Rencontre des 3e avec le slameur Souleymane Diamanka

« Si quelqu’un te parle avec des flammes, réponds-lui avec de l’eau ».

C’est ainsi que commence l’un des slam de Souleymane Diamanka que cinq classes de 3è ont eu l’opportunité de rencontrer ce vendredi 19 janvier. Ce vers résume assez bien toute la philosophie de vie de ce slameur venu de Bordeaux, invité par la Librairie Jules et Jim et les médiathèques de la vallée du Giffre. Cette rencontre tombait plutôt bien, puisque toutes les classes de 3è participent depuis plusieurs années à un EPI slam en français, anglais, EPS et musique et dans ce cadre écrivent un slam et le mettent en voix et en mouvement.

« Les mots sont les vêtements de l’émotion »

Souleymane leur a parlé de l’écriture et des mots qui sont déjà là, qui existent mais qu’il faut trouver en soi, rencontrer, pour écrire. : « Les mots sont les vêtements de l’émotion » dit Suleymane et il a donné quelques conseils, notamment à ceux qui écrivent  :  « Il est important de partager avec les autres ses textes, ne pas avoir peur de montrer ce que l’on écrit à quelqu’un de bienveillant et ne pas être trop dur avec soi-même, ne pas trop critiquer ce que l’on fait, ce que l’on crée, il faut se faire confiance ». Le fait de verbaliser ses rêves permet d’y accéder.Souleymane est tombé dans la marmite des mots tout petit. Né à Dakkar de parents Peul, il est arrivé en France à l’âge de deux ans. A l’école primaire il a eu la chance d’avoir un instituteur poète qui leur faisait écrire des poèmes et les réciter.

Entre rap et slam

Adolescent il fait du rap et à quinze ans il fait la première partie de NTM avec son groupe.Il souligne que le rap et le slam sont différents : dans le rap les mots sont placés sur une musique alors que dans le slam on place les mots comme on veut, c’est de la poésie orale, « le slam est le petit-fils de la poésie » dit-il. Mark Smith, le créateur du slam aux Etats-Unis, organisait dans les années 80, des concours dans lesquels les gens venaient déclamer leur poème en rythme. Le rythme des mots est essentiel dans le slam, c’est un rythme multi-syllabique, le slameur « écrit à voix haute ».

« Notre instrument est le silence »

Deux élèves sont venus dire leur texte devant l’assemblée et Souleymane a rappelé l’importance du silence avant de dire son slam en public : « Pour poser les mots il faut le silence, le silence rassure ; notre instrument est le silence ; le contact visuel aussi est important entre celui qui doit son poème et les spectateurs ».Chaque mot est important dans l‘écriture. Son père lui disait « tu vas devenir les mots que tu prononces le plus souvent ». Pour lui les mots ont une vibration et il regrette que certains rappeurs utilisent de nombreux gros mots dans leurs textes et que pour avoir de l’impact sur les gens on peut utiliser un langage sans grossièretés. Il a même créé un # sur instagram « #pour un rap sans gros mots ».

La rencontre a été courte mais très intense. Merci à Souleymane pour cette belle rencontre.

Il a écrit un livre avec un linguiste Julien Barret : « Ecrire à voix haute » aux éditions l’Harmattan (disponible au CDI)

Voir des extraits de ses disques : https://www.youtube.com/watch?v=47EZLApAAaA

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