Le grenier de Mamie

vendredi 18 janvier 2019
par  Ines F
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Le grenier de mamie

“Approche Tanguy, papi va te raconter une histoire. C’était il y a 60 ans jour pour jour, alors que je n’étais qu’un petit garçon. J’avais sept ans, comme toi. Je me trouvais dans cette même maison qui, à l’époque, appartenait à ma grand-mère. J’étais descendu de Paris pour visiter mon aïeule, dans ce petit village au fin fond de l’Isère. Le soir, alors que je ne trouvais pas le sommeil, je décidai de monter au grenier malgré le fait que l’on me l’avait formellement déconseillé. On m’avait raconté tellement d’histoires à son sujet que je craignais cet endroit qui m’était pourtant inconnu. Mais cela m’intriguai à tel point que je me résignai à y aller. Je traversai l’interminable couloir accompagné par les ronflements de mamie. J’atteignis enfin l’escalier menant à la pièce maudite. Je montais les marches en imaginant ce qu’il pouvait se trouver derrière la porte. Mon coeur battait à tout rompre. Je posai ma main tremblante sur la poignée, fermai les yeux et pris mon courage avec la main qui le restait. Un grincement se fit entendre quand je poussai la lourde porte. En ouvrant les yeux, je découvris l’obscure pièce qui se présentait à moi. Un frisson me parcourut l’échine. J’allumais la seule et unique ampoule du grenier. Je regrettai tout de suite mon action car le faible faisceau de lumière qui émanait de la lampe me fit remarquer les vieilles poupées paraissant me fixer. Mes yeux se posèrent ensuite sur une petite fenêtre dont les rideaux ondulaint au grès du vent. La lueur de la pleine lune passait à travers ces fins tissus et ajoutait de la luminosité à la sombre pièce. J’imaginais déjà un terrible monstre, aux poils hérissés et aux yeux injectés de sang surgir d’une des vieilles boîtes poussiéreuses traînant au coin de la pièce. Tout à coup,une ombre inquiétante apparut sur le mur. Je n’eus pas le temps de l’observer tant elle traversa la zone éclairée rapidement. “Ca doit être un oiseau qui passait devant la fenêtre”, me suis-je dit. Mais l’ombre apparut une deuxième fois et mon coeur battait la chamade, alors que la peur s’emparait de moi. J’essayai vainement de trouver des explications raisonnables à ces apparitions, mais la peur me rattrapa. J’avançai vers le centre de la pièce pour me rapprocher des cartons car l’ombre avait paru s’y réfugier. Je voulais vérifier si ce n’était pas mon imagination qui me jouait des tours. En me penchant au dessus des boites, j’aperçus une ridicule souris blanche. Rassuré, je continuai mon inspection du grenier. Je fus curieusement attiré par le coin le plus sombre de la pièce. Deux yeux rouges scintillants tels de précieux rubis apparurent soudainement. J’eus un mouvement de recul, surpris. Le reste du monstre surgit alors. Il était imposant, répugnant et horripilant. Comme je l’avais imaginé… Plus la peur m’opressait, plus il grandissait. Ma frayeur ne cessait de croître. Je tremblais. J’avais l’impression que mon coeur allait sortir de ma poitrine tant il battait fort. Ma respiration devint haletante. Les larmes me montèrent aux yeux alors que le monstre ouvrait son énorme gueule pour m’engloutir. Je m’accroupis, les mains sur la tête dans l’espoir de me protéger. Des larmes abondantes roulaient sur mes joues. Et quand je crus que les horribles crocs allaient me lacérer… Rien. Le néant. Pas un bruit. Juste ma respiration saccadée. J’ouvris un oeil. Puis l’autre. La bête avait disparu. Je me relevais en essuyant mes dernières larmes. Confus, je tournai sur moi-même. Je vis alors les timides rayons du soleil qui apparaissaient derrière la montagne. Je ne réfléchis plus et m’en allai en fermant précautionneusement la porte de cet horrible endroit. Mamie allait se lever et personne ne devait savoir que j’étais venu ici. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si c’est la peur qui me jouait des tours. Alors je n’ai qu’une seule chose à te dire : Ne monte pas au grenier, Tanguy. “

Ines 4°4


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