Melouka Fara, du chant lyrique à la pop musique

janvier 31, 2020 dans 4ème, Arts, Enseignements, Français

 

Melouka Fara

 

  •  La chanteuse Melouka Fara a rencontré au collège les élèves de 4ème de Mme Bensimon, professeure de lettres, pour leur parler de son parcours artistique et de son métier de chanteuse.

  • Après quelques années passées au Conservatoire d’art dramatique et de musique à Paris, elle fait le choix du jazz et du blues ; elle s’approprie aussi la culture familiale en chantant en arabe – langue qu’elle ne parle pas – des chansons de la libanaise Fairuz ou encore met en musique des textes de la poétesse syrienne Mara al-Masri…

  • Elle raconte avoir travaillé avec des rappeurs, chanté en azéri, joué du rock… Bref, la musique est vraiment le territoire de tous les possibles pour Melouka Fara.

  • Les mélopées orientales ou le blues accueillent à merveille ses thèmes de prédilection : l’exil et le métissage des cultures…

  • Sa plus grande satisfaction : transmettre aux jeunes son goût pour la musique et surtout inciter les adolescents à s’exprimer sans détour par la poésie des mots et les vibrations de la voix.

 

 

« 100 000 entrepreneurs » au collège

juin 7, 2017 dans 4ème, Citoyenneté, Français, Parcours avenir

Dans le cadre de leur Parcours avenir, et grâce à l’association « 100 000 entrepreneurs » qui ambitionne de transmettre l’esprit d’entreprendre aux 13-25 ans, les élèves de 4ème3, ont pu écouter le témoignage de Jean-Luc Apprieux durant deux heures, le mercredi 31 mai 2017.

M. Apprieux a su se montrer proche des élèves et son discours les a touchés. Il est revenu sur son parcours professionnel atypique. Après avoir arrêté le collège à l’âge de 14 ans, il s’est questionné sur son avenir à l’aide d’un conseiller d’orientation.

Passionné par le bois, il s’est finalement engagé dans un CAP menuiserie. À force de détermination, il a gravi tous les échelons dans la première entreprise qui l’a engagé, avant de créer sa propre entreprise de menuiserie. Quelques années plus tard, il a fondé le groupe Hold-JLA, une société de holding qui détient six autres sociétés, et qu’il co-dirige encore aujourd’hui.

Il a insisté auprès des élèves sur l’importance du travail et sur l’ambition : il faut travailler pour se donner les moyens de réussir. Il a aussi exprimé quelques regrets concernant l’abandon très tôt de ses études : même si cela n’a en rien freiné sa réussite, il regrette aujourd’hui de ne pas bien maîtriser l’anglais et de devoir s’y remettre sur le tard – des compétences indispensables pour ce passionné d’aviation, qui aimerait pouvoir voler à l’international.

Une rencontre inspirante, qui a beaucoup intéressé les élèves de 4e3 !

Quelques témoignages et réactions  d’élèves à la suite de la rencontre :

Mamadou : « J’ai appris qu’on n’ obtient pas tout en un claquement de doigt. »

Maëva : « J’ai appris que pour aller rencontrer un patron, il fallait être bien habillé et qu’il fallait présenter un CV sans faute pour être reçu. »

Nassrine : « J’ai aimé sa vie et sa façon de nous faire réfléchir. »

Mehmet : « J’ai appris qu’il ne fallait jamais lâcher l’affaire. Je retiendrai qu’il faut travailler, travailler, travailler ».

Mohamed : « J’ai aimé sa manière de parler, il était sympa et il a rigolé avec nous. Il a été très courageux, toute sa vie, surtout quand il a cherché son premier emploi. »

Nawfel : « Ce que je retiendrai, c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras et tout le temps apprendre. »

Hakan : « J’ai aimé comment il a expliqué son aventure professionnelle du début jusqu’à aujourd’hui. Il m’a appris qu’il ne faut jamais lâcher quelque chose quand on a envie de le faire. »

Weroud : « M. Apprieux a une belle vie ; il la mérite : il a beaucoup travaillé ! ».

Ludivine : « J’ai aimé son interaction avec les élèves, sa façon d’expliquer, son engagement. J’ai appris qu’il ne faut pas abandonner, qu’on peut changer d’orientation sans problème et qu’il faut beaucoup travailler pour arriver à ses fins. »

Hatim :  « Je retiendrai que si on veut, on peut. »

Walid : « C’était une belle expérience ! »

Ryem : « J’ai appris que dans la vie il faut oser et que la seule manière de réussir, c’est de travailler ».

Murat : « Sa façon de parler m’a donné envie d’écouter. J’ai appris que même si on n’a pas le même parcours, à force de travailler, on peut obtenir le même résultat. »

Chantha : « Je retiendrai que pour atteindre son objectif, il faut beaucoup travailler. »

                                                         Mme Pellecuer, professeur de lettres

Une autre histoire du Petit Chaperon rouge

mai 9, 2017 dans 6ème, CDI, Français

Le 06 avril dernier, les élèves de 6e4 ont tenu à accueillir au collège Gustave Akakpo, invité du Printemps du livre de Grenoble, par la lecture de la première scène de sa pièce, La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge, dernier texte publié de l’auteur.

Les collégiens sont parvenus à dominer leur émotion ; Gustave Akakpo les a rassurés : lui-même comédien, il sait le ventre qui se rétracte quand on lit et joue pour la première fois devant un public et l’auteur lui-même !


Comment je suis devenu écrivain…


Gustave Akakpo a raconté comment il est devenu écrivain : enfant, le plaisir de lire des bandes dessinées, des albums, des romans photos, des contes, tout en se nourrissant des histoires racontées par sa grand-mère, ou celles inventées entre cousins ont nourri son envie d’écrire des histoiresUne fois les albums et les bandes dessinées dévorés, il découpait sur le fauteuil du salon les images, comme pour mieux s’approprier l’histoire et rendre encore plus vivants les personnages de papier. Cette manie du découpage le conduit tout naturellement au dessin.

Etre écrivain, ce fut aussi pour Gustave Akakpo, s’inventer un ami imaginaire, alors qu’enfant, la timidité et le bégaiement l’empêchaient de dire et de se confier…


Comment est née La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge ?


L’écrivain est revenu sur la genèse de la pièce : «  je travaillais dans un théâtre quand on m’a demandé d’écrire une histoire ». L’auteur raconte qu’il n’aimait pas, dans la version du Petit Chaperon rouge de Perrault, le personnage cruel du loup, alors que lui, aime les loups, ainsi que la morale qui transparaît à travers l’histoire : « si vous déviez du droit chemin, attendez-vous à connaître quelques problèmes ! ». L’écriture de la pièce lui a demandé quatre mois de travail, une façon pour lui de « raconter et interroger le monde dans lequel nous vivons ».

La rencontre avec le dramaturge a permis d’éclairer certains passages de la pièce, qui ont questionné les élèves : l’ambivalence du loup tantôt protecteur tantôt inquiétant ; l’identité du Petit Chaperon rouge : est-elle une ogresse ? la symbolique de l’habit de fer qui enserre la fillette ; la fin ouverte de la pièce, alors que les contes en général se terminent bien ou mal ; la vision sombre du monde où des parents pingres et égoïstes abandonnent leur fille à la grand-mère, tout entier préoccupés de faire tourner leur petite entreprise commerciale lucrative… Gustave Akakpo a aussi souligné les préoccupations écologiques qui affleurent dans le texte…

La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge n’a pas encore été représentée sur scène. La rencontre avec Gustave Akakpo et les éclairages qu’il a apportés ont permis d’imaginer ce qu’elle pourrait être : un questionnement sur le monde que nous voulons laisser en héritage.

« Là où il fait si clair en moi »

avril 9, 2017 dans 6ème, CDI, Enseignements, Français

Tanella Boni, écrivaine, poétesse, professeure de philosophie, fut l’un des nombreux invités du 19e Printemps des poètes qui avait pour thème Poètes d’Afrique<s> & d’ailleurs. Le 28 mars dernier, La Maison de la Poésie a organisé au collège une rencontre entre la poétesse et les élèves de 6e1 de M. Ouerhani.


« Mon père me racontait des histoires de France, pas de belles histoires… »

Elle a parlé de son enfance en Côte d’Ivoire, « un petit carré »  en Afrique, de son père, chasseur de gibier, qui fut l’un des nombreux tirailleurs à s’être battu sur la terre de France, pendant la seconde guerre mondiale. Quand elle était petite, ce père lui racontait des histoires de France, mais pas une histoire intellectuelle ou littéraire, non, une histoire de guerre, une histoire de soldats noirs devant lesquels les femmes françaises fuyaient quand ils arrivaient dans les villages…


« Moi, je ne parlais pas… »

Son dernier recueil poétique s’intitule Là où il fait si clair en moi (éditions Bruno Doucey, 2017). Elle a raconté aux 6e l’étrange connexion entre la poésie et le silence dans lequel elle s’était murée jusqu’à l’âge de dix ans.

« Moi, je ne parlais pas ; pas un mot ne sortait de ma bouche, ni à la maison, ni à l’école ; j’écoutais… ; entre dix et douze ans, ce qui m’a permis de sortir de ce silence, c’est quand j’ai commencé à écrire de la poésie ; je parlais des manguiers, des insectes, des fourmis… ».


« Je parle dans la langue de l’autre »

A la question « qu’est-ce qui fait que vous n’écrivez pas dans votre langue maternelle ? », Tanella Boni explique qu’en Côte d’Ivoire, il n’existe pas de littérature nationale ; en effet, la langue officielle demeure le français, tandis que des dizaines de langues ( le baoulé, le bété, le dioula…) sont parlées et coexistent, sans que ces langues portent une littérature nationale, et elle le déplore.

Nous avons pu écouter certaines de ses poésies mises en musique et chantées par des interprètes comme Gérard Pitiot ou Bernard Ascal ; des chansons inspirées de ses nombreux voyages en Colombie, au Sénégal, en Guadeloupe… et qui parlent de la vie, celle des ouvriers, des pêcheurs, des gens de peu qui survivent.

Les préoccupations de Tanella Boni aujourd’hui : la nature bafouée, le désert qui avance… Elle a ainsi écrit l’album Le Rêve du dromadaire pour sensibiliser les enfants à la sécheresse qui menace partout en Afrique et une biographie de Wangari Maathai, celle qui guérit la terre, prix Nobel de la Paix en 2004, pour rendre hommage à celle qui au Kenya a montré la voie du militantisme écologique en plantant des arbres.

Elle a rappelé sa filiation avec les grands poètes de la négritude, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire ; dans Là où il fait si clair en moi, Tanella Boni, en sept poèmes, parle de l’exil, de la mémoire de la Traite négrière, de la condition des femmes africaines et de « la langue de l’autre », devenue sienne.

 

Les mots sont mes armes préférées

Mots qui font la fête

Sur la parcelle où je veille

Au large de ma tête sentinelle

Qui déborde et déborde de joie

Submergée de silence

Au seuil des mots à venir

                           Là où il fait si clair en moi, éditions Bruno Doucey,2017

IN-croyable presse !

avril 7, 2017 dans 4ème, CDI, Citoyenneté, Education aux médias, Français, Histoire, Sorties - Voyages

 

Le 28 mars, les 4e4 ont visité à la bibliothèque Chavant, l’exposition conçue par la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de Grenoble, IN-croyable presse !

Cette visite guidée s’inscrit dans l’EPI Information Communication Citoyenneté et le prolongement de La 28e semaine de la presse au collège.


Les élèves ont participé à deux ateliers : le premier consistait en une visite guidée de l’exposition qui retrace les temps forts de la presse écrite en France, du 17e siècle à nos jours : le traitement de l’information, la censure, le scoop, le fait divers, la presse people, ses relations conflictuelles avec les pouvoirs politique, économique ou religieux … autant de sujets qui mettent en lumière les grands enjeux de la presse aujourd’hui, en pleine mutation numérique, confrontée à la défiance et la désinformation.

Tout en visitant l’exposition, les collégiens ont joué le jeu d’une équipe de rédaction ; leur défi : fabriquer la Une d’un journal, à partir de plusieurs informations proposées et différents points de vue possibles.

Le second atelier s’est tenu autour du visionnement de plusieurs vidéos, extraites du site de Francetveducation, consacrées à l’éducation des médias : c’est quoi une information ? qu’est-ce qu’une source ? les journalistes sont-ils objectifs ?…


Les élèves de 4ème ont quelques difficultés à toujours bien mesurer les enjeux de l’information dans la société actuelle. Cependant, l’exposition IN-croyable presse ! leur a permis, sur un mode ludique et interactif, de remonter le temps, et peut-être d’entrevoir à quoi ressemblera le journalisme de demain ?

C’est quoi la Via corda ? Les 4ème4 répondent à toutes vos questions !

avril 2, 2017 dans 4ème, Citoyenneté, Français, Sorties - Voyages


Après avoir pratiqué l’escalade à Saint-Egrève, et exploré le trou du Pic St-Michel, les 4ème4 ont parcouru, mardi 21 mars dernier, les falaises du fort de Comboire. Pour cette troisième sortie du projet « Jeunes en Montagne », la motivation et le soleil étaient au rendez-vous !


1) Est-il compliqué de se rendre à Comboire ?

Non, pas du tout ! On peut y aller en transport en commun. Il suffit d’aller jusqu’au Prisme (avec le bus C6 ou le tram C) puis de prendre le bus 21 jusqu’à l’arrêt Col de Comboire. Ensuite, on marche au bord d’une route puis sur un sentier, et on rejoint le pied des falaises en 15 petites minutes.

2) Où se situent les falaises de Comboire ?

Les falaises de Comboire se situent sur les contreforts du Vercors. Elles s’élèvent au-dessus du village de Claix, au sud de Grenoble.

3) Qu’est-ce que la Via corda ?

La Via corda consiste à traverser une falaise pour profiter de la vue et apprivoiser le vide.

4) Quel est le matériel nécessaire pour faire de la Via corda ?

Il faut une corde, un casque, un baudrier (c’est-à-dire un harnais) et deux longes pour « cliper » les mousquetons sur les « mains courantes ». Une main courante est une corde fixée sur la paroi.

5) Comment s’encorde-t-on ?

Tous les membres du groupe sont encordés sur la même corde. Le guide marche en tête et place des protections qui relient la cordée à la paroi. Le dernier doit récupérer le matériel.

6) Quelles qualités faut-il avoir pour faire de la Via corda ?

Il faut être attentif aux consignes de sécurité, être concentré pour ne pas oublier d’enlever et de remettre la corde dans les dégaines, être patient et solidaire avec ses compagnons de cordée, être courageux…

7) Qu’est-ce qui fait le plus peur en Via corda ?

La descente en rappel ! Même si on ne peut pas tomber car le guide nous assure, c’est impressionnant de se laisser descendre dans le vide. Le plus dur est de faire basculer son corps en arrière, ensuite on s’habitue !

8) Quelle est la différence entre la Via corda et la Via ferrata ?

En Via ferrata, on utilise des échelles et des ponts suspendus pour escalader une falaise. En Via corda, on fait tout avec ses mains et ses pieds, en contact direct avec le rocher !

9) Peut-on faire de l’escalade à Comboire ?

Oui, on peut faire de l’escalade à Comboire. Des voies sont équipées pour cela.

10) Que peut-on faire d’autres à Comboire à part de l’escalade et de la Via corda ?

Si on n’est pas attiré par l’escalade et la Via corda, on peut se promener jusqu’au fort de Comboire. C’est une très belle balade qu’on peut faire sans équipement, sauf un pique-nique !

Un moment poétique avec Jean-Yves Loude

mars 19, 2017 dans 6ème, Enseignements, Français

L’écrivain Jean-Yves Loude connaît bien le collège Lucie Aubrac. En 1999, suite au partenariat dans le domaine de l’éducation et de la culture entre Grenoble et Ouagadougou, était née l’idée de croiser les regards d’adolescents sur leur ville respective, en les plaçant en situation d’enquêteurs journalistes actifs et curieux. Ainsi, sous la direction de Jean-Yves Loude et du plasticien Némo, les collégiens de la Villeneuve avaient réalisé 25 reportages qu’ils avaient envoyés à leurs pairs burkinabés. En 2000, un livre était né de cette aventure, illustré par Nemo : Je t’offre ma ville : Grenoble.



Aujourd’hui, Jean-Yves Loude est l’un des nombreux invités du 19e Printemps des poètes qui a lieu du 08 mars au 1er avril, à Grenoble et dans différents lieux de l’agglomération. Les poètes rencontreront dans les bibliothèques, les écoles, collèges et lycées, dans les théâtres… le public pour des lectures et conversations autour du thème Poètes d’Afrique(s) & d’ailleurs, choisi pour cette nouvelle édition.

Le lundi 13 mars, l’écrivain est revenu au collège rencontrer les 6e1 pour leur raconter ses livres et ses voyages tout autour du monde car les deux sont indissociables.

En effet, ethnologue qui se baptise lui-même « écrivain voyageur », tous ses livres naissent de ses rencontres avec d’autres sociétés, d’autres cultures…



« J’ai attrapé à 17 ans la fièvre du voyage » dit-il. A l’époque, il veut aller en Inde ; ses parents lui répondent qu’ils ne l’aideront pas. Ce refus le motive et sera le moteur de son envie de découvrir le monde, qui depuis ne l’a jamais quitté.

C’est à travers les objets rapportés de ses voyages et les instruments de musique africains ou asiatiques qu’il a faits résonner, que s’est réalisée la poésie de cette rencontre.


« On est riche, parce que tout ce qu’on a appris, on ne peut pas nous le prendre », a dit Jean-Yves Loude.

Le 28 mars, les 6e2 accueilleront à leur tour au collège la poétesse Tanella Boni, autre invitée du Printemps des poètes 2017.

 

Les 4e2 se mettent en scène !

février 17, 2017 dans 4ème, Arts, Français, Théâtre



Dans le cadre du Parcours d’ Education Artistique et Culturelle, et de l’enseignement du français, les 4e2 ont participé à un mini-atelier de théâtre. Encadrés par la comédienne Doriane Salvucci, les élèves ont travaillé pendant 10 heures réparties sur quatre séances, alternant exercices ludiques et travail sur les textes. L’objectif de l’atelier était triple : renforcer la solidarité entre les élèves, s’interroger sur les stéréotypes de genre, et travailler l’oral.


Des textes qui nous interrogent …


Dans la pièce Ils se marièrent et eurent beaucoup…, Philippe Dorin nous dit qu’en amour, « c’est un peu plus difficile » pour les filles que pour les garçons. Selon nous, ce n’est pas forcément juste. Cela dépend des filles et des garçons, de leur personnalité, et de leur éducation. Mais, entre nous, les filles surtout savent voir la beauté intérieure !

 Dans Ouasmok, Sylvain Levey nous montre des stéréotypes sur les vieux couples, plus particulièrement sur les femmes qui ont peur de finir seules. En mettant en scène des enfants, il nous montre aussi que les préjugés peuvent venir de l’éducation. Les enfants reprennent les mots entendus dans la bouche de leurs parents.

 Dans Lys Martagon, Lys ne se laisse pas impressionner par Démétrio : elle ose lui répondre et refuse de baisser les yeux. Démétrio, d’abord autoritaire, finit par s’adoucir au cours de la conversation. Ce texte nous encourage à ne pas suivre toutes les règles (par exemple : ne pas regarder dans les yeux, mettre un pantalon comme tout le monde), et à oser faire nos propres choix et être nous-mêmes.

                                                                                            Emna, Gëzim et Garance


          Des exercices qui nous plaisent …


Le Samouraï : cet exercice sert à travailler l’adresse, c’est-à-dire : la voix, le regard et le corps. C’est un jeu d’élimination qui se pratique debout en cercle. Il faut faire semblant de découper son adversaire avec un sabre imaginaire en criant « Haaaa » ! Celui qui reçoit le coup doit lever les bras. Les deux personnes qui sont à côté de lui doivent le découper en même temps. Quand on rate notre assaut, on est éliminé et on doit s’asseoir à notre place.

Le Miroir : cet exercice se fait par deux, debout, face à face. Un élève guide un autre élève en mettant sa main devant son visage comme si c’était un aimant. L’autre élève doit essayer de suivre les mouvements de la main. Cet exercice sert à travailler la synchronisation et l’attention à l’autre.

                                                 Farah, Sabrina, Ramzi et Rayane



L’Aveugle : cet exercice demande d’avoir confiance en ses camarades et d’avoir l’esprit d’équipe. Un élève volontaire a les yeux bandés et doit marcher dans une salle remplie d’obstacles. Le reste du groupe doit enlever les obstacles sans parler ni interrompre la marche de l’Aveugle.

Le Neutre : cet exercice individuel sert à contrôler ses émotions, à rester concentré, et à travailler son regard. Un élève se met debout face au public, regarde un par un les spectateurs, prononce son prénom en l’adressant à un spectateur, puis s’en va, tout en restant neutre, sans expression.

                                                Tamandra, Sameh, Tourpal et Mounir

                                              


Un métier difficile…


Nous sommes quatre élèves à avoir dû apprendre le même texte, l’extrait de Ouasmok de Sylvain Levey. Dans ce texte, deux enfants jouent une dispute d’adultes. Pour apprendre leur rôle, trois d’entre nous ont eu la même stratégie : demander à nos frères et sœurs de nous aider en lisant les répliques de notre partenaire. A force de répéter notre texte et d’écouter les répliques de l’autre, la totalité du dialogue nous est restée en tête. Pour l’une d’entre nous, c’était différent : elle s’est enregistrée en lisant son texte puis elle l’a réécouté plusieurs fois jusqu’à le retenir. En plus de ce travail personnel, nous avons répété en classe au début des cours de français.

                                          Ylona, Ahmed, Safia et Samir

                                                      


Un « chantier » réussi !


Comme on n’a fait que quatre séances de théâtre, notre travail était à l’état de « chantier », c’est-à-dire qu’il n’était pas parfait. Mais Doriane nous as proposé de le présenter à un public. On était d’accord ; donc on a distribué des invitations.

La représentation a eu lieu le 24 janvier 2017, de 11h15 à 11h30, dans la salle de théâtre du collège, au 2ème étage, au-dessus du CDI. Sept adultes sont venus nous voir, par exemple, M. Candelon et Mme Philippe notre professeur principal.

Le spectacle s’est bien passé même si certains élèves étaient stressés. A la fin, le public a applaudi et nous a posé des questions. On était content et fier de nous.

                                                                Mamadou et Shaban                            

                 


           Un grand MERCI à Doriane de la part de toute la classe !



 

 

Les 4e4 au sommet !

février 9, 2017 dans 4ème, Citoyenneté, Enseignements, Escalade "Jeunes en montagne", Français, Sorties - Voyages

 

Cette année encore, Mme Périnet, professeure de lettres au collège et passionnée de montagne, fait participer l’une de ses classes à « Jeunes en montagne ».

Initié par la ville de Grenoble, ce programme permet chaque année à quelques 250 jeunes grenoblois de s’initier à la montagne et  ses pratiques et découvrir leur environnement proche.

Les élèves de 4e4 font ici le compte-rendu de leurs deux sorties, entre émotion, découverte des richesses de la montagne et solidarité.


Les 4e4 en Montagne !

« Bonjour ! Nous sommes la classe de 4ème4 du collège Lucie Aubrac. Nous allons vous présenter le projet JEUNES EN MONTAGNE, alors soyez attentifs !

Lors de nos deux premières sorties, comme pour les trois autres à venir, nous sommes financés par la Ville de Grenoble associée au C.A.F (Club Alpin Français), ce qui nous permet d’être encadrés par de vrais guides et d’avoir du vrai matos de montagne !

Grâce à ces sorties, nous découvrons les trois massifs qui entourent Grenoble (la Chartreuse, le Vercors et Belledonne) et nous pratiquons l’escalade et l’alpinisme. C’est l’occasion de se dépasser, de s’entraider et d’apprendre à faire confiance. C’est aussi l’occasion de faire le récit de nos aventures pendant les cours de Français !

Grimpade et rigolade à St-Egrève

« Le mardi 11 octobre 2016, nous sommes allés à St-Egrève en tramway (tram A puis tram E) pour escalader des falaises. Arrivés à destination, nous avons rencontré nos trois guides : Benoit, Simon et Julian (qu’on connaissait déjà car il était venu se présenter au collège). Ils étaient en train de mettre en place le matériel. On en a profité pour pique-niquer. La météo était ensoleillée mais il y avait un vent froid.

Pour escalader, nous avons eu besoin d’un casque (pour ne pas se faire mal à la tête), d’un baudrier (pour accrocher la corde et ne pas tomber) et d’un descendeur. Les guides nous ont aidés à enfiler nos baudriers et à faire le nœud de huit. Pour ne pas tomber, il fallait trouver des bonnes prises de mains et de pieds, mais même si on tombait, un élève ou un professeur était là pour nous assurer.

Certains élèves ont eu peur de la descente en rappel mais, à la fin, tout le monde s’est remis de ses émotions. Nous avons remercié nos trois guides pour cette belle journée et nous avons repris le tram pour rentrer au collège. »

Une belle journée à Lans-en-Vercors

« Le vendredi 27 janvier 2017, nous sommes allés en car à Lans-en-Vercors, accompagnés par deux professeurs. Nous nous sommes arrêtés au local de ski du Parc Paul Mistral pour récupérer le matériel que nous avions essayé en début de semaine. Le trajet jusqu’à la station de ski de Lans a duré 45 minutes. Nous avons vu trois biches et quelques élèves ont failli vomir (à cause de la route, pas des biches !).

Arrivés au parking, nous avons retrouvé nos trois guides : Julian, Ludo et Fabien. Le vent soufflait très fort. Nous avons descendu le matériel des soutes et avons mis nos chaussures de montagne. Les guides nous ont donné un casque et un baudrier chacun. Nous les avons mis dans nos sacs et nous nous sommes mis en marche. Nous avons mis 1h30 pour atteindre Le trou St-Michel. Le trajet fut difficile car certains marchaient plus vite que d’autres. Il y avait de la neige mais il ne faisait pas froid.

Avant de descendre dans le trou, nous avons pique-niqué car nous étions affamés. Puis, nous avons mis nos casques et nos baudriers et les guides nous ont fait descendre en rappel dans le trou. Certains élèves ont eu très peur et ont crié. En bas, nous avons vu tout Grenoble car le trou était au bord d’une falaise et débouchait sur une vire. C’était trop bien ! Ensuite, nous sommes remontés à la surface en grimpant avec les mains et les genoux !

Avant de reprendre la marche, nous sommes allés au bord du plateau du Vercors pour faire une photo de groupe au soleil. A la descente, nous nous sommes bien amusés en glissant sur le ventre et les fesses. Le retour en car s’est bien passé. Nous avons passé une super belle journée tous ensemble ! »

 

Prenez votre coeur pour seul bagage…

février 7, 2017 dans 5ème, 6ème, Enseignements, Français, Théâtre

 - Les 09 et 10 février prochain, les 6e et 5e iront à l’Espace 600 découvrir la pièce de Jean-Pierre Cannet, La Foule, elle rit, mise en scène par Anne Claire Brelle.

Le vendredi 27 janvier, les 6e1 et 6e2 ont eu le privilège de rencontrer l’auteur de la pièce, venu auprès des collégiens, a-t-il dit, « chercher des questions, chercher avec [eux] le sens des choses ».


« La vraie mort, c’est quand on ne pense plus aux défunts »


Que raconte la pièce ?

- Zou est un jeune homme qui n’a qu’une idée en tête : franchir les frontières pour rejoindre un pays riche, pour y construire une vie meilleure. Avant lui, ses deux frères ont tenté l’aventure mais ils ont échoué : l’aîné s’est noyé pendant la traversée, dévoré par un requin, tandis que le second est mort, écrasé dans le tunnel sous la Manche.

Hanté et guidé par la mémoire de ses frères, Zou veut relever le défi ; il décide que lui ne sera pas invisible. Il choisira le costume de clown pour passer les frontières : le rire sera sa seule arme.

 - Les 6e ont été touchés par le sujet de la pièce mais aussi intrigués par les noms des personnages, par le choix du clown pour se jouer des murs…

Quand il publie en 2010 La Foule, elle rit, Jean-Pierre Cannet anticipe la terrible actualité qui depuis des mois jette sur les routes de l’exode hommes, femmes et enfants, contre la guerre et la misère.


« Dès qu’il s’agit de ne pas aider quelqu’un, on entend tout. A commencer par le silence ». Daniel Pennac, Eux, c’est nous. Les Editeurs jeunesse avec les réfugiés


- La pièce de Jean-Pierre Cannet s’inscrit dans une programmation engagée de l’Espace 600 : en effet, plusieurs spectacles de la saison 2016-2017 parlent des migrations tragiques qui se heurtent à l’indifférence et au silence.

La Foule, elle rit, En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin ou encore Le Garçon à la valise de Mike Kenny : des œuvres qui aident à dessiller les esprits.

 

Quatre jours en décembre avec Emilie Le Roux

janvier 7, 2017 dans 3ème, Arts, Français, Théâtre

 



 Les 3ème4 ont terminé l’année 2016 avec Emilie Le Roux, metteure en scène de la compagnie théâtrale Les Veilleurs.

Elle a proposé d’ouvrir cette rencontre avec les élèves par la lecture à haute voix de la pièce  La Migration des canards d’Elisabeth Gonçalves, publiée en 2013. Le choix de la pièce ne doit rien au hasard. En effet, elle sera au programme des Veilleurs en 2017 ; mais Emilie Le Roux a confié que le choix de cette pièce  avait été aussi guidé par des réactions d’élèves qui l‘an dernier se disaient victimes de racisme, sans avoir conscience que certains parmi eux manifestaient la même attitude de rejet à l’égard des Roms !

 

 Elisabeth Gonçalves

Elisabeth Gonçalves

Que raconte La Migration des canards ? C’est l’histoire d’un père exigeant, dur jusqu’à la maltraitance physique à l’égard de sa fille unique de dix ans. La famille est dorigine étrangère et vit en France. Comment faire pour s’intégrer ? Comment faire pour être invisible, c’est à dire être encore plus français que les Français ? Le père a son idée : sa fille sera exemplaire, brillante scolairement, irréprochable moralement, parfaite en tout ! Alors la fille choisira de résister à l’oppression paternelle et à l’effacement maternelle par le silence.




La metteure en scène propose aux 3ème4 de construire ensemble un moment théâtral à partir de certains thèmes développés dans la pièce d’Elisabeth Gonçalves : l’immigration et l’identité. Un film documentaire Les Français, c’est les autres­ d’Isabelle Wekstein-Steg et Mohamed Ulad,la chanson de Black M Je suis chez moi et un extrait de la pièce de Ronan Chéneau Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue serviront de supports à la classe pour débattre, porter ses idées sur les thèmes, ainsi qu’inventer un temps de création auquel tous les élèves participeront.

Comment représenter le racisme au sein de la classe ? Deux groupes s’affrontent par des regards où se lisent le mépris, le rejet, la haine. Les élèves rentrent en eux-mêmes pour jouer la tension, tout en s’appuyant sur la force du groupe. Des mots fusent dans la bouche de chacun d’eux : les insultes racistes pour anéantir l’autre.

Quand on demande aux 3ème4 de faire le bilan de cette semaine passée avec Emilie Le Roux, ils sont nombreux à dire qu’ils ont apprécié leurs premiers pas dans le jeu dramatique et leur participation à la création de la mise en scène  ; mais quelques-uns, tellement bousculés par l’exagération et la force de l’acte théâtral, ont exprimé leur malaise et même leur refus du jeu.

Etre bousculé… c’est aussi cela le théâtre.

 

Coco Noël à l’école du Lac

janvier 2, 2017 dans 6ème, Arts, Français, Liaison écoles primaires - collège, Sorties - Voyages, Théâtre

 Avant d’offrir à trois classes de maternelles de l’école du Lac, la lecture théâtralisée de l’album Coco Noël de Dorothée de Monfreid, les élèves de 6e3 ont préparé consciencieusement, avec leur professeur de lettres Mme Pellecuer, cette représentation du 07 décembre.

Les collégiens ont ainsi adapté le texte de Coco Noël en rajoutant un narrateur pour faciliter la compréhension des tout petits ; pour clore l’histoire, ils ont écrit une chanson originale, inspirée d’Un  Pingouin du pôle nord de Marie Henchoz ; les élèves volontaires ont construit des décors… et ils ont tous répété d’arrache-pied pour que cette représentation soit réussie et surprenne les maternelles !

Quelques semaines avant la représentation, les collégiens ont écrit aux maternelles pour se présenter et annoncer leur venue en décembre ; ils en ont profité pour glisser dans la lettre trois indices pour qu’ils puissent deviner un peu le contenu de l’histoire.

A la fin de la lecture, les collégiens et les maternelles ont échangé sur l’histoire racontée. Une certitude : les petits ont bien compris de quoi il s’agissait.

En mai prochain, les 6e3 présenteront à l’Espace 600 leur spectacle de fin d’année ; quelques jours avant, ils inviteront les maternelles à venir au collège pour suivre une répétition générale.

D’ici le mois de mai, les 6e3 retourneront sans doute rendre visite aux maternelles. En effet, ces derniers leur ont fait savoir qu’ils aimeraient tant qu’ils reviennent  leur raconter une nouvelle histoire !

EP comme Excellence Prioritaire

décembre 13, 2016 dans Enseignements, Français, Histoire, Langues, Liaison écoles primaires - collège, Réseau

 

Des professeurs du 1er et 2nd degré du réseau Lucie Aubrac se sont réunis les 01 et 02 décembre dernier au collège pour réfléchir à la liaison école/collège et mettre en place de façon concrète des actions pour favoriser les apprentissages des élèves.


Formation, pratiques pédagogiques innovantes et co-éducation


Mme Martine Saint-Aman, principale du collège Lucie Aubrac, a ouvert la journée du 01 décembre en rappelant les axes majeurs abordés lors des Assises de l’Education prioritaire qui se sont tenues à Lyon le 28 novembre dernier : la nécessité pour les professeurs de réinterroger leurs pratiques pédagogiques pour mieux répondre aux besoins des élèves en difficulté (avec le co-enseignement, la formation Apprenance, la classe inversée…) ; le travail en équipe et en concertation, indispensable pour être efficace dans l’Education prioritaire ; le Parcours excellence dès la classe de 3ème jusqu’en Terminale, instaurant un tutorat, un accompagnement individualisé des élèves vers une poursuite d’études ambitieuse ; enfin, s’appuyer sur la co-éducation familles-professeurs pour que les familles s’impliquent davantage dans la vie de l’école et la scolarité de leurs enfants (un exemple avec le café des parents crée à l’Ecole du Lac).


Le problème, c’est la pratique de la langue…


M. Alexandre Winkler, IA-IPR de lettres, a pris le relais en rappelant les points forts du réseau Lucie Aubrac : la stabilité des équipes pédagogiques et les pratiques innovantes ( le co-enseignement présent au collège depuis deux ans, ou encore les classes théâtre…), la proximité d’un environnement riche culturellement avec l’Espace 600, la MC2, la bibliothèque Arlequin…

Il a posé la question de « comment susciter chez les écoliers et les collégiens du cycle 3 la curiosité de la langue, comment leur montrer son importance dans le cadre des relations à autrui ? ».

Il a rappelé que le programme ne doit pas garder un statut figé, rigide mais doit plutôt être considéré comme un cadre avec un horizon à atteindre ; il a proposé aux professeurs de réfléchir à une progression des apprentissages dans les domaines des langages pour penser et communiquer et des méthodes et outils pour apprendre.

Un constat : les élèves manquent de vocabulaire et ne maîtrisent pas les registres de langue. Aussi « comment développer et consolider les compétences langagières des élèves » ? L’une des pistes est le décloisonnement disciplinaire qui au collège  existe déjà avec le co-enseignement ; une opportunité : s’appuyer sur les partenaires culturels de proximité pour développer la pratique de la langue orale et écrite (théâtre, cinéma, bibliothèque, CDI…) et favoriser la construction d’un imaginaire, le plus souvent peu stimulé.

Les professeurs ont clos cette première journée en réfléchissant à la mise en place de stratégies à adopter pour aborder un texte : ils se sont mis d’accord pour travailler sur des thèmes littéraires par le biais d’extraits ou encore élargir la typologie des textes étudiés appartenant à différents genres littéraires ; ils ont aussi mis en évidence la lecture plaisir ou offerte à proposer de façon systématique ; rendre les élèves prescripteurs et scripteurs en impliquant leur subjectivité à chaque fois : dire et écrire pourquoi j’ai aimé ce texte ; inventer une suite à un récit…


L’éveil aux langues


Le 2 décembre, Nicolas Picod, conseiller pédagogique départemental du 1er degré, est intervenu sur le thème du plurilinguisme : qu’est-ce que le plurilinguisme ? Pourquoi prendre en compte la diversité linguistique et culturelle à l’école ? Quelles ressources et quelles actions possibles pour le valoriser  ?

Nicolas Picod a fait prendre conscience aux professeurs du plurilinguisme de chacun en interrogeant la biographie, les apprentissages scolaires… souvent peu activés.

On porte aujourd’hui un autre regard sur le plurilinguisme : il est considéré comme une richesse et non comme un obstacle à l’apprentissage de la langue française ; il permet de construire activement des ponts entre la langue et la culture des élèves nouvellement arrivés en France et celles du pays d’accueil.

Nicolas Picod a indiqué quelques actions possibles à mettre en oeuvre pour valoriser le plurilinguisme en classe (l’arbre polyglotte, le kamishibai plurilingue, la semaine des langues en mai…) tout en s’appuyant sur l’expertise des professeurs de FLE.

 

 

 

 

Frontière

décembre 2, 2016 dans 3ème, Arts, CDI, Français, Sorties - Voyages

  • Antoine Cassar est né à Londres, a vécu en Espagne et réside aujourd’hui à Malte. Il est poète, traducteur, journaliste et grand voyageur…
  •    Les 21 et 22 novembre dernier, il rencontrait au collège les élèves de 3e4 pour préparer avec eux la journée du 25 novembre à L’Heure bleue (salle de spectacle) pour le festival de poésie Gratte-Monde. Ce sera une journée particulière, entièrement consacrée à la poésie ; elle se partagera entre un atelier d’écriture avec l’écrivain, et l’après-midi, l’amicale confrontation sur scène avec d’autres collégiens et lycéens, qui mettront eux aussi en voix les textes écrits le matin avec les autres poètes invités du festival.

                             Les hommes traversent les frontières ?

                             Ce sont plutôt les frontières

                             Qui traversent les hommes.

                                                                       Antoine Cassar, haïku

  • L’écrivain a invité les 3e4 à réfléchir sur la notion de frontière à partir de quelques chiffres éclairants : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, plus de 50 murs ont été érigés dans le monde, y compris en Europe : entre la Hongrie et la Serbie, la Slovénie et la Croatie ou encore la Turquie et la Bulgarie, celui de Calais… « Nous vivons dans un monde de plus en plus fragmenté », a -t-il déclaré, par les guerres et la mondialisation économique… Lui qui voyage beaucoup, il se rend compte à quel point il est de plus en plus difficile de se déplacer. « Si on compte tous les murs frontières construits dans le monde, cela revient à une seule ligne, longue de 40 000 kilomètres ! », nous a-t-il appris.

Antoine Cassar suit sur la carte le chemin des premières migrations humaines et défend l’idée d’une humanité, espèce naturellement migratoire.

 

  • Pour le poète, les frontières transforment les pays en îles. Il a projeté plusieurs photographies de ces murs érigés sur toute la planète et les réponses faites par des citoyens anonymes ou des artistes qui disent leur colère, leur refus absolu de ces barrières artificielles qui divisent les hommes.

L’écrivain projette des images qui représentent les nombreux murs frontières construits sur les différents continents et les détournements qu’en ont faits artistes ou anonymes qui en contestent l’existence.

  • Comment dire non ? Comment résister ? Ce qu’Antoine Cassar propose aux collégiens, c’est « une forme de résistance contre les murs, en écrivant sur les murs ». Il leur propose une situation :

« Imaginez que vous soyez devant un mur infranchissable et que vous ne pouvez pas passer : que voudriez-vous écrire sur ce mur frontière ? ».

  • Au fur et à mesure, un nuage de mots donnés par les élèves essaime sur le tableau ; ils seront la matrice de la création poétique qui sera lue par les élèves sur la scène de L’Heure bleue :

                                 « Un jour, cette frontière sera poussière »

                « La colère, c’est la guerre qui se transforme en enfer »

                          « Une construction pour une séparation »

                                 « les frontières font la guerre »…

  • Ce sont ces mots d’élèves qui donneront naissance au Passeport poétique des 3e4, qu’ils joueront sur la scène.
  • Vendredi matin 25 novembre, avec Antoine Cassar et M. Ouerhani, professeur de lettres : mise en voix, répétitions et mise en scène du Passeport poétique anti-frontières écrit par les élèves.
  • L’après-midi : les 3e4 sont les premiers sur la scène :

Une journée pleine de surprises et d’émotion, pendant laquelle les élèves ont appris que le trac est une autre frontière, intérieure celle-là, qu’il faut savoir dompter et dépasser !

 

Une saison avec Blanche-Neige

novembre 27, 2016 dans 5ème, Français, Liaison écoles primaires - collège, Théâtre

  • Le jeudi 17 novembre, les 5e3 ont offert aux maternelles de l’école de La Rampe leur première lecture théâtralisée de l’année : ils ont joué devant les tout petits le conte de Blanche-Neige dans sa version traditionnelle. Il y aura en tout trois lectures : après la version traditionnelle des frères Grimm, il y aura en février, celle parodique du conte Blanche-Neige et les 77 nains écrite par l’auteur italien Davide Cali. Pour la troisième lecture, les 5e3 proposeront leur version parodique qui naîtra  d’un atelier d’écriture avec la compagnie Infini dehors et la comédienne et metteure en scène Natacha Dubois (atelier auquel participeront aussi  les 5e1 et leur professeur Mme Pellecuer).

Concentration et dernière répétition avant d’entrer en scène !

 Avant de jouer, les collégiens ont accroché les images représentant les grands épisodes du conte afin d’aider les maternelles à mieux suivre l’histoire, que beaucoup ne connaissent pas !

  • Le 12 juin prochain, les 5e3 accueilleront à leur tour au collège les maternelles pour  jouer leur version toute personnelle du conte. Cette matinée lancera la semaine REP + pendant laquelle seront présentés de nombreux travaux réalisés dans l’année par les maternelles, les écoliers et les collégiens du réseau.
  • Le 17 novembre dernier, c’est avec assurance que les 5e3 ont lu et joué le conte de Blanche-Neige, forts de leur expérience de lecture acquise l’année dernière et du travail mené au conservatoire avec les professeurs de théâtre et leur professeur de français Mme Brunet.

En février prochain, rendez-vous à l’école de La Rampe pour découvrir la version parodique de Davide Cali !

 

 

Retour sur la DP3

juin 19, 2016 dans 3ème, Enseignements, Français, Sorties - Voyages

Les élèves de La Découverte professionnelle et leur professeur Mme Brunet, reviennent dans cet article, sur les temps forts qu’ils ont vécus cette année et qui ont servi à construire et éclairer le projet personnel d’orientation des collégiens.

Cette année de DP3 a été placée sous le signe de l’image, sous toutes ses formes : la photographie, la vidéo… en étroite collaboration avec Gaël Payan et les formateurs de La Maison de l’Image, qui ont guidé les élèves et leur ont donné les outils pour mener à bien l’exploration d’un milieu professionnel  attractif.


Un CV vidéo… un plus pour la recherche de stage

Mme Brunet décrit le processus de réalisation du CV vidéo :

« En collaboration avec La Maison de l’Image, les élèves de troisième de l’option DP3 ont pu réaliser un CV vidéo.
Dès la rentrée, ces élèves ont travaillé activement sur leur Curriculum-Vitae afin de pouvoir rechercher au plus vite un stage d’observation en entreprise.
Nous avions choisi de leur faire réaliser en plus un CV vidéo afin qu’ils puissent travailler sur les savoir-êtres et la posture à adopter en entreprise.
La réalisation d’un CV vidéo est pourtant différente : il faut formuler des phrases et donner le maximum d’informations sur son parcours, sa formation, ses centres d’intérêts ainsi que montrer sa motivation, et tout cela dans un temps imparti.
Il nous a fallu deux semaines de préparation, de répétition, et d’entraînement pour que tous les élèves parviennent à parler 3 minutes, sans trop bouger, devant une caméra. Ils ont aussi tous appris à utiliser la caméra, faire la mise au point et régler la prise de son.
Après plusieurs essais, par binôme ou trinôme, les élèves se sont rendus à La Maison de l’Image, pour enregistrer leur vidéo finale. Certains ont réalisé plusieurs courtes vidéos, d’autres y sont parvenus en une seule prise.
La semaine suivante, Gaël Payan, (formateur photographie et vidéo à La Maison de l’Image) est venu nous aider à faire les montages de ces CV. En deux fois deux heures, tous les élèves de cette option avaient en main leur CV. »


Visite de l’exposition « Sur les traces de Vivian Maier »

« Le 10 novembre 2015, nous, élèves de DP3, nous  nous sommes rendus à l’ancien Musée de Grenoble qui se situe Place de Verdun, pour visiter l’exposition « Sur les traces de Vivian Maier » et réaliser des interviews de professionnels des métiers de la culture, en partenariat avec La Maison de l’Image.
L’ancien musée de peinture est un bâtiment construit au 18ème siècle, comprenant deux ailes. L’une abrite « La plateforme », le centre d’informations sur les projets urbains. L’autre, qui contient l’ancienne bibliothèque monumentale, accueille dans ses murs des d’expositions temporaires organisées par la Direction des Affaires culturelles.
Dans la première salle de cette exposition, nous avons pu voir différentes œuvres de l’artiste (née le 1 février 1926 et morte le 21 avril 2009), des photographies, des autoportraits, pris en grande partie dans le Champsaur, région des Hautes-Alpes qu’elle affectionnait particulièrement. Nous avons également remarqué que celle-ci prenait ses photos d’une certaine manière, en utilisant les reflets des vitrines et des miroirs, afin d’obtenir un autoportrait morcelé.
Dans la seconde salle d’exposition, plusieurs photographes contemporains, à qui la Ville de Grenoble avait laissé une carte blanche, exposaient leurs autoportraits, inspirés du travail de Vivian Maier. »


La Belle Electrique

Le mardi 31 mai, les élèves terminaient l’année par une visite à la salle de musique amplifiée  La Belle Electrique, située dans le quartier Bouchayer-Viallet, proche de la place Saint Bruno.

Avant de s’y rendre, les collégiens ont réalisé une recherche d’informations sur l’histoire du bâtiment et  celle du quartier, ainsi que sur les missions de cette nouvelle salle de concert de Grenoble.

Les élèves racontent la visite :

« Avant d’arriver sur les lieux, Gaël Payan nous a prêté des appareils photo et des caméras pour nous permettre d’interviewer le personnel de La Belle Électrique.
Une fois arrivés, nous avons été accueillis par Marie, la responsable de l’action culturelle, qui nous a fait visiter par groupe la salle de concert. Nous avons pu voir la salle, les loges, les coulisses, le restaurant et nous avons pu prendre des photos et des vidéos tout au long de notre visite.
Pendant qu’un groupe visitait, l’autre groupe commençait à interviewer les différents membres du personnel. Nous avons pu rencontrer la chargée de communication, le chef du restaurant, la responsable de la billetterie et le régisseur général. »

http://www.la-belle-electrique.com

 A la rentrée 2016, l’option DP3 sera remplacée par le Parcours Avenir qui concernera tous les élèves ; le monde professionnel et économique sera abordé au sein des projets menés dans le cadre des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI).

 

 

 

 

 

Les promesses de Cannes

juin 2, 2016 dans 3ème, Arts, Français, Sorties - Voyages

Pour Priscilla, Alhem et Fatma, les lauréates du prix de la critique Cinéduc 2016, et leur professeur M. Ouerhani, la magie de Cannes a vraiment opéré : il y eut la montée des marches où ils ont pu approcher de grands réalisateurs tel Pedro Almodovar, mais aussi de talentueuses actrices, comme Kristen Stewart qui a joué dans Twilight ou Sils Maria ; il y eut aussi des rencontres fortuites et heureuses comme avec le producteur/acteur Dominique Besnehard ou encore le chroniqueur vedette de l’émission de télévision l’Hebdo Show, Thomas Séraphine…

Mais les collégiennes étaient aussi invitées à Cannes pour poursuivre leur travail de critique cinématographique commencé quelques mois plus tôt grâce aux ateliers Cinéduc. C’est avec d’autres collégiens (ceux des Pupilles de l’air de Montbonnot ou encore du collège Denis Brunet de Saint-Sorlin en Valloire) qu’elles ont participé au jury des « Ecrans juniors ». Cinq films inédits qui représentaient différents pays étaient en compétition. Les élèves ont pu se forger une opinion et discuter de leurs différents points de vue, accompagnés dans leur démarche par des professionnels comme Daniel Frison, qui enseigne le cinéma. Le premier prix a été décerné au film brésilien Le Professeur de violon de Sérgio Machado, qui raconte l’histoire d’un jeune professeur de musique qui, faute de pouvoir intégrer l’orchestre symphonique de Sao Paulo, accepte, d’abord à contre cœur, d’enseigner la musique à des enfants des favelas.
Les collégiens lauréats ont aussi eu la chance de rencontrer des réalisateurs pour parler de leur film : ainsi, la réalisatrice suédoise Alexandra-Therese Keining pour son film Girls lost ou Emilie Deleuze pour Jamais contente.

Cannes a réservé aux jeunes critiques des moments qu’ils n’oublieront pas de sitôt : la magie des marches, les stars, l’hôtel et sa piscine, les dîners sur la terrasse ensoleillée du Garden Tennis Club…

Le retour à Grenoble a été difficile : c’est une pluie battante qui a accueilli les festivaliers ! La parenthèse enchantée s’est refermée mais elle restera un temps fort dans la mémoire des lauréates et de tous ceux qui ont accompagné et rendu possible cette aventure.
Pour prolonger encore un peu et partager la magie de Cannes, Priscilla, Alhem et Fatma préparent un e-book qui sera bientôt accessible sur le site du collège.

La Folie Florentine !

mai 10, 2016 dans 6ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

 

 

 


Elle est romancière, poétesse, musicienne, plasticienne, performeuse… Florentine Rey est une artiste totale ! Sur son site ( http//florentine-rey.fr ),  on peut visionner ses performances. Comme elle le souligne, il faut partir de l’étymologie : performer, c’est passer à travers la forme, c’est à dire trouver une forme personnelle pour toucher le public. Ainsi, elle met en scène des textes où s’épanouissent des moments poétiques ou absurdes de la vie quotidienne. Ses thèmes de prédilection : le corps, le féminin, la liberté…

Le 09 mai, Florentine Rey a rencontré les 6e4 ; elle leur a confié que ses récits théâtralisés naissent le plus souvent d’un geste, d’une situation, d’un événement et que le texte en découle tout naturellement, quasiment d’une traite, comme une évidence !

Elle a proposé aux collégiens la réalisation d’un livret personnel, pour les conduire sur le fil de l’écriture poétique, à travers quelques exercices simples.


      « Ecrire, c’est rendre claires les choses pour les rendre accessibles »

  • Avant toute chose, « s’éclaircir l’esprit avec les pages de nettoyage », c’est à dire se vider la tête en notant tout ce que l’on ne veut pas garder et mettre dans son texte à écrire ; jeter ensuite à la poubelle ces mots qui recouvrent une réalité que l’on veut éloigner, faire disparaître.
  • En guise de couverture : dessiner, station debout, en regardant droit devant, ce qui est autour de soi et que l’on a gardé en mémoire. C’est une expérimentation de la liberté liée à la mémorisation des formes, des couleurs et des sensations.

    Des gribouillis ? Non, simplement une retranscription intuitive de la réalité alentour !

  • Continuer dans le corps du livret en listant spontanément toutes les actions accomplies depuis le matin.
  • Sur le fil poétique : se remémorer un souvenir, une scène marquante en la racontant « en contiguïté », c’est à dire en reliant les images entre elles d’une manière désordonnée, en accumulation.
  • Enfin, l’acte poétique lui-même ou chercher le sens derrière les mots : choisir trois mots et les faire vibrer en fonction de leur sens et de leurs sonorités, ce qui conduit à l’expression métaphorique du monde.

   

         « Mon truc, c’est les mots ! »

Cette séance d’écriture a permis aux 6e4 de se mettre en condition pour approcher l’acte poétique. Ils ont découvert une artiste protéiforme à l’énergie chaleureuse et communicative !

       Florentine Rey et Nejib Ouerhani, professeur de lettres des 6e4

Destination, Cannes 2016 !

avril 26, 2016 dans 3ème, Arts, Français

Elles sont les heureuses lauréates du Concours Cinéduc 2016 : Fatma Ben-Azib, Presillia Rambaud et Ahlem Yassad ! Mais qu’ont-elles fait pour décrocher ce prix ? Elles se sont associées pour écrire une critique du film Marguerite du réalisateur Xavier Giannoli, visionné par la classe en janvier dernier.

 Leur prix ? Un séjour au festival de Cannes et être membre du jury des Ecrans Juniors 2016, du 15 au 18 mai prochain. Elles visionneront, avec d’autres adolescents, six longs métrages internationaux qui leur permettront de découvrir d’autres cultures, d’autres modes de vie, d’autres univers peu connus généralement des jeunes Français. Nos lauréates seront des jurés à part entière : elles discuteront des films, apporteront leur regard critique, tenteront d’évaluer la valeur culturelle et artistique des œuvres… elles continueront donc leur travail d’analyse et d’écriture commencé grâce aux Ateliers Cinéduc ; leurs impressions sur les films et leur séjour seront publiés sur le site http://cineducmdee.blogspot.fr et dans les pages du Dauphiné libéré. Monsieur Nejib Ouerhani, leur professeur de lettres, fera aussi partie de l’aventure cinématographique cannoise.

L’art de la critique

 Ecrire une critique de film n’est pas chose aisée ; l’écrire à trois se révèle encore plus compliqué ! C’est pourquoi, le 15 décembre dernier, les Ateliers Cinéduc ont dépêché dans toutes les classes de 3ème, l’écrivain Laurence Peyrin et Nicole Cabret, animatrice à Cinéduc, pour rappeler et élaborer avec les élèves, les principes imprescriptibles de la critique cinématographique.

Le support de la rencontre fut le film Whiplash du réalisateur américain Damien Chazelle, visionné en novembre par les classes de 3ème ; de cette rencontre avec les deux intervenantes, les élèves ont retenu qu’une critique de film :

              -           parle du film mais ne raconte pas le film

              -          part du principe que le lecteur/auditeur n’a pas vu le film (donc, ne pas jouer les « spoilers » en révélant la fin)

              -          s’écrit avec son cœur et avec sa tête : il faut essayer de dépasser son opinion personnelle pour traiter objectivement certains éléments : la qualité du scénario, le jeu des acteurs, la mise en scène, la technique, l’adéquation de la musique qui n’accompagne pas seulement le film…


La critique de Fatma Ben-Azib, Presillia Rambaud et Ahlem Assad a été primée car elles ont su concilier leurs différents points de vue ; elles ont mis en avant les principaux thèmes abordés, sans trop dévoiler du film ; elle ont fait ressortir la sensibilité particulière ressentie à l’égard du personnage de Marguerite jouée par Catherine Frot en même temps que le jeu à l’unisson des autres acteurs…

 Elles concourraient avec des centaines d’élèves de 3ème et elles ont gagné ! On aimerait être à leur place et il nous tarde qu’elles racontent la montée des marches, les stars, les paillettes… mais aussi les films !


La critique des lauréates :

Le ridicule, c’est sérieux !

Marguerite est une baronne qui ne vit que pour le chant et collectionne partitions originales, costumes de divas et tableaux vivants. Elle donne tout d’elle-même lorsqu’elle chante. Le problème, c’est sa voix « divinement » fausse.

Cette fiction est inspirée par la personnalité de Florence Fester Jenkins, milliardaire américaine morte il y a près de soixante dix ans. Giannoli a eu la bonne idée de transposer l’histoire dans le Paris des années 1920 où il reprend ses thèmes favoris, la supercherie et le mensonge. Mais à la différence de ses précédents films où l’imposteur est conscient de ses tromperies, Marguerite se croit réellement talentueuse et elle ne feint pas d’aimer la musique. Son public et son entourage l’applaudissent et se gardent bien de lui dire la vérité. Entourée de lâches et d’hypocrites, elle frôle sans cesse le ridicule mais jamais elle n’y tombera, bien au contraire. Ce personnage, qui nous fait penser au comique à la Molière, n’est jamais banal : elle vit dans l’illusion d’être une diva adulée par le public et aimée par son mari. Marguerite nous dit, « exister, c’est insister ». Les pannes à répétition de la voiture de Georges appuient cette idée ! Marguerite fait penser au personnage de François Pignon dans le film «Le Dîner de cons» : qui tire les ficelles ? Qui, au final, berne tout le monde ?

On a adoré le rôle de chaque personnage : le mari infidèle, lâche et qui a honte de sa femme. Le majordome au rôle ambigu, celui qui entretient l’illusion, ou encore le personnage ambivalent d’Atos Pezzini, le professeur de chant. Autant de caractères que de personnages, autant de portraits que de profils différents. On reste sans voix !

Catherine Frot incarne très bien le rôle de Marguerite. Elle habite son personnage. Elle joue à merveille la fragilité et nous fait osciller entre malaise et compassion, entre émotion et tristesse, entre sérieux et envie d’esquisser un rire moqueur. Tout au long du film, on suit sa persévérance, son ambition, sa détermination. La couleur et la luminosité sont très bien ajustées. La musique va à merveille : un régal pour les yeux et pour les oreilles !

Cette tragédie en 5 chapitres ressemble à un feu d’artifice. Le bouquet final est beau et stupéfiant. Ce film nous fait réfléchir parce qu’il traite des thèmes de la vérité, du mensonge, de la sincérité et de l’amour; il pose surtout à notre avis une question existentielle : « faut-il rêver sa vie ou vivre son rêve ? » Marguerite a choisi !


     Quelques exercices de pose avant la montée des marches !


Traversée

avril 8, 2016 dans 5ème, CDI, Français, Théâtre

  


 

Estelle Savasta est metteur en scène de théâtre. Elle fut l’un des nombreux auteurs invités au Printemps du livre de Grenoble 2016. Elle a donné rendez-vous aux 5ème3 le 30 mars à la bibliothèque de l’Arlequin pour une rencontre autour de sa pièce de théâtre, Traversée, publiée en 2013.

Les 5e3 l’ont accueillie en jouant des extraits de sa pièce, un texte qui fait écho plus que jamais à l’actualité. Il y est question en effet d’exil et d’immigration mais aussi d’un mensonge qui structure la relation d’une femme et d’une enfant.

 

  Les 5ème3 ont joué quelques scènes de la pièce Traversée.


 

  • Où avez-vous trouvé l’inspiration pour écrire votre pièce ? a demandé Hager pour ouvrir la rencontre.

 « C’est un texte un peu magique ; je me suis réveillée un matin et j’avais cette histoire dans la tête… Le texte est arrivé tout seul ! ». Aux origines de l’histoire a-t-elle précisé, il y a une conversation entendue dans le métro, après la catastrophe de Fukushima et qui a suscité chez elle l’interrogation suivante : « y a-t-il une conscience du monde autour de moi ? ».

 

  • Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce texte ?

L’écriture de la pièce a été rapide a précisé l’auteur : «  j’avais l’impression que j’allais exploser si je ne racontais pas cette histoire ! ». Trois semaines d’écriture en juillet, et en octobre ce furent les premières représentations sur la scène, à Paris.

 

  • Comment avez-vous travaillé ?

Estelle Savasta a beaucoup lu et visionné de films sur le sujet de l’exil et de l’immigration ; elle a aussi rencontré quatre jeunes hommes clandestins qui lui ont raconté leur périple à travers l’Europe, leur volonté acharnée de construire une autre vie… Elle a eu besoin de faire des schémas sur des cartes, de tracer des parcours pour matérialiser un peu les pérégrinations de vies incroyables…

 

  • Avez-vous quelqu’un de sourd dans votre entourage ?

« Avant la pièce et le spectacle, non ! Mais depuis, oui ! ». L’un des personnages de la pièce est sourd et Estelle Savasta raconte combien, depuis toute petite, elle est fascinée par la langue des signes, avec en tête le souvenir d’une fille dans son école qui signait pour communiquer avec sa mère, dans une langue fascinante et mystérieuse. Elle a eu une véritable révélation quand elle a appris cette langue : celle des mains qui s’agitent et qui vivent.

 

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

« Quand on est petit, on a le don d’inventer des histoires et puis ça s’en va ! Il faut prendre soin des histoires que l’on porte en soi ! » a répondu la metteur en scène.

 

  • Il n’y a pas de rôle de garçon dans la pièce ?

C’est une histoire de fille et de femme, essentiellement, a commenté la dramaturge, un sujet inépuisable…

 

 Les 5ème3 ont dit combien ils avaient trouvé le texte bien écrit, touchant, soulignant le personnage courageux de la mère. Estelle Savasta a dit qu’elle avait voulu écrire un texte qui fasse débat autour d’une femme, Youmna, qui décide à la place de sa fille, décide de se sacrifier et choisit le mensonge pour la protéger : « c’est bien et c’est bizarre en même temps », confie l’auteur.

La conscience du monde existe bel et bien et « on a la possibilité de changer les choses » a déclaré Estelle Savasta pour clore la rencontre. Il n’y aura pas de suite à Traversée mais celle que l’écriture a prise un peu par surprise, selon son expression, continuera d’inventer des histoires.

 

 

 

fkglkhlkjpmk