La figure du clown pour découvrir le spectacle vivant

Les élèves de 3e4 travaillent cette année sur le thème du clown, figure drôle et dramatique, dans le cadre de leur cours de français.

Les Petites mythologies

Un partenariat avec Chateaurouge, la scène conventionnée d’Annemasse

Un projet SIEL a été mis en place, en partenariat avec la salle de Chatearouge à Annemasse. Avec l’aide de Violaine SEGUY qui a fait le lien entre le collège et les comédiens, le spectacle Les Petites Mythologies, mises en scène par Philippe Delaigue et Léa Menahem, s’est déplacé dans l’amphithéâtre du collège le 15 décembre 2017, en présence du metteur en scène Phillipe DELAIGUE.

Un public attentif

Les classes de 3e4 et de 3e1 accompagnées de Mme LOPEZ, professeur de français, ont assisté à la représentation. Après un travail préparatoire sur la figure du clown et les différents mythes adaptés via un padlet collaboratif des 3e4, les élèves ont pu admirer la qualité des adaptations, Philippe Delaigue rappelant le mythe originel et explicitant, quand cela était nécessaire, les adaptations. Les comédiens ont montré, en actes, combien les mythes antiques restent actuels.

Phlippe DELAIGUE

Le Mur de Philippe Delaigue, première « Petite mythologie », adapte le mythe de Pyrame et Thibé d’Ovide. Ce mythe, qui a inspiré sans aucun doute le fameux Roméo et Juliette de William SHAKESPEARE, raconte la rencontre fatale de Pyrame, amoureux sans jamais l’avoir vue, et de Thisbée qui se parlaient à travers la fente du mur de leur chambre. Modernisé avec inventivité par  Philippe Delaigue et ses comédiens, Léa MENAHEM et Jimmy MARAIS, Pyrame et Thisbé deviennent des clowns, perdus dans un monde dans lequel un mur les sépare. Mais la curiosité et l’amour sont les plus forts. Il leur faut se rencontrer, quelles qu’en puissent être les conséquences. Après un instant de destabilisation face aux figures de clowns, les élèves se sont laissés porter par la qualité du jeu de Léa et Jimmy et par l’inventivité de la modernisation.

Le Mur

Le second mythe, Nuit d’été de Magali MOUGEL, mélange avec beaucoup d’originalité les mythes de Narcisse et d’Iphis et Ianthé. Narcisse, présent dans les Métamorphoses d’Ovide, est ce jeune homme si beau qu’il tombe amoureux de son reflet après avoir rejeté l’amour de la pauvre nymphe Echo. Iphis et Ianthé, mythe moins populaire du même Ovide, narre l’éducation comme un homme de la petite Iphis qui doit épouser la jeune Ianthé et en tombe amoureuse. Joué par Mathilde Panis et  Gabriel Rouvière, le thème de l’amour est ainsi traité sous différentes formes dans l’époque moderne : l’homosexualité et l’amour égoïste. Narcisse se retrouve être le jeune homme attendu lors d’une fête un peu glauque autour d’un lac et qui meurt dans un banal accident de la route en se regardant dans son rétroviseur et les jeunes femmes, Iphis et Ianthé subissant les regards peu amicaux de leurs camarades en raison de leur amour et mourant, elles aussi en se fracassant sur la voiture de Narcisse. Cette adaptation a donné lieu à un riche débat, tant en classe qu’à l’issue de la représentation avec les comédiens, Mathilde Panis et Gabriel Rouvière et le metteur en scène.

Nuit d’été

La troisième adaptation, Twins de Perrine Gérard s’inspire du mythe de Caenis. Ceanis était une jeune fille violée par Poséïdon, dieu de la mer. pour se faire pardonner, ce dernier accorde à Caenis de devenir un homme. Elle deviendra Caene, guerrier sanguinaire qui détruira les hommes pour se venger. Afin d’arrêter sa fureur, les hommes l’ensevelissent sous une île et un oiseau blanc sortira des décombres à sa mort. Modernisé, ce mythe se déroule , sous les yeux des élèves, à notre époque. Dans un campus qu’on imagine américain, Mathilde Panis qui joue Caenis, subit un viol malgré sa tenue peu aguicheuse. Gardant le silence sur son traumatisme, elle dialogue avec son double masculin visuellement, Caene, incarné par Jimmy Marais, et prépare un combat de boxe, travestie en garçon. Son objectif est de montrer combien les hommes sont sauvages et violents puisque capables de battre une femme, sous les hourras de la foule. Le dilemne qui l’anime est mis en scène de manière poignante et les élèves ont été très sensibles à ce mythe et à son actualité.

Twins

L’ultime Petite Mythologie, Phaéton de Marion Aubert, jouée par Léa Menahem et Gabriel Rouvière, s’inspire du mythe de Phaeton et Phébus. Phaeton découvre que son père est le dieu soleil Phébus. Pour en être certain, il lui demande la faveur de conduire son char qui règle la course du soleil. Malgré le grand danger, Phébus cède mais Zeus, dieu des dieux devra abattre le char, Phaeton se montrant incapable de le diriger et mettant la terre en danger. La recherche du père reste moderne dans cette adaptation dans laquelle Phaeton et sa petite amie se comportent comme n’importe quel adolescent en rebellion contre ses parents. Les élèves ont été sensibles à cet effet miroir.

Phaeton

Après la représentation, les élèves des deux classes ont pu échanger avec les comédiens et le metteur en scène sur leurs impressions et leur ressenti. Ce fut un moment très riche et agréable pour tous.

Un échange fructueux

Les comédiens Léa et Jimmy reviennent au collège

Du 27 février 2018 au 2 mars 2018, les comédiens Léa Menahem et Jimmy Marais sont revenus au collège. Intervenants devant la classe de 3e4, ils ont pendant 15 heures expliqué et surtout montré ce qu’est le travail de la figure du clown au théâtre.

Echauffements…

La première demi-journée a été consacrée à la prise de contact et à la mise en place d’échauffements visant à prendre conscience de son corps, à oublier le regard des autres et à tenir compte de la présence des autres dans un espace donné ( reproductions d’exercices, jeu de la chaise et mise en ligne pour parler devant un public sans sujet donné mais en présence d’un  jury bienveillant mais qui pousse les élèves à sortir de leur carapace) . D’abord timides, les élèves ont fini par adhérer aux exercices proposés, apprenant à allier sérieux et visée comique. Jimmy et Léa ont aussi rappelé que le travail allait porter sur le clown au théâtre et non le clown circassien.

La seconde demi-journée a eu elle aussi son lot d’échauffements et exercices. Les élèves ont aussi pu s’approprier des textes extraits des Petites Mythologies et de Tirésias.

Lecture des textes avec Léa, Jimmy et Heloïse

Après un rappel des mythes et une lecture par les comédiens, parfois aidés de certains élèves,  les enfants se sont mis dans la peau d’un metteur en scène pour, à leur tour, produire leur propre adaptation des textes modernes. On a ainsi vu Heloïse et Thomas devenir Narcisse et Echo, Jade et Solenn, Handan et Nicolas ou Emma et Donia se changer en Caenis et Caene, Lauryne et Clara se changer courageusement en Iphis et Ianthé pendant que Muhammed et Louis devenaient Phaeton et Phébus, Jules, Fatma et Waïl ou encore Théo, Fatmagül et Odin se changeant en un Phaeton en conflit avec sa mère sous le regards désapprobateur de Tirésias, Axel, Mohamed-Ali, Stella et Koray, Audrey et Nazife devenant des Pyrame et Thisbé clownesques avec beaucoup d’implication et de sérieux sous le regard et les conseils de Léa et Jimmy. Les élèves ont ainsi appris à s’approprier des conseils, à proposer des idées, à tester des effets sans crainte de jugement ou de se tromper, chacun se montrant constructif et bienveillant.

Lauryne et Clara en pleine répétition

Le troisième jour, après les échauffements habituels mais toujours variés, les élèves ont travaillé à poser leur regard, oublier la gêne et le regard des autres, à proposer des idées de mise en scène ou de situation amusante, en ayant toujours en tête que le travail du comédien se fait pour le public, en lien avec ses camarades.

Aquaponey? !!! Jules et Muhammed nous amusent.

Enfin, le dernier jour a été consacré au travail avec le nez de clown, accessoire indispensable et pourtant redouté des élèves. Les élèves ont du, seuls ou en équipe, affublés de leur nez, se plier à différents exercices : aller s’asseoir sur une chaise, se présenter en regardant chaque personne dans le public, le saluer  sans le lâcher du regard, prendre différentes positions et répondre aux questions de Léa et Jimmy sans perdre leur sérieux et sans refuser de faire l’action, s’entrainer à entrer ou sortir de scène sans lâcher le public du regard, créer une situation en duo ou trio ou quintet à partir de quelques mots… Ainsi ont jailli des moines sportifs, une famille en pleine crise, des clowns timides, vendeurs de semoule ou « pluiophobes »…

Le clown de Thomas offre de la semoule … Sic !

Ces moments de proposition et de création ont montré des élèves de plus en plus à l’aise et à l’écoute, prêts à offrir des choses à leur public et à proposer des idées sans timidité et ont même donné lieu à de jolis moment de theâtre.

Qu’est-ce que vous faites, Monsieur ?

La découverte du processus de création et de mise en scène a permis aux élèves de prendre conscience du travail des comédiens et metteurs en scène mais aussi du côté vivant du théâtre qui ne consiste pas seulement à réciter un texte appris par coeur. Ils ont aussi appris à lutter contre eux mêmes et à se faire mutuellement confiance. D’après les élèves ravis, ce projet a créé quelque chose dans le groupe classe, leur permettant de se voir comme une équipe et non plus comme des individualités. La gentillesse et la disponibilité de Léa et Jimmy n’est pas pour rien dans la pleine réussite de ces interventions. Les 3e4 tenaient à encore en les remercier.

Ce projet a  aussi permis aux élèves de travailler l’oral, la posture et la mise en voix ainsi et surtout que la confiance en soi en vue de l’épreuve orale du DNB.

Waïl, Koray, Nicolas, Héloïse et Stella : une famille formidable

Un troisième temps à Chateaurouge le 25 avril.

Le projet s’achèvera à Chateaurouge le 25 avril : les élèves assisteront à la pièce Tirésias, de Philippe DELAIGUE avec Thomas Poulard, Héloïse Lecointre, Jimmy Marais. Dans cette pièce, Tirésias rend ses oracles via internet, à des ados en manque de croissance. Quand le jeune Léo lui demande comment mourir, Tirésias sort de sa torpeur. Avec sa fille, il propose au jeune homme trois façons d’en finir, mais avec le souci de ne pas le laisser dériver jusqu’au bout.
Fatigué, usé par ce temps qui n’en finit jamais, Tirésias nous raconte l’éternel recommencement de nos erreurs, nos angoisses, nos chimères et nos amours.
Les 3e4 pourront ainsi voir à l’oeuvre les techniques qu’ils ont apprises.

Tirésias, Chateaurouge

Pour aller plus loin :

http://www.chateau-rouge.net/spectacle/les-petites-mythologies/

http://www.chateau-rouge.net/spectacle/tiresias/

Et le padlet des 3e4 :

https://padlet.com/madamelopez74/Tiresias3e4

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