HLP [Statut : version 1.0]

LES POUVOIRS DE LA PAROLE — identité
LES REPRESENTATIONS DU MONDE — différence
LA RECHERCHE DE SOI — unité de l'identité et de la différence
L'HUMANITE EN QUESTION — problèmes




I. B. O. du 17 janvier 2019

Épreuve écrite. Durée : 2 heures.

Objectif
. L'épreuve vise à évaluer la maîtrise par le candidat des attendus du programme de l'enseignement de spécialité Humanités, littérature et philosophie pour la classe de première.

Structure. L'épreuve est composée de deux questions portant sur un texte relatif à l'un des thèmes du programme de première.
La Question d'interprétation, appelle un travail portant sur la compréhension et l'analyse d'un enjeu majeur du texte.
=> Au 2° trimestre, sujet unique (après les cours de lettres et Platon etc.) : Texte d'Aristote sur la parole (logos) ? En 2H par groupe de 4 (vs. 1H et seul le jour J !)
La Question de réflexion, conduit le candidat à rédiger une réponse étayée à une question soulevée par le texte.
=> Au 1° trimestre, sujet unique (après les cours de lettres et Platon etc.) : Quelle est la fin de la parole ? En 2H par groupe de 4 (vs. 1H et seul le jour J !)

Contenu. Chacun de ces deux exercices relève tantôt d'une approche philosophique, tantôt d'une approche littéraire, selon ce qu'indique explicitement l'intitulé du sujet. Leur articulation répond au principe de coopération interdisciplinaire propre à cet enseignement de spécialité. L'ensemble des connaissances acquises est mobilisable à bon escient dans les deux parties de l'examen. Les deux questions donnent lieu à des développements d'ampleur comparable et font l'objet de corrections distinctes, l'une par un correcteur de français, l'autre par un correcteur de philosophie, selon l'orientation disciplinaire respective des exercices. Notation. Chaque question est notée sur 10. La somme des deux notes constitue la note globale unique de l'épreuve.




II.
MANUEL = 1er travail : lecture annotée des textes suivants, relevant des 2 parties ou semestres du programme de Première.

A. Les pouvoirs de la parole (semestre 1)
1. "Un animal doué de parole", Isocrate, Sur l'échange. 24

"Parce que nous avons reçu le pouvoir de nous convaincre mutuellement et de faire apparaître clairement à nous-mêmes l'objet de nos décisions, non seulement nous nous sommes débarrassés de la vie sauvage, mais nous nous sommes réunis pour construire des villes ; nous avons fixé des lois ; nous avons découvert des arts ; et, presque toutes nos inventions, c'est la parole qui nous a permis de les conduire à bonne fin. C'est la parole qui a fixé les limites légales entre la justice et l'injustice, entre le mal et le bien ; si cette séparation n'avait pas été établie, nous serions incapables d'habiter les uns près des autres. C'est par la parole que nous confondons les gens malhonnêtes et que nous faisons l'éloge des gens de bien. C'est grâce à la parole que nous formons les esprits incultes et que nous éprouvons les intelligences ; car nous faisons de la parole précise le témoignage le plus sûr de la pensée juste ; une parole vraie, conforme à la loi et à la justice, est l'image d'une âme saine et loyale. C'est avec l'aide de la parole que nous discutons des affaires contestées et que nous poursuivons nos recherches dans les domaines inconnus. Les arguments par lesquels nous convainquons les autres en parlant sont les mêmes que nous utilisons lorsque nous réfléchissons ; nous appelons orateurs ceux qui sont capables de parler devant la foule, et nous considérons comme de bon conseil ceux qui peuvent, sur les affaires, s'entretenir avec eux-mêmes de la façon la plus judicieuse. En résumé, pour caractériser ce pouvoir, nous verrons que rien de ce qui s'est fait avec intelligence n'a existé sans le concours de la parole : la parole est le guide de toutes nos actions comme de toutes nos pensées."

2. "les 3 genres de l'art oratoire", Aristote, Réthorique, III. 27

"[Des trois genres de la rhétorique : le délibératif, le judiciaire, le démonstratif.

I. Il y a trois espèces de rhétorique; autant que de classes d'auditeurs, et il y a trois choses à considérer dans un discours : l'orateur, ce dont il parle, l'auditoire. Le but final se rapporte précisément à ce dernier élément, je veux dire l'auditoire.

II. Il arrive nécessairement que l'auditeur est ou un simple assistant (yevrñw), ou un juge ; que, s'il est juge, il l'est de faits accomplis ou futurs. Il doit se prononcer ou sur des faits futurs, comme, par exemple, l'ecclésiaste (29); ou sur des faits accomplis, comme le juge ; ou sur la valeur d'un fait ou d'une personne (30), comme le simple assistant.

III.] Il y a donc, nécessairement aussi, trois genres de discours oratoires : le délibératif, le judiciaire et le démonstratif. La délibération comprend l’exhortation et la dissuasion. En effet, soit que l'on délibère en particulier, ou que l'on harangue en public, on emploie l'un ou l'autre de ces moyens. La cause judiciaire comprend l'accusation et la défense : ceux qui sont en contestation pratiquent, nécessairement, l'un ou l'autre. Quant au démonstratif, il comprend l'éloge ou le blâme.

IV. Les périodes de temps propre à chacun de ces genres sont, pour le délibératif, l'avenir, car c'est sur un fait futur que l'on délibère, soit que l'on soutienne une proposition, ou qu'on la combatte ; pour une question judiciaire, c'est le passé, puisque c'est toujours sur des faits accomplis que portent l'accusation ou la défense ; pour le démonstratif, la période principale est le présent, car c'est généralement sur des faits actuels que l'on prononce l’éloge ou le blâme ; mais on a souvent à rappeler le passé, ou à conjecturer f venir.

V. Chacun de ces genres a un but final différent ; il y en a trois, comme il y a trois genres. Pour celui qui délibère, c'est l'intérêt et le dommage ; car celui qui soutient une proposition la présente comme plus avantageuse, et celui qui la combat en montre les inconvénients. Mais on emploie aussi, accessoirement, des arguments propres aux autres genres pour discourir dans celui-ci, tel que le juste ou l'injuste, le beau ou le laid moral. Pour les questions judiciaires, c'est la juste ou l'injuste ; et ici encore, on emploie accessoire ment des arguments propres aux autres genres. Pour l'éloge ou le blâme, c'est le beau et le laid moral, aux quels on ajoute, par surcroît, des considérations plus particulièrement propres aux autres genres.

[...]

2bis. "Défense de la réthorique", Aristote, Réthorique, I, 1. 58

XII. [...] De plus, "il serait absurde que l'homme fût [pour sa défense] honteux de ne pouvoir s'aider de ses membres et qu'il ne le fût pas de manquer du secours de sa parole, ressource encore plus propre à l'être humain que l'usage des membres.

XIII. Si, maintenant, on objecte que l'homme pourrait faire beaucoup de mal en recourant injustement à la puissance de la parole, on peut en dire autant de tout ce qui est bon, la vertu exceptée, et principalement de tout ce qui est utile; comme; par exemple, la force, la santé, la richesse, le commandement militaire, car ce sont des moyens d'action dont l'application juste peut rendre de grands services et l'application injuste faire beaucoup de mal."


3. "Etre autobiographe pour s'émanciper", Simone de Beauvoir, Mémoire d'une jeune fille rangée. 84 (Pb. = L'auteur, en quête de l'autorité ?)

...

4. "Sous l'emprise de Socrate", Platon, Banquet. (Pb. = Séduire, est-ce dominer ?). 143

...

Sur le titre >>> Exercice = commencer par distinguer pouvoir > savoir, autorité > vérité, contrainte > hiérarchie, et finir par problématiser.

B. Les représentations du monde
(semestre 2)
2. Mettre en place un dialogue avec le monde, Kant, CRP. 172 (Comment connaître le monde ?) 173.
3. "L'autre, un barbare colonisé ?", Las Casas. 180 (Comment comprendre autrui ?). 180
4. "De l'intérêt de comparer l'homme et l'animal", Condillac, Traité des animaux. 250

Titre >>> Philosophie = commencer par distinguer présence, représentation, conception. Idem, avec nature, monde, univers. Et finir par problématique.


III. MÉTHODE

1. POUR L'EPREUVE DU BAC

Commenter un texte ou Rédiger un essai : pages 291 à 295.
Exercice : De l'Education, Rousseau. 169 (lier à Las Casas)

*

1.2. METHODE. Les 7 éléments pris en compte dans l'évaluation de l'épreuve de baccalauréat :

1. Que le candidat ait vu que le sujet soulevait un problème, qu'il ait formulé celui-ci et tenté de le résoudre.

2. Que la solution proposée repose sur une argumentation qui la justifie et non sur de simples affirmations.

3. Que l'argumentation soit construite et ne se réduise pas à une simple juxtaposition d'exemples ou de remarques.
[il n'existe pas de plan-type : l'absence de plan seule peut être sanctionnée ]

4. Que le candidat témoigne d'un minimum de connaissance sur le problème qu'il a choisi de traiter - que celle-ci soit issue du cours du professeur ou bien d'expériences et de lectures personnelles.

5. Que cette connaissance soit bien assimilée, qu'elle soit l'occasion d'une réflexion personnelle et non de la réplication d'un cours.

6. Que le candidat soit capable d'analyser correctement les notions et qu'il ait une maîtrise suffisante du vocabulaire qu'il emploie.

7. Enfin, que l'expression - destinée à convaincre - soit simple, claire et distincte.

**

1.3. APPLICATION. Sujet-type de question de réflexion sur le thème Philosophie et vérité (comprise comme fin de la parole) :

Qu'est-ce que rechercher la vérité ?

"Seul ce qui est fécond est vrai" Goethe.

Brouillon. Définition. "La vérité consiste dans l'adéquation entre la pensée et l'être", "Est vrai ce dont le contraire n'est pas", Aristote. La vérité est à distinguer de la véracité qui ne s'applique pas à des énoncés, mais à celui qui les énonce : le devoir de vérité du sujet. Rechercher : étudier, travailler à connaître ce qui n'est encore connu de nous.
Problématique. Faut-il donc chercher la vérité dans l'accord de la pensée avec le réel ou dans l'accord de la pensée avec elle-même ?
Repères. Science/opinion, croire/savoir, objectif/subjectif.

Introduction d'un essai. La question de la vérité est le point de convergence de toutes les interrogations philosophiques : la philosophie n'est-elle pas, en effet, l’amour de la sagesse et donc la volonté du vrai ? Il ne faut donc surtout pas en minimiser la valeur et tomber dans le relativisme de l'opinion qui se borne à affirmer : "à chacun sa vérité". S'il est vrai que la philosophie a pour objet et pour fin la vérité, comme dit Hegel, alors nous pouvons nous demander en quoi consiste sa recherche aussi bien négativement que positivement. Nous nous demanderons donc à titre de commencement de quelles attitudes non philosophiques la philosophie doit s'écarter, puis nous tenterons de déterminer en quoi consiste sa recherche.

I. Thèse 1. C'est combattre l'attitude de ceux qui croient que seule leur opinion est juste : le dogmatisme. Typiquement, le dogmatique a. affirme sans preuve, b.refuse de discuter avec autrui, c. porte des jugements péremptoires. Faiblesse : l'impuissance au dialogue, l'étroitesse d'esprit et la brutalité du jugement. L'histoire lui donne tort systématiquement, sauf quand le dogmatique réussit à imposer une idée... juste (exemple du tyran qui imposa aux Grecs les lois de Solon).
Thèse 2. Réfuter l'attitude de ceux qui croient qu'aucune opinion ne vaut : le scepticisme. Typiquement, le sceptique, a. part de l'idée que toute vérité peut-être mise en doute puisque rien sur terre n'est certain, et b. conclut de là qu'il est préférable de suspendre son jugement. Faiblesse : L'impuissance de l'esprit. Au lieu de constituer le doute comme le premier pas du chemin vers la vérité, le sceptique le constitue comme fin. C'est Descartes qui saura, le premier, le constituer en tant que méthode utile pour bien penser et accéder à la vérité.
Thèse 3. Ecarter l'attitude de ceux qui croient que toutes les opinions se valent : le relativisme. Typiquement, le relativiste a. croit qu'aucune vérité objective ne peut être connue parce que celle-ci dépend forcément d'un point de vue subjectif, et b. conclut que tout se vaut, les idées comme leurs points de vue. Protagoras exprime à lui seul tout le sel de cette attitude en disant : "L'homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont — et de leur être — comme de celles qui ne sont pas — et de leur non-être". Faiblesse : auto-contradiction de l'esprit, le relativisme tue dans l'oeuf la pensée. En effet : si toutes les opinions se valent, alors n'est-il pas vrai que toutes ne se valent pas ?

II. Thèse 4 +. Pour Hegel, la vérité est à la fois l’objet et le but de la philosophie. Si la vérité est sa fin, la philosophie doit alors s’interroger sur les moyens d’y accéder. Mais le savoir peut-il y parvenir si la différence entre le savoir et l’objet est maintenue conformément à la tradition (exemple de la différence entre le phénomène et la chose en soi de Kant) ? Telle est pour Hegel la question de la vérité. Développement :

Critique. Les doctrines de la vérité sont erronées parce qu’elles confondent la vérité avec la certitude —laquelle ne relève que du sujet  connaissant — et, plus fondamentalement, parcequ’elles ignorent la nature spéculative de la vérité.  Pour Hegel, la vérité relève du mouvement propre du contenu : « la vraie figure dans laquelle la vérité existe ne peut être que le système scientifique de celle-ci » ou "la vérité […] n’a que dans le concept l’élément de son existence » (citer exemple). La vérité ne peut être telle que si aucun objet n’est présupposé par une conscience, et si le contenu se déploie de lui-même. Qu’est-ce que la nature spéculative de la vérité ?  Le spéculatif se caractérise 1. par le fait de saisir le vrai dans l’élément de la pensée comprise comme totalité  (et non de la certitude comprise comme pensée subjective finie), et 2. par la capacité corrélative de celle-ci — étant totalité — à ne contenir aucune détermination finie ou unilatérale.
Histoire. Pour Hegel le scepticisme est négation du stoïcisme et de l’épicurisme. Thèse 1. Pour le stoïcisme « le penser est le critère de la vérité ». Thèse 2. Pour l’épicurisme, c’est à l’inverse « le principe de la singularité, le sentir en général est le critère de la vérité ». Thèse 3. Le scepticisme étant « la négation de ces deux unilatéralités » ou moments du dogmatisme de l’époque, dont l’unilatéralité justifie à elle seule le doute sceptique.  La thèse 4 naîtra de cette critique du renoncement à la vérité, dont les 3 représentants majeurs sont : le scepticisme grec (ci-dessus), le scepticisme moderne et la philosophie critique (Kant).

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[2. POUR LE TRAVAIL EN CLASSE, EN RELATION AVEC LES LETTRES
Vous, élèves, vous chargerez de la partie littérature, et moi de la philosophique. Ainsi, tour à tour, vous serez mes maîtres et moi le vôtre :
> vous, en me rapportant vos expériences liées à nos thèmes et aux textes étudiés avec vos professeurs de lettres,
> votre serviteur, en rassemblant ses connaissances philosophiques [et autres] pour vous faire découvrir la logique de la communication se tenant au cœur de l'histoire de la pensée humaine et au cœur de toute pensée accomplie. Car telle est la fin de la philosophie que vous découvrez cette année : apprendre à penser moi, le monde, son temps et ses problèmes. Indépendamment des moments qui nous réuniront, votre professeur de Lettres et nous-mêmes, pour débattre de nos avancées respectives dans le programme, voici mon plan provisoire]

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Semestre 1

— Nous partirons des Grecs, parce qu'on leur doit l'invention de la raison — c'est-à-dire l'invention du premier système de pensée universel qui fixe le cadre de la science occidentale, et, corrélativement, celle d'une certaine manière d'habiter et de se représenter le monde valant encore aujourd'hui : la démonstration scientifique, la démocratie politique, l'art ou les jeux olympiques en sont les exemples les plus flagrants. Notre philosophe de référence sera l'un des tout premiers d'entre eux, que vous ne connaissez que comme mathématicien : Pythagore. Nous nous appuierons alors sur le travail de vos camarades de la Terminale L du Lycée Champollion de 2017 qui a obtenu un Prix du Jury à Paris l'année suivante : "Débuter en Philosophie avec Pythagore et Champollion". Ce qui nous permettra de commencer par bien distinguer : le bavardage (à désapprendre), le silence (pour écouter) et la parole (à apprendre).
Nous ferons ensuite un grand pas en arrière depuis la préhistoire jusqu'à la naissance de la philosophie, pour appréhender la question centrale de l'origine de la parole. Je vous proposerai alors de travailler sur deux documents de référence : 
> "La Grotte des rêves perdus", film du réalisateur allemand Werner Herzog : "Ce film magnifique invite les vivants que nous sommes à éprouver ce que les premiers morts de notre espèce ont voulu nous transmettre. Il permet aussi de comprendre que le plus profond témoignage de la conscience qu'a l'homme de sa présence énigmatique au monde passe par la création." Pierre Soulages, peintre contemporain.
> "Les maîtres de vérité dans la Grèce antique", un livre de Marcel Détienne qui nous permettra de mieux comprendre comment le miracle Grec fût rendu possible.
Nous rentrerons alors véritablement en philosophie avec Platon et deux ou trois de ses dialogues les plus célèbres : pour commencer nous étudierons le statut de la parole et la doctrine de la vérité dans le célèbre Mythe de la caverne [sur la condition humaine], extrait de République VII, puis ou bien le "Banquet" [sur l'amour et le bien] ou bien le Ion [sur la communication et le pouvoir infini de... la parole].


Semestre 2

— Nous rendrons hommage au philosophe grenoblois Condillac pour réfléchir sur ce qui distingue l'homme de l'animal : y a-t-il, entre
les animaux et nous, rupture ou continuité ?
— Et pour clore en beauté tout ce cheminement
qui aura constitué une solide introduction à la philosophie, je vous proposerai de voyager dans les représentations du monde, les usages et les stratégies de la parole à travers un chef d'œuvre du cinéma du XX° siècle combinant tout ce que nous aurons vu et éprouvé précédemment avec l'histoire de la pensée et de la médecine psychiatrique du XIX° : "L'enfant sauvage", film de François Truffaut partant de l'histoire véritable de Victor de l'Aveyron à travers les rapports de médecine de Jean Itard, héritier de Condillac et précurseur de Freud.

Révisions pour l'épreuve du bac.

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ANNEXE

Abrégé sur le contenu philosophique (à supposer que nous restions ensemble en Terminale !) :
LES POUVOIRS DE LA PAROLE — notre différence : nous partirons de la thèse d'Aristote selon laquelle l'homme est "l'animal doué de parole".
LES REPRESENTATIONS DU MONDE — nos différences : nous partirons de la distinction entre sociétés closes et sociétés ouvertes de Bergson.
LA RECHERCHE DE SOI — l'unité de l'identité et de la différence : nous partirons des thèses de Descartes et de Hegel sur la conscience pour nous interroger sur la question de savoir s'il peut y avoir conscience sans la parole et si, par conséquent, la conscience est innée ou acquise.
L'HUMANITE EN QUESTION — nos problèmes : nous confronterons ces éléments de philosophie à la réalité présente pour conclure à son utilité ou non.


Abrégé sur les devoirs. Lectures annotées, passages au tableau par groupe et examen final. Ces exercices ayant pour fin de vous permettre de mettre en valeur vos capacités 1. de lecture, 2. d'interprétation de textes ou d'oeuvres, 3. d'expression et d'analyse de problèmes, 4. d'argumentation écrite et orale. Bref, de forger déjà votre conscience citoyenne et privée.


LE COURS

Trimestre 1

I. QUESTION GRECQUE ET RÉPONSE PHILOSOPHIQUE.

1. Pourquoi avons-nous deux yeux, deux oreilles, deux mains, mais une seule bouche ?
2. Réponse [ou Tétraktis] de Pythagore.

II. PRÉHISTOIRE.

1. La grotte Chauvet.
2. Les Maîtres de vérité.

Trimestre 2

III. CONDILLAC.

1. La question du langage. Origine de la réflexion de Condillac : pour Aristote 'l'homme est un animal politique et doué de langage'. « Il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l’homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par suite aussi le juste et l’injuste. Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en commun c’est ce qui fait une famille et une cité. » Aristote, Politiques [-IV°], Livre I, 2, 1253 a 8 – 1253 a 19, trad. Pellegrin, GF, 1990,

2. Rupture ou continuité ?

IV. PLATON

1. Les arts de la parole : Poétique, Sophistique, Réthorique, Eristique, Dialectique, Logique...
2. Les fins de la parole. Victoire ou vérité ?
3. Les représentations du monde. Un ou multiple ?

Trimestre 3

V. L'ENFANT SAUVAGE

1. L'infans : celui qui est privé de parole.
2. Les usages et la science de la parole.
3. La question du sujet. Est-on ou devient-on sujet ?

VI. NOTRE TEMPS

1. Ses problèmes. "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs, n’eût point épargnés au Genre-humain celui qui arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables. Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n’est à personne." Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.
2. Que penser, que faire ?

[à suivre...]