La réalisatrice  nous dit...

....quelques mots sur l’ aventure…

Je roule route de Marseille à Avignon, à 5 minutes de ma maison. Je suis maman de 3 enfants et je viens d’acheter une caméra pour filmer les premiers pas de mon dernier. Situation tout à fait ordinaire…

Je travaille auprès des gens du voyage depuis quelques années et je me confronte souvent au poids des stéréotypes habituels qui sont associés à « ces gens ». Je lutte, j’explique, je partage mes petites connaissances de cette culture avec ceux qui en sont loin. Je me heurte souvent aux réticences, aux résistances.

Sur cette route que j’emprunte quotidiennement, un petit chapiteau vient de s’installer, ce sont les vacances de février, le mistral souffle de tout son cœur !

Dans ma tête tout se passe très vite. Et si je m’arrêtais, et si on faisait connaissance et si je filmais des bouts de rencontres un peu plus de l’intérieur ? Je me gare près du chapiteau, un homme blond s’approche. Je me présente, bafouille un peu ce que j’ai dans la tête. Sa femme vient d’accoucher à Carpentras, il n’est pas disponible…

Je repasserai. J’y vais tous les jours et petit à petit nous faisons connaissance et petit à petit je sors ma caméra. Ils quittent Avignon au bout de quelques jours, mais nous ne nous quitterons plus ! Nos échanges ont bousculé mes certitudes,  J’ai passé l’été à monter mes bouts de vidéo. L’immense envie de partager cette rencontre !!!

...quelques mots sur la démarche …

Je souhaite donner à voir des moments de vie de gens qui n’habitent  pas loin… des gens qui travaillent, qui ont des enfants, qui consomment, … comme beaucoup d’autres. Des images et des rencontres « de l’intérieur », l’altérité à côté de sa porte. L’exception tient alors dans la rencontre humaine. Je pense que c’est un puissant moyen de lutter contre les stéréotypes, les méconnaissances, la pensée homogénéisante.

C’est un moyen qui est évidemment complémentaire des documents qui signalent des situations extrêmes en particulier au sujet des gens du voyage (expulsions par exemple). Ces témoignages de situations difficiles sont nécessaires, mais à mon avis, permettent de consolider les opinions des ceux qui sont déjà convaincus.

De plus, la situation des circassiens est très méconnue et ils subissent aussi de nombreux refus de s’installer, donc de travailler. Pour compléter mon propos : le cirque obtient déjà une certaine adhésion, une vision moins stigmatisée de la part des gadgés. Il est alors plus aisé de glisser vers la culture tsigane dans toute sa diversité. J’essaye de mettre en relief ce qui est commun et ce qui différencie les gadgés des tsiganes…  Ce support vidéo a reçu des avis très positifs de plusieurs familles de circassiens qui s’y retrouvent, mais gardons nous bien de ne jamais généraliser !

...quelques mots sur la réalisation …

Je n’ai évidemment aucune formation en vidéo, montage…. Je n’ai rien écrit avant, rien prévu, j’ai cueilli ces images et ces interviews avec ma sensibilité, mon regard ! Le montage a pris des mois… Aujourd’hui il est fini, même s’il reste perfectible…

Tout cela a été possible grâce à l’accueil chaleureux de la famille Gontelle et de leurs amis, je les en remercie infiniment !


L’exposition

Sony, l’enfant du voyage , exposition en lien  avec le film, présente la vie d’un jeune circassien sous forme de panneaux.
L’exposition « Sony, enfant du voyage » a été créée par le groupe de travail enfants du voyage du Vaucluse piloté par le Centre Académique pour la Scolarisation des enfants Nouvellement Arrivés  et des enfants du Voyage de l’académie d’Aix Marseille.
Cette exposition n’est en aucun cas exhaustive. Elle présente quelques aspects de la vie et de la culture de certains enfants du voyage. De même, la culture des gens du voyage ne se résume pas aux situations présentées. Cette exposition est un point de départ pour aller à la rencontre de l’autre. 

- Le panneau 1 traite de l’habitation et de différentes formes qu’il peut prendre (en caravane, sur terrain privé, sur aire de stationnement, semi-sédentaire…)
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Le panneau 2 aborde la question des apprentissages qui se font à l’école, au collège et au sein de la famille.
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Le panneau 3 est une collecte d’images saisies dans la vie de quelques familles tsiganes.

Son objectif principal est d’apporter une meilleure connaissance de la culture des enfants du voyage pour en améliorer l’accueil et la scolarisation.

Elle s’adresse en particulier aux enfants d’école primaire et à leurs enseignants. 

Voir les panneaux

Contact : Fabienne Caraty / tél : 06 19 02 43 64 / mail : f.caraty@hotmail.fr

Possibilité d’intervention autour de la projection du film.

Bibliographie Scolarisation des Enfants du voyage

Les cahiers pédagogiques À l’école avec les élèves roms, tsiganes et voyageurs 
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7396