Pourquoi tweeter en UPE2A ?

Pour un apprenant, contribuer aux réseaux sociaux, tenir un blog, s’exprimer sur les forums, commenter des articles de presse, c’est interagir avec un lectorat réel. Une pédagogie qui participe, ainsi, au « web social », crée des situations de communication qui font facilement plein sens pour les élèves : ils sortent du « on fait comme si on communiquait, mais sans communiquer vraiment », si typique des rédactions traditionnelles dont l’enseignant est l’unique vrai destinataire.

Motivante, l’interaction réelle avec l’extérieur l’est d’autant plus pour les élèves qu’elle s’effectue à l’aide de supports qui leur sont familiers, qui ont avoir avec leur quotidien.

Pour autant, publier sur le web est un acte dont les élèves ne mesurent pas forcément les enjeux et les conséquences. Certains protègent mal leur vie privée, d’autres s’émeuvent de « fakes » et les relaient au risque de passer pour des naïfs. A cet égard, les projets pédagogiques investissant le web social ont aussi la vertu d’apprendre aux élèves à le maîtriser, les aidant à devenir des citoyens du web, des internautes critiques.

Spécifiquement, Twitter paraît un outil riche de potentialité en UPE2A. Les publications type y sont de brefs messages écrits, ce qui est idéal pour travailler le texte sans risquer d’épuiser la concentration d’élèves nouvellement confrontés à la langue française. invitant à des formulations synthétiques, les tweets permettent ainsi d’échanger de brefs arguments, d’exprimer ses goûts, de publier des haïkus, de diffuser des citations éclairantes… L’adjonction possible d’images ou de vidéos aux tweets, par ailleurs, permet de travailler l’écriture de textes faisant office de légendes, de brèves introductions, de présentations attrayantes… A chaque enseignant de trouver ce qui fera progresser ses élèves avec le maximum d’implication et de plaisir !

Outil particulièrement simple dans ses fonctionnalités de base, twitter permet de plus d’aider les enseignants à faire progresser les élèves allophones qui ont été les moins scolarisés, dans une démarche où littératie numérique et littératie tout court s’entraînent dialectiquement.

Des précautions sont à prendre cependant avec twitter. Les publications y sont faites pour être diffusées le plus largement possible et échappent vite à leurs auteurs. Supprimer un tweet est inutile dès lors qu’il a été retweeté, et certaines publications atteignent des audiences qui peuvent surprendre. Or quant un tweet a du succès, les trolls ne sont jamais bien loin. Il sera ainsi préférable pour l’enseignant d’utiliser un compte collectif, en évitant scrupuleusement de diffuser des données à caractère personnel d’élèves : la mention des noms, la diffusion de l’image ou de la voix des élèves, de toute donnée permettant en fait de les identifier, font l’objet d’un encadrement très strict incompatible avec ce réseau social et sont donc à proscrire. Pour des projets de publications plus personnelles ou relevant clairement du droit d’auteur, on préférera utiliser, par exemple, un blog de classe explicitant ses propres mentions légales.


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