Avant « S’embrasent », avec les comédiens du Théâtre Bluff

février 19, 2014 dans 4ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

 

Talia Hallmona et maxime Desjardins, comédiens du Théâtre Bluff.

Talia Hallmona et maxime Desjardins, comédiens du Théâtre Bluff.

°        Mardi 18 février, deux comédiens de la troupe du Théâtre Bluff, Talia Hallmona et Maxime Desjardins, sont venus au collège rencontrer les élèves de 4e 2 pour leur présenter le spectacle « S’embrasent » écrit par Luc Tartar, mis en scène par Eric Jean et qui se jouera sur  la scène de l’Espace 600 le mercredi 19 février.

°        Le Théâtre Bluff tourne depuis plusieurs années en France avec cette pièce. Ses comédiens ont à cette occasion rencontré près de 6000 adolescents et ont  porté jusqu’à eux les mots brûlants et dérangeants de Luc Tartar.

°           Deux questions directes des élèves ont ouvert la rencontre : « pourquoi vouloir être comédien ? Est-ce que vous gagnez de l’argent avec votre métier ? ». « Etre comédien pour raconter des histoires et rencontrer des gens » a répondu Talia ; quant au statut de comédien, Maxime nous a appris qu’il n’existe pas de statut d’ « intermittent du spectacle » au Québec ; comédien s’avère donc une activité plutôt  risquée dans son pays.

°        Les deux Québecquois ont d’abord cherché à connaître le ressenti des élèves : qu’est-ce qui les a marqués  à  la lecture du texte ? « Beaucoup de gros mots » a répondu spontanément Mohamed. Où se situe pour vous la modernité de la pièce ? Les élèves ont mis en avant l’interculturalité des personnages, un Roméo et Juliette d’aujourd’hui qui s’appellent Jonathan et Latifa ; ils ont aussi souligné la nouveauté  du langage amoureux, fondée sur la crudité, qui tente à sa manière de désamorcer le malaise du désir et la brutalité du coup de foudre.

°        Talia et Maxime ont ensuite essayé de faire imaginer aux élèves la pièce qu’ils verront  le lendemain, en pointant quelques difficultés formelles :

-   comment concentrer 17 pages de texte en 50 minutes de jeu sur scène ?

-  quelle théâtralité possible pour une mise en scène suggestive et symbolique : quel décor, quelle lumière, quels costumes et accessoires…?

°           Enfin, quatre ateliers-jeux ont clos la rencontre avec les comédiens :

-  l’écriture automatique qui a permis de renouer avec la genèse de « S’embrasent » : des mots jetés à la volée et qui font surgir spontanément des nuées de mots dans la bouche des adolescents et sous les doigts de l’écrivain.

-  « jouer en choeur » : un  exercice qui a permis de comprendre comment les comédiens jouent ensemble sur scène.

à plusieurs voix : faire lire aux élèves un extrait de la pièce, sans préparation aucune, comme le font les comédiens qui découvrent un texte pour la première fois ;  dire et  faire entendre le texte de façon brute pour commencer à l‘apprivoiser…

-  l’improvisation : 4 groupes de 5 élèves qui chacun à son tour,  improvise une scène. La justesse et l’expressivité doivent faire deviner au public le sujet de la scène (sujets à deviner ici : sanguin, sanglote, s’enferme).

Talia et Maxime ont donné d’infimes indices sur ce qui va se passer sur scène le 19 février : ils seront 5 à jouer pendant 50 minutes pour raconter 17 pages de texte.

Rendez-vous à l’Espace 600 pour la surprise !

Les 4ème2 s'essayent à l'improvisation.

Les 4ème2 s’essayent à l’improvisation.

 

Une collection de mots qui rappelle la genèse de "S'embrasent".

Une collection de mots qui rappelle la genèse de « S’embrasent ».

Pour en savoir plus sur Luc Tartar et le Théâtre Bluff :

www.luc-tartar.net

http://www.bluff.qc.ca

Luc Tartar ou les fragments d’un nouveau discours amoureux

décembre 10, 2013 dans 4ème, CDI, Français, Théâtre

 

 

 

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 « L’amoureux ne cesse [… ] de courir dans sa tête » : Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux -

 

  Le 19 février prochain, la classe de 4ème2 assistera à la représentation de la pièce « S’embrasent » écrite en 2005 par l’écrivain et comédien Luc Tartar.

  •  Le jeudi 05 décembre, l’auteur est venu au collège rencontrer les élèves pour parler de son texte. Un texte qui s’adresse d’abord aux adolescents, mais un texte dérangeant par la crudité des mots qu’il recèle, dérangeant par la réalité psychologique qu’il dévoile : le désir amoureux fragilise, questionne, bouleverse…rend fou.

« Dans le champ amoureux, les blessures les plus vives viennent davantage de ce que l’on voit que de ce que l’on sait » Roland Barthes

 

S'embrasent

  •  Le baiser de Jonathan et Latifa qui ouvre la pièce suscite le délire verbal, les  bouffées de langage des différents personnages, englués dans l’incompréhension, la jalousie, l’agressivité, leur exclusion à cette scène dramatique d’ouverture ; ce baiser pose les bases d’un discours amoureux qui balance entre tension poétique et crudité provocatrice.

 Pour écrire sa pièce, Luc Tartar s’est interrogé : comment les adolescents d’aujourd’hui parlent-ils d’amour ? Il a cherché à retranscrire le plus fidèlement possible les mots, les écrits que lui ont donnés les adolescents avec lesquels il a travaillé.

  •  Les élèves de 4ème2 ont confié le trouble provoqué chez eux par la lecture de la pièce (leur professeur de lettres Mme Pellecuer a d’ailleurs souligné que des adolescentes n’ont pu aller au bout de la lecture tellement elles avaient été choquées) : on ne sait pas qui parle car il n’y a pas de personnages clairement  définis ; pourquoi avoir fait le choix de ce monologue, de cette voix unique qui brouille les pistes ? Pourquoi employez-vous des mots crus, un langage aussi direct ?

 Luc Tartar a répondu que l’absence de personnages clairement définis était une volonté de sa part de laisser toute liberté aux comédiens d’investir  comme ils le souhaitaient les personnages de la pièce ; quant à la crudité du langage, elle est pour lui une évidence car c’est comme cela qu’on se parle aujourd’hui.

  •  Au tour de l’écrivain de questionner les élèves : est-ce important que les adolescents entendent parler de sexualité ? Est-ce bien que les parents en parlent avec leurs enfants ?

 Des réactions ont révélé le caractère défensif de certains élèves : si on entend parler de sexualité, ça donne envie de passer à l’acte ; on est trop jeune pour être amoureux ! Ca ne se fait pas de parler de ça avec ses parents et que diront-ils  s’ils nous voient lire ce texte ?

Luc Tartar a alors répondu à ces clichés qui remplissent de nombreuses têtes, en soulignant la dimension éducatrice de sa pièce : « la sexualité, ça s’apprend ; aimer, ça s’apprend ;  respecter quelqu’un, ça s’apprend ».

 Le 19 février prochain à l’Espace 600, ce sont les comédiens québécois du Théâtre Bluff qui joueront «S’embrasent».

 Vivement que les mots et les images de Luc Tartar s’incarnent enfin sur scène !

 

Pour en savoir plus sur Luc Tartar : http://www.luc-tartar.net

 

 

 

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