paraissait ennuyeuse, insupportable ; l'assiduité, l'assujettissement, achevèrent de m'en rebuter, et je n'entrais jamais au greffe qu'avec une horreur qui croissait de jour en jour ».
Son patron estime alors que c'est un âne et ne sera jamais autre chose, il le renvoie donc du greffe pour son ineptie. Les clercs de Me Masseron ont jugé que Jean Jacques n'est bon qu'à manier la lime ; on le met en apprentissage non chez un horloger comme le veut sa famille au départ mais chez un graveur. C'est un nouveau déboire. Son maître Abel Ducommun, est un jeune homme rustre et violent devant lequel Jean Jacques Rousseau n'ose ouvrir la bouche et qui le roue de coups pour la moindre faute. Mais il faut savoir que malgré tout, ce métier lui plait car il fait ce qu'il aime : « Le métier ne me déplaisait pas en lui-même : j'avais un goût vif pour le dessin, le jeu du burin m'amusait assez [...] » à cause du caractère de son maître, il apprend à se cacher, à se dissimuler, à mentir et enfin à voler, d'abord par complaisance et pour le compte d'autrui, puis pour son propre compte : vol de pommes et de friandises, vol d'outils et de dessins.
Sa vie de vaurien ne peut cependant le satisfaire, il s'ennuie des amusements grossiers de ses camarades, et le travail le rebute. Le dimanche après le prêche, Jean Jacques Rousseau va souvent avec ses amis hors des murs de la ville, il en oublie souvent l'heure de fermeture des portes. Par deux fois, cela lui est arrivé, et ses absences lui ont attiré de tels traitements qu'il s'est juré de ne pas s'y exposer de nouveau. La troisième fois où l'incident se produisit il décide de ne pas rentrer le lendemain avec ses camarades, et s'éloigne dans la campagne le 14 mars 1728. Il est entré à 13 ans chez le graveur pour un contrat de cinq ans, mais y est resté jusqu'à 16 ans, il n'a donc pas fini son apprentissage.

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Les faux métiers.

Il trouve quelques métiers peu importants ainsi lorsqu'il est à Turin avant de rencontrer Mme Basile. « Je songeais à mon ancien métier mais je ne le savais pas assez pour aller travailler chez un maître ; et les maîtres même n'abondaient pas à Turin », alors il parcourt la ville « Je pris donc en attendant mieux, le parti d'aller m'offrir de boutiques en boutiques pour graver un chiffre ou des armes sur de la vaisselle espérant tenter les gens par le bon marché, en me mettant à leur discrétion ». Cependant, ce métier ne lui suffit pas et il gagne peu. « Je fus presque partout éconduit et ce que je trouvais à faire était si peu de choses, qu'à peine y gagnais-je quelques repas ».
C'est de la sorte qu'il rencontre madame Basile. Il fait un petit travail pour elle puis est mis à la porte par son mari. Ce n'est donc pas un métier à part entière, il est S.D.F. et fait ce métier pour vivre.
Il fait le même genre de travail avec Bâcle en voyageant avec la fontaine de Héron. Il profite du fait que la fontaine soit un objet peu ordinaire pour en faire fortune. « Qui avait il dans le monde d'aussi curieux qu'une fontaine de Héron ? » (...) « Ce principe fut le fondement sur lequel nous hâtâmes l'édifice de notre fortune ». Ainsi il abandonne tout derrière lui, et surtout sans regrets. « Tel fut le plan sur lequel je me mis en campagne abandonnant sans regret mon protecteur, mon précepteur, mes études, mes espérances et attendent une fortune presque assurée pour commencer la vie d'un vrai vagabond». Ce « faux métier » n'est en fait qu'une manière de mendier pour pouvoir vivre et continuer son chemin avec Bâcle. Pourtant Rousseau prend un grand plaisir à voyager ainsi en portant cette fontaine, mais il est aussi heureux lorsqu'elle se casse « Ce malheur nous rendit plus gais qu'auparavant, et nous rîmes beaucoup de notre étourderie »
Il y a un troisième « faux métier » c'est après avoir accompagné la Merceret à Fribourg, il va à Lausanne, et comme il n'a plus d'argent, il ne cherche un moyen de vivre, « En approchant de Lausanne, je rêvais à la détresse où je me trouvais, au moyen de m'en tirer sans aller montrer ma misère à ma belle-mère [...] » . Il décide alors de faire comme Venture lorsqu'il est arrivé à Annecy : enseigner la musique. Il se donne alors un pseudonyme Vaussore de Villeneuve et parcours Lausanne « Je me mis en tête de faire Venture, d'enseigner la musique, que je ne savais pas, et de me dire de Paris, où je n'avais jamais été ».
Il semble en plus totalement incompétent dans ce domaine bien qu'ayant reçu des leçons de M Lemaître « me voilà maître à chanter sans savoir déchiffrer un air »  De ce point de vue, on peut considérer que maître de musique est pour lui un « faux métier » car il ne cherche en fait, qu'à gagner de l'argent en imitant Venture et que ce n'est pas sa vocation de base ; il croit qu'il est fait pour ce métier mais pas du tout. « Pour comprendre quel point la tête me tournait alors, à quel point je m'étais pour ainsi dire venturisé, il ne faut que voir combien tout à la fois j'accumulais d'extravagances ».
On peut ainsi considérer qu'outre la musique, l'écriture est pour lui un passe-temps, et seuls des pauvres hères (hommes misérables) réduits au pire peuvent être amenés à tenter de vivre de leur plume et du commerce de leurs idées. Jean Jacques Rousseau ne fait pas exception à la règle « l'état d'auteur ne pouvant être illustre et respectable qu'autant qu'il n'était pas à un métier ». Dans l'esprit de Rousseau un individu vivant de l'écriture en serait réduit à devenir le domestique des gens qui pourvoient à sa subsistance.

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Jean Jacques dans l'atelier d'horloger de son père.

Les mauvaises orientations.

Dès 1724 Jean Jacques Rousseau est mal orienté par sa famille qui veut en faire un horloger puis un pasteur et finalement un procureur. On l'envoie donc chez le greffier, puis chez le graveur qui lui fait prendre une mauvaise orientation en le poussant à devenir voleur, menteur par son caractère violent. Donc son apprentissage raté lui fait prendre une mauvaise orientation dans sa vie professionnelle, c'est pour cela entre autre qu'il n'a jamais de métiers fixes.
En effet, il est renvoyé d'un peu partout, de chez Mme Basile de chez les Gouvon, à M Rouchon, mais il est aussi responsable de son orientation car par exemple au lieu d'avoir un métier stable il décide de suivre Bâcle et ainsi fait exprès de se faire renvoyer « Plein de cette sage fantaisie, je me conduisis si bien que je vins à bout de me faire chasser, et en vérité se méfie pas sans peine ».
À partir de 1740 sa situation aux Charmettes avec Mme de Warens devenant trop pénible, il prend la résolution de partir, on lui propose Lyon le préceptorat de des enfants de M De Mably prévôt de la maréchaussée du Lyonnais du Forez et du Beaujolais, il accepte. Il n'aime pas son nouveau métier, une fois de plus on l'a mal orienté, et du moins ce n'est pas fait pour son caractère. L'expérience est plutôt ratée avec ses deux élèves « Je me savais employer que trois instruments, toujours inutiles et souvent dangereux : le sentiment, le raisonnement, la colère ». Il n'arrive pas à se maîtriser et ne réussit en rien. Il reste un an.
Rousseau a vécu une vie décousue au niveau professionnel ; il est passé du valet du neveu du colonel Godard à secrétaire d'ambassade à Venise. Dans beaucoup de professions qu'il a exercées il n'a pas trouvé de lui-même un métier, mais ses relations lui en ont trouvé, et à chaque fois les métiers qu'il obtient ne satisfont pas ses ambitions, à part le poste de secrétaire du roi. « Je commençais pour la première fois de gagner mon pain avec honneur ». Il faut dire que dès son plus jeune âge il a raté son apprentissage, donc il est parti sur de mauvaises bases et ses orientations plus tard ne l'ont pas aidé.

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Le contrat d'apprentissage.

Acte d'entrée en apprentissage de J. J. Rousseau, le 26 avril 1725.

Du vingt sizieme Avril mille sept cents vingt cinq avant midy, Establi en personne sieur Gabriel Bernard citoien de cette ville, lequel de son bon gré baille et remet pour aprentif Jean Jaques Rousseau fils du Sieur Isaac Rousseau, son neveu ici present et ainsi desirant estre fait, au sieur Abel Ducommun, maitre graveur, citoien de cette dite. ville, ici present et acceptant, Et c'est pour le terme de cinq années prochaines et consecutives, à comniencer le premier May prochain et à semblable Jour devoir finir, pendant lequel tems le dit Sieur Ducommun promet d'aprendre au dit Rousseau aprentif, la dite profession de graveur circonstances et dependances dont il se mesle sans luy en rien cacher ni celer entant toutesfois que le dit aprentif le pourra comprendre, et demeure aussi chargé de nourrir et coucher le dit aprentif pendant le dit tems et l'elever et l'instruire en la crainte de Dieu et bonnes moeurs comme il est convenable à un pere de famille, Ce qui a ainsi esté convenu moyennant la somme de trois cents Livres argent courant de cette ville et deux louys d'or d'espingles, paiables, en trois payements par le dit Sieur Bernard, sçavoir cents Livres et les dits deux louys d'or au premier Aout prochain, autres cents Livres au premier Aout mille sept cents vingt six et les deniers cents Livres au premier Aout mille sept cents vingt sept, et outre ce le dit Sieur Bernard demeure chargé de vestir et eblanchir le dit aprentif de toutes choses à lui necessaires, et demeure aussi garant de la fidelité du dit aprentif, et qu'il n'absentera point le service de son dit Maitre sans congé et cause legitime à peine de tous despens dommages et interets qu'a ce defaut s'en pourroient ensuivre. Ainsi convenu entre les parties qui ont promis par serment d'avoir à gré le present acte et n'y contrevenir, à l'obligation de leurs biens presens et à venir, submissions à toutes Cours, constitutions des dits biens, denonciations à tous droits contraires et autres Clauses requises, fait et prononcé au dit Geneve dans la maison d'habitation du dit sieur Bernard, presens sieur Jean François Badolet maître Juré de la dite profession de graveur citoien de cette dite ville et honorable Pierre Crapoix compagnon Menuisier demeurant au dit Geneve tesmoins requis et signés avec les parties sauf le dit Crapoix.

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