Publié : 10 mai 2007

Le latin, ça sert vraiment à rien ?...

Faut-il choisir le latin ?

La question se pose en fin de 6ème, alors que l’année scolaire n’est pas encore terminée et que le dernier conseil de classe se fait attendre ! Faut-il cocher la case option pour la classe de 5ème ou non ?

Evidemment au premier abord, apprendre une langue « morte » n’est pas ce qu’il y a de plus excitant pour un adolescent. Certains ont déjà du mal avec l’anglais, pourtant déjà familier depuis l’école primaire, alors le latin…

Sachez que le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes. Les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l’italien, le portugais, l’occitan, le roumain, etc… en dérivent directement. D’autres lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l’albanais (par proximité) ou l’anglais (par l’intermédiaire de l’ancien français). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante – et, en France, celle de l’enseignement, du Ve au XVIIe siècle – ainsi que la langue de l’Eglise catholique, son influence en Europe s’est faite sentir dans un grand nombre de langues.

Egalement langue liturgique de la religion catholique, elle reste une des trois langues officielles de l’Etat du Vatican, et plus précisément la langue diplomatique usuelle. Le Vatican entretient ainsi un service du « latin moderne et contemporain ». Ces deux derniers siècles, soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin classique, afin d’adapter le vocabulaire à tous les sujets contemporains (« puissance nucléaire » se dit par exemple « vis atomica »).

Ceci confère donc au latin un statut de « langue vivante », contrairement à une opinion trop largement répandue.

Quelles sont les modalités pratiques de l’option latin ?

L’étude du latin au collège se fait selon les horaires suivants : • 2 heures par semaine en 5ème • 3 heures par semaine en 4ème et en 3ème.

En 3ème, les élèves peuvent choisir une option de grec à la place du latin ; deux années de latin leur auront été profitables. Il n’est pas possible, au collège, d’abandonner le latin.

Comment enseigne-t-on le latin aujourd’hui ?

Les nouvelles instructions et les nouvelles méthodes ont beaucoup modifié l’enseignement du latin : l’étude de la civilisation et de la langue se font conjointement, à partir de textes authentiques au contenu varié et intéressant pour les élèves. Le cours s’enrichit de documents iconographiques, de visites de musées ou de voyages.

Qui peut faire du latin ?

Tous les élèves de 6ème, même faibles ou moyens, peuvent choisir l’option de latin en 5ème, qui les fera progresser. Toutefois, le choix d’une option implique un travail régulier, et un engagement sur trois ans. Il ne faut donc pas inscrire en latin un enfant qui n’a ni le goût ni la volonté de travailler.

Quels bénéfices sont à attendre de l’étude du latin ?

1. Une meilleure culture générale.

L’absence de culture générale est reprochée aux élèves de lycée, aux étudiants et à tous ceux qui recherchent un emploi.

Or, apprendre le latin, c’est remonter aux racines de la culture, française, mais aussi européenne. La civilisation romaine imprègne la nôtre dans les domaines les plus divers : le droit, la politique, les arts, la littérature et les sciences.

Lien 1

http://www.latigrec.ch/f/alte_sprac...

2. Une bonne formation linguistique

Le latin permet aux élèves de mieux connaître le français, qui en est directement issu. On sait qu’aujourd’hui, très peu d’élèves maîtrisent correctement leur langue maternelle, ce qui les handicape dans toutes les matières. Grâce à l’étude du latin, ils connaîtront les racines des mots, comprendront et retiendront mieux leur sens et leur orthographe, leur vocabulaire s’enrichira et le latin les fera accéder à un langage plus savant. Cette langue considérée comme “morte” est en effet encore aujourd’hui un vivier de mots savants (“ordinateur” en français, “computer” en anglais, sont des mots d’origine latine).

Le latin est aussi un complément très utile à l’apprentissage des langues vivantes, romanes (espagnol, portugais, italien) comme germaniques (allemand et anglais).

http://www.latigrec.ch/f/alte_sprachen/antwort5.php

3. Un plus large choix d’études

Le latin s’impose dans de nombreux champs disciplinaires : la médecine, la biologie ou la botanique bien sûr, mais également le droit, les sciences humaines (lettres ou histoire ; comment envisager d’étudier les anciennes civilisations sans connaître leur langue ?...), la physique, la chimie, l’archéologie ou l’informatique.

http://www.latigrec.ch/f/alte_sprac...
http://www.latigrec.ch/f/alte_sprac...

4. Un avantage dans la vie professionnelle

Les « chasseurs de têtes » ne s’en cachent plus…. Entre deux candidats au même poste et d’égale compétence, ils favoriseront très certainement celui qui aura un bagage de latiniste sur celui qui n’en aura pas.

Comme on l’a dit plus haut, cela lui assure une solide culture générale, mais on lui reconnaît également cette fameuse « culture de l’effort » que l’on ne retrouve plus chez certains autres, une véritable rigueur dans le travail, des qualités d’analyse et de synthèse et un esprit critique aiguisé.

Un ancien latiniste sera un employé ou un collaborateur rigoureux, désintéressé et efficace…

http://www.latigrec.ch/f/alte_sprac...
http://www.latigrec.ch/f/alte_sprac...

Pourquoi faut-il ne pas faire de Latin ?

Contrairement à l’opinion qui tend à se répandre, les notions d’option et de travail ne sont pas incompatibles. Le volume horaire consacré au Latin est important, puisqu’il occupe selon les niveaux deux à trois heures hebdomadaires. De plus, l’engagement pris est un engagement dans la durée. Une option commencée en cinquième doit être poursuivie jusqu’en troisième. Enfin, les apprentissages doivent être effectués régulièrement.

Le Latin est une langue exigeante, qui demande de la rigueur et un véritable travail. Penser que le latin ne sert à rien, que c’est une option, et qu’il n’est donc pas nécessaire de le travailler, qu’on y obtient de bonnes notes facilement, est donc une erreur à ne pas commettre…

Nous espérons que ce petit article vous aidera à guider le choix de votre enfant, et vous invitons à envisager sincèrement l’option latin. Dans tous les cas, discutez-en avec votre enfant en lui présentant toutes les facettes de l’enjeu. S’il semble motivé, encouragez-le car plus de savoir ne nuit jamais.