Une randonnée pas comme les autres

vendredi 1er février 2019
par  Wiem L
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Youness apporte une autorisation de sortie à sa mère, Lilou Dubois, pour aller en randonnée avec le lycée. Lilou se souvient alors de l’expérience qu’elle a vécue lors de ses 17 ans, tout comme son fils aujourd’hui. Une étincelle de joie brille dans ces yeux, son fils sait ce que cela signifie. Il s’installe confortablement et demande à sa mère de raconter son histoire. Amine, qui était présent ce jour-là, écoute avec attention le point de vue de son épouse depuis sa cuisine.

 « Vingt ans plus tôt, quand j’avais ton âge, les professeurs de Sciences et Vie de la Terre et d’Éducation Physique et Sortive nous ont proposé une randonnée. Une semaine plus tard, le bus scolaire s’arretait à l’entrée de la vaste forêt qu’était celle de Brodeville. Mme Wafna et Mr Roberto nous mirent en groupe de quatre et nous remirent une carte et une boussole pour nous repérer. Je me retrouvais en compagnie de Marie, Lorenzo et Amine. Ils ajoutèrent ensuite qu’il ne fallait en aucun cas laisser une personne de notre groupe toute seule et qu’il fallait toujours rester groupé.

Nous commençâmes à marcher quand Lorenzo nous interpella pour nous dire qu’il avait oublié son sac à dos dans le bus. Nous nous hâtames d’aller le récupérer et nous retournâmes avec empressement au point où l’on était. Il n’y avait plus personne, ils étaient partis sans remarquer notre absence. Je consultais ma montre, 13 heures 17, nous nous étions absentés une dizaine de minute, tout au plus. Nous prîmes la route jusqu’à ce que Marie se lasse de marcher et nous demande où nous étions. Je dois l’avouer, même moi, je ne le savais pas. Amine, qui jusqu’alors se ferait discret, grimpa à l’arbre le plus proche et, profitant de sa hauteur, rechercha notre classe. Rien, aucune trâce d’eux, nous étions déçus du comportement de nos professeurs, je regardais ma montre, 14 heures 57, cela faisait plus d’une heure et demie que nous étions seuls. Ils auraient dû recompter les élèves pour voir si nous étions tous là, et nous étions épuisés d’avoir marché pendant si longtemps. Toujours perché dans l’arbre, Amine découvrit un chemin étroit et bourbeux qui conduisait vers une grande demeure, il descendit donc de l’arbre et demanda la carte et la boussole. Lorenzo les lui tendit à contre cœur et je voyais bien qu’il aurait aimé avoir eu cette idée avant lui. Quant à Marie, toute joyeuse d’avoir enfin trouvé un espoir auquel se racrocher, se leva d’un bond et se mit aux côtés d’Amine pour lui tenir la carte pendant qu’il orientait la boussole vers le chemin à suivre. Nous reprîmes la route quand soudain une sorte de sifflement inquiétant surgit de derrière nous, nous nous retournâmes d’un seul coup, effrayés. Il n’y avait rien, je tentai de me calmer pour pouvoir rassurer les autres qui devaient sûrement avoir aussi peur que moi quand une voix, que je ne reconnu pas, s’éleva et nous demanda de nous calmer. Cette même voix nous expliqua que c’était seulement le bruit du vent entre les pâles.

C’était la voix d’Amine, douce, calme, rassurante et comme une légère brise un soir d’été. Lorsque je le regardai, je le vit qui me fixait intensément mais ses lèvres ne bougeait pas. Alors je crus que c’était Lorenzo qui parlait mais, chose étrange, il regardait Marie de la même façon qu’Amine, sans bouger les lèvres. Marie, elle, était en train de me regarder paniquée et je compris que je n’étais pas la seule à entendre cette voix et que je n’étais donc pas folle. Cinq minutes plus tard, Amine et Lorenzo redevinrent normaux. Enfin, par normaux, je veux dire tels qu’ils sont dans la vraie vie. Nous continuâmes à marcher.

Quelques heures plus tard, nous arrivâmes enfin devant cette demeure que l’on attendait temps, mais ce n’est pas à cela que nous nous attendions. Au lieu d’une maison chaleureuse, accueillante, qui dégage de la paix, de l’amour et de la joie de vivre, nous nous retrouvâmes devant un manoir, peut-être même qu’il était hanté, qui sait ? Un manoir froid, sans vie et aucunement accueillant. Marie avait failli s’évanouir devant cette image. Nous nous rendîmes devant la porte, nous sonnâmes plusieurs fois mais au bout de 30 minutes dans le froid et sans réponse de la part des propriétaires de cette villa lugubre, nous renonçâmes à continuer. Je vis Lorenzo, Amine et Marie s’asseoir de découragement, je me munie du seul espoir qu’il nous restait. Je m’approchais, sonnait à la porte et quelqu’un m’ouvrit mais il n’y avait personne derrière la porte. Amine, qui m’observait du coin de l’œil pour vérifier si je n’allais pas trop loin, sur leva et demanda aux autres de se lever pour venir me rejoindre. Je le remerçiais silencieusement car je n’aimais pas donner des indications aux autres. Nous entrâmes dans la maison et restâmes ébahi devant la splendeur de l’entrée.

Lorenzo poussa un sifflement admiratif qui raisonna de part et d’autre de la demeure. Je sentis quelqu’un derrière moi, je me retournai et ne vis personne, je pensais alors que c’était dû à la fatigue mais quelques minutes plus tard, je sentis, cette fois, un souffle froid et léger dans le creux de ma nuque, je me retournai mais toujours personne. Amine trébucha sur... Sur rien en fait, il était tombé sans que rien ne le gêne. Lorenzo, qui d’habitude est si courageux, n’osa prononcer un mot, son visage blêmit d’un seul coup et... plus rien. Nous avions été assommés par quelqu’un, sûrement l’hôte de cette maison, mais elle était vide. Lorenzo nous a dit qu’il avait vu un fantôme derrière nous et qu’il avait saupoudré, sur nous, une poudre fantomatique qui scintillait, après cela il ne se souvint de rien, comme nous tous, mais ce qui est sûr, c’est que l’on a tous eu une bosse sur la tête. Nous étions en train de débattre sur le fait qu’un fantôme est réel ou non quand soudain, une statue s’avança vers nous. Elle tenait une arme et avait un air menaçant. Je compris alors ce qu’avait vu Lorenzo.

D’un accord silencieux et commun, nous nous dirigeâmes vers la sortie en courant, quand nous eûmes était assez loin de ce manoir hanté, nous prîmes la carte pour nous orienter vers le bus scolaire qui devait nous attendre car il était 19 heures 42 à présent. Nous n’eûmes aucun mal à trouver le chemin du retour et nous retrouvâmes nos professeurs et nos camarades au bout de quelques dizaines de minutes de marche. Ceux-ci nous demandèrent où nous étions passés mais on ne leur expliqua pas la vérité car il nous prendrait pour des fous.Nous leur expliquâmes que nous étions perdus dans la forêt car Lorenzo avait oublié son sac à dos dans le bus alors nous étions allés le chercher et quand nous revenîmes à l’endroit où nous étions quelques minutes plutôt ils n’étaient plus là. Donc nous décidâmes d’avancer un peu mais quand même ne savait pas où il se trouvaient, nous étions restés là à attendre patiemment qu’ils reviennent. Mais on ne...

- Youness, Lilou, à table ! dit Amine ».

Wiem, H et A

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