Benoît Séverac au collège : une belle rencontre

(actualisé le ) par HUMBERT A.-F.

Le 18 avril dernier, des élèves de 4e et de 3e participant au Prix littéraire des collégiens ont eu la chance de rencontrer Benoît Séverac, auteur du roman Silence. Au cours de deux séances au CDI, l’écrivain s’est prêté avec beaucoup de bienveillance et de sincérité au jeu des questions-réponses, à la fois sur son métier d’écrivain et sur le livre lu par les élèves.

Très chaleureuses, les rencontres se sont déroulées autour des questions des élèves, entrecoupées de lecture de poèmes ou de mises en voix d’extraits du roman. Benoît Séverac a tout d’abord remercié les élèves de participer à ce Prix littéraire, expliquant combien ces événements autour des livres sont importants pour les auteurs, et les encourageant à remplir leur « mission » de jurés-lecteurs avec « sérieux et conviction ».

Benoît Séverac n’aime pas parler d’inspiration, qu’il considère un peu comme un fantasme, mais plutôt de « point de départ » : dans le cas de Silence, c’est un reportage sur la Croix Rouge présente lors des Raves pour tester les substances consommées qui a été le déclencheur, même si ce n’est qu’un des éléments de ce roman, dans lequel l’auteur a voulu surtout parler du handicap et du regard porté dans nos sociétés sur ceux qui sont différents. La surdité de Jules est un bon moyen d’évoquer l’isolement, ressenti d’autant plus fortement par un adolescent fan de musique. La drogue permet d’amener l’intrigue policière, car il tenait absolument à écrire un polar. Benoît Séverac précise que Silence n’est pas né d’un fait réel mais que l’histoire se situe dans le réel. Pour lui, « la fiction permet beaucoup plus de parler du réel que le réel lui-même parce que l’on transcende, on suscite des sensations, des émotions universelles ».

A propos de l’écriture, Benoît Séverac dit « écrire, ce n’est pas une passion, mais un mode de vie, un besoin comme boire et manger ». A côté de son métier de professeur d’anglais à l’école vétérinaire de Toulouse, il consacre donc chaque jour du temps à l’écriture. Et de façon très concrète, il précise son mode d’écriture, expliquant qu’il a toujours le titre et le synopsis complet d’une histoire avant d’écrire une ligne, qu’il aime le procédé du flash-back qui permet de dévoiler les événements de manière progressive plutôt que de but en blanc, un peu comme un « effeuillage ». Il ajoute encore qu’il est particulièrement à l’aise avec le procédé de focalisation interne, pour se mettre dans la peau de son personnage principal, un aspect un peu technique mais qui n’avait pas échappé aux jeunes lecteurs. Enfin, d’une manière générale, il insiste sur le fait qu’écrire demande d’être travailleur et exigeant envers soi-même, mais que c’est un formidable espace de liberté.

Benoît Séverac a achevé de ravir son auditoire lorsqu’il a annoncé la publication prochaine d’une suite de Silence, ainsi que d’un « polar préhistorique », toujours chez Syros. Et pour conclure, il a insisté en redisant aux adolescents l’importance de prendre ses responsabilités dans la vie : « votre vie sera ce que vous en ferez ».
 

Voir en ligne : Le blog de Benoît Séverac