Le bruissement du monde

septembre 2, 2019 dans 6ème, Arts, CDI, Citoyenneté, Réseau

 


Du 26 au 29 août, le collège a proposé aux écoliers du Réseau Aubrac une session de l’Ecole ouverte. Le programme s’est déployé autour de deux axes : l’art et la citoyenneté.

Les matinées ont été consacrées à la découverte du travail artistique du plasticien Vincent Gontier et à la réalisation d’une sculpture,  avec la collaboration précieuse de Frédérique Ryboloviecz, médiatrice culturelle à Médiarts.

Ainsi, après avoir présenté son travail, sa démarche artistique et ses projets, Vincent Gontier a invité les élèves à construire des sculptures composées de synapses c’est à dire de feuilles de papier journal roulées très serrées et assemblées entre elles. Il a offert aux élèves l’opportunité de collaborer activement à une sculpture appelée Bruissement du monde qui sera installée dans la salle d’exposition Prémol au Village Olympique, pendant un mois, à partir du 20 octobre prochain.

Plusieurs ateliers ont été mis en place pour aboutir à la proposition artistique du plasticien : un atelier de découverte des techniques de pliage du papier (origamis et volumes) ; un atelier de fabrication de synapses qui a consisté à rouler des feuilles de papier journal pour créer des baguettes rigides et les assembler à l’aide d’épingles de papetier ; un atelier d’écriture pendant lequel les écoliers se sont appliqués à écrire sur le bord d’une feuille de papier journal un souvenir, un instant d’émotion…

Dans la sculpture monumentale Bruissement du monde qui sera exposée en octobre prochain dans la salle Prémol,  seront intégrées les synapses créées par les écoliers, avec la trace visible de leurs mots en spirale.

Quelques sculptures du plasticien Vincent Gontier :

http://www.sculpture-presse.fr

http://mediarts38.fr

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Les après-midis, Sébastien Eychenne coordonnateur de l’Espace Jeunesse des Baladins et l’animatrice Anissa Bachir Bendaoud, ont mis en place diverses activités autour de la citoyenneté : jeux de rôles sur les nouveautés scolaires qui attendent les futurs collégiens ; une visite de l’Hôtel de ville (à partir d’un rallye photo) au cours de laquelle ils ont appris la fonction de quelques services ( état civil… ) ou encore visité la salle du conseil municipal… Les élèves ont pu aussi admirer quelques œuvres d’art disséminées dans le bâtiment : la sculpture en bronze d’Etienne Hadju appelée Atome fleur, posée sur la mosaïque de Charles Gianferrari installée dans le patio ; les imposants lustres en verre de murano qui surplombent l’escalier d’honneur intérieur ou encore le magnifique mur en étain martelé de Pierre Sabatier qui ouvre la salle de réception…Ils ont découvert à l’occasion de cette visite guidée, les caractéristiques architecturales exceptionnelles de l’hôtel de ville de Grenoble : la masse des douze étages reposent en effet sur quelques piliers de béton… à l’image des galeries de l’Arlequin du quartier de la Villeneuve qui sont assises sur des pilotis de béton…

Le mercredi, les élèves ont bénéficié d’une séance d’initiation à la pratique du judo avec Johnny et la semaine s’est clôturée avec la visite de la caserne des pompiers de Saint-Martin-d’Hères.

Une prochaine session de l’Ecole ouverte au collège Lucie Aubrac sera proposée les 21, 22 et 23 octobre avec le plasticien Yves Monnier.

 

 

Une autre histoire du Petit Chaperon rouge

mai 9, 2017 dans 6ème, CDI, Français

Le 06 avril dernier, les élèves de 6e4 ont tenu à accueillir au collège Gustave Akakpo, invité du Printemps du livre de Grenoble, par la lecture de la première scène de sa pièce, La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge, dernier texte publié de l’auteur.

Les collégiens sont parvenus à dominer leur émotion ; Gustave Akakpo les a rassurés : lui-même comédien, il sait le ventre qui se rétracte quand on lit et joue pour la première fois devant un public et l’auteur lui-même !


Comment je suis devenu écrivain…


Gustave Akakpo a raconté comment il est devenu écrivain : enfant, le plaisir de lire des bandes dessinées, des albums, des romans photos, des contes, tout en se nourrissant des histoires racontées par sa grand-mère, ou celles inventées entre cousins ont nourri son envie d’écrire des histoiresUne fois les albums et les bandes dessinées dévorés, il découpait sur le fauteuil du salon les images, comme pour mieux s’approprier l’histoire et rendre encore plus vivants les personnages de papier. Cette manie du découpage le conduit tout naturellement au dessin.

Etre écrivain, ce fut aussi pour Gustave Akakpo, s’inventer un ami imaginaire, alors qu’enfant, la timidité et le bégaiement l’empêchaient de dire et de se confier…


Comment est née La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge ?


L’écrivain est revenu sur la genèse de la pièce : «  je travaillais dans un théâtre quand on m’a demandé d’écrire une histoire ». L’auteur raconte qu’il n’aimait pas, dans la version du Petit Chaperon rouge de Perrault, le personnage cruel du loup, alors que lui, aime les loups, ainsi que la morale qui transparaît à travers l’histoire : « si vous déviez du droit chemin, attendez-vous à connaître quelques problèmes ! ». L’écriture de la pièce lui a demandé quatre mois de travail, une façon pour lui de « raconter et interroger le monde dans lequel nous vivons ».

La rencontre avec le dramaturge a permis d’éclairer certains passages de la pièce, qui ont questionné les élèves : l’ambivalence du loup tantôt protecteur tantôt inquiétant ; l’identité du Petit Chaperon rouge : est-elle une ogresse ? la symbolique de l’habit de fer qui enserre la fillette ; la fin ouverte de la pièce, alors que les contes en général se terminent bien ou mal ; la vision sombre du monde où des parents pingres et égoïstes abandonnent leur fille à la grand-mère, tout entier préoccupés de faire tourner leur petite entreprise commerciale lucrative… Gustave Akakpo a aussi souligné les préoccupations écologiques qui affleurent dans le texte…

La Véridique histoire du Petit Chaperon rouge n’a pas encore été représentée sur scène. La rencontre avec Gustave Akakpo et les éclairages qu’il a apportés ont permis d’imaginer ce qu’elle pourrait être : un questionnement sur le monde que nous voulons laisser en héritage.

« Là où il fait si clair en moi »

avril 9, 2017 dans 6ème, CDI, Enseignements, Français

Tanella Boni, écrivaine, poétesse, professeure de philosophie, fut l’un des nombreux invités du 19e Printemps des poètes qui avait pour thème Poètes d’Afrique<s> & d’ailleurs. Le 28 mars dernier, La Maison de la Poésie a organisé au collège une rencontre entre la poétesse et les élèves de 6e1 de M. Ouerhani.


« Mon père me racontait des histoires de France, pas de belles histoires… »

Elle a parlé de son enfance en Côte d’Ivoire, « un petit carré »  en Afrique, de son père, chasseur de gibier, qui fut l’un des nombreux tirailleurs à s’être battu sur la terre de France, pendant la seconde guerre mondiale. Quand elle était petite, ce père lui racontait des histoires de France, mais pas une histoire intellectuelle ou littéraire, non, une histoire de guerre, une histoire de soldats noirs devant lesquels les femmes françaises fuyaient quand ils arrivaient dans les villages…


« Moi, je ne parlais pas… »

Son dernier recueil poétique s’intitule Là où il fait si clair en moi (éditions Bruno Doucey, 2017). Elle a raconté aux 6e l’étrange connexion entre la poésie et le silence dans lequel elle s’était murée jusqu’à l’âge de dix ans.

« Moi, je ne parlais pas ; pas un mot ne sortait de ma bouche, ni à la maison, ni à l’école ; j’écoutais… ; entre dix et douze ans, ce qui m’a permis de sortir de ce silence, c’est quand j’ai commencé à écrire de la poésie ; je parlais des manguiers, des insectes, des fourmis… ».


« Je parle dans la langue de l’autre »

A la question « qu’est-ce qui fait que vous n’écrivez pas dans votre langue maternelle ? », Tanella Boni explique qu’en Côte d’Ivoire, il n’existe pas de littérature nationale ; en effet, la langue officielle demeure le français, tandis que des dizaines de langues ( le baoulé, le bété, le dioula…) sont parlées et coexistent, sans que ces langues portent une littérature nationale, et elle le déplore.

Nous avons pu écouter certaines de ses poésies mises en musique et chantées par des interprètes comme Gérard Pitiot ou Bernard Ascal ; des chansons inspirées de ses nombreux voyages en Colombie, au Sénégal, en Guadeloupe… et qui parlent de la vie, celle des ouvriers, des pêcheurs, des gens de peu qui survivent.

Les préoccupations de Tanella Boni aujourd’hui : la nature bafouée, le désert qui avance… Elle a ainsi écrit l’album Le Rêve du dromadaire pour sensibiliser les enfants à la sécheresse qui menace partout en Afrique et une biographie de Wangari Maathai, celle qui guérit la terre, prix Nobel de la Paix en 2004, pour rendre hommage à celle qui au Kenya a montré la voie du militantisme écologique en plantant des arbres.

Elle a rappelé sa filiation avec les grands poètes de la négritude, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire ; dans Là où il fait si clair en moi, Tanella Boni, en sept poèmes, parle de l’exil, de la mémoire de la Traite négrière, de la condition des femmes africaines et de « la langue de l’autre », devenue sienne.

 

Les mots sont mes armes préférées

Mots qui font la fête

Sur la parcelle où je veille

Au large de ma tête sentinelle

Qui déborde et déborde de joie

Submergée de silence

Au seuil des mots à venir

                           Là où il fait si clair en moi, éditions Bruno Doucey,2017

IN-croyable presse !

avril 7, 2017 dans 4ème, CDI, Citoyenneté, Education aux médias, Français, Histoire, Sorties - Voyages

 

Le 28 mars, les 4e4 ont visité à la bibliothèque Chavant, l’exposition conçue par la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de Grenoble, IN-croyable presse !

Cette visite guidée s’inscrit dans l’EPI Information Communication Citoyenneté et le prolongement de La 28e semaine de la presse au collège.


Les élèves ont participé à deux ateliers : le premier consistait en une visite guidée de l’exposition qui retrace les temps forts de la presse écrite en France, du 17e siècle à nos jours : le traitement de l’information, la censure, le scoop, le fait divers, la presse people, ses relations conflictuelles avec les pouvoirs politique, économique ou religieux … autant de sujets qui mettent en lumière les grands enjeux de la presse aujourd’hui, en pleine mutation numérique, confrontée à la défiance et la désinformation.

Tout en visitant l’exposition, les collégiens ont joué le jeu d’une équipe de rédaction ; leur défi : fabriquer la Une d’un journal, à partir de plusieurs informations proposées et différents points de vue possibles.

Le second atelier s’est tenu autour du visionnement de plusieurs vidéos, extraites du site de Francetveducation, consacrées à l’éducation des médias : c’est quoi une information ? qu’est-ce qu’une source ? les journalistes sont-ils objectifs ?…


Les élèves de 4ème ont quelques difficultés à toujours bien mesurer les enjeux de l’information dans la société actuelle. Cependant, l’exposition IN-croyable presse ! leur a permis, sur un mode ludique et interactif, de remonter le temps, et peut-être d’entrevoir à quoi ressemblera le journalisme de demain ?

Frontière

décembre 2, 2016 dans 3ème, Arts, CDI, Français, Sorties - Voyages

  • Antoine Cassar est né à Londres, a vécu en Espagne et réside aujourd’hui à Malte. Il est poète, traducteur, journaliste et grand voyageur…
  •    Les 21 et 22 novembre dernier, il rencontrait au collège les élèves de 3e4 pour préparer avec eux la journée du 25 novembre à L’Heure bleue (salle de spectacle) pour le festival de poésie Gratte-Monde. Ce sera une journée particulière, entièrement consacrée à la poésie ; elle se partagera entre un atelier d’écriture avec l’écrivain, et l’après-midi, l’amicale confrontation sur scène avec d’autres collégiens et lycéens, qui mettront eux aussi en voix les textes écrits le matin avec les autres poètes invités du festival.

                             Les hommes traversent les frontières ?

                             Ce sont plutôt les frontières

                             Qui traversent les hommes.

                                                                       Antoine Cassar, haïku

  • L’écrivain a invité les 3e4 à réfléchir sur la notion de frontière à partir de quelques chiffres éclairants : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, plus de 50 murs ont été érigés dans le monde, y compris en Europe : entre la Hongrie et la Serbie, la Slovénie et la Croatie ou encore la Turquie et la Bulgarie, celui de Calais… « Nous vivons dans un monde de plus en plus fragmenté », a -t-il déclaré, par les guerres et la mondialisation économique… Lui qui voyage beaucoup, il se rend compte à quel point il est de plus en plus difficile de se déplacer. « Si on compte tous les murs frontières construits dans le monde, cela revient à une seule ligne, longue de 40 000 kilomètres ! », nous a-t-il appris.

Antoine Cassar suit sur la carte le chemin des premières migrations humaines et défend l’idée d’une humanité, espèce naturellement migratoire.

 

  • Pour le poète, les frontières transforment les pays en îles. Il a projeté plusieurs photographies de ces murs érigés sur toute la planète et les réponses faites par des citoyens anonymes ou des artistes qui disent leur colère, leur refus absolu de ces barrières artificielles qui divisent les hommes.

L’écrivain projette des images qui représentent les nombreux murs frontières construits sur les différents continents et les détournements qu’en ont faits artistes ou anonymes qui en contestent l’existence.

  • Comment dire non ? Comment résister ? Ce qu’Antoine Cassar propose aux collégiens, c’est « une forme de résistance contre les murs, en écrivant sur les murs ». Il leur propose une situation :

« Imaginez que vous soyez devant un mur infranchissable et que vous ne pouvez pas passer : que voudriez-vous écrire sur ce mur frontière ? ».

  • Au fur et à mesure, un nuage de mots donnés par les élèves essaime sur le tableau ; ils seront la matrice de la création poétique qui sera lue par les élèves sur la scène de L’Heure bleue :

                                 « Un jour, cette frontière sera poussière »

                « La colère, c’est la guerre qui se transforme en enfer »

                          « Une construction pour une séparation »

                                 « les frontières font la guerre »…

  • Ce sont ces mots d’élèves qui donneront naissance au Passeport poétique des 3e4, qu’ils joueront sur la scène.
  • Vendredi matin 25 novembre, avec Antoine Cassar et M. Ouerhani, professeur de lettres : mise en voix, répétitions et mise en scène du Passeport poétique anti-frontières écrit par les élèves.
  • L’après-midi : les 3e4 sont les premiers sur la scène :

Une journée pleine de surprises et d’émotion, pendant laquelle les élèves ont appris que le trac est une autre frontière, intérieure celle-là, qu’il faut savoir dompter et dépasser !

 

La Folie Florentine !

mai 10, 2016 dans 6ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

 

 

 


Elle est romancière, poétesse, musicienne, plasticienne, performeuse… Florentine Rey est une artiste totale ! Sur son site ( http//florentine-rey.fr ),  on peut visionner ses performances. Comme elle le souligne, il faut partir de l’étymologie : performer, c’est passer à travers la forme, c’est à dire trouver une forme personnelle pour toucher le public. Ainsi, elle met en scène des textes où s’épanouissent des moments poétiques ou absurdes de la vie quotidienne. Ses thèmes de prédilection : le corps, le féminin, la liberté…

Le 09 mai, Florentine Rey a rencontré les 6e4 ; elle leur a confié que ses récits théâtralisés naissent le plus souvent d’un geste, d’une situation, d’un événement et que le texte en découle tout naturellement, quasiment d’une traite, comme une évidence !

Elle a proposé aux collégiens la réalisation d’un livret personnel, pour les conduire sur le fil de l’écriture poétique, à travers quelques exercices simples.


      « Ecrire, c’est rendre claires les choses pour les rendre accessibles »

  • Avant toute chose, « s’éclaircir l’esprit avec les pages de nettoyage », c’est à dire se vider la tête en notant tout ce que l’on ne veut pas garder et mettre dans son texte à écrire ; jeter ensuite à la poubelle ces mots qui recouvrent une réalité que l’on veut éloigner, faire disparaître.
  • En guise de couverture : dessiner, station debout, en regardant droit devant, ce qui est autour de soi et que l’on a gardé en mémoire. C’est une expérimentation de la liberté liée à la mémorisation des formes, des couleurs et des sensations.

    Des gribouillis ? Non, simplement une retranscription intuitive de la réalité alentour !

  • Continuer dans le corps du livret en listant spontanément toutes les actions accomplies depuis le matin.
  • Sur le fil poétique : se remémorer un souvenir, une scène marquante en la racontant « en contiguïté », c’est à dire en reliant les images entre elles d’une manière désordonnée, en accumulation.
  • Enfin, l’acte poétique lui-même ou chercher le sens derrière les mots : choisir trois mots et les faire vibrer en fonction de leur sens et de leurs sonorités, ce qui conduit à l’expression métaphorique du monde.

   

         « Mon truc, c’est les mots ! »

Cette séance d’écriture a permis aux 6e4 de se mettre en condition pour approcher l’acte poétique. Ils ont découvert une artiste protéiforme à l’énergie chaleureuse et communicative !

       Florentine Rey et Nejib Ouerhani, professeur de lettres des 6e4

Avec les enfants du monde

avril 12, 2016 dans 6ème, Arts, CDI, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège


 

Le point de départ de la session de l’Ecole ouverte d’avril 2016  est le film de Pascal Plisson Sur le chemin de l’école sorti en 2013 : ce film documentaire raconte les vies attachantes mais difficiles de quatre adolescents dans le monde qui doivent faire des dizaines de kilomètres à pied ou à cheval pour aller à l’école.

Ce film met en lumière le droit fondamental de l’accès à l’éducation et évoque inévitablement en creux tous les autres droits des enfants bafoués aujourd’hui : l’égalité filles-garçons, la liberté d’expression, la santé, le logement…

Nous avons donc proposé aux participants de cette session de réfléchir à la place des enfants dans nos sociétés par le biais artistique : rendre hommage au courage et à l’esprit de solidarité des enfants du film de Pascal Plisson en écrivant les paroles d’une chanson et en composer la musique avec le musicien Pierre-Henri Michel ; une visite guidée au musée de Grenoble sur le thème de la représentation de l’enfant dans l’art ; enfin, clore la session avec la collaboration du plasticien Yves Monnier qui s’est inspiré des œuvres de l’artiste allemand Carsten Höller ; ce dernier a créé dans les années 1990 des installations qui mettent en scène de véritables pièges pour enfants : ses œuvres représentent des pièges construits avec des appâts qui répondent au désir des enfants : un jeu, des friandises… des mécanismes qui, s’ils étaient réels, provoqueraient chez les enfants tentés des blessures graves ou la mort… Le propos de l’artiste est de mettre face à face la position des enfants dans la société actuelle et l’emprise de la société de consommation,  susciter la réflexion chez le spectateur, en même temps qu’il évoque le tabou de l’infanticide.

PROGRAMME DE LA SEMAINE :

Lundi 11 avril :

Après le visionnage du film Sur le chemin de l’école, les élèves ont retenu deux mots qui pour eux  reflètent bien les valeurs mises en exergue par le parcours de vie des personnages : bienveillance et solidarité.

Mardi 12 avril :

Le plasticien Yves Monnier présente son travail artistique ainsi que le projet qu’il propose de réaliser, inspiré de Carsten Höller.


Il présente ci-dessous quelques-unes de ses œuvres et sa démarche artistique : le paysage considéré comme un document, une trace, une empreinte de l’homme à déchiffrer :

  • Il montre les œuvres de Carsten Höller qui traite, d’une manière très personnelle et provocatrice du thème de l’enfance ; les élèves y trouveront  quelques éléments d’inspiration pour imaginer et créer à leur tour un piège pour adolescents :

Premières esquisses de pièges dessinés sur le papier et propositions d’objets qui serviront d’appâts :

 

Mercredi 13 avril :

Les élèves illustrent par un dessin les mots bienveillance et solidarité :

Ils cherchent des informations sur la Convention internationale des Droits de l’enfant sur le site http://www.humanium.org/fr

Les élèves sont maintenant sollicités pour trouver les premières paroles de la chanson qu’ils doivent composer le lendemain avec le musicien Pierre-Henri Michel :

Jeudi 14 avril :

Le musicien Pierre-Henri Michel se met au piano pour composer la chanson avec les élèves ; couplet et refrain sont écrits au fur et à mesure au tableau. Tous entonnent ensuite la chanson sur un air jazzy et original, créé par le musicien :

La chanson composée par les élèves :

C’est pas facile

C’est pas facile, un monde avec respect
C’est pas facile, de tous s’aimer
C’est pas facile, de ne pas se moquer
Mais c’est facile, de s’insulter

Refrain

Roumains, Macédoniens,
Arabes et petits Français
L’important, c’est de vivre en paix…

L’après-midi, nous nous rendons au musée de Grenoble pour une visite guidée sur le thème de l’enfant dans l’art ; deux axes d’étude nous sont proposés : l’enfant dans les tableaux du Moyen-Age et de la Renaissance où il est essentiellement représenté par le visage christique et l’enfant dans la peinture du  XVIIIe siècle où il est avant tout la figure de l’héritier :

Vendredi 15 avril

Les enfants procèdent aux installations qu’ils ont inventées avec l’aide de l’artiste Yves Monnier :


 Tous les dessins des enfants sur les thèmes de la solidarité et la bienveillance :

Traversée

avril 8, 2016 dans 5ème, CDI, Français, Théâtre

  


 

Estelle Savasta est metteur en scène de théâtre. Elle fut l’un des nombreux auteurs invités au Printemps du livre de Grenoble 2016. Elle a donné rendez-vous aux 5ème3 le 30 mars à la bibliothèque de l’Arlequin pour une rencontre autour de sa pièce de théâtre, Traversée, publiée en 2013.

Les 5e3 l’ont accueillie en jouant des extraits de sa pièce, un texte qui fait écho plus que jamais à l’actualité. Il y est question en effet d’exil et d’immigration mais aussi d’un mensonge qui structure la relation d’une femme et d’une enfant.

 

  Les 5ème3 ont joué quelques scènes de la pièce Traversée.


 

  • Où avez-vous trouvé l’inspiration pour écrire votre pièce ? a demandé Hager pour ouvrir la rencontre.

 « C’est un texte un peu magique ; je me suis réveillée un matin et j’avais cette histoire dans la tête… Le texte est arrivé tout seul ! ». Aux origines de l’histoire a-t-elle précisé, il y a une conversation entendue dans le métro, après la catastrophe de Fukushima et qui a suscité chez elle l’interrogation suivante : « y a-t-il une conscience du monde autour de moi ? ».

 

  • Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce texte ?

L’écriture de la pièce a été rapide a précisé l’auteur : «  j’avais l’impression que j’allais exploser si je ne racontais pas cette histoire ! ». Trois semaines d’écriture en juillet, et en octobre ce furent les premières représentations sur la scène, à Paris.

 

  • Comment avez-vous travaillé ?

Estelle Savasta a beaucoup lu et visionné de films sur le sujet de l’exil et de l’immigration ; elle a aussi rencontré quatre jeunes hommes clandestins qui lui ont raconté leur périple à travers l’Europe, leur volonté acharnée de construire une autre vie… Elle a eu besoin de faire des schémas sur des cartes, de tracer des parcours pour matérialiser un peu les pérégrinations de vies incroyables…

 

  • Avez-vous quelqu’un de sourd dans votre entourage ?

« Avant la pièce et le spectacle, non ! Mais depuis, oui ! ». L’un des personnages de la pièce est sourd et Estelle Savasta raconte combien, depuis toute petite, elle est fascinée par la langue des signes, avec en tête le souvenir d’une fille dans son école qui signait pour communiquer avec sa mère, dans une langue fascinante et mystérieuse. Elle a eu une véritable révélation quand elle a appris cette langue : celle des mains qui s’agitent et qui vivent.

 

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

« Quand on est petit, on a le don d’inventer des histoires et puis ça s’en va ! Il faut prendre soin des histoires que l’on porte en soi ! » a répondu la metteur en scène.

 

  • Il n’y a pas de rôle de garçon dans la pièce ?

C’est une histoire de fille et de femme, essentiellement, a commenté la dramaturge, un sujet inépuisable…

 

 Les 5ème3 ont dit combien ils avaient trouvé le texte bien écrit, touchant, soulignant le personnage courageux de la mère. Estelle Savasta a dit qu’elle avait voulu écrire un texte qui fasse débat autour d’une femme, Youmna, qui décide à la place de sa fille, décide de se sacrifier et choisit le mensonge pour la protéger : « c’est bien et c’est bizarre en même temps », confie l’auteur.

La conscience du monde existe bel et bien et « on a la possibilité de changer les choses » a déclaré Estelle Savasta pour clore la rencontre. Il n’y aura pas de suite à Traversée mais celle que l’écriture a prise un peu par surprise, selon son expression, continuera d’inventer des histoires.

 

 

 

Le travail et la poésie

décembre 21, 2015 dans 3ème, CDI, Français

Le 27 novembre dernier, les 3e3 ont fait la connaissance de Reza Afchar Naderi, poète franco-iranien, aussi journaliste et traducteur des poètes classiques persans. Il fut l’un des nombreux invités du 20ème festival de poésie « Gratte-Monde » organisé par la Maison de la poésie Rhône-Alpes fin novembre dernier, placé sous le parrainage de Gérard Mordillat, poète, cinéaste et romancier.

Que signifie le travail à notre époque ? Quelles relations entre le travail et la poésie ? Comment choisir un travail qui correspond à ce que l’on est, en faisant abstraction de la pression sociale, des préjugés de toutes sortes (sexisme, mentalités liées aux représentations culturelles stéréotypées…) ou encore de la peur de la précarité économique ?

Reza Afchar Naderi a donné quelques clés aux élèves pour tenter de répondre à ces questions.


 

 


Il a d’abord rappelé l’étymologie du mot travail ; le terme vient du latin trepalium qui signifie instrument de torture. Ainsi depuis l’origine, le travail est étroitement lié à la notion de souffrance. Le travail est ambivalent : il asservit et il libère. Mais comment faire en sorte qu’il soit plus un instrument de libération et moins d’aliénation ?
Pour le poète, il faut faire un travail pour essayer d’explorer en soi ce qu’il y a d’unique et de meilleur afin de trouver ce qui correspond le mieux à son talent personnel.


 


« Soyez plutôt maçon, si c’est votre talent »     (L’Art poétique, Chant IV, Nicolas Boileau)

Reza Afchar Naderi a proposé aux élèves un jeu : exprimer ce que l’on n’ose pas dire. Il a demandé à chacun d’eux d’écrire de façon anonyme sur un papier le métier idéal qu’il aimerait exercer. Voici les réponses : éditeur, gendarme, esthéticienne, mécanicien, professeur de sport, animateur pour les enfants, pâtissière, strip-teaseuse, médecin, hôtesse d’accueil, chauffeur routier, architecte, militaire, puéricultrice, éducatrice, agent immobilier, informaticien, procureur, traductrice, historienne, aide-soignante, secrétaire, chirurgien.

Reza Afchar Naderi fait remarquer que seul le travail de création, comme celui du poète, gagne de la valeur avec le temps car il est coupé du rendement recherché par la société de consommation.
« Chercher en soi ce qui est unique et ce qu’il y a de meilleur » : c’est le grand projet de vie auquel les collégiens doivent s’atteler selon Reza Afchar Naderi ; un projet qui nécessite patience ; alors le travail deviendra une richesse, « un trésor » selon le mot de La Fontaine.


⦁ Pour en savoir plus sur Reza Afchar Naderi : www.rezablog.com
⦁ Voir aussi les n° 54 de la revue Bacchanales intitulé Poètes libertaires d’Iran et Bacchanales N°53 intitulé Travail – 59 poètes. Ces deux numéros sont disponibles au CDI.

A l’Ecole des écrivains. Des mots partagés.

mai 4, 2015 dans 3ème, Arts, CDI, Français

 

« Je ne sais pas de quoi je vais parler avant d’écrire »

Pour l’édition 2015 de l’opération littéraire « A l’Ecole des écrivains. Des mots partagés », Emmanuel Merle revient au collège, pour la deuxième fois et notre plus grande joie.

  • Vendredi 10 avril : c’est  la première prise de contact des 3e2 avec l’écrivain.

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Comment avez-vous fait pour être publié ? Est-ce que vous vivez de l’écriture ? Est-ce que chaque livre est une histoire particulière ? Qui vous a donné envie d’écrire ?

L’écrivain a répondu aux questions des collégiens en parlant d’abord de son cheminement littéraire : à 18 ans, les premiers textes ; à 30 ans, l’intuition d’une nécessité de l’écriture, et à 40, de manière inattendue et inespérée, son premier manuscrit publié : ce sera un recueil de douze nouvelles, Redwood ; un court instant, la tentation du roman se présente ; mais c’est la poésie, de façon absolue et sans doute définitive, qui lui apparaît comme une évidence, même si elle se vend peu, même si les éditeurs sont prompts à ne prendre aucun risque pour une forme qui hélas rencontre trop peu d’élus.


« Dans chacun de mes poèmes, il y a un bout d’histoire »

  • Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre ?

Emmanuel Merle écrit vite : entre 3 à 6 mois pour un recueil de poésie. Il a insisté sur le travail : «  on n’a pas toujours envie d’écrire mais tu écris quand même ! » : plus que le roman sans aucun doute, la poésie exige de l’exercice, du labeur pour trouver le mot qui accueillera la forme juste. « Dans chacun de mes poèmes, il y a un bout d’histoire » dit-il, mais une histoire qui s’écrit avec des mots qui en appellent d’autres… et qui retrouvent la filiation des poètes admirés : Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Jim Harrisson…

« On peut entendre, sans forcément comprendre »

  • Pour les deux prochaines rencontres du mois de mai, Emmanuel Merle a proposé aux collégiens de créer un livre d’artiste, appelé encore livre pauvre qui mêlera l’originalité d’un texte à la fantaisie d’un dessin et d’une forme. Une manière créative d’entrer dans l’univers de la poésie.

Emmanuel Merle présente aux 3e 2 quelques exemplaires de livres d’artistes.


 

  • L’écrivain a clos cette première rencontre par la lecture de quelques poèmes, extraits de son recueil Un Homme à la mer.

Le journal du collège

mai 4, 2015 dans 3ème, 4ème, 5ème, 6ème, Arts, CDI, Enseignements, Infos Parents

Les élèves de 3ème de l’Atelier Éducation  aux Médias ont mis en place un journal LES ECHOS DE LA38.

Il a pour vocation de donner la parole aux élèves et aux adultes du collège sur les thèmes qui les intéressent.

Un comité de rédaction se réunie les mardis après midi dans le cadre de l’atelier et étudie les articles proposés.

A vos crayons, appareils photos, micros…

Cet atelier est animé par Mme Carreno, M.Olivares et un journaliste Benjamin BULTEL (Le crieur de la Villeneuve)

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La liberté d’expression, ça s’apprend !

mars 27, 2015 dans 3ème, 6ème, CDI, Français, Histoire

Les 6e3 et 3e3  ont activement participé à la 26e semaine de la presse à l’école. « La liberté d’expression, ça s’apprend ! » : tel est le thème retenu pour cette dernière édition, en lien direct avec les attentats de Charlie hebdo de janvier dernier.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=HQ0tnpuBUvI&index=22&list=PL1tu1UO10ih732Wi82ciNZdGbKilzQ3OG

Les 3e3 ont été invités à réfléchir à la notion de liberté d’expression à partir du film d’animation réalisé par l’EREAPI  ; ce film revient sur l’attentat de Charlie hebdo et rappelle entre autres les jalons historiques de la liberté d’expression en France. Après le visionnage du film, les élèves ont pu livrer à bâtons rompus leurs sentiments, leurs ressentis : ainsi, pour certains, on ne peut pas tout dire, notamment en matière de religion, pour ne pas blesser, heurter les croyances de certaines personnes ; d’autres ont dit ne pas comprendre pourquoi les caricatures de Charlie hebdo ou les propos d’un célèbre journaliste écrivain ne sont pas condamnés par la justice, tandis que les propos d’un  humoriste le sont ; d’autres élèves, plus radicaux, seraient partisans d’interdire la liberté d’expression pour éviter toute confrontation d’idées et donc tout problème ! Le film d’animation a rappelé aux élèves qu’en France, la liberté d’expression s’inscrit dans un cadre juridique très précis. Des points de repères indispensables pour des esprits en formation, parfois provocateurs ou insensibles aux arguments rationnels !


Avec la journaliste Salera Benarbia

 Pour continuer le travail de réflexion entamé en début de semaine, les 3e3 et 6e3 avaient rendez-vous, jeudi 26 mars, avec Salera Benarbia, journaliste au Dauphiné libéré. Elle a parlé de son métier et de son parcours. D’abord correspondante locale, elle a été engagée au Dauphiné libéré il y a maintenant quinze ans. Ses outils pour aller chercher l’information ? Un carnet, un stylo et un appareil photo. La première qualité du journaliste selon elle ? La curiosité. Ce qui lui plaît dans ce métier ? L’absence de routine et l’envie toujours renouvelée d’apprendre. Elle a parlé de déontologie, en rappelant qu’un journaliste « n’a pas le droit de tout dire et n’importe comment ». C’est un métier de passion où l’on ne compte pas ses heures, qui exige de l’énergie et du travail pour chercher l’information, la recouper, enfin écrire un article dans les règles de l’art, pour accrocher l’attention du lecteur. Elle a aussi abordé le changement de modèle économique de la presse papier avec internet. Pour terminer,  elle nous a confié qu’elle aimerait de plus en plus s’orienter vers le journalisme documentaire audiovisuel.


Les 6e3 à la UNE

Pour couronner cette semaine de la presse, nous avons demandé aux 6e3 de s’organiser en plusieurs rédactions pour concevoir et imaginer des UNES d’un journal qui parlerait de l’actualité du collège.

Nous attendons de découvrir ces UNES  !

 

19e Festival international de poésie « Sur la guerre et la paix »

décembre 8, 2014 dans 3ème, Arts, CDI, Français


 


 Le 28 novembre dernier, les 3ème3 ont participé au 19ème Festival international de poésie, organisé par la Maison de la poésie Rhône-Alpes. Cette journée poétique s’est déroulée à l’Heure bleue qui pour l’occasion accueillait collégiens, poètes, musiciens et comédiens pour créer, recueillir et mettre en voix « le silence possible des mots ».

 Le monde est un partage

 C’est sous la conduite du poète congolais Gabriel Okoundji que les 3ème3 se sont essayés à l’écriture poétique.

 Gabriel Okoundji, né en 1962 au Congo-Brazzaville, a publié une quinzaine de recueils et a remporté de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le Prix Léopold Sédar Senghor de poésie en  2014 pour Chants de la graine semée. Il est aussi psychologue clinicien à l’ hôpital et enseigne la psychologie à l’université  de Bordeaux. C’est l’une des grandes figures de la poésie contemporaine d’expression française.


 

         Gabriel Okoundji

Gabriel Okoundji

 


 Sur le chemin du poème

 Il a proposé d’ouvrir l’atelier d’écriture du matin par une ronde où chacun devait se présenter. Les élèves se sont montrés encombrés, gênés par une parole qui s’échappait et refusait de choisir quelques mots pour dire leurs centres d’intérêts, leurs préférences culturelles…

 Gabriel Okoundji a parlé alors de l’écriture et rappelé l’image obsessionnelle et fondamentale qui préside à l’écriture de ses poèmes : celle de l’arbre et de ses racines, reflet de « son histoire à soi, la seule richesse que l’on a » a-t-il dit.

 Les élèves ont alors jeté sur le papier des mots en lien avec ce thème et la notion d’identité pour accomplir avec le poète un tissage collaboratif. Mots envoyés et dispersés, puis repris pour éliminer ce qui est en trop et ne laisser que l’effet indicible de la poésie. Cet échange a donné naissance au poème Origines :


     Origines

Nos origines commencent avec le big bang suivi d’Adam, Eve, Mohamed, Moïse et Jésus

Nos origines sont la fière richesse de notre terre

Nos origines, toutes différentes, transmises par nos ancêtres

Nos origines nous collent à la peau et fondent le mariage de nos gênes

Nos origines nous révèlent nos traditions et notre culture

Nos origines ont éclos de la terre et retourneront à la terre

Nos origines nous glorifient, ne les renions pas

Nos origines sont notre passé, notre présent et notre avenir

Nos origines se termineront un jour et ce sera la fin du monde


 Dire le poème

 L’après-midi une scène ouverte était organisée où les collégiens accompagnés du trio musical « Cheval des 3 » ont dit les mots, nés le matin.

 La comédienne Claire Terral a aidé les 3ème3 à mettre en voix et en scène leur poème. Une expérience collective qui a permis de dépasser l’appréhension individuelle de dire devant le public.


 


 

 

 

Trois jours en août avec l’artiste Yves Monnier

octobre 10, 2014 dans Arts, CDI, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège

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     Yves Monnier est un jeune artiste plasticien de 31 ans qui vit et travaille à Grenoble.

 Les 27, 28 et 29 août derniers, il a fait entrer de manière originale les participants de l’Ecole ouverte dans l’univers de l’art contemporain.


 

« Le paysage est un document… »

Il nous a d’abord présenté son travail et quelques-unes de ses oeuvres ; celles-ci mélangent différentes techniques (image numérique, plaque de fibrociment, peinture de carrosserie, goudron, feuilles d’or…) qui mettent en scène une matérialité qui reflète l’impact de l’activité humaine sur notre environnement et son influence sur notre perception de la réalité.

 

              Les vaches de monsieur Yoshizawa


             

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                 Les atmosphères retournées


 « Comme si l’histoire était un lieu… »

S’inspirant de l’artiste anglais Liam Gillick exposé au CNAC au même moment, Yves Monnier nous a  proposé un jeu pour expérimenter les différentes strates psychologiques et physiques contenues dans chaque événement. Comment un individu (avec son corps, sa psychologie, son histoire…. et l’ensemble des éléments parasites qui le composent ) reçoit à un moment précis un fait, une actualité, un objet… ?

Le jeu s’est déployé dans l’atrium qui s’est alors transformé en un vaste plateau où les participants se sont retrouvés dans des positions improbables (couchés, bras en l’air, sur une jambe, un oeil fermé…). Ces attitudes physiques contraintes qui relevaient de la performance, mettaient en jeu la réception d’un événement d’actualité à partir d’éléments objectifs (initiales du nom et prénom du participant, âge de ses parents…) et subjectifs (son pays ou sa couleur préférée…). Les acteurs, toujours dans la position contrainte, devaient ensuite dessiner ce qu’ils voyaient de la scène  et laisser sur le croquis une trace coloriée de  l’ élément fort qu’ils en retenaient. 


 L’après-midi, les élèves ont visité l’exposition de Liam Gillick au CNAC et les jours suivants, ont participé à différents ateliers où ils ont construit une fiction à partir des axes de création de cet l’artiste : l’écriture, les objets du quotidien et la fiction.

 

          Les installations de Liam Gillick au CNAC, août 2014


Le jeu proposé le matin par Yves Monnier a en quelque sorte préparé les élèves à recevoir les installations de l’artiste anglais qui interroge la relation fluctuante  entre l’œuvre et son spectateur, l’œuvre et son lieu d’exposition, l’œuvre et son contexte historique.

Pas de doute : ces trois jours avec Yves Monnier et Liam Gillick nous ont montré un aspect fondamental de l’art contemporain : l’inépuisable questionnement de l’œuvre et du monde.

 

 

 

Terre vivante

juillet 24, 2014 dans 6ème, CDI, Club UNESCO, Ecole ouverte, Elèves allophones, Liaison écoles primaires - collège, Sciences, Sorties - Voyages


 

A 750 mètres d’altitude, un jardin qui nous invite à changer nos pratiques quotidiennes…


La session 2013-2014 du Club Unesco du collège s’est terminée le samedi 21 juin par la visite de la ferme écologique de Terre vivante située dans le Trièves.

Créée en 1994, Terre vivante veut démontrer que « l’écologie n’est pas une utopie ». Depuis 1999, c’est un centre de formation et d’apprentissages ouvert à tous les publics pour mettre en pratique jardinage biologique et écologie au quotidien.

L’un des objectifs de la visite du 21 juin dernier était de sensibiliser les élèves à la nécessité de faire évoluer les pratiques dans notre vie quotidienne, en matière d’habitat, de gestion de l’eau, d’économie d’énergie, de recyclage des déchets… Ainsi, les élèves ont participé à différents ateliers où ils ont pu mettre en œuvre leur ingéniosité et leur sens de l’observation.

Ils se sont ainsi métamorphosés en éco-architectes pour découvrir les caractéristiques de la  maison écologique, c’est-à-dire la maison qui respecte la santé de l’Homme et protège la nature. Quels matériaux utiliser ? Comment disposer les constructions pour économiser l’énergie et tirer profit au maximum des bienfaits de la nature ? Comment recycler les matériaux au lieu de les déposer à la déchetterie ? Comment chauffer efficacement l’eau…

 

Comment chauffer de l’eau en utilisant des matériaux rudimentaires : récipient en verre, feuilles d’aluminium, bout de bois… L’animatrice mesure la température pour déterminer le plus ingénieux du groupe.


 

Comment disposer les habitations pour économiser l’énergie ? Un vrai casse-tête !


 


Les élèves ont observé et admiré les jardins et les potagers de Terre vivante. Ils ont pu constater que l’absence de chimie, l’utilisation des bons outils, la gestion raisonnée de l’eau, l’association intelligente des plantes entre elles permettent de produire en harmonie avec le site naturel.

La beauté et la quiétude du cadre ainsi que les activités proposées ont permis au groupe de passer une journée belle et riche en enseignements.

 

 

Pour en savoir plus sur Terre vivante : http://www.terrevivante.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16ème Prix Frissons du Vercors

juin 16, 2014 dans 4ème, CDI, Français, Sorties - Voyages

 

Le 05 juin dernier, 160 collégiens de la Drôme et de l’Isère se sont donné rendez-vous au collège Raymond Guelen de Pont-en-Royans pour décerner le 16ème Prix Frissons du Vercors.

La matinée a débuté par le défi lecture. la 4ème3 du collège Lucie Aubrac et celle de Gérard Philipe de Fontaine allaient unir leurs talents pour tenter de répondre aux 36 questions qui portaient sur les six romans de la sélection 2014. Questions faciles et plus difficiles se sont succédé, mettant à l’épreuve des cerveaux concentrés et parfois même désorientés.

Les deux équipes n’ont pas gagné le défi  mais l’important était ailleurs : se rencontrer, mieux se connaître et partager un moment joyeux autour de la littérature jeunesse. Pour sceller leur amitié naissante, les élèves des deux classes ont choisi de baptiser leur équipe « les Babouchkas », en référence à l’un des romans de la sélection, Nina Volkovitch de Carole Trébor.

Un buffet offert par le collège qui nous accueillait a permis aux élèves de reprendre des forces car la journée était loin d’être terminée ! Après le pique-nique, en route pour la salle des fêtes où nous attendaient deux spectacles joués avec conviction et allant par la 4ème A de Raymond Guelen, dirigée par Valérie Charpinet ;  les premiers instants de trac ont vite été oubliés et remplacés  par la joie d’être sur scène.

Après avoir annoncé les gagnants du défi lecture – ce sont  les 4ème du collège Sport-Nature de la Chapelle-en-Vercors et ceux de Louis Lumière d’Echirolles qui l’ont emporté haut la main ! – Nathalie Moyroud, la maîtresse de cérémonie, a invité les meilleurs lecteurs de chaque classe à monter sur scène :  c’est leur enthousiasme et leur engagement dans cette 16ème édition qui ont été récompensés !

Enfin, le moment tant attendu : qui allait remporter le 16ème Prix Frissons du Vercors ? C’est la lecture d’un extrait qui nous a donné le nom du lauréat :   Charlotte Erlih, pour son premier roman Bacha Posh, a rassemblé le maximum de suffrages. Les élèves ont sans aucun doute été séduits par la singularité d’un roman qui met en lumière une pratique sociale et culturelle afghane peu connue :  les familles, qui ne comptent aucun garçon, perpétuent la tradition de travestir jusqu’à la puberté, une de leurs filles en garçon, sans prendre conscience et assumer forcément tous les bouleversements qu’engendrent le goût de la liberté !

L’auteur n’a pu physiquement être parmi nous mais elle a écrit aux lecteurs du Prix Frissons ; elle s’est dit « très heureuse » de recevoir ce prix attribué par de jeunes lecteurs et le considère comme un encouragement à continuer à écrire.

 Cette journée très réussie a montré une fois encore que le roman peut rapprocher des collégiens éloignés culturellement ou géographiquement.

Rendez-vous l’année prochaine à Fontaine pour une nouvelle édition du Prix Frissons !

Théâtre – Rue des voleurs

mai 30, 2014 dans 3ème, Arts, CDI, Français, Théâtre

Lundi 26 mai au soir nous avons assisté à une magnifique présentation par les élèves du collège de la pièce « Rue des Voleurs » adaptée du roman de Mathias Enard par Mme Fanny Brunet, professeur de français.

Rue des voleurs, Mathias Enard

Cette présentation a eu lieu à l‘Espace 600 lors d’une soirée de restitution des ateliers « théâtre » avec les collège des Saules, Aimé Césaire et du lycée Argouges.

 

Ainsi, tout le groupe du collège Lucie Aubrac a travaillé d’arrache-pied toute l’année sous la conduite de Bruno Thircuir, metteur en scène de la Fabrique des Petites Utopies.

Ce partenariat avec la Fabrique,  qui dure depuis maintenant sept ans, a de nouveau permis aux élèves de s’attaquer à un texte riche et profond et à se surpasser.

Encore une fois, félicitations à tous ces jeunes qui sont allés au bout de ce projet avec l’art et la manière !

 

Autoportraits

mai 27, 2014 dans 6ème, Arts, CDI, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège

  

 

« Moi, je suis ce que je suis. Mais je ne dis pas tout ce que je suis »

 

Pascal Bonafoux, historien de l’art. 


 

Quand un artiste fait son autoportrait, que cherche-t-il à représenter ?

Pour la session de l’Ecole ouverte qui a eu lieu du 28 au 30 avril dernier, nous avons décidé de susciter la réflexion des élèves  sur les enjeux de la représentation de soi : qu’est-ce que l’on veut montrer et qu’est-ce que l’on cache quand on fait son autoportrait ?

  • La première matinée de cette session a été consacrée à une histoire de l’autoportrait en peinture puis au visionnement d’un film qui retrace la vie de l’artiste mexicaine Frida Kahlo. Celle-ci a peint plus d’une centaine d’autoportraits dans lesquels transparaît toute la souffrance d’un corps qui, à la suite d’un grave accident de la circulation, a dû supporter pendant des mois le corset et l’immobilité. Ce qui fascine dans les autoportraits de l’artiste, c’est son regard, toujours le même, fixe et mystérieux, ourlé d’un mono-sourcil qui évoque une échappée vers l’ailleurs…

Autoportraits de Frida Kahlo

  •  L’après-midi, nous avons conduit les élèves au Musée de peinture pour les sensibiliser à une histoire du portrait et de l’autoportrait, en mettant en valeur l’évolution de la technique et le regard des artistes. Le point d’orgue fut l’observation de la toile Autoportrait au chevalet de Rembrandt où la maîtrise des couleurs et du coup de pinceau effacent presque le visage du peintre lui-même.

 Autoportraits de Rembrandt

  • Mardi et mercredi, les élèves ont été pris en photo ; puis, à la manière du peintre Philippe Cognée qui peint sur ses photographies pour obtenir un décalage avec le réel, ils ont à leur tour peint sur les clichés qui les représentaient. La peinture a agi comme un masque derrière lequel on se cache et qui permet aussi de se dévoiler, peut-être tel qu’on voudrait être vu.

 Autoportraits de Philippe Cognée

  •             Parallèlement, nous avons demandé aux élèves de faire par écrit leur autoportrait, cette fois, à la manière de Michel Leiris. La lecture de l’incipit de L’Age d’homme a servi de point de départ et de modèle pour se décrire de façon précise et presque froide, en utilisant le plus possible images et comparaisons.

Deux portraits de Michel Leiris par Francis Bacon

 « Un autoportrait, c’est une métamorphose » Pascal Bonafoux

Emmanuel Merle et la poésie contre l’indifférence du monde

avril 24, 2014 dans 3ème, CDI, Français

« Ecrire une poésie nécessite de descendre plus profondément en soi. »

La Chance

Le 28 mars dernier, les élèves de 3ème 1 rencontraient pour la première fois l’écrivain Emmanuel Merle, « parrain » 2014  de l’opération littéraire  A l’école des écrivains. Des mots partagés ou plus précisément, Emmanuel Merle le poète, car la poésie est la forme privilégiée de sa parole.

« Pourquoi le choix d’écrire ? » a demandé Takieddine. « J’ai toujours aimé les livres et la littérature. La littérature m’a aidé à supporter des moments difficiles. Ecrire, c’est être moins en retrait de l’existence ; ma vie est plus  pleine, plus lucide », a répondu l’écrivain.

Le  poète a parlé simplement de l’écriture et du travail qu’elle implique, des auteurs qu’il admire et qui l’ont aidé à écrire : Jim Harrison à « l’écriture pleine de nature, de vie, de couleurs », Philippe Djian dont le style original et vivant a provoqué l’envie d’écrire ou encore le poète Yves Bonnefoy qui « a profondément modifié [sa] façon de voir le monde »…

Il a aussi rappelé la joie et la peur entremêlées quand il apprend que les éditions Gallimard décide de publier son premier manuscrit ; mais aussi ses doutes, son questionnement en légitimité face au vertige de la confrontation avec les « Grands » de la littérature. « Pourquoi j’aurais le droit d’écrire ? », s’est-il longtemps demandé.

« La poésie, c’est la parole première »

Emmanuel Merle a évoqué son parcours de vie et son parcours en littérature, riche et tardif.

Il est né à La Mure en 1956. Son père, mineur, quitte l’école à 10 ans ; lui, le fils, est professeur agrégé de lettres depuis 33 ans et l’écriture fait partie intégrante de sa vie depuis une dizaine d’années. En 2004, Gallimard publie son premier livre, un recueil de 12 nouvelles, Redwood. « Le jour où l’on est publié, on a l’impression de sortir du tunnel » dit-il.

Redwood

Comment vient l’écriture ? « Je ne sais jamais ce que je vais écrire avant de l’écrire. Ce que je sais, c’est que tous les jours, je me mets devant l’ordinateur et j’attends que ça vienne. Quand tu es écrivain, tu es tout seul » souligne-t-il.

« Les baleines sont des morceaux de la lune gibbeuse tombés dans la mer… »

Emmanuel Merle a terminé cette première rencontre avec les 3ème1 par la lecture de quelques poèmes tirés de son recueil Un Homme à la mer, publié en 2007.

Il y évoque la disparition extraordinaire et inattendue de son père en 2003 : celui-ci meurt au sommet d’une montagne, le regard jeté au loin comme un défi  incroyable à la Nature ou un appel indicible au néant :

                     « Je connais un homme qui s’est risqué

                       Au soleil et au regard de la montagne.

                        Il a disparu.

                        Happé.

                        Quand l’univers est un oeil, vous mourez. »

Grâce à la poésie, Emmanuel Merle continue la conversation interrompue avec le père, avec la Nature pour médiatrice. La figure paternelle surprend sous les traits d’une baleine qui apparaît et disparaît, insaisissable, solitaire et mélancolique : « A quoi pensais-tu ? Où étais-tu ? »

Pour répondre aux rendez-vous manqués avec le père, le poète fixe les mots qui disent ce qui n’a pas été dit et traque le père disparu. Les mots cherchent à calmer la douleur en même temps qu’ils appellent la certitude : « Pas de doute. Tu m’as aimé ».

 

Le monde singulier de Martin Page

avril 21, 2014 dans 5ème, CDI, Français

 

 

 

 

 

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« C’est assez étonnant d’être sous le regard des autres ! »

C’est un dispositif journalistique qui attendait Martin Page à la bibliothèque de l’Arlequin, ce vendredi 11 avril 2014 : une caméra, un micro, deux interviewers, Sofia et Kevin, et un public prêt à prendre le relais des jeunes journalistes.

Avant de l’accueillir, les élèves de 5ème1 ont réalisé une enquête assez poussée sur le romancier, grâce à la consultation de nombreux sites qui lui sont consacrés et la lecture de ses romans jeunesse. Face à ce dispositif, Martin Page a déclaré plutôt « inquiétant » et « déroutant » que l’on puisse autant s’intéresser à lui ! On écrit et on dit tant de choses sur le net !

« On écrit ce qu’on est. »

Les premières  questions ont porté sur ses origines familiales et la façon dont lui viennent ses idées de romans.  Ainsi, il nous a appris qu’il est d’origine bretonne et que Martin Page est bien son vrai nom ; il vit à Nantes mais ne désespère pas un jour de devenir un immigré et partir s’installer en Suède, qui sait, un pays qu’il admire car plus équilibré, plus égalitaire, plus féministe que la France et où l’éducation semble bien plus à l’avant-garde que chez nous. Ses droits d’auteur lui permettent de vivre correctement ; ses livres sont traduits en anglais, en arabe, en chinois, en turc… et dans bien d’autres langues encore. Enfin, sa grande richesse, il aime à le dire, est le temps qu’il a pour écrire.

Adolescent, il écrit des poèmes et tient un journal intime. En 2001, à l’âge de 25 ans, il parvient à publier son premier roman, Comment je suis devenu stupide.Comment-je-suis-devenu-stupide

Il puise ses idées de romans dans sa prore vie, dans son histoire familiale, celle de ses amis… Les idées, a-t-il ajouté, viennent aussi des obsessions, des révoltes que l’on porte en soi, des idées folles… D’ailleurs, ces idées folles, avec le temps, elles se bousculent de plus en plus dans sa tête et ne cessent de déborder un imaginaire déjà largement à l’oeuvre quand il était enfant. Ainsi, il peut raconter le plus naturellement du monde la conversation d’un enfant avec  son gâteau d’anniversaire dans Conversation avec un gâteau au chocolat ou bien inventer dans Le Zoo des légumes, une généalogie inattendue : les légumes seraient d’anciens mammifères !

Martin Page a commencé par la littérature et il est passé à la littérature jeunesse, naviguant aujourd’hui de l’une à l’autre. Qu’est-ce qui a motivé ce cheminement quand on pense communément, et sans doute à tort, que le désir secret de tout romancier  de littérature jeunesse est de passer de l’autre côté, c’est-à-dire à la littérature, celle qui s’adresse à un public adulte ?

Il raconte qu’en fait c’est une forme de censure et d’hypocrisie qui ont été les moteurs de cette entrée en littérature jeunesse : une nouvelle, commandée par le magazine littéraire pour adolescents Je bouquine, lui a été finalement refusée, car elle ne correspondait pas aux critères habituels du livre jeunesse : Martin Page y dépeignait un univers sombre dans lequel il était question de maltraitance, de mort et de culpabilité… Cette nouvelle, remaniée, deviendra plus tard Le Garçon de toutes les couleurs, publié à l’Ecole des loisirs, en 2007.

Aux questions « aimez-vous lire  et quel lecteur êtes-vous ? », Martin Page a répondu :  » je lis de tout. Je lis plein de livres en même temps : une quarantaine. J’ai une manière très bordélique de lire. Je ne suis pas patient. »

Ses projets d’écriture ? Il publie aux éditions du Seuil le 02 mai prochain Manuel d’écriture et de survie, « un livre sur la réalité des écrivains d’aujourd’hui »,  c’est à dire leurs rapports avec les éditeurs, avec les autres écrivains, les questions d’argent qui parfois les assaillent… ; il écrit aussi des sketches pour un humoriste ou encore des textes qui passeront sur la radio le Mouv’ ; enfin il participera à l’écriture d’un scénario dont le film sortira en 2015.

« Il ne faut pas être raisonnable ! »

Grâce au Printemps du livre, les élèves de 5ème1 ont pu découvrir l’univers singulier de Martin Page : ses personnages évoluent le plus souvent dans un monde hostile, où règnent la mélancolie, la tristesse, où les relations parents-enfants sont empreintes de rudesse et de tension, comme dans Plus tard, je serai moi ; mais ses personnages, mus par la volonté de réagir et de résister, cherchent une issue libératrice  à leurs maux et à leur trop plein de lucidité.

« Il faut être obstiné, combattif ; on est souvent confronté à des gens qui vont vous décourager. » C’est ce principe de persévérance et de confiance indéfectible en soi qu’il s’est appliqué  quand ses premiers manuscrits ont été refusés par plusieurs éditeurs.

L’univers romanesque de Martin Page donne à voir des personnages souvent en rupture, sur le point de basculer… mais la noirceur est à la fin contrebalancée par un souffle de résistance et de vie, pareil à celui que l’écrivain a laissé transparaître ce vendredi 11 avril.

Pour en savoir plus sur Martin Page : http://www.martin-page.fr

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