Prenez votre coeur pour seul bagage…

février 7, 2017 dans 5ème, 6ème, Enseignements, Français, Théâtre

 - Les 09 et 10 février prochain, les 6e et 5e iront à l’Espace 600 découvrir la pièce de Jean-Pierre Cannet, La Foule, elle rit, mise en scène par Anne Claire Brelle.

Le vendredi 27 janvier, les 6e1 et 6e2 ont eu le privilège de rencontrer l’auteur de la pièce, venu auprès des collégiens, a-t-il dit, « chercher des questions, chercher avec [eux] le sens des choses ».


« La vraie mort, c’est quand on ne pense plus aux défunts »


Que raconte la pièce ?

- Zou est un jeune homme qui n’a qu’une idée en tête : franchir les frontières pour rejoindre un pays riche, pour y construire une vie meilleure. Avant lui, ses deux frères ont tenté l’aventure mais ils ont échoué : l’aîné s’est noyé pendant la traversée, dévoré par un requin, tandis que le second est mort, écrasé dans le tunnel sous la Manche.

Hanté et guidé par la mémoire de ses frères, Zou veut relever le défi ; il décide que lui ne sera pas invisible. Il choisira le costume de clown pour passer les frontières : le rire sera sa seule arme.

 - Les 6e ont été touchés par le sujet de la pièce mais aussi intrigués par les noms des personnages, par le choix du clown pour se jouer des murs…

Quand il publie en 2010 La Foule, elle rit, Jean-Pierre Cannet anticipe la terrible actualité qui depuis des mois jette sur les routes de l’exode hommes, femmes et enfants, contre la guerre et la misère.


« Dès qu’il s’agit de ne pas aider quelqu’un, on entend tout. A commencer par le silence ». Daniel Pennac, Eux, c’est nous. Les Editeurs jeunesse avec les réfugiés


- La pièce de Jean-Pierre Cannet s’inscrit dans une programmation engagée de l’Espace 600 : en effet, plusieurs spectacles de la saison 2016-2017 parlent des migrations tragiques qui se heurtent à l’indifférence et au silence.

La Foule, elle rit, En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin ou encore Le Garçon à la valise de Mike Kenny : des œuvres qui aident à dessiller les esprits.

 

Frontière

décembre 2, 2016 dans 3ème, Arts, CDI, Français, Sorties - Voyages

  • Antoine Cassar est né à Londres, a vécu en Espagne et réside aujourd’hui à Malte. Il est poète, traducteur, journaliste et grand voyageur…
  •    Les 21 et 22 novembre dernier, il rencontrait au collège les élèves de 3e4 pour préparer avec eux la journée du 25 novembre à L’Heure bleue (salle de spectacle) pour le festival de poésie Gratte-Monde. Ce sera une journée particulière, entièrement consacrée à la poésie ; elle se partagera entre un atelier d’écriture avec l’écrivain, et l’après-midi, l’amicale confrontation sur scène avec d’autres collégiens et lycéens, qui mettront eux aussi en voix les textes écrits le matin avec les autres poètes invités du festival.

                             Les hommes traversent les frontières ?

                             Ce sont plutôt les frontières

                             Qui traversent les hommes.

                                                                       Antoine Cassar, haïku

  • L’écrivain a invité les 3e4 à réfléchir sur la notion de frontière à partir de quelques chiffres éclairants : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, plus de 50 murs ont été érigés dans le monde, y compris en Europe : entre la Hongrie et la Serbie, la Slovénie et la Croatie ou encore la Turquie et la Bulgarie, celui de Calais… « Nous vivons dans un monde de plus en plus fragmenté », a -t-il déclaré, par les guerres et la mondialisation économique… Lui qui voyage beaucoup, il se rend compte à quel point il est de plus en plus difficile de se déplacer. « Si on compte tous les murs frontières construits dans le monde, cela revient à une seule ligne, longue de 40 000 kilomètres ! », nous a-t-il appris.

Antoine Cassar suit sur la carte le chemin des premières migrations humaines et défend l’idée d’une humanité, espèce naturellement migratoire.

 

  • Pour le poète, les frontières transforment les pays en îles. Il a projeté plusieurs photographies de ces murs érigés sur toute la planète et les réponses faites par des citoyens anonymes ou des artistes qui disent leur colère, leur refus absolu de ces barrières artificielles qui divisent les hommes.

L’écrivain projette des images qui représentent les nombreux murs frontières construits sur les différents continents et les détournements qu’en ont faits artistes ou anonymes qui en contestent l’existence.

  • Comment dire non ? Comment résister ? Ce qu’Antoine Cassar propose aux collégiens, c’est « une forme de résistance contre les murs, en écrivant sur les murs ». Il leur propose une situation :

« Imaginez que vous soyez devant un mur infranchissable et que vous ne pouvez pas passer : que voudriez-vous écrire sur ce mur frontière ? ».

  • Au fur et à mesure, un nuage de mots donnés par les élèves essaime sur le tableau ; ils seront la matrice de la création poétique qui sera lue par les élèves sur la scène de L’Heure bleue :

                                 « Un jour, cette frontière sera poussière »

                « La colère, c’est la guerre qui se transforme en enfer »

                          « Une construction pour une séparation »

                                 « les frontières font la guerre »…

  • Ce sont ces mots d’élèves qui donneront naissance au Passeport poétique des 3e4, qu’ils joueront sur la scène.
  • Vendredi matin 25 novembre, avec Antoine Cassar et M. Ouerhani, professeur de lettres : mise en voix, répétitions et mise en scène du Passeport poétique anti-frontières écrit par les élèves.
  • L’après-midi : les 3e4 sont les premiers sur la scène :

Une journée pleine de surprises et d’émotion, pendant laquelle les élèves ont appris que le trac est une autre frontière, intérieure celle-là, qu’il faut savoir dompter et dépasser !

 

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