La Folie Florentine !

mai 10, 2016 dans 6ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

 

 

 


Elle est romancière, poétesse, musicienne, plasticienne, performeuse… Florentine Rey est une artiste totale ! Sur son site ( http//florentine-rey.fr ),  on peut visionner ses performances. Comme elle le souligne, il faut partir de l’étymologie : performer, c’est passer à travers la forme, c’est à dire trouver une forme personnelle pour toucher le public. Ainsi, elle met en scène des textes où s’épanouissent des moments poétiques ou absurdes de la vie quotidienne. Ses thèmes de prédilection : le corps, le féminin, la liberté…

Le 09 mai, Florentine Rey a rencontré les 6e4 ; elle leur a confié que ses récits théâtralisés naissent le plus souvent d’un geste, d’une situation, d’un événement et que le texte en découle tout naturellement, quasiment d’une traite, comme une évidence !

Elle a proposé aux collégiens la réalisation d’un livret personnel, pour les conduire sur le fil de l’écriture poétique, à travers quelques exercices simples.


      « Ecrire, c’est rendre claires les choses pour les rendre accessibles »

  • Avant toute chose, « s’éclaircir l’esprit avec les pages de nettoyage », c’est à dire se vider la tête en notant tout ce que l’on ne veut pas garder et mettre dans son texte à écrire ; jeter ensuite à la poubelle ces mots qui recouvrent une réalité que l’on veut éloigner, faire disparaître.
  • En guise de couverture : dessiner, station debout, en regardant droit devant, ce qui est autour de soi et que l’on a gardé en mémoire. C’est une expérimentation de la liberté liée à la mémorisation des formes, des couleurs et des sensations.

    Des gribouillis ? Non, simplement une retranscription intuitive de la réalité alentour !

  • Continuer dans le corps du livret en listant spontanément toutes les actions accomplies depuis le matin.
  • Sur le fil poétique : se remémorer un souvenir, une scène marquante en la racontant « en contiguïté », c’est à dire en reliant les images entre elles d’une manière désordonnée, en accumulation.
  • Enfin, l’acte poétique lui-même ou chercher le sens derrière les mots : choisir trois mots et les faire vibrer en fonction de leur sens et de leurs sonorités, ce qui conduit à l’expression métaphorique du monde.

   

         « Mon truc, c’est les mots ! »

Cette séance d’écriture a permis aux 6e4 de se mettre en condition pour approcher l’acte poétique. Ils ont découvert une artiste protéiforme à l’énergie chaleureuse et communicative !

       Florentine Rey et Nejib Ouerhani, professeur de lettres des 6e4

Traversée

avril 8, 2016 dans 5ème, CDI, Français, Théâtre

  


 

Estelle Savasta est metteur en scène de théâtre. Elle fut l’un des nombreux auteurs invités au Printemps du livre de Grenoble 2016. Elle a donné rendez-vous aux 5ème3 le 30 mars à la bibliothèque de l’Arlequin pour une rencontre autour de sa pièce de théâtre, Traversée, publiée en 2013.

Les 5e3 l’ont accueillie en jouant des extraits de sa pièce, un texte qui fait écho plus que jamais à l’actualité. Il y est question en effet d’exil et d’immigration mais aussi d’un mensonge qui structure la relation d’une femme et d’une enfant.

 

  Les 5ème3 ont joué quelques scènes de la pièce Traversée.


 

  • Où avez-vous trouvé l’inspiration pour écrire votre pièce ? a demandé Hager pour ouvrir la rencontre.

 « C’est un texte un peu magique ; je me suis réveillée un matin et j’avais cette histoire dans la tête… Le texte est arrivé tout seul ! ». Aux origines de l’histoire a-t-elle précisé, il y a une conversation entendue dans le métro, après la catastrophe de Fukushima et qui a suscité chez elle l’interrogation suivante : « y a-t-il une conscience du monde autour de moi ? ».

 

  • Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce texte ?

L’écriture de la pièce a été rapide a précisé l’auteur : «  j’avais l’impression que j’allais exploser si je ne racontais pas cette histoire ! ». Trois semaines d’écriture en juillet, et en octobre ce furent les premières représentations sur la scène, à Paris.

 

  • Comment avez-vous travaillé ?

Estelle Savasta a beaucoup lu et visionné de films sur le sujet de l’exil et de l’immigration ; elle a aussi rencontré quatre jeunes hommes clandestins qui lui ont raconté leur périple à travers l’Europe, leur volonté acharnée de construire une autre vie… Elle a eu besoin de faire des schémas sur des cartes, de tracer des parcours pour matérialiser un peu les pérégrinations de vies incroyables…

 

  • Avez-vous quelqu’un de sourd dans votre entourage ?

« Avant la pièce et le spectacle, non ! Mais depuis, oui ! ». L’un des personnages de la pièce est sourd et Estelle Savasta raconte combien, depuis toute petite, elle est fascinée par la langue des signes, avec en tête le souvenir d’une fille dans son école qui signait pour communiquer avec sa mère, dans une langue fascinante et mystérieuse. Elle a eu une véritable révélation quand elle a appris cette langue : celle des mains qui s’agitent et qui vivent.

 

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

« Quand on est petit, on a le don d’inventer des histoires et puis ça s’en va ! Il faut prendre soin des histoires que l’on porte en soi ! » a répondu la metteur en scène.

 

  • Il n’y a pas de rôle de garçon dans la pièce ?

C’est une histoire de fille et de femme, essentiellement, a commenté la dramaturge, un sujet inépuisable…

 

 Les 5ème3 ont dit combien ils avaient trouvé le texte bien écrit, touchant, soulignant le personnage courageux de la mère. Estelle Savasta a dit qu’elle avait voulu écrire un texte qui fasse débat autour d’une femme, Youmna, qui décide à la place de sa fille, décide de se sacrifier et choisit le mensonge pour la protéger : « c’est bien et c’est bizarre en même temps », confie l’auteur.

La conscience du monde existe bel et bien et « on a la possibilité de changer les choses » a déclaré Estelle Savasta pour clore la rencontre. Il n’y aura pas de suite à Traversée mais celle que l’écriture a prise un peu par surprise, selon son expression, continuera d’inventer des histoires.

 

 

 

A l’Ecole des écrivains. Des mots partagés.

mai 4, 2015 dans 3ème, Arts, CDI, Français

 

« Je ne sais pas de quoi je vais parler avant d’écrire »

Pour l’édition 2015 de l’opération littéraire « A l’Ecole des écrivains. Des mots partagés », Emmanuel Merle revient au collège, pour la deuxième fois et notre plus grande joie.

  • Vendredi 10 avril : c’est  la première prise de contact des 3e2 avec l’écrivain.

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Comment avez-vous fait pour être publié ? Est-ce que vous vivez de l’écriture ? Est-ce que chaque livre est une histoire particulière ? Qui vous a donné envie d’écrire ?

L’écrivain a répondu aux questions des collégiens en parlant d’abord de son cheminement littéraire : à 18 ans, les premiers textes ; à 30 ans, l’intuition d’une nécessité de l’écriture, et à 40, de manière inattendue et inespérée, son premier manuscrit publié : ce sera un recueil de douze nouvelles, Redwood ; un court instant, la tentation du roman se présente ; mais c’est la poésie, de façon absolue et sans doute définitive, qui lui apparaît comme une évidence, même si elle se vend peu, même si les éditeurs sont prompts à ne prendre aucun risque pour une forme qui hélas rencontre trop peu d’élus.


« Dans chacun de mes poèmes, il y a un bout d’histoire »

  • Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre ?

Emmanuel Merle écrit vite : entre 3 à 6 mois pour un recueil de poésie. Il a insisté sur le travail : «  on n’a pas toujours envie d’écrire mais tu écris quand même ! » : plus que le roman sans aucun doute, la poésie exige de l’exercice, du labeur pour trouver le mot qui accueillera la forme juste. « Dans chacun de mes poèmes, il y a un bout d’histoire » dit-il, mais une histoire qui s’écrit avec des mots qui en appellent d’autres… et qui retrouvent la filiation des poètes admirés : Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Jim Harrisson…

« On peut entendre, sans forcément comprendre »

  • Pour les deux prochaines rencontres du mois de mai, Emmanuel Merle a proposé aux collégiens de créer un livre d’artiste, appelé encore livre pauvre qui mêlera l’originalité d’un texte à la fantaisie d’un dessin et d’une forme. Une manière créative d’entrer dans l’univers de la poésie.

Emmanuel Merle présente aux 3e 2 quelques exemplaires de livres d’artistes.


 

  • L’écrivain a clos cette première rencontre par la lecture de quelques poèmes, extraits de son recueil Un Homme à la mer.

A l’heure du conte avec les sixièmes

mars 24, 2015 dans 6ème, Arts, Français

Le mardi 17 mars, l’Espace 600 accueillait  la 6e1 de Mme Huard et les 6e2 et 6e3 de M. Ouerhani pour une heure consacrée à la lecture et à l’écoute de contes écrits par les élèves eux-mêmes.

 Cette prestation des élèves sur scène a été l’aboutissement d’un long travail d’écriture et de recherche élaboré en classe : étude de la structure narrative du conte, écriture individuelle d’un conte puis choix collectif d’une histoire pour chaque groupe d’élèves pour une mise en voix expressive et généreuse.

Sur scène,  les élèves se sont lancés sans trac apparent et ont su communiquer leur joie de dire devant leurs camarades et le public des parents.

 Puis, c’est le duo des Tontons conteurs qui a pris la relève : accompagnés par des instruments de musique traditionnelle africaine – derbouka, djembé –  et une guitare, ils ont dit, improvisé et chanté des histoires tirées des contes oraux du Maghreb.

 Deux heures d’histoires et de musique : l’atelier conte des sixièmes a tenu toutes ses promesses !

 Prochaine étape : les jeunes conteurs transcriront leurs contes sur les tablettes, pour permettre une diffusion plus large de leurs récits ;  les lecteurs  auront ainsi le plaisir  d’écouter  la voix des auteurs.

19e Festival international de poésie « Sur la guerre et la paix »

décembre 8, 2014 dans 3ème, Arts, CDI, Français


 


 Le 28 novembre dernier, les 3ème3 ont participé au 19ème Festival international de poésie, organisé par la Maison de la poésie Rhône-Alpes. Cette journée poétique s’est déroulée à l’Heure bleue qui pour l’occasion accueillait collégiens, poètes, musiciens et comédiens pour créer, recueillir et mettre en voix « le silence possible des mots ».

 Le monde est un partage

 C’est sous la conduite du poète congolais Gabriel Okoundji que les 3ème3 se sont essayés à l’écriture poétique.

 Gabriel Okoundji, né en 1962 au Congo-Brazzaville, a publié une quinzaine de recueils et a remporté de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le Prix Léopold Sédar Senghor de poésie en  2014 pour Chants de la graine semée. Il est aussi psychologue clinicien à l’ hôpital et enseigne la psychologie à l’université  de Bordeaux. C’est l’une des grandes figures de la poésie contemporaine d’expression française.


 

         Gabriel Okoundji

Gabriel Okoundji

 


 Sur le chemin du poème

 Il a proposé d’ouvrir l’atelier d’écriture du matin par une ronde où chacun devait se présenter. Les élèves se sont montrés encombrés, gênés par une parole qui s’échappait et refusait de choisir quelques mots pour dire leurs centres d’intérêts, leurs préférences culturelles…

 Gabriel Okoundji a parlé alors de l’écriture et rappelé l’image obsessionnelle et fondamentale qui préside à l’écriture de ses poèmes : celle de l’arbre et de ses racines, reflet de « son histoire à soi, la seule richesse que l’on a » a-t-il dit.

 Les élèves ont alors jeté sur le papier des mots en lien avec ce thème et la notion d’identité pour accomplir avec le poète un tissage collaboratif. Mots envoyés et dispersés, puis repris pour éliminer ce qui est en trop et ne laisser que l’effet indicible de la poésie. Cet échange a donné naissance au poème Origines :


     Origines

Nos origines commencent avec le big bang suivi d’Adam, Eve, Mohamed, Moïse et Jésus

Nos origines sont la fière richesse de notre terre

Nos origines, toutes différentes, transmises par nos ancêtres

Nos origines nous collent à la peau et fondent le mariage de nos gênes

Nos origines nous révèlent nos traditions et notre culture

Nos origines ont éclos de la terre et retourneront à la terre

Nos origines nous glorifient, ne les renions pas

Nos origines sont notre passé, notre présent et notre avenir

Nos origines se termineront un jour et ce sera la fin du monde


 Dire le poème

 L’après-midi une scène ouverte était organisée où les collégiens accompagnés du trio musical « Cheval des 3 » ont dit les mots, nés le matin.

 La comédienne Claire Terral a aidé les 3ème3 à mettre en voix et en scène leur poème. Une expérience collective qui a permis de dépasser l’appréhension individuelle de dire devant le public.


 


 

 

 

Emmanuel Merle et la poésie contre l’indifférence du monde

avril 24, 2014 dans 3ème, CDI, Français

« Ecrire une poésie nécessite de descendre plus profondément en soi. »

La Chance

Le 28 mars dernier, les élèves de 3ème 1 rencontraient pour la première fois l’écrivain Emmanuel Merle, « parrain » 2014  de l’opération littéraire  A l’école des écrivains. Des mots partagés ou plus précisément, Emmanuel Merle le poète, car la poésie est la forme privilégiée de sa parole.

« Pourquoi le choix d’écrire ? » a demandé Takieddine. « J’ai toujours aimé les livres et la littérature. La littérature m’a aidé à supporter des moments difficiles. Ecrire, c’est être moins en retrait de l’existence ; ma vie est plus  pleine, plus lucide », a répondu l’écrivain.

Le  poète a parlé simplement de l’écriture et du travail qu’elle implique, des auteurs qu’il admire et qui l’ont aidé à écrire : Jim Harrison à « l’écriture pleine de nature, de vie, de couleurs », Philippe Djian dont le style original et vivant a provoqué l’envie d’écrire ou encore le poète Yves Bonnefoy qui « a profondément modifié [sa] façon de voir le monde »…

Il a aussi rappelé la joie et la peur entremêlées quand il apprend que les éditions Gallimard décide de publier son premier manuscrit ; mais aussi ses doutes, son questionnement en légitimité face au vertige de la confrontation avec les « Grands » de la littérature. « Pourquoi j’aurais le droit d’écrire ? », s’est-il longtemps demandé.

« La poésie, c’est la parole première »

Emmanuel Merle a évoqué son parcours de vie et son parcours en littérature, riche et tardif.

Il est né à La Mure en 1956. Son père, mineur, quitte l’école à 10 ans ; lui, le fils, est professeur agrégé de lettres depuis 33 ans et l’écriture fait partie intégrante de sa vie depuis une dizaine d’années. En 2004, Gallimard publie son premier livre, un recueil de 12 nouvelles, Redwood. « Le jour où l’on est publié, on a l’impression de sortir du tunnel » dit-il.

Redwood

Comment vient l’écriture ? « Je ne sais jamais ce que je vais écrire avant de l’écrire. Ce que je sais, c’est que tous les jours, je me mets devant l’ordinateur et j’attends que ça vienne. Quand tu es écrivain, tu es tout seul » souligne-t-il.

« Les baleines sont des morceaux de la lune gibbeuse tombés dans la mer… »

Emmanuel Merle a terminé cette première rencontre avec les 3ème1 par la lecture de quelques poèmes tirés de son recueil Un Homme à la mer, publié en 2007.

Il y évoque la disparition extraordinaire et inattendue de son père en 2003 : celui-ci meurt au sommet d’une montagne, le regard jeté au loin comme un défi  incroyable à la Nature ou un appel indicible au néant :

                     « Je connais un homme qui s’est risqué

                       Au soleil et au regard de la montagne.

                        Il a disparu.

                        Happé.

                        Quand l’univers est un oeil, vous mourez. »

Grâce à la poésie, Emmanuel Merle continue la conversation interrompue avec le père, avec la Nature pour médiatrice. La figure paternelle surprend sous les traits d’une baleine qui apparaît et disparaît, insaisissable, solitaire et mélancolique : « A quoi pensais-tu ? Où étais-tu ? »

Pour répondre aux rendez-vous manqués avec le père, le poète fixe les mots qui disent ce qui n’a pas été dit et traque le père disparu. Les mots cherchent à calmer la douleur en même temps qu’ils appellent la certitude : « Pas de doute. Tu m’as aimé ».

 

Printemps du livre 2014

avril 7, 2014 dans 5ème, 6ème, Arts, CDI, Français

 

Les 6e2 et 5e1 participeront à la 12ème édition du  Printemps du livre de Grenoble qui se tiendra du 09 au 13 avril prochain. Cette nouvelle édition s’intitule « Seul et ensemble » et réunira une cinquantaine d’auteurs et illustrateurs qui s’interrogent sur les relations à l’autre et les liens complexes qui  nous unissent ou nous éloignent les uns des autres.

C’est la bibliothèque de l’Arlequin qui accueillera auteurs et  élèves : le jeudi 10 avril à 10h30, les 6e2 rencontreront l’auteur et illustrateur Gilles Bachelet pour ses deux albums,  Madame le lapin blanc et Mon chat le plus bête du monde ; quant aux 5e1, le vendredi 11 avril à 11h00, ils auront le plaisir de découvrir l’univers de Martin Page avec notamment Le Zoo des légumes et d’autres romans qui circulent dans la classe depuis plusieurs semaines.

 

 

 

Avant « S’embrasent », avec les comédiens du Théâtre Bluff

février 19, 2014 dans 4ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

 

Talia Hallmona et maxime Desjardins, comédiens du Théâtre Bluff.

Talia Hallmona et maxime Desjardins, comédiens du Théâtre Bluff.

°        Mardi 18 février, deux comédiens de la troupe du Théâtre Bluff, Talia Hallmona et Maxime Desjardins, sont venus au collège rencontrer les élèves de 4e 2 pour leur présenter le spectacle « S’embrasent » écrit par Luc Tartar, mis en scène par Eric Jean et qui se jouera sur  la scène de l’Espace 600 le mercredi 19 février.

°        Le Théâtre Bluff tourne depuis plusieurs années en France avec cette pièce. Ses comédiens ont à cette occasion rencontré près de 6000 adolescents et ont  porté jusqu’à eux les mots brûlants et dérangeants de Luc Tartar.

°           Deux questions directes des élèves ont ouvert la rencontre : « pourquoi vouloir être comédien ? Est-ce que vous gagnez de l’argent avec votre métier ? ». « Etre comédien pour raconter des histoires et rencontrer des gens » a répondu Talia ; quant au statut de comédien, Maxime nous a appris qu’il n’existe pas de statut d’ « intermittent du spectacle » au Québec ; comédien s’avère donc une activité plutôt  risquée dans son pays.

°        Les deux Québecquois ont d’abord cherché à connaître le ressenti des élèves : qu’est-ce qui les a marqués  à  la lecture du texte ? « Beaucoup de gros mots » a répondu spontanément Mohamed. Où se situe pour vous la modernité de la pièce ? Les élèves ont mis en avant l’interculturalité des personnages, un Roméo et Juliette d’aujourd’hui qui s’appellent Jonathan et Latifa ; ils ont aussi souligné la nouveauté  du langage amoureux, fondée sur la crudité, qui tente à sa manière de désamorcer le malaise du désir et la brutalité du coup de foudre.

°        Talia et Maxime ont ensuite essayé de faire imaginer aux élèves la pièce qu’ils verront  le lendemain, en pointant quelques difficultés formelles :

-   comment concentrer 17 pages de texte en 50 minutes de jeu sur scène ?

-  quelle théâtralité possible pour une mise en scène suggestive et symbolique : quel décor, quelle lumière, quels costumes et accessoires…?

°           Enfin, quatre ateliers-jeux ont clos la rencontre avec les comédiens :

-  l’écriture automatique qui a permis de renouer avec la genèse de « S’embrasent » : des mots jetés à la volée et qui font surgir spontanément des nuées de mots dans la bouche des adolescents et sous les doigts de l’écrivain.

-  « jouer en choeur » : un  exercice qui a permis de comprendre comment les comédiens jouent ensemble sur scène.

à plusieurs voix : faire lire aux élèves un extrait de la pièce, sans préparation aucune, comme le font les comédiens qui découvrent un texte pour la première fois ;  dire et  faire entendre le texte de façon brute pour commencer à l‘apprivoiser…

-  l’improvisation : 4 groupes de 5 élèves qui chacun à son tour,  improvise une scène. La justesse et l’expressivité doivent faire deviner au public le sujet de la scène (sujets à deviner ici : sanguin, sanglote, s’enferme).

Talia et Maxime ont donné d’infimes indices sur ce qui va se passer sur scène le 19 février : ils seront 5 à jouer pendant 50 minutes pour raconter 17 pages de texte.

Rendez-vous à l’Espace 600 pour la surprise !

Les 4ème2 s'essayent à l'improvisation.

Les 4ème2 s’essayent à l’improvisation.

 

Une collection de mots qui rappelle la genèse de "S'embrasent".

Une collection de mots qui rappelle la genèse de « S’embrasent ».

Pour en savoir plus sur Luc Tartar et le Théâtre Bluff :

www.luc-tartar.net

http://www.bluff.qc.ca

Luc Tartar ou les fragments d’un nouveau discours amoureux

décembre 10, 2013 dans 4ème, CDI, Français, Théâtre

 

 

 

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 « L’amoureux ne cesse [… ] de courir dans sa tête » : Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux -

 

  Le 19 février prochain, la classe de 4ème2 assistera à la représentation de la pièce « S’embrasent » écrite en 2005 par l’écrivain et comédien Luc Tartar.

  •  Le jeudi 05 décembre, l’auteur est venu au collège rencontrer les élèves pour parler de son texte. Un texte qui s’adresse d’abord aux adolescents, mais un texte dérangeant par la crudité des mots qu’il recèle, dérangeant par la réalité psychologique qu’il dévoile : le désir amoureux fragilise, questionne, bouleverse…rend fou.

« Dans le champ amoureux, les blessures les plus vives viennent davantage de ce que l’on voit que de ce que l’on sait » Roland Barthes

 

S'embrasent

  •  Le baiser de Jonathan et Latifa qui ouvre la pièce suscite le délire verbal, les  bouffées de langage des différents personnages, englués dans l’incompréhension, la jalousie, l’agressivité, leur exclusion à cette scène dramatique d’ouverture ; ce baiser pose les bases d’un discours amoureux qui balance entre tension poétique et crudité provocatrice.

 Pour écrire sa pièce, Luc Tartar s’est interrogé : comment les adolescents d’aujourd’hui parlent-ils d’amour ? Il a cherché à retranscrire le plus fidèlement possible les mots, les écrits que lui ont donnés les adolescents avec lesquels il a travaillé.

  •  Les élèves de 4ème2 ont confié le trouble provoqué chez eux par la lecture de la pièce (leur professeur de lettres Mme Pellecuer a d’ailleurs souligné que des adolescentes n’ont pu aller au bout de la lecture tellement elles avaient été choquées) : on ne sait pas qui parle car il n’y a pas de personnages clairement  définis ; pourquoi avoir fait le choix de ce monologue, de cette voix unique qui brouille les pistes ? Pourquoi employez-vous des mots crus, un langage aussi direct ?

 Luc Tartar a répondu que l’absence de personnages clairement définis était une volonté de sa part de laisser toute liberté aux comédiens d’investir  comme ils le souhaitaient les personnages de la pièce ; quant à la crudité du langage, elle est pour lui une évidence car c’est comme cela qu’on se parle aujourd’hui.

  •  Au tour de l’écrivain de questionner les élèves : est-ce important que les adolescents entendent parler de sexualité ? Est-ce bien que les parents en parlent avec leurs enfants ?

 Des réactions ont révélé le caractère défensif de certains élèves : si on entend parler de sexualité, ça donne envie de passer à l’acte ; on est trop jeune pour être amoureux ! Ca ne se fait pas de parler de ça avec ses parents et que diront-ils  s’ils nous voient lire ce texte ?

Luc Tartar a alors répondu à ces clichés qui remplissent de nombreuses têtes, en soulignant la dimension éducatrice de sa pièce : « la sexualité, ça s’apprend ; aimer, ça s’apprend ;  respecter quelqu’un, ça s’apprend ».

 Le 19 février prochain à l’Espace 600, ce sont les comédiens québécois du Théâtre Bluff qui joueront «S’embrasent».

 Vivement que les mots et les images de Luc Tartar s’incarnent enfin sur scène !

 

Pour en savoir plus sur Luc Tartar : http://www.luc-tartar.net

 

 

 

Patrick Raynal ou la leçon d’écriture

juin 6, 2013 dans 3ème, CDI, Français

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Le lundi 13 mai, les élèves de 3e2 rencontraient pour la troisième fois l’écrivain Patrick Raynal, « parrain » de l’opération littéraire « A l’école des écrivains. Des mots partagés ».

Les collégiens sont venus avec leurs textes, plus précisément des nouvelles, qu’ils devaient écrire à la manière de Jack London dans Construire un feu. Pour écrire ce texte, ils devaient respecter les consignes suivantes : un récit à la 3ème personne qui mette en valeur le point de vue interne du personnage, l’utilisation de l’analepse, c’est-à-dire le retour en arrière, et comme il se doit, pour clore la nouvelle, une chute appuyée.

Plusieurs élèves ont lu leurs textes à voix haute, ou en ont chargé Patrick Raynal et le professeur de français, Mme Brunet. Toutes les nouvelles ont suscité des commentaires de l’écrivain. Elles portaient aussi bien sur l’organisation du récit que sur le style ou les idées… Il en a profité pour énoncer quelques principes majeurs pour réussir l’écriture d’une nouvelle : « dire les choses directement pour mieux rester dans son histoire », « couper les mots qui ralentissent l’action »,  « le style narratif doit être tendu »

L’écrivain a aussi félicité certains élèves :  il a remarqué « l’écriture précise, fluide et élégante » d’ Assia, l’histoire pleine de sensibilité écrite par Sirine, la maturité et la beauté du texte de Fatiha, qui a réussi à s’éloigner de la facilité et des clichés…

Le 8 avril, Patrick Raynal avait commenté la nouvelle de Jack London, Construire un feu. La finesse et la justesse de ses observations avaient éclairé de façon magistrale les ressorts de l’histoire et la psychologie du protagoniste.  « Quand on a quelque chose à raconter, on trouve les mots pour le raconter » a-t-il déclaré ! Cette phrase a sonné pour nos élèves comme un encouragement à l’écriture et à l’expression de soi.

Rencontrer Patrick Raynal est un privilège. Il sait nous faire partager, par sa présence et son charisme, sa passion pour l’écriture.

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