Jean-Claude Mourlevat, mars 2010

dimanche 2 mai 2010
par  Al.
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Le 19 Mars, l’auteur de La rivière à l’envers, L’enfant Océan, La ballade de Cornebique (et de bien d’autres livres encore) était à la CSI !

Compte-rendu

de Mathis, Emma, *** :

Il nous a raconté que son inspiration venait beaucoup de son enfance : l’Auvergne, le froid en hiver, son collège : un internat, un dortoir glacé. Sa ferme et ses parents qu’il ne voyait plus assez. En cm2, il était 1er de sa classe. A l’internat, en 6e : le dernier. Il a ensuite écrit un livre sur cette période difficile de sa vie : “Je voudrais rentrer à la maison”

Il nous a aussi parlé de son dernier livre : “Le chagrin du roi mort” et nous a montré ses calepins.

Jean-Claude Mourlevat a été professeur d’allemand il a ensuite fait du thêatre avant de devenir écrivain. Il a vraiment commencé quand l’un de ses amis lui a dit d’écrire un album et d’envoyer le manuscrit. Ensuite il a commencé à écrire des livres plus gros et encore plus gros ...

La rencontre

Nous lui avons demandé s’il avait un stylo fétiche et il nous a répondu qu’on serait déçus mais qu’il n’avait rien de fétiche même pas un stylo. Parce qu’il perd souvent ses affaires. Il a dit qu’il aimait beaucoup écrire dans les trains. Il emmène plusieurs calepins et il écrit, écrit, écrit jusqu’à la fin de son voyage. Sur des cahiers gribouillés, raturés. Dans la marge, aussi. Quand il n’écrit pas dans les trains il écrit dans son bureau chez lui, au premier étage de sa maison avec une splendide vue sur un petit bout de forêt, presque à la campagne. Il peut voir des geais pagailleux dans les arbres. Il a beaucoup d’humour et il nous a fait beaucoup rire nous avons passé une super heure. Il n’a pas eu le temps de nous lire un extrait de son nouveau roman. Il n’a pas eu le temps de nous lire un extrait de son prochain livre la classe était un peu déçue, mais nous étions déjà comblés par le fait qu’il soit venu dans notre classe.

Il est en train d’écrire un nouveau livre. Il en est déjà aux 2/3. Quelques mois après la fin d’un livre, il recommence. Certaines histoires lui prennent un an. Mais il a écrit La balafre en deux semaines et demi. C’était son premier livre. Il ne savait pas qu’il fallait plus de temps, pour écrire un livre. La rivière à l’envers lui a pris 4 mois.

Son imagination sort de partout (et de son cerveau -en principe..). De souvenirs, d’histoires lues, vues, entendues, de rêves. Pour Cornebique, pendant une promenade à vélo interrompue par l’orage, assoupi dans une vieille grange : il se réveille à peine et voit un petit bonhomme qui lui demande :
- "Où est-ce qu’on va tous les ? Est-ce qu’on va marcher encore longtemps ?"
- "C’est la pluie qui te met le moral dans les chaussettes ?" Et c’est de là que vient l’idée des deux vagabonds qui marchent sur la route. Un grand, un petit. Bien sûr, dans le livre, ce ne sont plus des humains mais des animaux.

Autre exemple, L’enfant océan vient d’un souvenir malheureux, quand il était professeur d’allemand dans un collège de Normandie. Celui d’un cartable jeté au fond d’un puits.

Ses livres préférés (quelques-uns) :
- Don Quichotte et Sancho Pança. Il aime bien le redresseur de torts qui sème une pagaille plus grande encore.
- Robinson Crusoé : le premier livre qu’il a lu en entier. Et trois fois de suite. Il connaît par coeur la première phrase : "Je suis né en l’an 1632, dans la ville de York..." [I was born in the Year 1632, in the City of York, of a good Family, tho’ not of that Country, my Father being a Foreigner of Bremen, who settled first at Hull : He got a good estate by Merchandise ; and leaving off his Trade, lived afterward at York.]
- Tintin au Tibet.

Ses livres préférés à lui (ceux qu’il a écrits, on veut dire...) :
- La rivière à l’envers
- La ballade de Cornebique
- Le combat d’hiver
- Le chagrin du roi mort

Son auteur favori est Franz Kafka (il aime beaucoup son roman Le château), et Roald Dahl parce qu’on ne s’ennuie jamais en le lisant.

Il nous a beaucoup parlé du Chagrin du roi mort, de la difficulté à lui trouver un titre (probablement parce que le livre est construit en deux parties). Du coup c’est le titre du premier chapitre qui est devenu celui du livre. L’histoire commence sur une petite île, comme l’Islande. Plus petite. Le vieux roi est mort, étendu dans son habit royal et le peuple vient lui dire au revoir. La neige le recouvre et cache son visage. Aleks et Brisco sont venus eux aussi. Aleks touche la botte du roi et ne bouge plus. La neige tombe sur lui. Il ne sent plus ses pieds et ses mains. Il est engourdi par le froid (ça caille souvent dans les romans de Jean-Claude Mourlevat... il nous a dit que c’était peut-être parce qu’il venait d’un pays froid, l’Auvergne, qu’il avait des souvenirs d’hivers dans la neige, de retrouver la ferme de ses parents, après l’école... et qu’il avait sans doute envie d’aller vers la chaleur humaine... Bref, on continue à vous redire l’histoire qu’il nous a racontée. Donc, Aleks est un peu comme Jean-Claude M. dans sa grange et tout d’un coup, il se réveille. Le roi mort s’assied et lui parle : "Attention au feu", lui dit-il. Bien sûr, c’est son fantôme : les autres gens passent et ne voient rien, n’entendent rien. Mais le fantôme croit parler à Brisco.

On n’a pas eu le temps d’entendre la suite, parce que la sonnerie a retenti. Et là on était franchement déçus.

Jean-Claude Mourlevat nous a aussi parlé des traductions de ses livres. Ce n’est pas lui qui les fait (il traduit des livres allemands en français). Le plus traduit de ses livres est Le combat d’hiver : en 15 langues (en russe, en chinois, en portugais, en espagnol, en italien, en lituanien, en anglais, en allemand... La rivière à l’envers est traduit en 10 langues.

Il nous a dit que petit il révait d’être footballeur professionnel, explorateur, détective... Tintin. C’est lire, qui donne envie d’écrire. Il l’a fait à la demande de gens de théâtre, d’autres, qui lui ont dit qu’il devrait écrire.

Chacun de ses romans a une musique, qui va avec, écoutée en boucle pendant toute l’écriture, avec un casque sur les oreilles. Pour La rivière à l’envers, c’est une chanteuse indienne qu’il a eu le bonheur d’entendre en concert, plus tard, 2 ans après la parution du livre. C’était à Paris. Il était au fond de la salle, puis il a vu une place au premier rang. Une place inoccupée. Juste pour lui. Et pour écouter Lakshmi Shankar. Sauf que sur les pochettes de ses disques, elle avait les cheveux noirs ; sur scène, c’était la même dame, la même voix, la même histoire... avec des cheveux blancs.

Il a finalement dédicacé ses livres au CDI. Ca a été un succès !

En savoir plus sur J-C Mourlevat

Son site web

Merci merci merci ! Et on attend tous le prochain livre !


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