Mémorial de Verdun : la vie des soldats pendant la Grande Guerre

Le barda du Poilu pendant la Grande Guerre

 Verdun, le 27 mai 1916

Ma chère Madeleine,

La vie est très dure ici, en temps de guerre. Maintenant je suis à Verdun, qui est l’une des batailles les plus violentes de cette guerre.

On marche dans de la boue. Imagine toi courir dedans sans te blesser ! Il y a aussi des barbelés et des corps sans vie.

Les soldats de cette guerre sont habillés différemment selon le pays pour lequel ils combattent (France, Allemagne, Royaume-Uni, troupes coloniales…). Nous, soldats français, nous sommes habillés avec un uniforme de couleur bleue, nous portons un képi de même couleur que l’uniforme. On porte aussi sur nous une gourde d’un litre, des cartouches pour le fusil, puis, comme paire de chaussures, des brodequins.

Autour de Verdun, sur les reliefs, ont été construits trois forts. Le premier est le fort de Douaumont, c’est le plus élevé, il surveille la Woëvre, qui est une puissante place allemande. Les deux autres forts sont ceux de Vaux et de Souville : ils permettent de protéger la ville de Verdun.

Je te laisse et n’oublie pas de regarder les photos qui se trouvent dans l’enveloppe. Je te réécrirai encore des lettres comme tous ces soldats.

Laurent Louis Jules Marceron

(lettre écrite en mai 2017 par Emma, 3e5)

 

Plan-relief de la bataille de Verdun

Mon avis sur la visite du mémorial :
Cela m’a permis de m’imaginer la vie des soldats pendant la Grande Guerre. En voyant tout cela, je pouvais me mettre à leur place mais aussi savoir avec quoi et comment ils survivaient et combattaient. Voir ces objets qui avaient servi pendant la guerre m’a émue et peut-être qu’il y avait quelque chose qui pouvait appartenir à l’oncle de mon grand-père. Tout cela était tout simplement magnifique.

 

Extraits de lettres de soldats

Printemps 1916

J’étais brancardier musicien. Le poste de secours de la 18e DI avait été installé dans les caves du château d’Esnes, à deux kilomètres à peine de la première ligne. Je n’oublierai jamais l’aspect du poste de secours et son fonctionnement. Dans les caves consolidées par le Génie et éclairées à l’acétylène s’empressent deux majors en blouse blanche et un aumônier militaire tenant un crucifix. Les blessés leur sont successivement apportés. Les majors coupent, taillent à même les chairs, déroulent de longues bandes de gaze, défont de gros paquets de ouate. Le sang coule. L’aumônier exhorte le patient qui souffre et qui crie. Son pansement terminé, le blessé est porté dans une auto d’ambulance, laquelle, dès son chargement complet, regagne à toute vitesse l’arrière. Quand son état est jugé grave et pour ainsi dire désespéré, le blessé est remonté dans la cour et laissé à même le sol ou sur un brancard. Et ce triage redoutable, les majors, faute de place, faute de temps, sont obligés de l’exécuter dans des conditions tragiques. Chaque blessure soulève un cas d’espèce qu’il faut résoudre en toute conscience et presque instantanément. Ah ! Celui-ci, pauvre bougre, blessure au ventre, rien à faire ; celui-là, jambes broyées, hémorragie, trop tard ; cet autre, déjà le coma… emportez, emportez… Place à d’autres moins grièvement touchés et qu’on pourra sauver.

Souvenirs d’Elie Chamard, soldat français.

Infirmerie du fort de Vaux

 

Pour parvenir au ravin de Douaumont, nous devons passer par le ravin de Hassoule, à la réputation sinistre. On l’appelle le ravin de la mort et il porte bien son nom car, de jour comme de nuit, il est l’objet de tirs de barrage intenses. Nous croisons des aveugles juste avant le champ d’entonnoirs au bout duquel apparaît soudain la masse sombre du fort. Encore quelques sauts au-dessus de tombes improvisées et nous y serons. À l’intérieur, il est difficile de se diriger dans ce dédale de galeries et de couloirs suintant l’humidité et emplis d’un air vicié. Notre reconnaissance accomplie, nous rebroussons chemin. Une obscurité diffuse nous entoure quand nous parvenons à notre abri, ensevelis par une explosion sous deux ou trois mètres de terre. Avec peine, nous parvenons à nous ménager une entrée. Avec prudence, pour ne pas éveiller l’attention des Français, je projette le rayon éclairant de ma lampe de poche à l’intérieur. Un spectacle effrayant s’offre à nos yeux. Sur le sol et les parois, des fragments humains sont disséminés. Nos anciens camarades. Personne ne dit mot …

Souvenirs de Karl Koch, soldat allemand.

Couloir du fort de Vaux

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