Une autre histoire du Petit Chaperon rouge

mai 9, 2017 dans 6ème, CDI, Français

Le 06 avril dernier, les élèves de 6e4 ont tenu à accueillir au collège Gustave Akakpo, invité du Printemps du livre de Grenoble, par la lecture de la première scène de sa pièce, La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge, dernier texte publié de l’auteur.

Les collégiens sont parvenus à dominer leur émotion ; Gustave Akakpo les a rassurés : lui-même comédien, il sait le ventre qui se rétracte quand on lit et joue pour la première fois devant un public et l’auteur lui-même !


Comment je suis devenu écrivain…


Gustave Akakpo a raconté comment il est devenu écrivain : enfant, le plaisir de lire des bandes dessinées, des albums, des romans photos, des contes, tout en se nourrissant des histoires racontées par sa grand-mère, ou celles inventées entre cousins ont nourri son envie d’écrire des histoiresUne fois les albums et les bandes dessinées dévorés, il découpait sur le fauteuil du salon les images, comme pour mieux s’approprier l’histoire et rendre encore plus vivants les personnages de papier. Cette manie du découpage le conduit tout naturellement au dessin.

Etre écrivain, ce fut aussi pour Gustave Akakpo, s’inventer un ami imaginaire, alors qu’enfant, la timidité et le bégaiement l’empêchaient de dire et de se confier…


Comment est née La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge ?


L’écrivain est revenu sur la genèse de la pièce : «  je travaillais dans un théâtre quand on m’a demandé d’écrire une histoire ». L’auteur raconte qu’il n’aimait pas, dans la version du Petit Chaperon rouge de Perrault, le personnage cruel du loup, alors que lui, aime les loups, ainsi que la morale qui transparaît à travers l’histoire : « si vous déviez du droit chemin, attendez-vous à connaître quelques problèmes ! ». L’écriture de la pièce lui a demandé quatre mois de travail, une façon pour lui de « raconter et interroger le monde dans lequel nous vivons ».

La rencontre avec le dramaturge a permis d’éclairer certains passages de la pièce, qui ont questionné les élèves : l’ambivalence du loup tantôt protecteur tantôt inquiétant ; l’identité du Petit Chaperon rouge : est-elle une ogresse ? la symbolique de l’habit de fer qui enserre la fillette ; la fin ouverte de la pièce, alors que les contes en général se terminent bien ou mal ; la vision sombre du monde où des parents pingres et égoïstes abandonnent leur fille à la grand-mère, tout entier préoccupés de faire tourner leur petite entreprise commerciale lucrative… Gustave Akakpo a aussi souligné les préoccupations écologiques qui affleurent dans le texte…

La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge n’a pas encore été représentée sur scène. La rencontre avec Gustave Akakpo et les éclairages qu’il a apportés ont permis d’imaginer ce qu’elle pourrait être : un questionnement sur le monde que nous voulons laisser en héritage.

Le monde singulier de Martin Page

avril 21, 2014 dans 5ème, CDI, Français

 

 

 

 

 

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« C’est assez étonnant d’être sous le regard des autres ! »

C’est un dispositif journalistique qui attendait Martin Page à la bibliothèque de l’Arlequin, ce vendredi 11 avril 2014 : une caméra, un micro, deux interviewers, Sofia et Kevin, et un public prêt à prendre le relais des jeunes journalistes.

Avant de l’accueillir, les élèves de 5ème1 ont réalisé une enquête assez poussée sur le romancier, grâce à la consultation de nombreux sites qui lui sont consacrés et la lecture de ses romans jeunesse. Face à ce dispositif, Martin Page a déclaré plutôt « inquiétant » et « déroutant » que l’on puisse autant s’intéresser à lui ! On écrit et on dit tant de choses sur le net !

« On écrit ce qu’on est. »

Les premières  questions ont porté sur ses origines familiales et la façon dont lui viennent ses idées de romans.  Ainsi, il nous a appris qu’il est d’origine bretonne et que Martin Page est bien son vrai nom ; il vit à Nantes mais ne désespère pas un jour de devenir un immigré et partir s’installer en Suède, qui sait, un pays qu’il admire car plus équilibré, plus égalitaire, plus féministe que la France et où l’éducation semble bien plus à l’avant-garde que chez nous. Ses droits d’auteur lui permettent de vivre correctement ; ses livres sont traduits en anglais, en arabe, en chinois, en turc… et dans bien d’autres langues encore. Enfin, sa grande richesse, il aime à le dire, est le temps qu’il a pour écrire.

Adolescent, il écrit des poèmes et tient un journal intime. En 2001, à l’âge de 25 ans, il parvient à publier son premier roman, Comment je suis devenu stupide.Comment-je-suis-devenu-stupide

Il puise ses idées de romans dans sa prore vie, dans son histoire familiale, celle de ses amis… Les idées, a-t-il ajouté, viennent aussi des obsessions, des révoltes que l’on porte en soi, des idées folles… D’ailleurs, ces idées folles, avec le temps, elles se bousculent de plus en plus dans sa tête et ne cessent de déborder un imaginaire déjà largement à l’oeuvre quand il était enfant. Ainsi, il peut raconter le plus naturellement du monde la conversation d’un enfant avec  son gâteau d’anniversaire dans Conversation avec un gâteau au chocolat ou bien inventer dans Le Zoo des légumes, une généalogie inattendue : les légumes seraient d’anciens mammifères !

Martin Page a commencé par la littérature et il est passé à la littérature jeunesse, naviguant aujourd’hui de l’une à l’autre. Qu’est-ce qui a motivé ce cheminement quand on pense communément, et sans doute à tort, que le désir secret de tout romancier  de littérature jeunesse est de passer de l’autre côté, c’est-à-dire à la littérature, celle qui s’adresse à un public adulte ?

Il raconte qu’en fait c’est une forme de censure et d’hypocrisie qui ont été les moteurs de cette entrée en littérature jeunesse : une nouvelle, commandée par le magazine littéraire pour adolescents Je bouquine, lui a été finalement refusée, car elle ne correspondait pas aux critères habituels du livre jeunesse : Martin Page y dépeignait un univers sombre dans lequel il était question de maltraitance, de mort et de culpabilité… Cette nouvelle, remaniée, deviendra plus tard Le Garçon de toutes les couleurs, publié à l’Ecole des loisirs, en 2007.

Aux questions « aimez-vous lire  et quel lecteur êtes-vous ? », Martin Page a répondu :  » je lis de tout. Je lis plein de livres en même temps : une quarantaine. J’ai une manière très bordélique de lire. Je ne suis pas patient. »

Ses projets d’écriture ? Il publie aux éditions du Seuil le 02 mai prochain Manuel d’écriture et de survie, « un livre sur la réalité des écrivains d’aujourd’hui »,  c’est à dire leurs rapports avec les éditeurs, avec les autres écrivains, les questions d’argent qui parfois les assaillent… ; il écrit aussi des sketches pour un humoriste ou encore des textes qui passeront sur la radio le Mouv’ ; enfin il participera à l’écriture d’un scénario dont le film sortira en 2015.

« Il ne faut pas être raisonnable ! »

Grâce au Printemps du livre, les élèves de 5ème1 ont pu découvrir l’univers singulier de Martin Page : ses personnages évoluent le plus souvent dans un monde hostile, où règnent la mélancolie, la tristesse, où les relations parents-enfants sont empreintes de rudesse et de tension, comme dans Plus tard, je serai moi ; mais ses personnages, mus par la volonté de réagir et de résister, cherchent une issue libératrice  à leurs maux et à leur trop plein de lucidité.

« Il faut être obstiné, combattif ; on est souvent confronté à des gens qui vont vous décourager. » C’est ce principe de persévérance et de confiance indéfectible en soi qu’il s’est appliqué  quand ses premiers manuscrits ont été refusés par plusieurs éditeurs.

L’univers romanesque de Martin Page donne à voir des personnages souvent en rupture, sur le point de basculer… mais la noirceur est à la fin contrebalancée par un souffle de résistance et de vie, pareil à celui que l’écrivain a laissé transparaître ce vendredi 11 avril.

Pour en savoir plus sur Martin Page : http://www.martin-page.fr

Printemps du livre 2014

avril 7, 2014 dans 5ème, 6ème, Arts, CDI, Français

 

Les 6e2 et 5e1 participeront à la 12ème édition du  Printemps du livre de Grenoble qui se tiendra du 09 au 13 avril prochain. Cette nouvelle édition s’intitule « Seul et ensemble » et réunira une cinquantaine d’auteurs et illustrateurs qui s’interrogent sur les relations à l’autre et les liens complexes qui  nous unissent ou nous éloignent les uns des autres.

C’est la bibliothèque de l’Arlequin qui accueillera auteurs et  élèves : le jeudi 10 avril à 10h30, les 6e2 rencontreront l’auteur et illustrateur Gilles Bachelet pour ses deux albums,  Madame le lapin blanc et Mon chat le plus bête du monde ; quant aux 5e1, le vendredi 11 avril à 11h00, ils auront le plaisir de découvrir l’univers de Martin Page avec notamment Le Zoo des légumes et d’autres romans qui circulent dans la classe depuis plusieurs semaines.

 

 

 

Luc Tartar ou les fragments d’un nouveau discours amoureux

décembre 10, 2013 dans 4ème, CDI, Français, Théâtre

 

 

 

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 « L’amoureux ne cesse [… ] de courir dans sa tête » : Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux -

 

  Le 19 février prochain, la classe de 4ème2 assistera à la représentation de la pièce « S’embrasent » écrite en 2005 par l’écrivain et comédien Luc Tartar.

  •  Le jeudi 05 décembre, l’auteur est venu au collège rencontrer les élèves pour parler de son texte. Un texte qui s’adresse d’abord aux adolescents, mais un texte dérangeant par la crudité des mots qu’il recèle, dérangeant par la réalité psychologique qu’il dévoile : le désir amoureux fragilise, questionne, bouleverse…rend fou.

« Dans le champ amoureux, les blessures les plus vives viennent davantage de ce que l’on voit que de ce que l’on sait » Roland Barthes

 

S'embrasent

  •  Le baiser de Jonathan et Latifa qui ouvre la pièce suscite le délire verbal, les  bouffées de langage des différents personnages, englués dans l’incompréhension, la jalousie, l’agressivité, leur exclusion à cette scène dramatique d’ouverture ; ce baiser pose les bases d’un discours amoureux qui balance entre tension poétique et crudité provocatrice.

 Pour écrire sa pièce, Luc Tartar s’est interrogé : comment les adolescents d’aujourd’hui parlent-ils d’amour ? Il a cherché à retranscrire le plus fidèlement possible les mots, les écrits que lui ont donnés les adolescents avec lesquels il a travaillé.

  •  Les élèves de 4ème2 ont confié le trouble provoqué chez eux par la lecture de la pièce (leur professeur de lettres Mme Pellecuer a d’ailleurs souligné que des adolescentes n’ont pu aller au bout de la lecture tellement elles avaient été choquées) : on ne sait pas qui parle car il n’y a pas de personnages clairement  définis ; pourquoi avoir fait le choix de ce monologue, de cette voix unique qui brouille les pistes ? Pourquoi employez-vous des mots crus, un langage aussi direct ?

 Luc Tartar a répondu que l’absence de personnages clairement définis était une volonté de sa part de laisser toute liberté aux comédiens d’investir  comme ils le souhaitaient les personnages de la pièce ; quant à la crudité du langage, elle est pour lui une évidence car c’est comme cela qu’on se parle aujourd’hui.

  •  Au tour de l’écrivain de questionner les élèves : est-ce important que les adolescents entendent parler de sexualité ? Est-ce bien que les parents en parlent avec leurs enfants ?

 Des réactions ont révélé le caractère défensif de certains élèves : si on entend parler de sexualité, ça donne envie de passer à l’acte ; on est trop jeune pour être amoureux ! Ca ne se fait pas de parler de ça avec ses parents et que diront-ils  s’ils nous voient lire ce texte ?

Luc Tartar a alors répondu à ces clichés qui remplissent de nombreuses têtes, en soulignant la dimension éducatrice de sa pièce : « la sexualité, ça s’apprend ; aimer, ça s’apprend ;  respecter quelqu’un, ça s’apprend ».

 Le 19 février prochain à l’Espace 600, ce sont les comédiens québécois du Théâtre Bluff qui joueront «S’embrasent».

 Vivement que les mots et les images de Luc Tartar s’incarnent enfin sur scène !

 

Pour en savoir plus sur Luc Tartar : http://www.luc-tartar.net

 

 

 

28 mai 2013 : remise du Prix Frissons du Vercors

juin 6, 2013 dans 3ème, 4ème, CDI, Français, Non classé, Sorties - Voyages, Théâtre

Décollage immédiat 

 

 

C’était un mardi, il faisait un peu gris mais pour  les élèves de 4ème et le groupe théâtre  du collège, il s’agissait d’une journée particulière ! Nous étions attendus au collège Louis Lumière, à Echirolles pour l’attribution du quinzième Prix Frissons du Vercors, couronnement de mois de lectures et d’échanges autour de six romans sélectionnés par les bibliothécaires, les professeurs documentalistes et les professeurs de lettres provenant  de sept collèges de l’Isère et de la Drôme.

Après un petit trajet en tramway, nous avons été accueillis par des élèves de Louis Lumière. Ils nous ont conduits dans la salle où se trouvaient déjà les élèves du collège Raymond Guelen, de Pont en Royans. Des équipes constituées autour de chacun des titres lus devaient répondre aux trente questions portant sur l’ensemble de la sélection (5 par livre). L’équipe formée par les deux classes réunies devait se doter d’un nom : la Team Pontaubrac est née !  les collégiens ont répondu avec précision et bonne humeur aux demandes et ont obtenu un score de 26,5/30.

Après le pique-nique dans la cour de l’établissement, le groupe théâtre du collège Lucie Aubrac  a donné une représentation : La Jeune fille, le moulin et le diable, adaptée d’une pièce d’Olivier Py. Les treize comédiens en herbe, dirigés par Madame Brunet et Madame Boyat ont montré une nouvelle fois leur talent.

Puis le théâtre a laissé la place aux lecteurs. Les meilleurs d’entre eux ont été récompensés : Safiatou Bah et Ayoub Belhadri ont ainsi reçu en récompense le dernier roman d’Harlan Coben, A découvert. Et la Team Pontaubrac a remporté le défi lecture !

Enfin, Madame Tempier, professeur documentaliste du collège Louis Lumière, a annoncé le Palmarès : Nature extrême, de Yves-Marie Clément a obtenu la troisième place, La Nuit de la 25ème heure de Edward Hogan, la seconde …et c’est Décollage Immédiat de Fabien Clavel qui est arrivé en tête ! L’auteur du roman primé n’a pas pu être présent mais il  a écrit à  ses lecteurs pour leur exprimer son émotion et les remercier.

Cette rencontre a démontré, une fois de plus, que le livre peut encourager les liens entre des adolescents venus d’horizons différents. Alors, rendez-vous dans un an pour de nouvelles aventures littéraires et humaines !

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