Yoann et les Nobel : Edward Prescott

écrit à Yoann Jobard, étudiant en 2e année de classe préparatoire économique et commerciale, voie économique, au lycée Camille Vernet.
vendredi 8 février 2008
par  Serge d’Agostino

Yoann a contacté Edward Prescott, prix Nobel d’économie en 2004 (avec le norvégien Finn Kydland). Prescott est un économiste américain libéral favorable à l’indépendance des banques centrales, dont la mission doit être d’assurer la stabilité des prix. Il prône une intervention réduite de l’Etat dans l’économie

Dear professeur,

[...]
Your works deal with the monetary policy that central bank should adopt and in 1977, in collaboration with F.Kidland you concluded with “Rules rather than discretion”. The European Central Bank is opting for this policy. In the present situation of extreme financial instability that the subprime mortgage crisis has generated and of global mistrust, this too rigid rule policy is accused of curbing and sabotaging economic growth. Discretionary policies are blamed too. They terrify financial markets which become aware of the ailing state of the economy when central bank cut their base rates. Worse, discretionary policies save speculators from bankruptcy and they set up favourable conditions for new imbalances.
Also, what can Central Banks do to drag themselves out of this deadlock and rescue the world economy ?

[Vos travaux ont porté la politique monétaire que devrait adopter les banques centrales et vous concluez en 1977 en collaboration avec F. Kidland, par "Rules rather than discretion"* . C’est l’attitude pour laquelle la Banque Centrale Européenne a opté. Dans le contexte d’extrême instabilité financière générée par la crise des subprimes et de défiance généralisée cette politique de règles, rigide, est accusée de brider et d’achever une croissance déjà molle. Les politiques discrétionnaires montrent elles aussi leurs limites. Elles affolent les marchés financiers qui voient dans la baisse des taux directeurs un signal clair sur le mauvais état de l’économie. Pire encore, elles sauvent les spéculateurs de la faillite et créent les conditions favorables à la création de nouveaux déséquilibres.
Alors que peuvent faire les banques centrales pour se sortir de cette impasse et sauver l’économie mondiale ?

* « Rules rather than discretion » : Il faut préférer une politique monétaire de règles imposées à l’Etat et concentrées sur la lutte contre l’inflation à une politique discrétionnaire, plus pragmatique.]

prescott_Nobel

La réponse de Prescott
31 janvier 2008

Banks are groups of PEOPLE with limited liability. Some banks take excessive risks by borrowing short and making illiquid loans typically with longer durations than their liability. Periodically there is a crisis like the small current one. Needless to say the bankrupt banks want someone to bail them out. This is what has been happening in the U.S. The bailing out is just a transfer between people.

The role of the Central Bank is to maintain low and stable inflation. The U.S. will have some inflation surprise that will result in redistributions.
The real consequences of monetary policy are minuscule. I personally benefited by the Fed lowering interest rates.

I think the head of the European central bank is doing the right thing. It will have no consequence for growth. France should cut its tax rates and reform its labor market. If it did, the French economy would boom.

The evidence is that monetary policy had no significant real effect over the last 60 years in the United States.

Ed

Traduction

Merci à Joëlle Werklé et David Minns pour leur aide à la traduction. Yoann

Les banques sont des groupes de personnes avec des responsabilités limitées. Certaines banques prennent des risques excessifs en empruntant à court terme et en accordant des prêts illiquides [1] notamment sur des durées qui vont au-delà de ce prévoit leur mandat. Périodiquement il y a des crises comme celle d’aujourd’hui qui est de faible ampleur. Inutile de dire que les banques qui font faillite souhaitent que quelqu’un les tire d’affaire et c’est ce qui s’est produit aux Etats-Unis. Le renflouement de ces banques n’est qu’un transfert entre personnes.
Le rôle des banques centrales est de maintenir une inflation faible et stable. Les Etats-Unis vont avoir une inflation surprise et des ajustements seront nécessaires.
Les conséquences effectives de la politique monétaire sont négligeables. J’ai personnellement tiré profit des baisses des taux d’intérêt de la Fed.
Je pense que le directoire de la Banque Centrale Européenne a opté pour la bonne solution. Elle n’aura aucune incidence sur la croissance. La France devrait réduire ses taux d’imposition et réformer le marché du travail. Si cela était fait, la croissance française prendrait son envol.
Il est prouvé que la politique monétaire n’a pas eu d’impact réellement significatif aux Etats-Unis ces 60 dernières années.

Ed

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[1C’est-à-dire des prêts à long terme qui ne permettent donc plus de disposer d’argent comptant.


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