Comment étudie-t-on les virus ?

E. Simon-Lorière a travaillé sur des virus importants : Ebola, Zika et la dengue. Photo Lucile Boiron pour le P’tit Libé

Étienne Simon-Lorière s’est pris de passion pour les virus il y a 15 ans. «Ça nous permet de comprendre la vie sur Terre», dit-il simplement. Il est virologue, c’est-à-dire chercheur spécialiste des virus, à l’Institut Pasteur, une organisation spécialisée dans l’étude des maladies et les vaccins. Depuis quelques semaines, il participe à l’étude du coronavirus.

Pour faire son travail, Étienne a besoin de prélèvements venant de personnes malades : de la salive, du sang, de l’urine, des selles… Son objectif est d’extraire le virus, c’est-à-dire de le séparer de tout le reste, afin de pouvoir l’étudier. Pour y arriver, il utilise des solvants, des filtres, une machine qui remue très fort et une autre qui tourne très vite, comme une essoreuse, pour séparer les éléments solides des éléments liquides… C’est un vrai périple !

Créer des médicaments ou des vaccins

Une fois qu’il a réussi à débarrasser le virus de tout ce qu’il y avait autour, Étienne peut déterminer sa séquence génétique, c’est-à-dire sa carte d’identité. Grâce à ça, il peut le comparer à des virus trouvés chez des animaux et savoir d’où il provient. C’est «comme un jeu de piste», sourit le chercheur.

Ne pas regarder directement la lumière bleue du microscope : elle peut brûler les yeux. Photos Lucile Boiron

Quand le virus est identifié, il peut l’isoler pour le faire se multiplier. Comme ça, «on a des quantités suffisantes pour l’étudier, et par exemple l’observer au microscope», indique le chercheur. Mais attention, un microscope classique n’est pas assez costaud pour voir ces minuscules microbes. Un outil spécial est nécessaire : un microscope électronique.

Bien sûr, le virologue doit se protéger. Il ne faudrait quand même pas qu’il se fasse contaminer ! Les virus sont classés selon leur niveau de danger, de 1 à 4. Pour les virus de classe 3, comme le coronavirus, Étienne travaille dans une pièce où l’air est purifié en permanence, il porte une combinaison, un masque, des lunettes de protection et deux paires de gants.

À quoi ça sert tout ça ? «À comprendre comment les virus pathogènes fonctionnent pour essayer de les attaquer», répond Étienne. Et donc au bout du compte à créer des médicaments ou des vaccins, pour permettre aux gens d’être en bonne santé.

Ceci est un extrait de l’article paru sur Le p’tit Libé du vendredi 7 février. Retrouvez l’article complet sur le site du journal.

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