Le Club UNESCO à la rencontre de Gaston Kaboré

décembre 5, 2013 dans 6ème, CDI, Club UNESCO, Ecole ouverte, Liaison écoles primaires - collège, Sorties - Voyages

Rabi

 

 

 

 

 

 

Le mercredi 27 novembre, les membres du  Club UNESCO avaient rendez-vous à 14h30 précises au cinéma Le Méliès pour visionner le film Rabi, réalisé en 1991 par le cinéaste burkinabé, Gaston Kaboré.

Que raconte le film ? Rabi est un jeune garçon de 10 ans qui vit avec sa famille dans un village de brousse. Son avenir est tout tracé : il deviendra forgeron, comme son  père. Un jour, celui-ci lui rapporte une tortue qui a manqué  le faire tomber de son vélo. Rabi oublie alors son travail d’apprenti forgeron pour s’occuper entièrement de l’animal. Irrité par l’attitude de son fils, le père décide de rendre sa liberté à la tortue.  Rabi est inconsolable. Pugsa, le sage du village, touché par son chagrin, lui offre une nouvelle tortue, énorme cette fois. Le jeune garçon tente de la domestiquer en lui infligeant des mauvais traitements et  l’animal devient pour ses camarades un objet de moqueries.

Grâce à Pugsa, Rabi va apprendre le respect de la nature et de la vie, tout simplement.

Cette belle fable écologique, qui donne à voir une société très éloignée de ce que l’on connaît, qui vit au rythme lent des saisons et de la nature, nous parle de transmission de valeurs fondamentales : le sens de la responsabilité, l’exercice de la liberté individuelle, la préservation de tout ce qui nous entoure…

 

Gaston Kaboré (à gauche) et Maxime Djeudjé

Gaston Kaboré (à gauche) et Maxime Djeudjé

 

Nous avons eu l’immense privilège que Gaston Kaboré assiste à la séance de cinéma et réponde, après la projection de son film, aux nombreuses questions du jeune public.

Ainsi, nous avons appris que Rabi est un film de commande, financée par la BBC, désireuse de favoriser le regard croisé de plusieurs cinéastes sur le thème de l’environnement. Le tournage a duré 9 semaines dans un village traditionnel situé à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou.

Le cinéaste a confié que Rabi  est une histoire originale, mais largement inspirée de sa propre vie.

Il a insisté sur le fait qu’il a voulu dans ce film mettre en valeur la vie simple de villageois qui vivent à l’unisson de la nature, qui répond tant bien que mal  à leurs besoins fondamentaux.

Certains enfants ont remarqué la retenue et la grande  pudeur qui caractérisent l’expression des sentiments entre Rabi et ses parents ; la volonté du cinéaste de faire parler ses personnages en langue moré, la langue nationale des Mossi qui forme l’ethnie la plus importante du pays alors que les personnages auraient pu s’exprimer en français, la langue officielle au Burkina.

Gaston Kaboré a rappelé la philosophie à l’œuvre dans Rabi : « toute vie doit être respectée ».

 Ce moment passé en compagnie de Gaston Kaboré fut plein d’émotion et heureux ; c’est une chance sans pareil de pouvoir écouter un artiste qui valorise la culture mossi à travers sa langue,  mais aussi son mode vie traditionnelle et la transmission de valeurs universelles.