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  • COURS DE PHILOSOPHIE : PLATON 1/2.
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  • LE MYTHE DE LA CAVERNE, REPUBLIQUE LIVRE VII.

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  • I Lecture et analyse du texte [application des principes de l'analyse].
  • 1. Explication de la partie 1 ['PRISON"] : "Apprends à découvrir... — De toute nécessité."
  • Question du texte tirée de la toute 1ère phrase : Quelle est la nature de la condition humaine [comprise entre savoir et ignorance, penser et être] ?" ?
  • Question 1 : Qui sont ces "prisonniers" ?
  • Réponse du texte par la voix de Socrate : « Ils nous sont semblables. »
  • CQFE : ce qu'il faut expliciter. Qui dit nous et qu'est-ce que cela implique ? Exercez-vous !
  • Question 2 : Que font-ils ?
  • Réponse : « Ils voient [...] ils entendent. »
  • Question 3 : Quel est, par conséquent, leur mode de connaissance ?
  • Réponse : La connaissance sensible.
  • Question 4 : Quel est donc le problème, tel que formulé dans le texte ?
  • Réponse : « ce qu'ils voient ils le prendraient pour ce qui est » . Par conséquent le pb. c'est la confusion entre apparence et réalité, et de là entre le vrai et le faux, la connaissance du vraisemblable [seulement probable] et celle du vrai [l'exact].
  • Question 5 : Enfin, quelle notion oriente la problématique annoncée dans la première phrase proférée par Socrate avant le début du récit ?
  • Réponse : La vérité. car pour les prisonniers des sens, « les ombres des choses seraient la vérité même » ! (l'opinion par opposition à la science — doxa vs. épistémè : un savoir par accident — qui donc peut être aussi bien vrai que faux, par opposition au savoir nécessaire de la science — vrai).
  • PROBLEMATIQUE 1 pouvant être déduite de cette analyse : la sensibilité, condition de ou obstacle à la connaissance de la vérité ? CF. débat Platon/Aristote.
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  • Question 6 : Maintenant, qui sont les hommes situés derrière les prisonniers et au-dessus d'eux ?
  • Réponse : Ceux qui possèdent la parole.et qui semblent agir librement en raison de leur capacité de parler : "les uns parlent, les autres se taisent". La parole est donc l'élément décisif à interroger ici : pourquoi ? En effet, qu'apporte le langage ? Il dit "ce qui est", dans le meilleur des cas (science), mais aussi ce qui n'est pas (en présence) ce qui pourrait être (art) et ce qui devrait être (politique et morale).
  • Question 7 : Que font-ils de plus que les prisonniers ?
  • Réponse : Ils fabriquent des copies de choses véritables et les donnent en représentation. Ce sont donc des gens doués de technè, d'un certain savoir, mais non encore d'un savoir certain, le savoir du vrai. Artiste, artisan, sophiste ? Recherchez et justifiez.
  • PROBLEMATIQUE 2 pouvant être déduite de la suite de la description de la caverne : en quoi le langage nous rapprocherait-il plus que les sens de la vérité ?
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  • Exercice d'analyse supplémentaire : quel sens attribuer aux 3 premières interventions de Glaucon ? Sens, étonnement, questionnement : développez !
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  • 2. Explication de la partie 2 ['CHEMIN'] : "Considère alors... .— Il en serait ainsi."
  • Question 1 : Que leur arrive-t-il ?
  • Réponse du texte : "ils pourraient être délivrés" et non se délivrer d'eux-mêmes. Implication : on ne peut échapper à la prison des sens sans l'aide d'autrui, parents, éducateurs en général.
  • Question 2 : Pourquoi devraient-ils l'être [pour quelle raison] ?
  • Réponse : parce que "considérés" comme devant "guérir de leur égarement". Or, guérir implique être malade. Et égarement nous renseigne sur l'origine du mal : un défaut d'esprit, et plus précisément de capacité à s'orienter dans le monde. Rappel : le latin error, d'où vient le terme erreur, signifie errer : ne pas savoir non seulement ce à quoi l'on a à faire, mais où l'on habite !
  • Question 3 : Qu'a de paradoxal cette situation nouvelle dans laquelle on met l'un d'entre eux ?
  • Réponse : désormais "obligé de regarder la lumière" — et alors qu'on s'attendrait à ce qu'il comprenne aussitôt sa condition — il ne voit carrément plus rien, et souffre au lieu de jouir enfin du spectacle de la réalité.
  • Question 4 : Quel est donc le problème, tel que formulé dans le texte ?
  • Réponse : Puisque chaque prisonnier "estimerait que ce qu'il voyait auparavant de ses propres yeux était plus vrai que ce qu'on lui montrerait à présent". Et il "jugerait que ce qui est pour lui immédiatement visible est en fait plus clair que ce qu'on veut lui montrer", le problème est que son jugement est erroné a priori, incapable qu'il est de distinguer le vrai du faux. S'agit-il donc d'une vraie ou d'une fausse délivrance ?
  • 3. Explication de la partie 3 ['EDUCATION OU ELEVATION'] : "Et si maintenant... .— ... ce qui n'est qu'ombre ou reflet."
  • Question 1 : Que lui arrive-t-il ensuite ?
  • Réponse du texte : on "le force" et "ne le lâche pas" avant d'être sorti de la caverne et mis dans la lumière du soleil.
  • Question 2 : Qu'implique cet effort ?
  • Réponse : D'abord, une accoutumance. Ensuite, et corrélativement, la formation d'une capacité à découvrir par soi-même, progressivement, le réel auxquel il se trouve confronté. Ce qui nous ramène à l'invitation de départ : "apprends à découvrir" signifie désormais : "Connais-toi toi-même" et le résultat c'est que l'homme est un être de raison !
  • Car l'effort consenti sur "le chemin difficile et escarpé qui conduit hors de la caverne" est un "changement" de l'être tout entier. Et l'acquisition de cette "capacité à découvrir par soi-même" a pour nom raison et consiste clairement dans la connaissance des causes ou principes de toutes choses... L'homme accompli est celui qui est capable de se rendre compte que "c'est [le soleil] qui gouverne tout ce qui se trouve dans le monde, et qui est capable de distinguer la science de l'opinion comme de l'ignorance.
  • Question 3 : Quel est sa fin, son but ?
  • Réponse : la formation du philosophe par la connaissance des principes ou, ce qui revient au même : la formation de la raison en nous.
  • Question 4 : Quel le problème ?
  • Réponse : Tous les hommes ne peuvent y prétendre. Car la plupart préfèrent les plaisirs des sens à la félicité conjointe des sens et du sens : i. e. de la vérité.
  • 4. Explication de la partie 4 ['POLITIQUE'] : "Maintenant, s'il parvenait ... .— Sans aucun doute."
  • Question 1 : Fort de ce nouveau savoir et du changement qui s'est opéré en lui que penserait-il alors de son ancien savoir ?
  • Réponse du texte : il aurait pitié de ceux qui en restent prisonniers et voudrait les en délivrer. Naissance de la conscience politique et morale, prête à passer à l'action. Episode de Socrate répondant aux Grecs qui le questionnent au sujet de Xanthyppe : "Si je pouvais l'éduquer, voire seulement la dompter, alors je saurais administrer tous les hommes" (Xénophon, Le banquet).
  • Question 2 : Pourquoi en rentrant dans la caverne, ses yeux à lui "se rempliraient de ténébres" ?
  • Réponse : Parce que nul n'échappe à "la prison du corps" : le philosophe n'est pas un dieu, il subit comme tout homme le piège des sens, et ce aussi averti soit-il.
  • Question 3 : Pourquoi les prisonniers voudraient-ils le tuer ?
  • Réponse : Par défaut d'éducation. Par ignorance : car nul ne fait le mal volontairement.
  • Question 4 : Quel est donc la nature du problème ?
  • Réponse : Politique, car éducation et justice en sont les deux moteurs. Nous traiterons cela à l'occasion de l'étude systématique des Economiques d'Aristote (l'oeuvre choisie pour cette année).
  • II. Discussion et critique [délimitation de l'intérêt de ce texte par rapport à l'objectif du Baccalauréat : problématique, concept, argumentation].
  • 1. Le probléme de l'éducation, de la connaissance et de la liberté.
  • 2. Le probléme de la réalité et de la vérité.
  • 3. Le probléme de la raison et de la croyance [ST] / de la raison et du réel [S].
  • 5. Schéma et correspondances.
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  • *** FIN DU COURS ***.