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concours-small.gifConcours - Sujets - Capes Externe

CAPES DE LETTRES CLASSIQUES (EXTERNE)

Dissertation française
2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001 - 2000 - 1999 - 1998 - 1997 - 1996 - 1995 - 1994 - 1993 - 1992 - 1991 - 1990 - 1989 - 1988 - 1987 - 1986 - 1985 - 1984 - 1983 - 1982 - 1981 - 1980 - 1979 - 1978 - 1977
Version Latine
2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001 - 2000 - 1999 - 1998 - 1997 - 1996 - 1995 - 1994 - 1993 - 1992 - 1991 - 1990 - 1989 - 1988 - 1987 - 1986 - 1985 - 1984 - 1983 - 1982 - 1981 - 1980 - 1979 - 1978
- 1977
Version Grecque
2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001 - 2000 - 1999 - 1998 - 1997 - 1996 - 1995 - 1994 - 1993 - 1992 - 1991 - 1990 - 1989 - 1988 - 1987 - 1986 - 1985 - 1984 - 1983 - 1982 - 1981 - 1980 - 1979 - 1978
- 1977

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Dissertation française

Composition Française (1975)

En vous interrogeant sur quelques œuvres maîtresses de notre littérature, vous vous demanderez dans quelle mesure a pu se modifier la signification qu'elles avaient à l'origine pour leurs auteurs et pour leur temps et vous tenterez d'en dégager des conclusions sur la vie des grandes œuvres à travers les siècles.

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Composition Française (1976)

« Où est-il le temps où, quand on lisait un livre, eût on été soi-même un auteur et un homme du métier, on n'y mettait pas tant de raisonnements et de façons ; où l'impression de la lecture venait doucement vous prendre et vous saisir, comme au spectacle la pièce qu'on joue prend et intéresse l'amateur commodément assis dans sa stalle ; où on lisait Anciens et Modernes couché sur son lit de repos comme Horace pendant la canicule, (...) en se disant qu'on avait mieux que les joies du Paradis ou de l'Olympe ; le temps où l'on se promenait à l'ombre en lisant (…) le temps où (...), dans sa chambre solitaire, un après-midi de dimanche, près de la fenêtre ouverte qu'encadre le chèvrefeuille, on lisait un livre unique et chéri ? Heureux âge, où est-il ? et que rien n'y ressemble moins que d'être toujours sur les épines comme aujourd'hui en lisant, que de prendre garde à chaque pas, de se questionner sans cesse, de se demander Si c'est le bon texte, s'il n'y a pas d'altération, Si l'auteur qu'on goûte n'a pas pris cela ailleurs, s'il a copié la réalité ou s'il a Inventé, s'il est bien original et comment, s'il a été fidèle à sa nature, à sa race... et mille autres questions qui gâtent le plaisir, engendrent le doute, vous font gratter votre front, vous obligent à monter à votre bibliothèque (...), à consulter, à compulser, à redevenir un travailleur et un ouvrier enfin, au lieu d'un voluptueux et d'un délicat qui respirait l'esprit des choses et n'en prenait que ce qu'il en faut pour s'y délecter et s'y complaire.

Quelles réflexions vous inspirent ces propos de Sainte-Beuve, extraits des Nouveaux Lundis ?

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Composition Française (1977)

« On doit en finir avec cette idée des chefs-d'œuvre réservés à une soi-disant élite, et que la foule ne comprend pas. [...] Les chefs-d'œuvre du passé sont bons pour le passé : ils ne sont pas bons pour nous. Nous avons le droit de dire ce qui a été dit et même ce qui n'a pas été dit d'une façon qui nous appartienne, qui soit immédiate, directe, réponde aux façons de sentir actuelles, et que tout le monde comprendra. »

A. ARTAUD, Le théâtre et son double.

Quelles réflexions vous inspirent ces affirmations ?

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Composition Française (1978)

Les pouvoirs de la poésie.

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Composition Française (1979)

Les artistes les plus originaux ne sont pas nécessairement les plus incultes. Si rare et Si hardie que soit une pensée, il ne se peut qu'elle ne s'apparente à quelque autre ; et plus grande est la solitude d'un artiste dans son époque, plus vive et plus féconde est sa joie à se retrouver dans le passé des parents. »

Vous direz quelles réflexions vous inspire ce passage du Journal (1927) d'André Gide, en les appuyant sur des exemples et en vous demandant Si cette conception de l'originalité ne s'applique, en littérature, qu'au domaine de la pensée.

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Composition Française (1980)

« L'artiste n'est pas le transcripteur du monde : il en est le rival. »

Cette formule d'André MALRAUX vous paraît-elle dégager un principe permanent de la création artistique vérifié par l'ensemble des œuvres littéraires quel que soit le genre auquel elles appartiennent ?

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Composition Française (1981)

« Il arrive que l'écrivain frappant un grand coup métamorphose l'âme de ses contemporains et de leur postérité d'une façon foudroyante. Ainsi Jean-Jacques Rousseau inventant la beauté des montagnes, considérées depuis des millénaires comme une horrible anticipation de l'Enfer. Avant lui tout le monde s'accordait à les trouver affreuses. Après lui leur beauté parait évidente. Il a réussi au suprême degré, c'est à dire au point de s'effacer lui-même devant sa trouvaille. (En réalité son génie a consisté en l'occurrence à faire passer la notion de sublime du domaine humain et moral où elle était jusque-là limitée -notamment dans l'art dramatique - au domaine de la nature où seul le beau avait droit de cité). (...) Ainsi Goethe créant avec Werther (1774) l'amour romantique et déclenchant du même coup une épidémie de suicides. Il est bien vrai de dire qu'aujourd'hui aucun homme n'aimerait comme il aime Si Goethe n'avait pas écrit son Werther. » (Michel TOURNIER.)

Vous vous interrogerez, à partir d'exemples précis, sur ce pouvoir « métamorphosant » des oeuvres littéraires.

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Composition Française (1982)

« Je suis convaincu que les oeuvres qui durent ne durent que par des malentendus, par toute la littérature dont la postérité les entoure, littérature ou les intentions véritables des auteurs finissent par être noyées et perdues de vue. Cela peut se faire déjà de leur vivant. »

Cette opinion de Montherlant sur la réception des oeuvres littéraires vous paraît-elle vérifiée par les faits ?

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Composition Française (1983)

Un personnage des Faux-Monnayeurs, d'André Gide (1925), exposant sa conception du genre romanesque et constatant que le roman s'est toujours « craintivement cramponné à la réalité », s'exprime ainsi :

« Il n'a jamais connu, le roman, cette « formidable érosion des contours »dont parle Nietzsche, ce volontaire écartement de la vie, qui permirent le style, aux oeuvres des dramaturges grecs par exemple, ou aux tragédies du XVIIè siècle français. Connaissez-vous rien de plus parfait et de plus profondément humain que ces œuvres ?Mais précisément cela n'est humain que profondément ; cela ne se pique pas de le paraître, ou du moins de paraître réel. Cela demeure une oeuvre d'art. »

Quels rapports l'étude des oeuvres littéraires de tout genre vous conduit-elle à établir entre le « réel », l'« humain », le « style », et « l'œuvre d'art » ?

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Composition Française (1984)

Pierre Reverdy écrit dans son Bloc-Notes « 39-40 » :

« En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poème l'émeut mais le laisse en lui-même et plus intensément lui-même ».

Qu'en pensez-vous ?

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Composition Française (1985)

« Le public qui cherche des confidences personnelles dans le livre d'un écrivain est un public qui ne sait pas lire », dit Marguerite YOURCENAR dans un entretien avec Matthieu GALEY (Les Yeux ouverts).

Comment, vous fondant sur votre expérience de lecteur, comprenez-vous ce propos ?

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Composition Française (1986)

« Le réalisme et le naturalisme, au théâtre comme dans le roman, sont des mouvements littéraires ou philosophico-littéraires, des conventions, des styles, tout comme le romantisme ou le surréalisme. La distinction n'est pas entre réalité et illusion, mais entre des conceptions différentes -de la réalité, entre des modes différents d'illusions. »

R. WELLEK et A. WARREN, La théorie littéraire.

Commentez ce point de vue en appuyant votre argumentation sur des exemples précis.

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Composition Française (1987)

Dans une lettre à un ami, Alexis SAINT-LÉGER LÉGER - le futur SAINT-JOHN PERSE - écrit, en 1909 :

« Ce que je crois, [c'est] que la sincérité, en art, n'a jamais droit à l'immédiat ; qu'elle ne peut affluer qu'involontaire, par transparence, ou même négativement ; que l'« essentiel », là, ne peut jamais, sans ruser, devenir à lui-même l'objet. L'essentiel ne se dit pas, et bien plus, n'a jamais désiré se dire. »

Vous exposerez, en vous attachant particulièrement au domaine de la littérature, les réflexions que vous inspire ce propos.

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Composition Française (1988)

Dans un article intitulé « Le théâtre et la cruauté », Antonin ARTAUD définit sa conception du théâtre :

« Nous voulons faire du théâtre une réalité à laquelle on puisse croire, et qui contienne pour le cœur et les sens cette espèce de morsure concrète que comporte toute sensation vraie. De même que nos rêves agissent sur nous et que la réalité agit sur nos rêves, nous pensons qu'on peut identifier les images de la poésie à un rêve, qui sera efficace dans la mesure où il sera jeté avec la violence qu'il faut. Et le public croira aux rêves du théâtre à condition qu'il les prenne vraiment pour des rêves et non pour le calque de la réalité ; à condition qu'ils lui permettent de libérer en lui cette liberté magique du songe qu'il ne peut reconnaître qu'empreinte de terreur et de cruauté. »

(Le Théâtre et son Double, 1938.)

En vous appuyant sur des exemples précis, dites ce que vous pensez de ces propos.

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Composition Française (1989)

Qu'est-ce qu'un classique 7

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Composition Française (1990)

« Ce n'est pas ce qui est regardé qui définit la poésie, c'est le regard. Ce ne sont pas les choses qui arrivent qui font un poème, c'est la façon du poète d'arriver dans les choses. »

Vous commenterez ce point de vue de Claude ROY en vous appuyant sur des exemples précis.

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Composition Française (1991)

Dans un recueil d'impressions et d'idées intitulé Rhumbs, Paul VALÉRY écrit :

« Une oeuvre est solide quand elle résiste aux substitutions que l'esprit du lecteur actif et rebelle tente toujours de faire subir à ses parties.

N'oublie jamais qu'une oeuvre est chose finie, arrêtée et matérielle. L'arbitraire vivant du lecteur s'attaque à l'arbitraire mort de l'ouvrage. »

Vous direz ce que vous pensez de ces remarques en vous fondant sur des exemples précis empruntés à la littérature française.

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Composition Française (1992)

Vous commenterez et discuterez à l'aide d'exemples précis ces remarques de Julien Gracq, En lisant en écrivant, 1980, p. 174 :

« En matière de critique littéraire, tous les mots qui commandent à des catégories sont des pièges. Il en faut, et il faut s'en servir, à condition de ne jamais prendre de simples outils-pour-saisir, outils précaires, outils de hasard, pour des subdivisions originelles de la création ; que d'énergie gaspillée à baliser les frontières du « romantisme », à répartir les oeuvres d'imagination entre les fichiers du fantastique, du merveilleux de l'étrange, etc. ! Les oeuvres d'art, il est judicieux d'avoir l'œil sur leurs fréquentations, mais de laisser quelque peu flotter leur état civil. »

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Composition Française (1993)

Depuis deux cents ans, on nous a répété à qui mieux mieux que la littérature était un langage qui trouvait sa fin en lui-même. Il est temps d'en revenir à des évidences qu'on n'aurait pas dû oublier : la littérature a trait à l'existence humaine, c'est un discours orienté vers la vérité et la morale. (...) Littérature et morale : quelle horreur ! s'exclamera mon contemporain. Oui, le rapport aux valeurs est inhérent à la littérature : non seulement parce qu'il est impossible de parler de l'existence sans s'y référer, mais aussi parce que la littérature est un acte de communication, ce qui implique la possibilité d'entente au nom de valeurs communes. (...) Mais la littérature n'est pas un sermon : la différence entre les deux est que ce qui est ici un acquis préalable ne peut être là qu'un horizon.

Tzvetan TODOROV, Critique de la Critique, 1984.

En vous appuyant sur les oeuvres littéraires de votre choix. vous direz quelles réflexions vous inspire cette protestation d'un critique contemporain.

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Composition Française (1994)

Se référant à la thèse du moraliste, selon laquelle tout, dans la conduite des hommes, est subordonné à l'amour-propre, c'est à dire à « l'amour de soi-même et de toutes choses pour soi », un critique contemporain écrit :

« Il semble (...) que le théâtre s'affirme moins comme imitation que comme détournement de la vie : semblable à l'amour-propre de La Rochefoucauld, il ne se lasse jamais de se désigner à travers tous ses avatars1. »

J.-D. HUBERT, Essai d'exégèse racinienne, nouvelle édition, Nizet, 1985.

À partir d'exemples précis empruntés au répertoire théâtral français et éventuellement étranger, vous vous interrogerez sur la pertinence de cette assertion et sur sa portée.

1. Avatars = « transformations » (sans connotation particulière)

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Composition Française (1995)

Le lecteur de roman.

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Composition Française (1996)

Marcel Proust écrit dans le Contre Sainte Beuve :

« En art il n'y a pas (au moins dans le sens scientifique) d'initiateur, de précurseur. Tout est dans l'individu, chaque individu recommence, pour son compte, la tentative artistique ou littéraire ; et les œuvres de ses prédécesseurs ne constituent pas, comme dans la science, une vérité acquise dont profite celui qui suit. Un écrivain de génie aujourd'hui a tout à faire. Il n'est pas beaucoup plus avancé qu'Homère. »

A partir d'exemples précis empruntés au domaine littéraire (et, le cas échéant, artistique), vous vous interrogerez sur le bien-fondé de cette opinion.

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Composition Française (1997)

Dans le préambule destiné à la publication de ses Oeuvres complètes, Antonin ARTAUD (1896-1948) écrit :

« Moi poète j'entends des voix qui ne sont plus du monde des idées. Car là où je suis il n'y a plus à penser. »

Un siècle et demi plus tôt, Madame de Staël avait fait dire à Corinne, l'héroïne de son roman (publié en 1807) :

« Je me sens poète, non pas seulement quand un heureux choix de rimes et de syllabes harmonieuses, quand une heureuse réunion d'images éblouit les auditeurs, mais quand mon âme s'élève, quand elle dédaigne de plus haut l'égoïsme et la bassesse, enfin quand une belle action me serait plus facile : c'est alors que mes vers sont meilleurs. Je suis poète lorsque j'admire, lorsque je méprise, lorsque je hais, non par des sentiments personnels, non pour ma propre cause, mais pour la dignité de l'espèce humaine et la gloire du monde. »

Vous vous interrogerez sur la conception du poète que supposent ces deux points de vue, en les confrontant.

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Composition Française (1998)

Dans son Discours à Monsieur le Duc de La Rochefoucauld (Fables, X, 14), La Fontaine écrit : « Mais les ouvrages les plus courts / Sont toujours les meilleurs. »

Que pensez-vous de cette affirmation ? Vous répondrez à cette question en étayant votre argumentation d'exemples précis, empruntés à toutes les formes de productions littéraires que vous jugerez appropriées et à toutes les époques de la littérature.

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Composition Française (1999)

Adoptant le point de vue d'un de ses personnages, André Malraux écrit dans La Condition humaine : « Ce n'était ni vrai, ni faux, mais vécu. »

Cette phrase vous semble-t-elle de nature à éclairer le débat sur l'œuvre autobiographique sous ses diverses formes ? Vous répondrez à cette question en étayant votre argumentation d'exemples précis.

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Composition Française (2000)

Personnage de roman, personnage de théâtre.

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Composition Française (2001)

« On sait que les comédies ne sont faites que pour être jouées ; et je ne conseille de lire celle-ci qu'aux personnes qui ont des yeux pour découvrir, dans la lecture, tout le jeu du théâtre. »

Que pensez-vous de cette affirmation ? Vous appuierez votre réflexion sur des exemples précis.

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Version Latine

Version latine (1975)

AU SERVICE D'UNE GRANDE OEUVRE

Non practerit me, Lucili uirorum optime, quam magnarum retum fundamenta ponarn senex, qui mundum circuire constitui et causas secretaque eius eruere atque aliis noscenda prodere Quando tam multa consequar, tam sparsa colligam, tam occulta perspiciam ? Premit a tergo senectus et obicit annos inter uana studia consumptos. Tanto magis urgeamus et damna aetatis male exemptae labor sarciat ; nox ad diem accedat, occupationes recidantur, patrimonii longe a domino iacentis cura soluatur, sibi tutus animus uacet et ad contemplationem sui saltem in ipso fine respiciat. Faciet ac sibi instabit et cotidie breuitatem temporis metietur. Quicquid amissum est, id diligenti usu praesentis uitae recolliget ; fidelissimus est ad honesta ex paenitentia transitus. Libet igitur mihi exciamare illum poetae incliti uersum :

« Tollimus ingentes animos et maxima paruo

Tempore molimur » ?

Hoc dicerem, Si puer iuuenisque molirer, - nullum enim non tam magn

is rebus tempus angustum est - ; nunc uero ad rem seriam, grauem, immensam post meridianas horas accessimus. Faciamus quod in itinere fieri solet : qui tardius exierunt, uclocitate pensant moram. Festinemus et opus nescio an superabile, magnum certe, sine aetatis excusatione tractemus. Crescit animus, quotiens coepti magnitudinem attendit et cogitat quantum proposito, non quantum sibi supersit.

Consumpsere se quidam, dum acta regum extemorum componunt quaeque passi inuicem ausique sunt populi. Quanto satius est sua mala extinguere quam aliena posteris tradere ! Quanto potius deorum opera celebrare quam Philippi aut Alexandri latrocinia ! [...]

Quanto satius est quid faciendum sit quam quid factum quaerere, ac docere eos qui sua permisere fontunae nihil stabile ab illa datum esse, eius omnia aura fluere mobihus

SÉNÈQUE, Questions naturelles, Livre III, Préface.

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Version latine (1976)

ON N'ÉTOUFFE PAS LA VOIX D'UN HOMME LIBRE

Cornelio Cosso Asinio Agrippa consulibus Cremutius Cordus postulatur novo ac tunc primum audito crimine, quod editis annalibus laudatoque M. Bruto C. Cassium Romanorum ultimum dixisset. accusabant Satrius Secundus et Pinarius Natta, Seiani clientes. id perniciabile reo et Caesar truci vultu defensionem accipiens, quam Cremutius relinquendae vitae certus in hunc modum exorsus est : 'verba mea, patres conscripti, arguuntur : adeo factorum innocens sum. sed neque haec in principem aut principis parentem, quos lex maiestatis amplectitur : Brutum et Cassium laudavisse dicor, quorum res gestas cum plurimi composuerint, nemo sine honore memoravit. Titus Livius, eloquentiae ac fidei praeclarus in primis, Cn. Pompeium tantis laudibus tulit ut Pompeianum eum Augustus appellaret ; neque id amicitiae eorum offecit. Scipionem, Afranium, hunc ipsum Cassium, hunc Brutum nusquam latrones et parricidas, quae nunc vocabula imponuntur, saepe ut insignis viros nominat. Asinii Pollionis scripta egregiam eorundem memoriam tradunt ; Messala Corvinus imperatorem suum Cassium praedicabat : et uterque opibusque atque honoribus perviguere. Marci Ciceronis libro quo Catonem caelo aequavit, quid aliud dictator Caesar quam rescripta oratione velut apud iudices respondit ? Antonii epistulae Bruti contiones falsa quidem in Augustum probra set multa cum acerbitate habent ; carmina Bibaculi et Catulli referta contumeliis Caesarum leguntur : sed ipse divus Iulius, ipse divus Augustus et tulere ista et reliquere, haud facile dixerim, moderatione magis an sapientia. namque spreta exolescunt : si irascare, adgnita videntur.

[…] maxime solutum et sine obtrectatore fuit prodere de iis quos mors odio aut gratiae exemisset. num enim armatis Cassio et Bruto ac Philippensis campos optinentibus belli civilis causa populum per contiones incendo ? an illi quidem septuagesimum ante annum perempti, quo modo imaginibus suis noscuntur, quas ne victor quidem abolevit, sic partem memoriae apud scriptores retinent ? suum cuique decus posteritas rependit ; nec deerunt, si damnatio ingruit, qui non modo Cassii et Bruti set etiam mei meminerint.' egressus dein senatu vitam abstinentia finivit. libros per aedilis cremandos censuere patres : set manserunt, occultati et editi. quo magis socordiam eorum inridere libet qui praesenti potentia credunt extingui posse etiam sequentis aevi memoriam. nam contra punitis ingeniis gliscit auctoritas, neque aliud externi reges aut qui eadem saevitia usi sunt nisi dedecus sibi atque illis gloriam peperere.

TACITE, Annales, IV, 34-35

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Version latine (1977)

CESAR DOIT RESTER EN GAULE

Semitam tantum Galliae tenebamus antea, Patres conscripti ; ceterae partes a gentibus aut inimicis aut imperio aut infidis aut incognitis aut certe immanibus et barbaris et bellicosis tenebantur ; quas nationes nemo umquam fuit quin frangi domarique cuperet. Nemo sapienter de re publica nostra cogitavit jam inde a principio hujus imperii, quin Galliam maxime timendam huic imperio putaret ; sed propter vim ac multitudinem gentium illarum numquam est antea cum omnibus dimicatum ; restitimus semper lacessati. Nunc denique est perfectum ut imperii nostri terrarumque illarum idem esset extremum.

Alpibus Italiam munierat antea natura non sine aliquo divino numine. Nam, si ille aditus Gallorum immanitati multitudine patuisset, numquam haec urbs summo imperio domicilium ac sedem praebuisset. Quam jam licet considant. Nihil est enim ultra altitudinem montium usque ad Oceanum, quod sit Italiae pertimescendum. Sed tamen una atque altera aestas vel metu vel spe vel poena vel praemiis vel armis vel legibus potest totam Galliam sempiternis vinculis adstringere. Impolitae vero res et acerbae si erunt relictae, quamquam sunt accisae, tamen efferent se aliquando et ad renovandum bellum revirescent.

Quare sit in ejus tutela Gallia, cujus fidei, virtuti, felicitati commendata est. Qui si Fortunae muneribus amplissimis ornatus saepius ejus deae periculum facere nollet, si in patriam, si ad deos penatis, si ad eam dignitatem, quam in civitate sibi propositam videt, si ad jucundissimos liberos, si ad clarissimum generum redire properaret, si in Capitolium invehi victor cum illa insigni laude gestiret, si denique timeret casum aliquem, qui illi tantum addere jam non potest quantum auferre, nos tamen oporteret ab eodem illa omnia, a quo profligata sunt, confici velle. Cum vero ille suae gloriae jam pridem, rei publicae nondum satis fecerit, et malit tamen tardius ad suorum laborum fructus pervenire quam non explere susceptum rei publicae munus, nes imperatorem incensum ad rem publicam bene gerendam revocare nec totam Gallici belli rationem prope jam explicatam perturbare atque impedire debemus.

CICERON, De prouinciis consularibus,

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Version latine (1978)

PLINE LE JEUNE ET SA MERE ONT QUITTE MIDENE ET ESSAIENT D'ECHAPPER A L'ERUPTION DU VESUVE

Tum mater orare hortari iubere, quoquo modo fugerem ; posse enim iuvenem, se et annis et corpore gravem bene morituram, si mihi causa mortis non fuisset. Ego contra salvum me nisi una non futurum ; dein manum eius amplexus addere gradum cogo. Paret aegre incusatque se, quod me moretur. Iam cinis, adhuc tamen rarus. Respicio : densa caligo tergis imminebat, quae nos torrentis modo infusa terrae sequebatur. 'Deflectamus' inquam 'dum videmus, ne in via strati comitantium turba in tenebris obteramur.' Vix consideramus, et nox - non qualis illunis aut nubila, sed qualis in locis clausis lumine exstincto. Audires ululatus feminarum, infantum quiritatus, clamores virorum ; alii parentes alii liberos alii coniuges vocibus requirebant, vocibus noscitabant ; hi suum casum, illi suorum miserabantur ; erant qui metu mortis mortem precarentur ; multi ad deos manus tollere, plures nusquam iam deos ullos aeternamque illam et novissimam noctem mundo interpretabantur. Nec defuerunt qui fictis mentitisque terroribus vera pericula augerent. Aderant qui Miseni illud ruisse illud ardere falso sed credentibus nuntiabant. Paulum reluxit, quod non dies nobis, sed adventantis ignis indicium videbatur. Et ignis quidem longius substitit ; tenebrae rursus cinis rursus, multus et gravis. Hunc identidem assurgentes excutiebamus ; operti alioqui atque etiam oblisi pondere essemus. Possem gloriari non gemitum mihi, non vocem parum fortem in tantis periculis excidisse, nisi me cum omnibus, omnia mecum perire misero, magno tamen mortalitatis solacio credidissem. Tandem illa caligo tenuata quasi in fumum nebulamve discessit ; mox dies verus ; sol etiam effulsit, luridus tamen qualis esse cum deficit solet.

PLINE LE JEUNE, Epistulae, VI, 20, 12-18

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Version latine (1979)

CICERON A SON FRERE : « POSSEDES TOUTES LES QUALITES POUR EXERCER AU MIEUX TES FONCTIONS RENOUVELEES DE PROCONSUL EN ASIE. »

Intellego permagnum esse negotium et maximi consilii, sed memento consilii me hoc negotium esse magis aliquanto quam fortunae putare ; quid est enim negotii continere eos, quibus praesis, si te ipse contineas ? id autem sit magnum et difficile ceteris, sicut est difficillimum : tibi et fuit hoc semper facillimum et vero esse debuit, cuius natura talis est, ut etiam sine doctrina videatur moderata esse potuisse, ea autem adhibita doctrina est, quae vel vitiosissimam naturam excolere possit. Tu cum pecuniae, cum voluptatis, cum omnium rerum cupiditati resistes, ut facis, erit, credo, periculum, ne improbum negotiatorem, paullo cupidiorem publicanum comprimere non possis ! nam Graeci quidem sic te ita viventem intuebuntur, ut quendam ex annalium memoria aut etiam de caelo divinum hominem esse in provinciam delapsum putent. Atque haec nunc non ut facias, sed ut te et facere et fecisse gaudeas scribo ; praeclarum est enim summo cum imperio fuisse in Asia triennium sic, ut nullum te signum, nulla pictura, nullum vas, nulla vestis, nullum mancipium, nulla forma cuiusquam, nulla condicio pecuniae, quibus rebus abundat ista provincia, ab summa integritate continentiaque deduxerit ; quid autem reperiri tam eximium aut tam expetendum potest, quam istam virtutem, moderationem animi, temperantiam non latere in tenebris neque esse abditam, sed in luce Asiae, in oculis clarissimae provinciae atque in auribus omnium gentium ac nationum esse positam ? non itineribus tuis perterreri homines, non sumptu exhauriri, non adventu commoveri ? esse, quocumque veneris, et publice et privatim maximam laetitiam, cum urbs custodem, non tyrannum, domus hospitem, non expilatorem recepisse videatur ?

CICERON, Epistulae ad Quintum fratrem, II, 7-9

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Version latine (1980)

APRES LES FUNERAILLES DE GERMANICUS, TIBERE DOIT SE JUSTIFIER DE LEUR AVOIR DONNE TROP PEU D'ECLAT

Fuere qui publici funeris pompam requirerent compararentque quae in Drusum patrem Germanici honora et magnifica Augustus fecisset. ipsum quippe asperrimo hiemis Ticinum usque progressum neque abscedentem a corpore simul urbem intravisse ; circumfusas lecto Claudiorum Iuliorumque imagines ; defletum in foro, laudatum pro rostris, cuncta a maioribus reperta aut quae posteri invenerint cumulata : at Germanico ne solitos quidem et cuicumque nobili debitos honores contigisse. sane corpus ob longinquitatem itinerum externis terris quoquo modo crematum : sed tanto plura decora mox tribui par fuisse quanto prima fors negavisset. non fratrem nisi unius diei via, non patruum saltem porta tenus obvium. ubi illa veterum instituta, propositam toro effigiem, meditata ad memoriam virtutis carmina et laudationes et lacrimas vel doloris imitamenta ?

Gnarum id Tiberio fuit ; utque premeret vulgi sermones, monuit edicto multos inlustrium Romanorum ob rem publicam obisse, neminem tam flagranti desiderio celebratum. idque et sibi et cunctis egregium si modus adiceretur. non enim eadem decora principibus viris et imperatori popolo quae modicis domibus aut civitatibus. convenisse recenti dolori luctum et ex maerore solacia ; sed referendum iam animum ad firmitudinem, ut quondam divus Iulius amissa unica filia, ut divus Augustus ereptis nepotibus abstruserint tristitiam. nil opus vetustioribus exemplis, quotiens populus Romanus cladis exercituum, interitum ducum, funditus amissas nobilis familias constanter tulerit. principes mortalis, rem publicam aeternam esse. proin repeterent sollemnia, et quia ludorum Megalesium spectaculum suberat, etiam voluptates resumerent.

Tum exuto iustitio reditum ad munia...

TACITE, Annales, III, 5-7

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Version latine (1981)

DEUX MANIERE D'ETRE UTILE A L'ETAT

Optimum erat, ut ait Athenodorus, actione rerum et rei publicae tractatione et officiis ciuilibus se detinere. Nam, ut quidam sole atque exercitatione et cura corporis diem educunt athletisque longe utilissimum est lacertos suos roburque, cui se uni dicauerunt, maiore temporis parte nutrire, ita nobis, animum ad rerum ciuilium certamen parantibus, in opere esse nostro longe pulcherrimum est : nam, cum utilem se efficere ciuibus mortalibusque propositum habeat, simul et exercetur et proficit qui in mediis se officiis posuit, communia priuataque pro facultate administrans. "Sed, quia in hac, inquit, tam insana hominum ambitione, tot calumniatoribus in deterius recta torquentibus, parum tuta simplicitas est et plus futurum semper est quod obstet quam quod succedat, a foro quidem et publico recedendum est. Sed habet ubi se etiam in priuato laxe explicet magnus animus, nec, ut leonum animaliumque impetus caueis coercetur, sic hominum, quorum maximae in seducto actiones sunt. Ita tamen delituerit, ut, ubicumque otium suum absconderit, prodesse uelit singulis uniuersisque ingenio, uoce, consilio. Nec enim is solus rei publicae prodest, qui candidatos extrahit et tuetur reos et de pace belloque censet ; sed qui iuuentutem exhortatur, qui in tanta bonorum praeceptorum inopia uirtutem insinuat animis, qui ad pecuniam luxuriamque cursu ruentes prensat ac retrahit et, si nihil aliud, certe moratur, in priuato publicum negotium agit. An ille plus praestat, qui inter peregrinos et ciues aut urbanus praetor adeuntibus assessoris uerba pronuntiat, quam qui quid sit iustitia, quid pietas, quid patientia, quid fortitudo, quid mortis contemptus, quid deorum intellectus, quam gratuitum bonum sit bona conscientia ?

SENEQUE, De tranquillitate animi, III, 1-4

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Version latine (1982)

DIDON TENTE DE RETENIR ENEE QUI SE PREPARE A L'ABANDONNER

Parce, Venus, nurui, durumque amplectere fratrem,

    Frater Amor ; castris militet ille tuis.

Aut ego quem coepi--neque enim dedignor--amare,

    Materiam curae praebeat ille meae.

Fallor et ista mihi falso iactatur imago :

    Matris ab ingenio dissidet ille suae.

Te lapis et montes innataque rupibus altis

    Robora, te saevae progenuere ferae

Aut mare, quale vides agitari nunc quoque ventis :

    Qua tamen adversis fluctibus ire paras ?

Quo fugis ? obstat hiems. hiemis mihi gratia prosit !

    Adspice ut eversas concitet Eurus aquas.

Quod tibi malueram, sine me debere procellis ;

    Iustior est animo ventus et unda tuo.

Non ego sum tanti, quod non cessaris, inique,

    Vt pereas, dum me per freta longa fugis.

Exerces pretiosa odia et constantia magno,

    Si, dum me careas, est tibi vile mori.

Iam venti ponent, strataque aequaliter unda

    Caeruleis Triton per mare curret equis.

Tu quoque cum ventis utinam mutabilis esses

    Et, nisi duritia robora vincis, eris.

Quid, si nescires, insana quid aequora possunt,

    Expertae totiens tam male credis aquae ?

Vt, pelago suadente etiam, retinacula solvas,

    Multa tamen latus tristia pontus habet.

Nec violasse fidem temptantibus aequora prodest ;

    Perfidiae poenas exigit ille locus,

Praecipue cum laesus amor, quia mater Amorum

    Nuda Cytheriacis edita fertur aquis.

Perdita ne perdam, timeo, noceamve nocenti

    Neu bibat aequoreas naufragus hostis aquas.

Vive, precor ! sic te melius quam funere perdam,

    Tu potius leti causa ferere mei.

OVIDE, Héroïdes, VII, 35-68

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Version latine (1983)

APRES LA VICTOIRE SUR LES MACEDONIENS, UN ROMAIN VEUT S'OPPOSER A CE QU'ON DECERNE LE TRIOMPHE A PAUL-EMILE

Ser. Galba repente processit et a tribunis postulauit, ut, quoniam hora iam octaua diei esset, nec satis temporis ad demonstrandum haberet, cur L. Aemilium non iuberent triumphare, in posterum diem differrent et mane eam rem agerent : integro sibi die ad causam eam orandam opus esse. cum tribuni dicere eo die, si quid uellet, iuberent, in noctem rem dicendo extraxit referendo admonendoque exacta acerbe munia militiae(*) ; plus laboris, plus periculi, quam desiderasset res, iniunctum ; contra in praemiis, in honoribus omnia artata ; militiamque, si talibus succedat ducibus, horridiorem asperiorem<que> bellantibus, eandem uictoribus inopem atque inhonoratam futuram. Macedonas in meliore fortuna quam milites Romanos esse. si frequentes postero die ad legem antiquandam adessent, intellecturos potentis uiros non omnia in ducis, aliquid et in militum manu esse. his uocibus incitati postero die milites tanta frequentia Capitolium conpleuerunt, ut aditus nulli praeterea ad suffragium ferendum esset. intro uocatae primae tribus cum antiquarent, concursus in Capitolium principum ciuitatis factus est, indignum facinus esse clamitantium L. Paulum tanti belli uictorem despoliari triumpho : obnoxios imperatores tradi licentiae atque auaritiae militari. iam nunc nimis saepe per ambitionem peccari ; quid, si domini milites imperatoribus imponantur ? in Galbam pro se quisque probra ingerere. tandem hoc tumultu sedato M. Seruilius, qui consul et magister equitum fuerat, ut de integro eam <rem> agerent ab tribunis petere, dicendique sibi ad populum potestatem facerent. tribuni cum ad deliberandum secessissent, uicti auctoritatibus principum de integro agere coeperunt reuocaturosque se easdem tribus pronuntiarunt, si M. Seruilius aliique priuati, qui dicere uellent, dixissent.

(*) Tite-Live a écrit plus haut : « Paul-Emile avait soumis ses soldats à une discipline à l'antique ; du butin, il leur avait donné une part plus parcimonieuse que celle qu'ils avaient espéré se voir attribuer sur les richesses si abondantes de Persée : si l'on s'était plié à leur avidité, ils ne lui auraient rien laissé à rapporter dans le trésor public. »

TITE LIVE, Ab urbe condita, XLV, 36

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Version latine (1984)

VERCINGETORIX RELEVE LE MORAL DE SES TROUPES DECOURAGEES PAR LA PRISE D'AVARICUM

Postero die concilio convocato consolatus cohortatusque est ne se admodum animo demitterent, ne perturbarentur incommodo. Non virtute neque in acie vicisse Romanos, sed artificio quodam et scientia oppugnationis, cuius rei fuerint ipsi imperiti. Errare, si qui in bello omnes secundos rerum proventus exspectent. Sibi numquam placuisse Avaricum defendi, cuius rei testes ipsos haberet ; sed factum imprudentia Biturigum et nimia obsequentia reliquorum uti hoc incommodum acciperetur. Id tamen se celeriter maioribus commodis sanaturum. Nam quae ab reliquis Gallis civitates dissentirent, has sua diligentia adiuncturum atque unum consilium totius Galliae effecturum, cuius consensui ne orbis quidem terrarum possit obsistere ; idque se prope iam effectum habere. Interea aequum esse ab eis communis salutis causa impetrari ut castra munire instituerent, quo facilius repentinos hostium impetus sustinerent.

Fuit haec oratio non ingrata Gallis, et maxime, quod ipse animo non defecerat tanto accepto incommodo neque se in occultum abdiderat et conspectum multitudinis fugerat ; plusque animo providere et praesentire existimabatur, quod re integra primo incendendum Avaricum, post deserendum censuerat. Itaque ut reliquorum imperatorum res adversae auctoritatem minuunt, sic huius ex contrario dignitas incommodo accepto in dies augebatur. Simul in spem veniebant eius adfirmatione de reliquis adiungendis civitatibus ; primumque eo tempore Galli castra munire instituerunt et sic sunt animo confirmati, homines insueti laboris, ut omnia quae imperarentur sibi patienda existimarent.

Nec minus quam est pollicitus Vercingetorix animo laborabat ut reliquas civitates adiungeret, atque eas donis pollicitationibusque alliciebat. Huic rei idoneos homines deligebat, quorum quisque aut oratione subdola aut amicitia facillime capere posset.

CESAR, Bellum Gallicum, VII, 29-31

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Version latine (1985)

APRES AVOIR RENDU LES HONNEURS FUNEBRES A SA NOURRICE ? ENNE LONGE LE TERRITOIRE DE CIRCE ET ABORDE EN ITALIE

At pius exsequiis Aeneas rite solutis,

aggere composito tumuli, postquam alta quierunt

aequora, tendit iter velis portumque relinquit.

Adspirant aurae in noctem nec candida cursus

Luna negat, splendet tremulo sub lumine pontus.

Proxima Circaeae raduntur litora terrae,

dives inaccessos ubi Solis filia lucos

adsiduo resonat cantu tectisque superbis

urit odoratam nocturna in lumina cedrum,

arguto tenuis percurrens pectine telas.

Hinc exaudiri gemitus iraeque leonum

vincla recusantum et sera sub nocte rudentum,

saetigerique sues atque in praesaepibus ursi

saevire ac formae magnorum ululare luporum,

quos hominum ex facie dea saeva potentibus herbis

induerat Circe in voltus ac terga ferarum.

Quae ne monstra pii paterentur talia Troes

delati in portus neu litora dira subirent,

Neptunus ventis implevit vela secundis

atque fugam dedit et praeter vada fervida vexit.

Iamque rubescebat radiis mare et aethere ab alto

Aurora in roseis fulgebat lutea bigis :

cum venti posuere omnisque repente resedit

flatus et in lento luctantur marmore tonsae.

Atque hic Aeneas ingentem ex aequore lucum

prospicit. Hunc inter fluvio Tiberinus amoeno.

verticibus rapidis et multa flavus arena

in mare prorumpit. Variae circumque supraque

adsuetae ripis volucres et fluminis alveo

aethera mulcebant cantu lucoque volabant.

flectere iter sociis terraeque advertere proras

imperat et laetus fluvio succedit opaco.

VIRGILE, Enéide, VII, 5-36

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Version latine (1986)

NERON PRONOCE L'ORAISON FUNEBRE DE CLAUDE ET PRESENTE AU SENAT LE PROGRAMME DE SON GOUVERNEMENT

Die funeris laudationem eius princeps exorsus est, dum antiquitatem generis, consulatus ac triumphos maiorem enumerabat, intentus ipse et ceteri ; liberalium quoque artium commemoratio et nihil regente eo triste rei publicae ab externis accidisse pronis animis audita : postquam ad providentiam sapientiamque flexit, nemo risui temperare, quamquam oratio a Seneca composita multum cultus praeferret, ut fuit illi viro ingenium amoenum et temporis eius auribus accommodatum. adnotabant seniores quibus otiosum est vetera et praesentia contendere, primum ex iis, qui rerum potiti essent, Neronem alienae facundiae eguisse. nam dictator Caesar summis oratoribus aemulus ; et Augusto prompta ac profluens quaeque deceret principem eloquentia fuit. Tiberius artem quoque callebat, qua verba expenderet, tum validus sensibus aut consulto ambiguus. etiam C. Caesaris turbata mens vim dicendi non corrupit ; nec in Claudio, quotiens meditata dissereret, elegantiam requireres. Nero puerilibus statim annis vividum animum in alia detorsit : caelare pingere, cantus aut regimen equorum exercere ; et aliquando carminibus pangendis inesse sibi elementa doctrinae ostendebat.

Ceterum peractis tristitiae imitamentis curiam ingressus et de auctoritate patrum et consensu militum praefatus, consilia sibi et exempla capessendi egregie imperii memoravit, neque iuventam armis civilibus aut domesticis discordiis imbutam ; nulla odia, nullas iniurias nec cupidinem ultionis adferre. tum formam futuri principis praescripsit, ea maxime declinans, quorum recens flagrabat invidia. non enim se negotiorum omnium iudicem fore, ut clausis unam intra domum accusatoribus et reis paucorum potentia grassaretur ; nihil in penatibus suis venale aut ambitioni pervium ; discretam domum et rem publicam. teneret antiqua munia senatus, consultum tribunalibus Italia et publicae provinciae adsisterent : illi* patrum aditum praeberent, se mandatis exercitibus consulturum.

* Le pronom illi désigne « les consuls ».

TACITE, Annales, XIII, 3-4

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Version latine (1987)

GARDONS-NOUS DE L'AGITATION STERILE

Circumcidenda concursatio, qualis est magnae parti hominum domos et theatra et fora pererrantium : alienis se negotiis offerunt, semper aliquid agentibus similes. Horum si aliquem exeuntem e domo interrogaueris : "Quo tu ? quid cogitas ?" respondebit tibi : "Non mehercules scio, sed aliquos uidebo, aliquid agam." Sine proposito uagantur, quaerentes negotia, nec quae destinauerunt agunt, sed in quae incucurrerunt. Inconsultus illis uanusque cursus est, qualis formicis per arbusta repentibus, quae in summum cacumen et inde in imum inanes aguntur. His plerique similem uitam agunt, quorum non immerito quis inquietam inertiam dixerit. Quorundam quasi ad incendium currentium misereberis : usque eo impellunt obuios et se aliosque praecipitant, cum interim cucurrerunt aut salutaturi aliquem non resalutaturum aut funus ignoti hominis prosecuturi, aut ad iudicium saepe litigantis, aut ad sponsalia saepe nubentis, et lecticam assectati quibusdam locis etiam tulerunt. Dein, domum cum superuacua redeuntes lassitudine, iurant nescire se ipsos quare exierint, ubi fuerint, postero die erraturi per eadem illa uestigia. Omnis itaque labor aliquo referatur, aliquo respiciat. Non industria inquietos, ut insanos falsae rerum imagines agitant : nam ne illi quidem sine aliqua spe mouentur ; proritat illos alicuius rei species, cuius uanitatem capta mens non coarguit. Eodem modo unumquemque ex his qui ad augendam turbam exeunt inanes et leues causae per urbem circumducunt, nihilque habentem in quod laboret lux orta expellit, et cum, multorum frustra liminibus illisus, nomenclatores persalutauit, a multis exclusus, neminem ex omnibus difficilius domi quam se conuenit. Ex hoc malo dependet illud taeterrimum uitium, auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio, et multarum rerum scientia quae nec tuto narrantur nec tuto audiuntur.

SENEQUE, De tranquillitate animi, XII, 2-4

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Version latine (1988)

DISCOURS DE CESAR A SES TROUPES AVANT LA BATAILLE DE PHARSALE

"O domitor mundi, rerum fortuna mearum,

miles, adest totiens optatae copia pugnae.

Nil opus est uotis, iam fatum accersite ferro.

In manibus uestris quantus sit Caesar habetis.

Haec est illa dies, mihi quam Rubiconis ad undas

promissam memini, cuius spe mouimus arma,

in quam distulimus uetitos remeare triumphos ;

[haec eadem est, hodie quae pignora quaeque penates

reddat et emerito faciat uos Marte colonos ;]

haec, fato quae teste probet quis iustius arma

sumpserit ; haec acies uictum factura nocentem.

Si pro me patriam ferro flammisque petistis,

nunc pugnate truces gladiosque exsoluite culpa :

nulla manus belli mutato iudice pura est.

Non mihi res agitur, sed uos ut libera sitis

turba precor, gentis ut ius habeatis in omnes.

Ipse ego priuatae cupidus me reddere uitae

plebeiaque toga modicum conponere ciuem,

omnia dum uobis liceant, nihil esse recuso :

inuidia regnate mea. Nec sanguine multo

spem mundi petitis : Grais delecta iuuentus

gymnasiis aderit studioque ignaua palaestrae

et uix arma ferens, aut mixtae dissona turbae

barbaries, non illa tubas, non agmine moto

clamorem latura suum. Ciuilia paucae

bella manus facient, pugnae pars magna leuabit

his orbem populis Romanumque obteret hostem.

Ite per ignauas gentes famosaque regna

et primo ferri motu prosternite mundum,

sitque palam, quas tot duxit Pompeius in Vrbem

curribus, unius gentes non esse triumphi.

LUCAIN, Pharsale, VII, 250-280

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Version latine (1989)

UN TRIBUN DE LA PLEBE ET LE PREFET DE ROME S'AFFRONTENT A PROPOS DU POUVOIR CONSULAIRE (458 av. J.-C.)

Sic res Romana in antiquum statum(*) rediit, secundaeque belli res extemplo urbanos motus excitauerunt. C. Terentilius Harsa tribunus plebis eo anno fuit. Is consulibus absentibus ratus locum tribuniciis actionibus datum, per aliquot dies patrum superbiam ad plebem criminatus, maxime in consulare imperium tamquam nimium nec tolerabile liberae ciuitati inuehebatur : nomine enim tantum minus inuidiosum, re ipsa prope atrocius quam regium esse ; quippe duos pro uno dominos acceptos, immoderata, infinita potestate, qui soluti atque effrenati ipsi omnes metus legum omniaque supplicia uerterent in plebem. Quae ne aeterna illis licentia sit, legem se promulgaturum ut quinque uiri creentur legibus de imperio consulari scribendis ; quod populus in se ius dederit, eo consulem usurum, non ipsos libidinem ac licentiam suam pro lege habituros. Qua promulgata lege cum timerent patres ne absentibus consulibus iugum acciperent, senatus a praefecto urbis Q. Fabio uocatur, qui adeo atrociter in rogationem latoremque ipsum est inuectus ut nihil, si ambo consules infesti circumstarent tribunum, relictum minarum atque terroris sit : insidiatum eum et tempore capto adortum rem publicam. Si quem similem eius priore anno inter morbum bellumque irati di tribunum dedissent, non potuisse sisti. Mortuis duobus consulibus, iacente aegra ciuitate, in conluuione omnium rerum, ad tollendum rei publicae consulare imperium laturum leges fuisse, ducem Uolscis Aequisque ad oppugnandam urbem futurum. Quid tandem ? Illi non licere, si quid consules superbe in aliquem ciuium aut crudeliter fecerint, diem dicere, accusare iis ipsis iudicibus quorum in aliquem saeuitum sit ? Non illum consulare imperium sed tribuniciam potestatem inuisam intolerandamque facere ; quam placatam reconciliatamque patribus de integro in antiqua redigi mala.

(*) Une grave épidémie avait ravagé Rome à la fin de l'été précédent. Pour l'heure, la guerre contre les Volsques et les Eques venait de s'achever par une écrasante victoire romaine.

TITE LIVE, Ab urbe condita, III, 9

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Version latine (1990)

CICERON JUSTIFIE L'EDUCATION QU'IL A DONNEE AU JEUNE CAELIUS

Dicet aliquis : "Haec est igitur tua disciplina ? sic tu instituis adulescentes ? ob hanc causam tibi hunc puerum parens commendavit et tradidit, ut in amore atque in voluptatibus adulescentiam suam collocaret, et ut hanc tu vitam atque haec studia defenderes ?" Ego, si quis, iudices, hoc robore animi atque hac indole virtutis atque continentiae fuit, ut respueret omnes voluptates omnemque vitae suae cursum in labore corporis atque in animi contentione conficeret, quem non quies, non remissio, non aequalium studia, non ludi, non convivia delectarent, nihil in vita expetendum putaret, nisi quod esset cum laude et cum dignitate coniunctum, hunc mea sententia divinis quibusdam bonis instructum atque oruatum puto. Ex hoc genere illos fuisse arbitror Camillos, Fabricios, Curios omnesque eos, qui haec ex minimis tanta fecerunt.

Verum haec genera virtutum non solum in moribus nostris, sed vix iam in libris reperiuntur. Chartae quoque, quae illam pristinam severitatem continebant, obsoleverunt ; neque solum apud nos, qui hanc sectam rationemque vitae re magis quam verbis secuti sumus, sed etiam apud Graecos, doctissimos homines, quibus, cum facere non possent, loqui tamen et scribere honeste et magnifice licebat, alia quaedam mutatis Graeciae temporibus praecepta exstiterunt.

Itaque alii voluptatis causa omnia sapientes facere dixerunt, neque ab hac orationis turpitudine eruditi homines refugerunt : alii cum voluptate dignitatem coniungendam putaverunt. ut res maxime inter se repugnantes dicendi facultate coniungerent ; illud unum derectum iter ad laudem cum labore qui probaverunt, prope soli iam in scholis sunt relicti. Multa enim nobis blandimenta natura ipsa genuit, quibus sopita virtus coniveret interdum ; multas vias adulescentiae lubricas ostendit, quibus illa insistere aut ingredi sine casu aliquo aut prolapsione vix posset ; multarum rerum iucundissimarum varietatem dedit, qua non modo haec aetas, sed etiam iam corroborata caperetur.

Quam ob rem si quem forte inveneritis, qui aspernetur oculis pulchritudinem rerum, non odore ullo, non tactu, non sapore capiatur, excludat auribus omnem suavitatem, huic homini ego fortasse et pauci deos propitios, plerique autem iratos putabunt.

CICERON, Pro M. Caelio, 39-42

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Version latine (1991)

ARIANE, ABANDONNEE PAR THESEE DANS L'ILE DE DIA, Y RENCONTRE LE CORTEGE DE BACCHUS

Cnosis in ignotis amens errabat harenis,

    Qua brevis aequoreis Dia feritur aquis.

Utque erat e somno tunica velata recincta,

    Nuda pedem, croceas inreligata comas,

Thesea crudelem surdas clamabat ad undas,

    Indigno teneras imbre rigante genas.

Clamabat, flebatque simul, sed utrumque decebat ;

    Non facta est lacrimis turpior illa suis.

Iamque iterum tundens mollissima pectora palmis

    'Perfidus ille abiit ; quid mihi fiet ?' ait.

'Quid mihi fiet ?' ait : sonuerunt cymbala toto

    Litore, et adtonita tympana pulsa manu.

Excidit illa metu, rupitque novissima verba ;

    Nullus in exanimi corpore sanguis erat.

Ecce Mimallonides sparsis in terga capillis :

    Ecce leves satyri, praevia turba dei :

Ebrius, ecce, senex pando Silenus asello

    Vix sedet, et pressas continet ante iubas.

Dum sequitur Bacchas, Bacchae fugiuntque petuntque

    Quadrupedem ferula dum malus urget eques,

In caput aurito cecidit delapsus asello :

    Clamarunt satyri 'surge age, surge, pater.'

Iam deus in curru, quem summum texerat uvis,

    Tigribus adiunctis aurea lora dabat :

Et color et Theseus et vox abiere puellae :

    Terque fugam petiit, terque retenta metu est.

Horruit, ut graciles, agitat quas ventus, aristae,

    Ut levis in madida canna palude tremit.

Cui deus 'en, adsum tibi cura fidelior' inquit :

    'Pone metum : Bacchi, Cnosias, uxor eris.

Munus habe caelum ; caelo spectabere sidus ;

    Saepe reges dubiam Cressa Corona ratem.'

Dixit, et e curru, ne tigres illa timeret,

    Desilit ; inposito cessit harena pede :

Implicitamque sinu (neque enim pugnare valebat)

    Abstulit ; in facili est omnia posse deo.

OVIDE, Amatoria, I, 527-562

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Version latine (1992)

PAIX A L'HOMME DE BIEN

Ecce Socrates ex illo carcere, quem intrando purgavit omnique honestiorem curia reddidit, proclamat : "Qui iste furor, quae ista inimica dis hominibusque natura est infamare virtutes et malignis sermonibus sancta violare ? Si potestis, bonos laudate, si minus, transite ; quod si vobis exercere taetram istam licentiam placet, alter in alterum incursitate. Nam cum in caelum insanitis, non dico sacrilegium facitis, sed operam perditis. Praebui ego aliquando Aristophani materiam iocorum, tota illa comicorum poetarum manus in me venenatos sales suos effudit : inlustrata est virtus mea per ea ipsa, per quae petebatur ; produci enim illi et temptari expedit, nec ulli magis intellegunt, quanta sit, quam, qui vires eius lacessendo senserunt : duritia silicis nullis magis quam ferientibus nota est. Praebeo me non aliter quam rupes aliqua in vadoso mari destituta, quam fluctus non desinunt, undecumque moti sunt, verberare, nec ideo aut loco eam movent aut per tot aetates crebro incursu suo consumunt. Adsilite, facite impetum : ferendo vos vincam. In ea, quae firma et inexsuperabilia sunt, quidquid incurrit, malo suo vim suam exercet : proinde quaerite aliquam mollem cedentemque materiam, in qua tela vestra figantur. Vobis autem vacat aliena scrutari mala et sententias ferre de quoquam ? "Quare hic philosophus laxius habitat ? Quare hic lautius cenat ?" Papulas observatis alienas, obsiti plurimis ulceribus ? Hoc tale est quale, si quis pulcherrimorum corporum naevos aut verrucas derideat, quem foeda scabies depascitur. Obicite Platoni, quod petierit pecuniam, Aristoteli, quod acceperit, Democrito, quod neglexerit, Epicuro, quod consumpserit ; mihi ipsi Alcibiaden et Phaedrum obiectate, euasuri maxime felices, cum primum vobis imitari vitia nostra contigerit. Quin potius mala vestra circumspicitis, quae vos ab omni parte confodiunt, alia grassantia extrinsecus, alia in visceribus ipsis ardentia ?

SENEQUE, De uita beata, 27

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Version latine (1993)

Le dictateur A. Cornelius Cossus, parti faire la guerre aux Volsques et à leurs alliés, doit faire face à l'activité démagogique de M. Manlius Capitolinus, qui avait sauvé le Capitole de l'invasion gauloise (385 av. J.-C.).

Dictator exercitum in statiuis tenebat, minime dubius bellum cum iis populis patres iussuros, cum maior domi exorta moles coegit acciri Romam eum gliscente in dies seditione, quam solito magis metuendam auctor faciebat. non enim iam orationes modo M. Manli sed facta, popularia in speciem, tumultuosa eadem, qua mente fierent intuenda erant. centurionem, nobilem militaribus factis, iudicatum pecuniae cum duci uidisset, medio foro cum caterua sua accurrit et manum iniecit ; uociferatusque de superbia patrum ac crudelitate feneratorum et miseriis plebis, uirtutibus eius uiri fortunaque, 'tum uero ego' inquit 'nequiquam hac dextra Capitolium arcemque seruauerim, si ciuem commilitonemque meum tamquam Gallis uictoribus captum in seruitutem ac uincula duci uideam.' inde rem creditori palam populo soluit libraque et aere liberatum emittit, deos atque homines obtestantem ut M. Manlio, liberatori suo, parenti plebis Romanae, gratiam referant. acceptus extemplo in tumultuosam turbam et ipse tumultum augebat, cicatrices acceptas Ueienti Gallico aliisque deinceps bellis ostentans : se militantem, se restituentem euersos penates, multiplici iam sorte exsoluta, mergentibus semper sortem usuris, obrutum fenore esse ; uidere lucem, forum, ciuium ora M. Manli opera ; omnia parentum beneficia ab illo se habere ; illi deuouere corporis uitaeque ac sanguinis quod supersit ; quodcumque sibi cum patria penatibus publicis ac priuatis iuris fuerit, id cum uno homine esse. his uocibus instincta plebes cum iam unius hominis esset, addita alia commodioris ad omnia turbanda consilii res. fundum in Ueienti, caput patrimonii, subiecit praeconi, 'ne quem uestrum' inquit, 'Quirites, donec quicquam in re mea supererit, iudicatum addictumue duci patiar.' id uero ita accendit animos, ut per omne fas ac nefas secuturi uindicem libertatis uiderentur.

TITE LIVE, Ab urbe condita, VI, 14

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Version latine (1994)

Le dieu Sérapis manifeste par des miracles sa faveur pour Vespasien, retenu en Egypte.

Multa miracula evenere, quis caelestis favor et quaedam in Vespasianum inclinatio numinum ostenderetur. e plebe Alexandrina quidam oculorum tabe notus genua eius advolvitur, remedium caecitatis exposcens gemitu, monitu Serapidis dei, quem dedita superstitionibus gens ante alios colit ; precabaturque principem ut genas et oculorum orbis dignaretur respergere oris excremento. alius manum aeger eodem deo auctore ut pede ac vestigio Caesaris calcaretur orabat. Vespasianus primo inridere, aspernari ; atque illis instantibus modo famam vanitatis metuere, modo obsecratione ipsorum et vocibus adulantium in spem induci : postremo aestimari a medicis iubet an talis caecitas ac debilitas ope humana superabiles forent. medici varie disserere : huic non exesam vim luminis et redituram si pellerentur obstantia ; illi elapsos in pravum artus, si salubris vis adhibeatur, posse integrari. id fortasse cordi deis et divino ministerio principem electum ; denique patrati remedii gloriam penes Caesarem, inriti ludibrium penes miseros fore. igitur Vespasianus cuncta fortunae suae patere ratus nec quicquam ultra incredibile, laeto ipse vultu, erecta quae adstabat multitudine, iussa exequitur. statim conversa ad usum manus, ac caeco reluxit dies. utrumque qui interfuere nunc quoque memorant, postquam nullum mendacio pretium.

Altior inde Vespasiano cupido adeundi sacram sedem ut super rebus imperii consuleret : arceri templo cunctos iubet. atque ingressus intentusque numini respexit pone tergum e primoribus Aegyptiorum nomine Basiliden, quem procul Alexandria plurium dierum itinere et aegro corpore detineri haud ignorabat. percontatur sacerdotes num illo die Basilides templum inisset, percontatur obvios num in urbe visus sit ; denique missis equitibus explorat illo temporis momento octoginta milibus passuum afuisse : tunc divinam speciem et vim responsi ex nomine Basilidis interpretatus est.

TACITE, Histoires, IV, 81-82

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Version latine (1995)

PROFESSION DE FOI RELIGIEUSE

Ego vero primum habeo auctores ac magistros religionum colendarum maiores nostros, quorum mihi tanta fuisse sapientia videtur ut satis superque prudentes sint qui illorum prudentiam non dicam adsequi, sed quanta fuerit perspicere possint ; qui statas sollemnisque caerimonias pontificatu, rerum bene gerundarum auctoritates augurio, fatorum veteres praedictiones Apollinis vatum libris, portentorum expiationes Etruscorum disciplina contineri putaverunt ; quae quidem tanta est ut nostra memoria primum Italici belli funesta illa principia, post Sullani Cinnanique temporis extremum paene discrimen, tum hanc recentem urbis inflammandae delendique imperi coniurationem non obscure nobis paulo ante praedixerint. [19] Deinde, si quid habui oti, etiam cognovi multa homines doctos sapientisque et dixisse et scripta de deorum immortalium numine reliquisse ; quae quamquam divinitus perscripta video, tamen eius modi sunt ut ea maiores nostri docuisse illos, non ab illis didicisse videantur. Etenim quis est tam vaecors qui aut, cum suspexit in caelum, deos esse non sentiat, et ea quae tanta mente fiunt ut vix quisquam arte ulla ordinem rerum ac necessitudinem persequi possit casu fieri putet, aut, cum deos esse intellexerit, non intellegat eorum numine hoc tantum imperium esse natum et auctum et retentum ? Quam volumus licet, patres conscripti, ipsi nos amemus, tamen nec numero Hispanos nec robore Gallos nec calliditate Poenos nec artibus Graecos nec denique hoc ipso huius gentis ac terrae domestico nativoque sensu Italos ipsos ac Latinos, sed pietate ac religione atque hac una sapientia, quod deorum numine omnia regi gubernarique perspeximus, omnis gentis nationesque superavimus.

CICERON, De haruspicum responsis, 18-19

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Version latine (1996)

LE GENRE HISTORIQUE ET LE GENRE ORATOIRE

Me vero ad hoc studium impellit domesticum quoque exemplum. Avunculus meus idemque per adoptionem pater historias et quidem religiosissime scripsit. Invenio autem apud sapientes honestissimum esse maiorum vestigia sequi, si modo recto itinere praecesserint. Cur ergo cunctor ? Egi magnas et graves causas. Has, etiamsi mihi tenuis ex iis spes, destino retractare, ne tantus ille labor meus, nisi hoc quod reliquum est studii addidero, mecum pariter intercidat. Nam si rationem posteritatis habeas, quidquid non est peractum, pro non incohato est. Dices : 'Potes simul et rescribere actiones et componere historiam.' Utinam ! sed utrumque tam magnum est, ut abunde sit alterum efficere. Unodevicensimo aetatis anno dicere in foro coepi, et nunc demum quid praestare debeat orator, adhuc tamen per caliginem video. Quid si huic oneri novum accesserit ? Habet quidem oratio et historia multa communia, sed plura diversa in his ipsis, quae communia videntur. Narrat illa narrat haec, sed aliter : huic pleraque humilia et sordida et ex medio petita, illi omnia recondita splendida excelsa conveniunt ; hanc saepius ossa musculi nervi, illam tori quidam et quasi iubae decent ; haec vel maxime vi amaritudine instantia, illa tractu et suavitate atque etiam dulcedine placet ; postremo alia verba alius sonus alia constructio. Nam plurimum refert, ut Thucydides ait, 'ktêma'* sit an 'agônisma'(*) ; quorum alterum oratio, alterum historia est. His ex causis non adducor ut duo dissimilia et hoc ipso diversa, quo maxima, confundam misceamque, ne tanta quasi colluvione turbatus ibi faciam quod hic debeo ; ideoque interim veniam, ut ne a meis verbis recedam, advocandi peto.

(*) mots donnés en grec dans la version du concours avec les indications suivantes : 'ktêma' = un bien ; 'agônisma' = une lutte

PLINE LE JEUNE, Epistulae, V, 8, 4-11

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Version latine (1997)

FLAGORNERIE ET INDEPENDANCE D'ESPRIT

A LA COUR D'ALEXANDRE LE GRAND

Festo die omni opulentia convivium exornari iubet, cui non Macedones modo et Graeci principes amicorum, sed etiam hostium nobiles adhiberentur. Cum quibus cum discubuisset rex, paulisper epulatus convivio egreditur. Cleo, sicut praeparatum erat, sermonem cum admiratione laudum eius instituit ; merita deinde percensuit, quibus uno modo referri gratiam posse, si, quem intellegerent deum esse, confiterentur exigua turis inpensa tanta beneficia pensaturi. Persas quidem non pie solum, sed etiam prudenter reges suos inter deos colere : maiestatem enim imperii salutis esse tutelam. Ne Herculem quidem et Patrem Liberum prius dicatos deos, quam vicissent secum viventium invidiam : tantum de quoque posteros credere, quantum praesens aetas spopondisset. Quod si ceteri dubitent, semetipsum, cum rex inisset convivium, prostraturum humi corpus ; debere idem facere ceteros, et in primis sapientia praeditos : ab illis enim cultus in regem exemplum esse prodendum.

Haud perplexe in Callisthenen dirigebatur oratio. Gravitas viri et prompta libertas invisa erat regi, quasi solus Macedonas paratos ad tale obsequium moraretur. Is tum silentio facto unum illum intuentibus ceteris : "Si rex", inquit, "sermoni tuo adfuisset, nullius profecto vox responsuri tibi desideraretur ; ipse enim peteret ne in peregrinos externosque ritus degenerare se cogeres, neu rebus felicissime gestis invidiam tali adulatione contraheres. Sed quoniam abest, ego tibi pro illo respondeo : nullum esse eundem et diuturnum et praecoquem fructum ; caelestesque honores non dare te regi, sed auferre. Intervallo enim opus est ut credatur deus, semperque hanc gratiam magnis viris posteri reddunt. Ego autem seram inmortalitatem precor regi, et ut vita diuturna sit et aeterna maiestas. Hominem consequitur aliquando, nunquam comitatur divinitas.

QUINTE-CURCE, Historiae, VIII, 5, CXX

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Version latine (1998)

TOT OU TARD LA GLOIRE RECOMPENSE LE MERITE

Gloria umbra virtutis est : etiam invitam comitabitur. Sed quemadmodum aliquando umbra antecedit, aliquando sequitur vel a tergo est, ita gloria aliquando ante nos est visendamque se praebet, aliquando in averso est maiorque quo serior(1), ubi invidia secessit. Quamdiu videbatur furere Democritus ! Vix recepit Socraten fama. Quamdiu Catonem civitas ignoravit ! respuit nec intellexit nisi cum perdidit. Rutili innocentia ac virtus lateret(2), nisi accepisset iniuriam : dum violatur, effulsit. Numquid non sorti suae gratias egit et exilium suum complexus est ? De his loquor quos inlustravit fortuna dum vexat : quam multorum profectus in notitiam evasere post ipsos ! quam multos fama non excepit sed eruit ! Vides Epicurum quantopere non tantum eruditiores sed haec quoque inperitorum turba miretur : hic ignotus ipsis Athenis fuit, circa quas delituerat. Multis itaque iam annis Metrodoro suo(3) superstes in quadam epistula, cum amicitiam suam et Metrodori grata commemoratione cecinisset, hoc novissime adiecit, nihil sibi et Metrodoro inter bona tanta nocuisse quod ipsos illa nobilis Graecia non ignotos solum habuisset sed paene inauditos. Numquid ergo non postea quam esse desierat inventus est ? numquid non opinio eius enituit ? Hoc Metrodorus quoque in quadam epistula confitetur, se et Epicurum non satis enotuisse ; sed post se et Epicurum magnum paratumque nomen habituros qui voluissent per eadem ire vestigia. Nulla virtus latet, et latuisse non ipsius est damnum : veniet qui conditam et saeculi sui malignitate conpressam dies publicet. Paucis natus est qui populum aetatis suae cogitat. Multa annorum milia, multa populorum supervenient : ad illa respice.

(1) maiorque quo serior : comprendre eoque maior quo serior

(2) Rutili innocentia ac uirtus lateret : à l'exemple de Socrate, P. Rutilius Rufus, mis en accusation pour concussion à son retour d'Asie, refusa de se défendre. Condamné, il s'exila à Smyrne, cité dont il devint citoyen.

(3) Metrodoro suo : Métrodore de Lampsaque fut, avec Epicure, l'un des fondateurs de l'Ecole épicurienne.

SENEQUE, Lettres à Lucilius, IX, 79, 13-17

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Version latine (1999)

CHRONIQUE ITALIENNE : SUITE CATASTROPHIQUE D'UN PROJET DE MARIAGE

Dum haec Romae geruntur, legati ab Ardea veniunt, pro veterrima societate renouataque foedere recenti auxilium prope euersae urbi implorantes. Frui namque pace optimo consilio cum populo Romano seruata per intestina arma non licuit ; quorum causa atque initium traditur ex certamine factionum ortum, quae fuerunt eruntque pluribus populis exitio quam bella externa, quam fames morbiue quaeque alia in deum iras velut ultima publicorum malorum vertunt. Virginem plebeii generis maxime forma notam duo petiere iuvenes, alter virgini genere par, tutoribus fretus, qui et ipsi eiusdem corporis erant, nobilis alter, nulla re praeterquam forma captus. Adiuuabant eum optumatium studia, per quae in domum quoque puellae certamen partium penetravit. Nobilis superior iudicio matris esse, quae quam splendidissimis nuptiis iungi puellam volebat : tutores in ea quoque re partium memores ad suum tendere. Cum res peragi intra parietes nequisset, ventum in ius est. Postulatu audito matris tutorumque, magistratus secundum parentis arbitrium dant ius nuptiarum. Sed vis potentior fuit ; namque tutores, inter suae partis homines de iniuria decreti palam in foro contionati, manu facta virginem ex domo matris rapiunt ; adversus quos infestior coorta optumatium acies sequitur accensum iniuria iuvenem. Fit proelium atrox. Pulsa plebs, nihil Romanae plebi similis, armata ex urbe profecta, colle quodam capto, in agros optumatium cum ferro ignique excursiones facit ; urbem quoque, omni etiam expertium ante certaminis multitudine opificum ad spem praedae evocata, obsidere parat ; nec ulla species cladesque belli abest, velut contacta civitate rabie duorum iuvenum funestas nuptias ex occasu patriae petentium. Parum parti utrique domi armorum bellique est visum ; optumates Romanos ad auxilium urbis obsessae, plebs ad expugnandam secum Ardeam Volscos excivere.

TITE LIVE, Ab Urbe condita, IV, 9

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Version latine (2000)

Dès l'enfance, parents, compagnons de jeu et pédagogues doivent concourir à la formation intellectuelle du futur orateur.

In parentibus vero quam plurimum esse eruditionis optaverim. Nec de patribus tantum loquor : nam Gracchorum eloquentiae multum contulisse accepimus Corneliam matrem, cuius doctissimus sermo in posteros quoque est epistulis traditus, et Laelia C. filia(1) reddidisse in loquendo paternam elegantiam dicitur, et Hortensiae Q. filiae(2) oratio apud triumviros habita legitur non tantum in sexus honorem. Nec tamen ii quibus discere ipsis non contigit minorem curam docendi liberos habeant, sed sint propter hoc ipsum ad cetera magis diligentes.

De pueris inter quos educabitur ille huic spei destinatus idem quod de nutricibus dictum sit. De paedagogis hoc amplius, ut aut sint eruditi plane, quam primam esse curam velim, aut se non esse eruditos sciant. Nihil est peius iis qui paulum aliquid ultra primas litteras progressi falsam sibi scientiae persuasionem induerunt. Nam et cedere praecipiendi partibus indignantur et velut iure quodam potestatis, quo fere hoc hominum genus intumescit, imperiosi atque interim saevientes stultitiam suam perdocent. Nec minus error eorum nocet moribus, si quidem Leonides Alexandri paedagogus, ut a Babylonio Diogene(3) traditur, quibusdam eum vitiis inbuit quae robustum quoque et iam maximum regem ab ilia institutione puerili sunt persecuta.

Si cui multa videor exigere, cogitet oratorem institui, rem arduam etiam cum ei formando nihil defuerit, praeterea plura ac difficiliora superesse : nam et studio perpetuo et praestantissimis praeceptoribus et plurimis disciplinis opus est. Quapropter praecipienda sunt optima : quae si quis gravabitur, non rationi defuerint sed homini.

(1) Laelia était la fille de Caius Laelius, surnommé « le Sage », le consul de 140 avant J.-C., qui (2) jouissait de la réputation d'homme éloquent et savant.

(3) Hortensia était la fille d'Hortensius, le collègue et ami de Cicéron. Elle prononça un discours s'opposant à l'institution d'une taxe spéciale sur les matronae.

Diogène de Babylone, philosophe grec venu à Rome en 156 avant J.-C..

QUINTILIEN, Institution oratoire, I, I, 6-11

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Version latine (2001)

REFLEXIONS SUR LA MORT D'UN AMI HISTORIEN

C. PLINIUS NOVIO MAXIMO SUO S.

Nuntiatur mihi C. Fannium decessisse ; qui nuntius me gravi dolore confudit, primum quod amavi hominem elegantem disertum, deinde quod iudicio eius uti solebam. Erat enim acutus natura, usu exercitatus, veritate promptissimus. Angit me super ista casus ipsius : decessit veteri testamento, omisit quos maxime diligebat, prosecutus est quibus offensior erat. Sed hoc utcumque tolerabile ; gravius illud, quod pulcherrimum opus imperfectum reliquit. Quamvis enim agendis causis distringeretur, scribebat tamen exitus occisorum aut relegatorum a Nerone et iam tres libros absolverat subtiles et diligentes et Latinos atque inter sermonem historiamque medios, ac tanto magis reliquos perficere cupiebat, quanto frequentius hi lectitabantur.

Mihi autem videtur acerba semper et immatura mors eorum, qui immortale aliquid parant. Nam qui voluptatibus dediti quasi in diem vivunt, vivendi causas cotidie finiunt ; qui vero posteros cogitant, et memoriam sui operibus extendunt, his nulla mors non repentina est, ut quae semper incohatum aliquid abrumpat.

Gaius quidem Fannius, quod accidit, multo ante praesensit. Visus est sibi per nocturnam quietem iacere in lectulo suo compositus in habitum studentis, habere ante se scrinium - ita solebat - ; mox imaginatus est venisse Neronem, in toro resedisse, prompsisse primum librum quem de sceleribus eius ediderat, cumque ad extremum revolvisse ; idem in secundo ac tertio fecisse, tunc abisse. Expavit et sic interpretatus est, tamquam idem sibi futurus esset scribendi finis, qui fuisset illi legendi : et fuit idem.

Quod me recordantem miseratio subit, quantum vigiliarum quantum laboris exhauserit frustra. Occursant animo mea mortalitas mea scripta. Nec dubito te quoque eadem cogitatione terreri, pro istis quae inter manus habes.

PLINE LE JEUNE, Epistulae, V, 5, 1-7



Version Grecque


Date de création : 07/12/2008 @ 00:02
Dernière modification : 23/01/2009 @ 10:31
Catégorie : Concours
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