La poupée

jeudi 17 janvier 2019
par  Laia B.
popularité : 2%

Chapitre 1 :

« Ta sœur est vraiment bizarre ! Elle a toujours été comme ça ? » Max Kernavek et Julie, sa femme, reviennent du repas de famille organisé pour célébrer leur mariage. « Elle a eu un violent traumatisme. Mais c’était il y a longtemps. » Julie fronce les sourcils intriguée. « — Un violent traumatisme ? Violent comment ? C’est grave ? Elle avait quel âge ? Tu ne m’en avais jamais parlé ! Pourquoi ? — Tu es vraiment sûre de vouloir savoir ? C’est une longue histoire que j’essaie d’oublier... — Si c’est important pour toi, je veux que tu m’explique. On a dit qu’on ne se cachait rien. — Bon... comme tu le sais déjà, à huit ans j’habitais avec ma sœur Maud, mes parents et mon chat Caspianne dans notre vieille maison de famille en Bretagne. Tout commença le jour des six ans de Maud, où elle reçut un cadeau mystérieux et anonyme dans lequel se trouvait une poupée. Elle l’adora tout de suite et partit jouer avec. Cette poupée aux yeux verts, aux longs cheveux blonds brillants comme le soleil, aux lèvres délicates comme deux pétales de rose, à la peaux aussi pâle que ses vêtements étaient sombres m’intriguait déjà. »

Chapitre 2 :

« Le lendemain soir, mes parents partirent à une fête. Ils promirent de rentrer pour dîner car ils savaient qu’on avait peur de rester seuls dans la maison la nuit. Pourtant, ils appelèrent à 21 heures nous disant que la route avait été coupée à cause d’un accident et nous recommandant de manger et de nous coucher le plus tôt possible. C’est donc ce que nous fîmes. Je fus réveillé vers 23 heures par les hurlements terrifiés de Maud. Je me précipitais dans sa chambre encore somnolant et la trouvais assise, les yeux écarquillés. Elle regardait sa poupée qui avançait lentement vers elle. Encore aujourd’hui je ne comprends pas comment ce fut possible. Soudain, elle se jeta sur Maud et posa ses petites mains dans celles de ma sœur. Elles se fixaient l’une l’autre mais j’étais si effrayé que je fus incapable d’intervenir. Puis la fumée sortie des yeux de la poupée entra dans ceux de ma sœur. Je vis alors la poupée tomber inanimée et Maud tourner la tête vers moi. Ses yeux devinrent blancs et un sourire cruel se dessina sur son visage devenu très pâle. »

Chapitre 3 :

« J’eus si peur que je partis en courant me cacher sous la table du salon. J’entendis ses pas faibles et rapides ralentir et se rapprocher sans hésitation de ma cachette. Elle était là !!! Je tremblais, recroquevillé, tous mes sens en alerte. Je fixais le pan de nappe devant moi afin d’être prêt. Les tremblements de mon corps devenaient incontrôlables lorsque j’entendis un froissement dans mon dos. Je me retournais lentement me demandant si tout cela était bien réel. « Max ? » Je crus que mon cœur allait s’arrêter en découvrant le visage déformé de ma sœur à quelques centimètres à peine du mien et je partis en courant sans réfléchir. Je voulais me retrouver le plus loin possible de ce monstre. Je courus le plus longtemps possible dans la même direction et lorsque je repris mes esprits, j’étais déjà dans la forêt. La course m’avait tellement épuisé que je décidais de m’asseoir un moment. Je sentis les battements de mon cœur ralentir et mes paupières se fermer. »

Chapitre 4 :

« Je me réveillai soudain étonné d’être dans mon lit. Avais-je rêvé ? Toc toc toc. Mes doigts se crispèrent sur ma couverture. Elle revenait !!! La porte s’ouvrit lentement en grinçant et m’a mère entra dans la pièce. « Ça va ? Tu te sens mieux mon Maxou ? Tu n’avais pas l’air bien ce matin... Maud nous a dit qu’hier soir, tu étais parti chercher Caspianne qui s’était enfuie dans la forêt. Et que vous étiez ensuite rentrés ensemble. Pourquoi as-tu fait ça ? Tu sais bien que je ne veux pas que vous sortiez de la maison le soir ! » Maud avait sûrement inventé cette histoire pour éviter que je ne dise la vérité. Mais était-ce la vérité ? Et si je n’avais pas rêvé, Maud était-elle encore sous l’emprise maléfique de sa poupée ? Je ne pouvais rien raconter. Mes parents ne m’auraient pas cru et m’auraient pris pour un fou ! « — Une fois dans la forêt, je me suis senti très fatigué et je n’ai pas réussi à rentrer. Maud a du venir me chercher et me ramener à la maison. Et Caspianne ? — Tout va bien, ne t’inquiète pas. Elle est en train de manger comme d’habitude à cette heure ci. Je te laisse te reposer ! » Après m’avoir embrassé sur le front, elle sortit de ma chambre en laissant la porte entrouverte. Quelques minutes plus tard, Maud s’approcha de mon lit hésitante. Elle avait retrouvé ces couleurs naturelles et, par son regard, je su que je n’avais pas rêvé. »

« — C’est une blague ? me demanda Julie étonnée après un long silence — J’aurais préféré..... »

Clothilde, Amira et Laia


Navigation

Mots-clés de l'article