Une trace dans le paysage

novembre 7, 2019 dans Arts, Ecole ouverte, Non classé

 


L’Ecole ouverte qui s’est déroulée les 21, 22 et 23 octobre dernier au collège Lucie Aubrac a accueilli le plasticien Yves Monnier. Celui-ci a proposé aux écoliers participants de produire une œuvre et de la transmettre sur un temps long aux générations futures. L’oeuvre une fois réalisée sera laissée pendant plusieurs mois au paysage et soumise aux aléas météorologiques et environnementaux de toutes sortes. Que restera-t-il alors de l’oeuvre ? Qu’est-ce qui sera transmis une fois que le temps et les éléments naturels auront fait leur travail ? Yves Monnier expérimente ainsi avec les élèves l’idée que le paysage est un matériau qui agit matériellement et poétiquement sur l’ œuvre créée.

  « Dans mon travail, je questionne la fragilité et la matérialité des images »  Yves Monnier

Les différentes phases de l’action :

  • deux groupes d’élèves ont été constitués
  • chaque groupe a choisi un thème fédérateur illustré par une image ( l’utilisation d’une carte mentale a permis d’organiser les idées du groupe et de dégager le thème, à partir d’un souvenir, d’une émotion, d’un fait d’actualité…)
  • une fois l’image choisie, elle est passée au calque noir et blanc
  • un sticker vinylique est contrecollé sur une plaque de fermacell à l’aide de chiffons
  • avec l’aide du vidéoprojecteur, l’image est projetée sur le sticker et les élèves la reproduisent en la décalquant avec des marqueurs indélébiles. Les zones imprimées en noir sont coloriées
  • avec des scalpels, délicatement et en surface, les zones sombres du pochoir sont découpées puis retirées
  • une fois le pochoir réalisé, il ne reste plus qu’à choisir un lieu pour le déposer : ce sera une terrasse du collège au premier étage.

 

Les deux œuvres réalisées par les élèves pourront alimenter la plateforme Mémoires Contemporaines sur laquelle Yves Monnier propose au visiteur d’y déposer une image, une photo qui appartient à son paysage mental personnel et que l’artiste retravaillera à l’aide des éléments naturels.


La session de l’Ecole ouverte s’est terminée par une séance au cinéma le Méliès avec le visionnement du film d’animation Shaun le mouton, la ferme contre-attaque et la visite de la Maison de l’image située au 97, galerie de l’Arlequin où l’animatrice Mathilde nous a présenté quelques-unes des activités proposées par la Maison de l’image : la photographie, la réalisation de courts-métrages et d’émissions de radio… En février 2020, la Maison de l’image sera au coeur de la prochaine session de l’Ecole ouverte !

 


Vous pouvez retrouver le projet artistique du plasticien en consultant le site officiel  yvesmonnier.com

et  la plateforme   www.memoirescontemporaines.com


MONUMENTAL

mars 8, 2017 dans 6ème, Arts, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège

  • Pour la session de l’Ecole ouverte de février, le plasticien Yves Monnier a proposé aux écoliers et collégiens de réaliser un travail de sculpture et d’installation sur le thème du monument.
  • Avec cette proposition inspirée d’une installation qu’il a réalisée en 2011 intitulée Fukushima mon amour, l’artiste veut faire réfléchir les élèves à la création d’un monument à la mémoire de leur propre actualité : à quel événement national ou international suis-je sensible, en même temps qu’il fait résonner en moi des sentiments personnels, intimes ? C’est aussi une manière de s’interroger sur cette proximité émotionnelle que suscitent souvent les faits d’actualité

 Installation réalisée par Yves Monnier : Fukushima mon amour, 2011

  • Les élèves ont d’abord réfléchi à un événement d’actualité, avec la possibilité de raviver la mémoire avec éventuellement des recherches sur internet… Ils ont ensuite construit une maquette de la sculpture. Dans la phase de production, l’idée était de permettre à chaque participant de s’approprier un événement, en y apportant des retouches, des modifications de forme, de couleur, de matériau… bref de l’intégrer à sa propre histoire.

LES DIFFERENTES ETAPES DE L’ATELIER :

Les élèves ont cherché sur internet des images d’événements qui ont marqué l’actualité et qui sont inscrits dans la mémoire collective et intime : la destruction de Palmyre en Syrie, le tsunami au Japon en 2011, la dernière coupe du monde de football… Ils ont ensuite représenté par un dessin l’image emblématique de l’événement.


     Préparation des socles pour l’installation des sculptures.


Fabrication et  finition des sculptures.



Avec les enfants du monde

avril 12, 2016 dans 6ème, Arts, CDI, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège


 

Le point de départ de la session de l’Ecole ouverte d’avril 2016  est le film de Pascal Plisson Sur le chemin de l’école sorti en 2013 : ce film documentaire raconte les vies attachantes mais difficiles de quatre adolescents dans le monde qui doivent faire des dizaines de kilomètres à pied ou à cheval pour aller à l’école.

Ce film met en lumière le droit fondamental de l’accès à l’éducation et évoque inévitablement en creux tous les autres droits des enfants bafoués aujourd’hui : l’égalité filles-garçons, la liberté d’expression, la santé, le logement…

Nous avons donc proposé aux participants de cette session de réfléchir à la place des enfants dans nos sociétés par le biais artistique : rendre hommage au courage et à l’esprit de solidarité des enfants du film de Pascal Plisson en écrivant les paroles d’une chanson et en composer la musique avec le musicien Pierre-Henri Michel ; une visite guidée au musée de Grenoble sur le thème de la représentation de l’enfant dans l’art ; enfin, clore la session avec la collaboration du plasticien Yves Monnier qui s’est inspiré des œuvres de l’artiste allemand Carsten Höller ; ce dernier a créé dans les années 1990 des installations qui mettent en scène de véritables pièges pour enfants : ses œuvres représentent des pièges construits avec des appâts qui répondent au désir des enfants : un jeu, des friandises… des mécanismes qui, s’ils étaient réels, provoqueraient chez les enfants tentés des blessures graves ou la mort… Le propos de l’artiste est de mettre face à face la position des enfants dans la société actuelle et l’emprise de la société de consommation,  susciter la réflexion chez le spectateur, en même temps qu’il évoque le tabou de l’infanticide.

PROGRAMME DE LA SEMAINE :

Lundi 11 avril :

Après le visionnage du film Sur le chemin de l’école, les élèves ont retenu deux mots qui pour eux  reflètent bien les valeurs mises en exergue par le parcours de vie des personnages : bienveillance et solidarité.

Mardi 12 avril :

Le plasticien Yves Monnier présente son travail artistique ainsi que le projet qu’il propose de réaliser, inspiré de Carsten Höller.


Il présente ci-dessous quelques-unes de ses œuvres et sa démarche artistique : le paysage considéré comme un document, une trace, une empreinte de l’homme à déchiffrer :

  • Il montre les œuvres de Carsten Höller qui traite, d’une manière très personnelle et provocatrice du thème de l’enfance ; les élèves y trouveront  quelques éléments d’inspiration pour imaginer et créer à leur tour un piège pour adolescents :

Premières esquisses de pièges dessinés sur le papier et propositions d’objets qui serviront d’appâts :

 

Mercredi 13 avril :

Les élèves illustrent par un dessin les mots bienveillance et solidarité :

Ils cherchent des informations sur la Convention internationale des Droits de l’enfant sur le site http://www.humanium.org/fr

Les élèves sont maintenant sollicités pour trouver les premières paroles de la chanson qu’ils doivent composer le lendemain avec le musicien Pierre-Henri Michel :

Jeudi 14 avril :

Le musicien Pierre-Henri Michel se met au piano pour composer la chanson avec les élèves ; couplet et refrain sont écrits au fur et à mesure au tableau. Tous entonnent ensuite la chanson sur un air jazzy et original, créé par le musicien :

La chanson composée par les élèves :

C’est pas facile

C’est pas facile, un monde avec respect
C’est pas facile, de tous s’aimer
C’est pas facile, de ne pas se moquer
Mais c’est facile, de s’insulter

Refrain

Roumains, Macédoniens,
Arabes et petits Français
L’important, c’est de vivre en paix…

L’après-midi, nous nous rendons au musée de Grenoble pour une visite guidée sur le thème de l’enfant dans l’art ; deux axes d’étude nous sont proposés : l’enfant dans les tableaux du Moyen-Age et de la Renaissance où il est essentiellement représenté par le visage christique et l’enfant dans la peinture du  XVIIIe siècle où il est avant tout la figure de l’héritier :

Vendredi 15 avril

Les enfants procèdent aux installations qu’ils ont inventées avec l’aide de l’artiste Yves Monnier :


 Tous les dessins des enfants sur les thèmes de la solidarité et la bienveillance :

Dans les pas d’Andy Warhol, Jeff Wall et Philippe Cognée

septembre 11, 2015 dans Arts, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège


Le Musée de Grenoble proposait jusqu’au 31 août une exposition rassemblant une sélection d’oeuvres majeures acquises par le musée ces dix dernières années.

On a proposé aux élèves inscrits à la session du mois d’août de l’Ecole ouverte de partir sur les traces de trois artistes choisis parmi les 150 exposés : l’américain Andy Warhol, le canadien Jeff Wall et le français Philippe Cognée.

Tous les trois sont emblématiques d’une technique particulière qui interroge les relations entre la peinture et la photographie, proposant une approche nouvelle du réel. L’ un des objectifs de cette session : faire en sorte que les élèves s’approprient la technique de chaque artiste pour créer à leur tour, à la manière de… Le plasticien Yves Monnier fut le guide attentif du groupe dans cette entreprise pleine de promesses.


  •          La duplication à l’infini d’Andy Warhol : « le Pop art est pour tout le monde… »

A partir du tableau Jackie exposé au Musée de Grenoble, les élèves ont été initiés à la technique de la sérigraphie. Yves Monnier a pris une photographie de chacun d’eux ; il a fabriqué des cadres en bois dans lesquels il a tendu un tissu aux mailles très fines sur lequel il a imprimé la photographie de chaque participant, avec certaines parties obturées pour ne laisser libres que les surfaces à imprimer ( système du pochoir).

Yves Monnier présente le matériel et la technique de la sérigraphie.

Les élèves à l’oeuvre. La sérigraphie, c’est facile !

Les productions… comme Andy Warhol !


  • La photographie plasticienne de Jeff Wall

Les photographies de Jeff Wall semble représenter l’instantané d’une réalité banale mais cette banalité n’est qu’apparente. En effet, ses photographies sont des mises en scènes méticuleuses qui questionnent les enjeux de l’art : la photographie est en effet devenue depuis les années 1980 l’avant-garde de l’art contemporain, qui reconstruit et déconstruit le réel, soulignant à la fois la beauté et la banalité des sujets.

Les élèves ont donc été invités à inventer un scénario le plus précis possible intégrant personnages, éléments du paysage, situations… Ils ont ensuite réalisé leur photographie en intégrant tous ces paramètres, créant ainsi de toutes pièces une mini fiction que l’imagination du spectateur peut recréer à volonté.

  Mais que se passe-t-il ?  A chacun son histoire !


 

  • La peinture évanescente de Philippe Cognée

La session du mois d’août avait commencé avec une étude de la peinture de Philippe Cognée. Celui-ci photographie des paysages ou de simples objets de la vie quotidienne ( une chaise, une baignoire…) ou encore utilise la vidéo pour filmer des carcasses de viandes dans une entreprise de boucherie industrielle. Puis il peint sur les photographies en utilisant une peinture à la cire qu’il chauffe ensuite au fer à repasser, à travers un film plastique. L’impression qui se dégage est celle d’une dissolution de la peinture et de son sujet, d’une évanescence, d’une toile qui tend à disparaître… doublée d’un sentiment de mélancolie, de solitude et de détresse.

Les élèves se sont essayés à cette technique à partir de photographies, représentant eux-mêmes ou le paysage.  Le résultat ne fut qu’une humble tentative car nous ne disposions pas du matériel et des produits professionnels adéquats. En tout cas, ce fut une première approche de l’oeuvre et de la technique originale du plasticien français, la découverte d’un univers troublé et troublant, révélateur de la fragilité de la condition humaine.

 

A la manière de Philippe Cognée…


 

A l'année prochaine pour de nouvelles aventures artistiques !

A l’année prochaine pour de nouvelles aventures artistiques !

 

 

 

Trois jours en août avec l’artiste Yves Monnier

octobre 10, 2014 dans Arts, CDI, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège

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     Yves Monnier est un jeune artiste plasticien de 31 ans qui vit et travaille à Grenoble.

 Les 27, 28 et 29 août derniers, il a fait entrer de manière originale les participants de l’Ecole ouverte dans l’univers de l’art contemporain.


 

« Le paysage est un document… »

Il nous a d’abord présenté son travail et quelques-unes de ses oeuvres ; celles-ci mélangent différentes techniques (image numérique, plaque de fibrociment, peinture de carrosserie, goudron, feuilles d’or…) qui mettent en scène une matérialité qui reflète l’impact de l’activité humaine sur notre environnement et son influence sur notre perception de la réalité.

 

              Les vaches de monsieur Yoshizawa


             

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                 Les atmosphères retournées


 « Comme si l’histoire était un lieu… »

S’inspirant de l’artiste anglais Liam Gillick exposé au CNAC au même moment, Yves Monnier nous a  proposé un jeu pour expérimenter les différentes strates psychologiques et physiques contenues dans chaque événement. Comment un individu (avec son corps, sa psychologie, son histoire…. et l’ensemble des éléments parasites qui le composent ) reçoit à un moment précis un fait, une actualité, un objet… ?

Le jeu s’est déployé dans l’atrium qui s’est alors transformé en un vaste plateau où les participants se sont retrouvés dans des positions improbables (couchés, bras en l’air, sur une jambe, un oeil fermé…). Ces attitudes physiques contraintes qui relevaient de la performance, mettaient en jeu la réception d’un événement d’actualité à partir d’éléments objectifs (initiales du nom et prénom du participant, âge de ses parents…) et subjectifs (son pays ou sa couleur préférée…). Les acteurs, toujours dans la position contrainte, devaient ensuite dessiner ce qu’ils voyaient de la scène  et laisser sur le croquis une trace coloriée de  l’ élément fort qu’ils en retenaient. 


 L’après-midi, les élèves ont visité l’exposition de Liam Gillick au CNAC et les jours suivants, ont participé à différents ateliers où ils ont construit une fiction à partir des axes de création de cet l’artiste : l’écriture, les objets du quotidien et la fiction.

 

          Les installations de Liam Gillick au CNAC, août 2014


Le jeu proposé le matin par Yves Monnier a en quelque sorte préparé les élèves à recevoir les installations de l’artiste anglais qui interroge la relation fluctuante  entre l’œuvre et son spectateur, l’œuvre et son lieu d’exposition, l’œuvre et son contexte historique.

Pas de doute : ces trois jours avec Yves Monnier et Liam Gillick nous ont montré un aspect fondamental de l’art contemporain : l’inépuisable questionnement de l’œuvre et du monde.

 

 

 

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