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Culturez-Vous ! Sigmar Polke au Musée de Grenoble !

lundi 17 février 2014, par Mohamed_b

Lors d’une sortie au musée de Grenoble avec ma classe de 3e, j’ai découvert un artiste allemand Sigmar Polke qui m’a étrangement marqué de par ses techniques de réalisations et par ses engagements artistiques. C’est pour cela qu’il me tient à cœur de présenter cet artiste contemporain et ses œuvres si différentes des autres.

Sigmar Polke est né le 13 janvier 1941 à Oels en Silésie et est mort le 11 juin 2010 à Cologne. C’est l’un des peintres majeurs de la seconde moitié du 20e siècle. On le sait partout en Europe, sauf en France, semble-t-il, où sa dernière exposition personnelle date d’il y a 12 ans. Elle s’était tenue au château de Vizille (Isère), musée de la Révolution française, parce qu’elle réunissait les œuvres que Polke exécutées à propos de la célébration du bicentenaire de la Révolution en 1988 et 1989. Ses œuvres sont actuellement exposées au Musée d’art contemporain de Grenoble. Elles seront ensuite envoyées au "Museum of Modern Art " de New York qui lui consacrera une rétrospective qui s’annonce immense.

Passant du côté Ouest de la Pologne en 1953, Polke reçoit une formation auprès d’un maître verrier, suit les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, y rencontre Richter( peintre allemand 1803-1884) avec lequel il fonde le " réalisme capitaliste", qui se voulait une critique du "réalisme socialiste" en vigueur dans les pays communistes et s’inscrivait dans la mouvance du Pop Art. Peintre, graphiste, photographe, dans ses œuvres assez inclassables Polke n’a eu cesse d’expérimenter supports, techniques et matériaux, mélangeant térébenthine, alcool, méthanol, mais aussi noir de fumée, métaux ou cire à cacheter, aux laques les plus corrosives. N’hésitant pas à laisser couler des couleurs toxiques, à créer des taches sur ses tableaux, à chauffer, poncer ou brûler. Trois ans après la mort de Sigmar Polke, le Musée de Grenoble présente de manière chronologique un important ensemble d’œuvres de l’artiste, réalisées durant les trois dernières décennies de sa vie. Essentiellement consacrée à la peinture, l’exposition compte quelque soixante-dix tableaux dans lesquels on retrouve ses recherches intenses sur la couleur, son regard acerbe sur l’histoire ( la Révolution Française, l’exposition sur l’art dégénéré...), son utilisation de l’abstraction pour s’échapper du trop plein d’images(dont la suite des sept tableaux abstraits intitulée " Carrés Magiques"). Elle montre aussi un des chefs-d’œuvre des années 1990 jamais exposé en France, les 4 monumentales peintures intitulées Hermès Trismégiste ; l’artiste qui a toujours montré son intérêt pour l’inconscient, les phénomènes paranormaux et les sciences occultes ( Les Ciseaux, 1982) y renoue avec le thème de l’alchimie. A la fin de sa vie, continuant à utiliser le procédé de la trame photographique qu’il grossit, déforme et interprète, Sigmar Polke prélève dans les journaux et les livres des images qu’il intègre à ses compositions.

En parlant de "questionnement permanent", laissez-moi vous présenter en détails une de ses œuvres qui a éveillé ma curiosité : Sigmar Polke, Mains, 1986-1988, acrylique sur toile, 291x291x4cm

Ce tableau, aux grandes dimensions, a été réalisé par Sigmar Polke pour montrer son intérêt profond pour les sciences occultes et pour tout ce qui relève du mystique. Polke a utilisé à travers ce tableau une trame photographique comme à ses habitudes, pour représenter un groupe d’hommes se voilant la face.

Dès la première salle de l’exposition, le politique jaillit : face aux photographies "Les Olgas", qui pourraient ne faire que sourire le visiteur par leur représentation assez intime et efféminée de vulves rouges, sept hommes blancs, bien sous tous rapports, se voilent la face, cachent leur visage derrière leurs mains, refusent de regarder en face (mais certains, à la dérobée, oui). Mettre ici ce tableau (qui évoque la collection Bill Hunt…) ouvre un chapitre, assez peu exploré selon moi, du travail de Polke, celui de la dimension politique de cet adepte de l’incongru, à l’ironie mordante et non politiquement correcte. Un sujet bien actuel d’ailleurs qui est souvent apparent. C’est cette façon de penser, de s’exprimer, par des représentations ou tableaux dérangeants, voir choquant, qui me plaît en Polke... C’est pour cela que je vous recommande vivement de vous rendre à l’exposition au Musée de Grenoble qui lui rend hommage et qui dévoile toutes les facettes de sa personnalité et de sa vie, et toutes ses techniques de réalisations à travers l’art, la peinture. Exposition présente jusqu’au 2 février 2014, pour plus d’informations : http://www.museedegrenoble.fr/1422-...

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