Sylvie Allouche : "allez chercher ce qui vous fait vibrer !"

par HUMBERT A.-F.

Très vite interpellée par ses lecteurs sur le titre du roman, elle explique avoir voulu écrire sur la musique et sur ces jeunes prodiges travaillant 12h par jour leur instrument pour accéder aux très difficiles concours et à une carrière de soliste. D’où l’habile jeu de mot du titre, inspiré des ’Stabat mater dolorosa’ qu’ont composé les plus grands, et en particulier Pergolèse. Elle résume ainsi son travail : "10 % d’inspiration et 90 % de travail" et parle plus volontiers d’observation – comme ce professeur du CNSM qui l’a accueillie dans ses cours – que d’inspiration. Elle engrange ainsi des émotions, des sensations, des images, qui un jour vont ressortir…

Pour ce roman, écrit en 8 à 9 mois, alors qu’elle savait précisément où elle voulait aller, c’est la structure, "colonne vertébrale" du livre, qui lui a posé problème. Insatisfaite du début, elle a recommencé trois fois avant de trouver le bon rythme - essentiel pour un roman autour de la musique – en créant des ruptures dans le récit, des flash-backs… Dans le cas du roman policier, il s’agit de réussir un savant équilibre pour relier les événements, mettre en avant des personnages, avancer de fausses pistes, sans pour autant perdre le lecteur.

Lorsqu’on lui demande auquel de ses personnages elle s’identifie, elle répond sans hésiter : "je suis tous mes personnages", expliquant qu’il faut savoir se mettre dans la peau de chacun pour que le caractère, la psychologie, les réactions soient les plus réalistes possible, loin d’un manichéisme où il y aurait "les bons et les méchants".

Sylvie Allouche confie avoir toujours eu l’idée de l’écriture, "à force de lectures pour pouvoir s’évader, rire, pleurer" ; elle a écrit très tôt, (dans des petits carnets, de la poésie, etc.) même si elle a entrepris d’abord des études de théâtre, a joué dans une troupe, puis étudié la philosophie… Aujourd’hui, elle a également un métier "alimentaire" - toujours autour de l’écriture – retravaillant pour des éditeurs des textes traduits.

Les élèves lui ont ensuite présenté les travaux faits autour des lectures et de Stabat murder en particulier : la Une d’un journal traitant le sujet du roman à la manière d’un fait divers, des photos mettant en scène les lecteurs plongés dans les romans de la sélection, et une bande annonce vidéo sur Stabat murder. Sylvie Allouche apprécie ces rencontres avec les lecteurs, pour pouvoir transmettre sa passion et, qui sait, susciter chez certains le désir d’écrire, et plus largement, d’aller au bout de leurs rêves.

Dans un large sourire, elle conclut ce bel échange en lançant aux élèves :
" Allez chercher ce qui vous fait vibrer, accrochez-vous, rien n’est facile, mais ne désespérez pas, faites-vous plaisir !"


Nul doute que les élèves garderont longtemps le souvenir de cette belle rencontre et se jetteront sur ses autres romans !

Quelques impressions des 3e7

« J’ai beaucoup aimé cette rencontre, le CDI était bien disposé, on était autour de l’auteur et c’était convivial.

J’ai aimé le fait que Sylvie Allouche nous pose des questions à nous aussi, et pas que l’inverse.

J’ai aimé lui faire découvrir notre court-métrage, car on l’a réalisé en son honneur et celui de son livre, et elle l’a aimé et ça m’a fait plaisir. »

« La rencontre s’est bien passée, elle était fluide et variée. S. Allouche s’est ouverte à nous, nous a posé des questions. Elle était gentille, à l’écoute, nous mettait à l’aise. »

« Même si je n’aime pas vraiment lire, j’ai plutôt apprécié cette rencontre car Sylvie Allouche a réussi à rendre son discours plus vivant en nous faisant participer et en nous posant des questions. Ses réponses à nos questions étaient captivantes, elle était à l’écoute et cela nous a donné une bonne image de son métier. »

« Nous avons pu découvrir « l’envers du livre », c’est-à-dire comment elle choisissait ses premières de couverture, combien de temps elle avait mis pour écrire Stabat murder, ce qui l’avait inspirée pour l’histoire, si elle avait
l’histoire en tête avant de l’écrire… »


« Le parcours de Sylvie Allouche nous a prouvé que peu importe l’orientation que nous choisissons, si on persiste nous pourrons faire le métier qu’on aime. »

« J’ai apprécié que Sylvie Allouche nous parle librement, sans filtre. Elle m’a donné envie de lire son nouveau livre, Snap killer. J’ai envie de découvrir une nouvelle aventure de Clara Di Lazio car j’ai beaucoup aimé Stabat murder et j’espère qu’il en sera de même avec Snap Killer. »

« J’ai passé un agréable moment, j’espère que d’autres auteurs viendront à Rousseau pour d’autres rencontres. »