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Affreux, sales et méchants

mercredi 17 février 2010, par gabriela

Un bidonville romain avec vue sur la coupole de Saint-Pierre. Giacinto, le patriarche, vit avec les vingt membres de sa famille dans une logis de bois qui tient à peine debout. Il veille souvent, fusil en main, sur son magot, un million de lires qu’il a touchées comme indemnité après voir perdu un oeil. Chacun convoite le trésor et cherche à s’en emparer. Un jour, Giacinto ramène une prostituée monstrueusement obèse dans le lit conjugal et déclare qu’elle n’en bougera plus. C’en est trop pour l’épouse choquée, qui réunit un conseil de famille et décide qu’il est temps que Giacinto meure, d’autant plus que ce dernier dépense son argent pour les beaux yeux de sa maîtresse. On se représente le quotidien d’une famille appauvrie et on constate un certain décalage avec le quotidien d’une famille traditionnelle, qui peut bénéficier d’un certain confort. Chaque scène du quotidien, chaque détail est un peu plus dégradant. Cet enfer de vermine et de dénuement moral, Ettore Scola, le réalisateur, le montre à coups d’images cinglantes comme des injures. La misère noire, ce n’est pas romanesque, c’est affreux, sale et méchant.

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