Interview d’un père confiné – par Clément

C – Peux-tu te présenter?
Oui, bien sûr. Je m’appelle Yoann Brunel , je suis le père de trois enfants et je suis marié.
Y.B- Où es-tu confiné?
Je suis confiné chez moi dans un petit village en campagne dans une maison individuelle à Saint Bonnet-de-Chavagne en Isère.
Y.B- Aujourd’hui, cela fait déjà 45 jours que nous sommes en confinement, comment occupes-tu tes journées?
Pendant le confinement, j’ai adapté mon travail en faisant du télétravail, je fais aussi des visioconférences afin de rester en lien de façon virtuelle avec mes collègues. Pendant mon temps libre, je fais des travaux d’agrandissement de ma maison. J’aide également mes trois enfants de 9, 12 et 15 ans à faire l’école à la maison. Chaque soir, je regarde la télévision pour m’informer des nouveautés sur le Covid-19 puis nous regardons un film en famille. Le week-end, je profite de mon jardin (tonte de la pelouse, ramassage des œufs des poules, tri dans l’abri de jardin…). Habituellement, je prends des cours de tennis une fois par semaine,
pendant le confinement, le coach nous envoie des exercices à faire par whatsApp et je joue au ping-pong avec mes enfants.

C -Qu’est-ce-qui a changé depuis le début du confinement?
Ce qui a beaucoup changé pour moi, c’est de ne plus me lever tôt chaque matin pour aller au boulot et prendre le train pour me rendre à St égrève et aussi d’être constamment tous ensemble car j’ai un fils qui est en internat au collège sport nature à La Chapelle en Vercors habituellement.
C-Comment le vis-tu?
Cela commence à devenir long, mais j’ai apprécié de pouvoir rester à la maison en continuant à travailler car j’ai pu avancer mes travaux et profiter de ma famille.


La vie sociale de ma sœur en temps de confinement – par Tristan

Au travail pendant le confinement – par Kilian

Interview de ma mère Laurence Drogue, ATSEM à l’école de maternelle de St Julien en Vercors qui vit un confinement très différent des autres.

Elle encadre la garderie d’urgence demandé par le gouvernement pour s’occuper des enfants des soignants.

A ma question de savoir depuis quand et où elle assure cette mission, elle m’indique que

« la mairie a mis en place cette garderie dès le 17 mars ; elle est ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30. Elle sera ouverte jusqu’à la reprise de l’école.

Cet accueil se passe au sein de l’école de st Julien  pour les enfants des écoles de st Julien et st Martin. »

Je l’interroge ensuite sur le déroulement de sa journée de travail.

Je quitte la maison le matin vers 8h15, je mets la classe en place et j’accueille les 3 enfants concernés. La journée de travail s’organise autours des devoirs donnés par les institutrices.

Les enfants sont de 3 niveaux différents: petite section,moyenne section et CP.

On prend soin de respecter le rythme de chacun et de trouver du temps pour bouger dans la cour et s ‘amuser un peu.

Le midi nous mangeons dans la classe, le repas amené par chacun.

Après 16h30, je nettoie et désinfecte les locaux pour que tout soit prêt pour le lendemain.Lorsque je rentre à la maison je vais me doucher et mettre mon linge au lavage afin de ne pas exposer ma famille.

Je veux savoir maintenant quel est son ressenti par rapport a cette situation.

Même si la situation peut être angoissante par rapport, aux risques d’être avec des enfants dont les parents peuvent être en contact avec des patients pouvant être contaminées par le covid-19, je suis heureuse d’accomplir ce travail.

Rendre ce service à ceux qui participent à faire de cette pandémie une épreuve la plus « gérable » possible, en se mettant au service des autres est ma façon d’apporter ma pierre à l’édifice.

Je respecte le plus possible les gestes barrières et essaye de les faire pratiquer aux petits qui sont avec moi afin de ne pas d’exposer nos familles le moins possible.

Et pour finir je lui pose LA question : tu fais partie des gens « en 2ème ligne », pourquoi avoir accepté cette mission ?

Face à la situation exceptionnelle que représente cette pandémie, il me semblait normal d’apporter mon aide à la hauteur de mes compétences. Mes enfants étant plus agés que ceux de mes collègues, le risque semblait moins important pour moi.

Je suis fière d’avoir pu aider, même si cela peut sembler être qu’une goutte d’eau dans un océan…

Au final, mon confinement à été très déconfiné puisque mes horaires de travail sont restés les mêmes ! Je n’ai donc pas été éprouvé comme nombre de personnes par le fait de devoir rester chez moi !