Le monde singulier de Martin Page

avril 21, 2014 dans 5ème, CDI, Français

 

 

 

 

 

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« C’est assez étonnant d’être sous le regard des autres ! »

C’est un dispositif journalistique qui attendait Martin Page à la bibliothèque de l’Arlequin, ce vendredi 11 avril 2014 : une caméra, un micro, deux interviewers, Sofia et Kevin, et un public prêt à prendre le relais des jeunes journalistes.

Avant de l’accueillir, les élèves de 5ème1 ont réalisé une enquête assez poussée sur le romancier, grâce à la consultation de nombreux sites qui lui sont consacrés et la lecture de ses romans jeunesse. Face à ce dispositif, Martin Page a déclaré plutôt « inquiétant » et « déroutant » que l’on puisse autant s’intéresser à lui ! On écrit et on dit tant de choses sur le net !

« On écrit ce qu’on est. »

Les premières  questions ont porté sur ses origines familiales et la façon dont lui viennent ses idées de romans.  Ainsi, il nous a appris qu’il est d’origine bretonne et que Martin Page est bien son vrai nom ; il vit à Nantes mais ne désespère pas un jour de devenir un immigré et partir s’installer en Suède, qui sait, un pays qu’il admire car plus équilibré, plus égalitaire, plus féministe que la France et où l’éducation semble bien plus à l’avant-garde que chez nous. Ses droits d’auteur lui permettent de vivre correctement ; ses livres sont traduits en anglais, en arabe, en chinois, en turc… et dans bien d’autres langues encore. Enfin, sa grande richesse, il aime à le dire, est le temps qu’il a pour écrire.

Adolescent, il écrit des poèmes et tient un journal intime. En 2001, à l’âge de 25 ans, il parvient à publier son premier roman, Comment je suis devenu stupide.Comment-je-suis-devenu-stupide

Il puise ses idées de romans dans sa prore vie, dans son histoire familiale, celle de ses amis… Les idées, a-t-il ajouté, viennent aussi des obsessions, des révoltes que l’on porte en soi, des idées folles… D’ailleurs, ces idées folles, avec le temps, elles se bousculent de plus en plus dans sa tête et ne cessent de déborder un imaginaire déjà largement à l’oeuvre quand il était enfant. Ainsi, il peut raconter le plus naturellement du monde la conversation d’un enfant avec  son gâteau d’anniversaire dans Conversation avec un gâteau au chocolat ou bien inventer dans Le Zoo des légumes, une généalogie inattendue : les légumes seraient d’anciens mammifères !

Martin Page a commencé par la littérature et il est passé à la littérature jeunesse, naviguant aujourd’hui de l’une à l’autre. Qu’est-ce qui a motivé ce cheminement quand on pense communément, et sans doute à tort, que le désir secret de tout romancier  de littérature jeunesse est de passer de l’autre côté, c’est-à-dire à la littérature, celle qui s’adresse à un public adulte ?

Il raconte qu’en fait c’est une forme de censure et d’hypocrisie qui ont été les moteurs de cette entrée en littérature jeunesse : une nouvelle, commandée par le magazine littéraire pour adolescents Je bouquine, lui a été finalement refusée, car elle ne correspondait pas aux critères habituels du livre jeunesse : Martin Page y dépeignait un univers sombre dans lequel il était question de maltraitance, de mort et de culpabilité… Cette nouvelle, remaniée, deviendra plus tard Le Garçon de toutes les couleurs, publié à l’Ecole des loisirs, en 2007.

Aux questions « aimez-vous lire  et quel lecteur êtes-vous ? », Martin Page a répondu :  » je lis de tout. Je lis plein de livres en même temps : une quarantaine. J’ai une manière très bordélique de lire. Je ne suis pas patient. »

Ses projets d’écriture ? Il publie aux éditions du Seuil le 02 mai prochain Manuel d’écriture et de survie, « un livre sur la réalité des écrivains d’aujourd’hui »,  c’est à dire leurs rapports avec les éditeurs, avec les autres écrivains, les questions d’argent qui parfois les assaillent… ; il écrit aussi des sketches pour un humoriste ou encore des textes qui passeront sur la radio le Mouv’ ; enfin il participera à l’écriture d’un scénario dont le film sortira en 2015.

« Il ne faut pas être raisonnable ! »

Grâce au Printemps du livre, les élèves de 5ème1 ont pu découvrir l’univers singulier de Martin Page : ses personnages évoluent le plus souvent dans un monde hostile, où règnent la mélancolie, la tristesse, où les relations parents-enfants sont empreintes de rudesse et de tension, comme dans Plus tard, je serai moi ; mais ses personnages, mus par la volonté de réagir et de résister, cherchent une issue libératrice  à leurs maux et à leur trop plein de lucidité.

« Il faut être obstiné, combattif ; on est souvent confronté à des gens qui vont vous décourager. » C’est ce principe de persévérance et de confiance indéfectible en soi qu’il s’est appliqué  quand ses premiers manuscrits ont été refusés par plusieurs éditeurs.

L’univers romanesque de Martin Page donne à voir des personnages souvent en rupture, sur le point de basculer… mais la noirceur est à la fin contrebalancée par un souffle de résistance et de vie, pareil à celui que l’écrivain a laissé transparaître ce vendredi 11 avril.

Pour en savoir plus sur Martin Page : http://www.martin-page.fr

Gilles Bachelet ou le décalage permanent

avril 15, 2014 dans 6ème, Arts, CDI, Français

 

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Printemps du livre 2014.  Bibliothèque de l’ Arlequin, jeudi 10 avril, 10h30.

 Gilles Bachelet s’est présenté à la classe de 6ème2 en dessinant sur un tableau à feuilles le personnage élégant et hyperactif de Madame le lapin blanc.

Après cette entrée en matière, les élèves ont voulu en savoir un peu plus sur son parcours artistique. Gilles Bachelet a révélé que le dessin est chez lui une passion relativement tardive : elle l’a pris vers l’âge de 17-18 ans. Après une formation à l’Ecole  supérieure des Arts Décoratifs de Paris, il a longtemps travaillé comme dessinateur de presse ou encore illustrateur d’albums.

Un jour, il décide d’en finir avec le travail de commande et l’urgence qui caractérisent les dessins de presse ; il devient professeur à l’école supérieure des Beaux-Arts de Cambrai et réfléchit à la meilleure façon de s’exprimer pleinement et à son rythme par le dessin : il sera l’illustrateur et l’auteur de ses propres albums, tout simplement !

« Où trouvez-vous l’inspiration ? » a demandé Omeïma. Gilles Bachelet a répondu que pour lui, une trop grande concentration est contre-productive ; ce sont les petites choses de la vie quotidienne qu’il capture dans ses carnets à croquis toujours à portée de mains qui sont à l’origine de ses albums : ainsi, c’est un vrai chat stupide et étourdi – le sien – qui est la source d’inspiration du personnage de Mon chat le plus bête du monde ; les idées d’albums viennent le plus souvent par les dessins eux-mêmes, a-t-il précisé.

Gilles Bachelet a aussi évoqué le désir de tout illustrateur de se confronter à la représentation de personnages emblématiques de la littérature (Alice au pays des merveilles, Pinocchio…) mille fois dessinés. Comment se démarquer, faire oeuvre originale ? Ainsi, l’album Madame le lapin blanc est une façon détournée d’entrer dans le célèbre conte  de Lewis Carroll : Gilles Bachelet invente une vie de famille au lapin énigmatique du conte, une vie parallèle qui appartient à la coulisse. La création de nouveaux personnages réactualisent et redynamisent l’histoire et permet à l’auteur  une très grande liberté d’expression.

« Je ne suis pas écrivain ; je complète mes images avec des mots » affirme modestement Gilles Bachelet. Ses textes sont empreints d’humour et revêtent un caractère farcesque certain. C’est le décalage, l’écart entre le dessin et le texte qui fait, entre autre, l’originalité de l’artiste et provoque le sourire et le rire : dans Mon chat le plus bête du monde, il est question d’un chat, mais c’est un éléphant qui est dessiné à la place ! Une idée simple et fantaisiste qui vient balayer les représentations déjà vues ou trop attendues de l’animal fétiche des artistes.

« Quel est votre album préféré ? » a interrogé Walid. Question rituelle et difficile à la fois. « Tous » a répondu Gilles Bachelet mais il ajoute aussitôt avoir une tendresse particulière pour l’album Le Singe à Buffon  : c’est le premier album dans lequel il a osé mettre du texte ; et  l’histoire met en scène les relations difficiles, pleines de surprise  et teintées de perplexité entre deux personnages, largement  inspirés de son fils et lui.

Pour terminer la rencontre, les 6e2 ont montré à l’auteur leurs dessins et textes : ils ont en effet imaginé le journal intime de Mon chat le plus bête du monde.

Joli hommage rendu au Chat et à Gilles Bachelet !

 

 

 

 

Printemps du livre 2014

avril 7, 2014 dans 5ème, 6ème, Arts, CDI, Français

 

Les 6e2 et 5e1 participeront à la 12ème édition du  Printemps du livre de Grenoble qui se tiendra du 09 au 13 avril prochain. Cette nouvelle édition s’intitule « Seul et ensemble » et réunira une cinquantaine d’auteurs et illustrateurs qui s’interrogent sur les relations à l’autre et les liens complexes qui  nous unissent ou nous éloignent les uns des autres.

C’est la bibliothèque de l’Arlequin qui accueillera auteurs et  élèves : le jeudi 10 avril à 10h30, les 6e2 rencontreront l’auteur et illustrateur Gilles Bachelet pour ses deux albums,  Madame le lapin blanc et Mon chat le plus bête du monde ; quant aux 5e1, le vendredi 11 avril à 11h00, ils auront le plaisir de découvrir l’univers de Martin Page avec notamment Le Zoo des légumes et d’autres romans qui circulent dans la classe depuis plusieurs semaines.

 

 

 

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