Yoann et les Nobel : Paul A. Samuelson

vendredi 13 juin 2008
par  Serge d’Agostino

L’américain Paul A. Samuelson (du Massachusetts Institute of Technology) a reçu le prix Nobel d’économie en 1970. Il fait partie des économistes les plus influents de ces 60 dernières années.

Paul Samuelson a répondu à Yoann, le 10 juin 2008

1 :You are an economist whose work focuses on a wide variety of subjects. Maybe you have already ruled on globalization as we have experienced it over the past two decades, and that some economists, including some liberal economists, consider to be dangerous. I would like to know your point of view on the free movement of capital.

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Globalization came historically belatedly, but inevitably. Inevitable because knowledge can leak out to low-wage peoples who are educatable. Therefore, their competitions will be with previously lucky workers in the advanced economies.

Result : Globalization tends toward geographical equalization of affluence. It helps the most skilled and lucky in the advanced places ; it hurts the least skilled and least educated in North America and Western Europe.

Above all, a free trade world is an anxious world. Two billion people in Chine and India will gain much by 2050. The America unilateral dominance during the twentieth century will erode away. We will be one of many advanced economies.

2 : I asked Michael Spence (and others) "what’s a good economist ?”. What would your answer to that question be ?

Good economists come in many forms. I admire most scholars like Kenneth Arrow : Mathematically astute and creative. At the same time temperamentally a person of good will. When many times a year publish journalistic articles and contemporary and future events, I do not include my mathematical notation in the printed text. However, in substance I try be faithful to my theoretical derivations. The late Arthur Okun of Yale and Washington was a wise economist, even though he was primarily a mathematical economist.

Traduction

1 : Vous êtes un économiste dont les travaux portent sur une grande variété de sujets. Peut-être avez-vous déjà réfléchi et tranché sur la mondialisation que nous avons connue ces vingt dernières années, et que certains économistes, dont certains libéraux, considèrent comme un danger ? Je voudrais connaître votre point de vue sur la libre circulation des capitaux.

La mondialisation s’est développée tardivement d’un point de vue historique, mais elle était inévitable. Inévitable parce que les savoirs se communiquent aux personnes à bas salaire qui sont éducables et qui par conséquent entreront en concurrence avec les travailleurs des économies développées qui ont eu plus de chance dans le passé.

Résultat : La mondialisation tend à une égalisation géographique des richesses. Elle aide les plus qualifiés et les plus chanceux dans les pays développés ; elle défavorise les moins qualifiés et les moins éduqués en Amérique du Nord et en Europe de l’ouest.

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Et par dessus tout, un monde de libre échange est un monde anxieux. Deux milliards de personnes en Chine et en Inde y gagneront beaucoup d’ici 2050. La domination unilatérale de l’Amérique pendant le vingtième siècle va s’estomper. Nous ne serons plus qu’un pays développé parmi d’autres.

2 : J’ai demandé à Michael Spence (et à d’autres) « qu’est-ce qu’un bon économiste ? ». Quelle serait votre réponse à cette question ?

Il y a différentes façons d’être un bon économiste. J’admire la plupart des érudits comme Kenneth Arrow, en particulier son astuce et sa créativité en mathématique. Et en même temps, de par sa nature, c’est quelqu’un de bonne volonté. Lorsque plusieurs fois dans l’année, je publie des essais journalistiques sur des événements contemporains ou futurs, je n’inclus pas mes développements mathématiques dans le texte final. Cependant, dans le contenu, j’essaie d’être fidèle à mes origines théoriques. Le regretté Arthur Okun [1], professeur à Yale puis à Washington, était un économiste éclairé, même s’il était à l’origine un économiste expert en mathématique.

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[1Arthur Okun (1928-1980) est connu pour la loi qui porte son nom. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d’Okun


Commentaires

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mercredi 16 décembre 2009 à 00h34 - par  Serge d’Agostino

Paul Samuelson est décédé le 15/12/09. rappelons que le jury du Nobel l’a récompensé pour "avoir contribué à élever le niveau de la science économique". On ne saurait mieux dire !
Dans le New York Times un article intéressant.

Brèves

La politique étrangère de la France : entre héritages et ruptures

jeudi 21 mars 2013

La politique étrangère de la France est toujours au centre de multiples enjeux nationaux et internationaux. Or, le monde a connu des bouleversements majeurs ces dernières décennies avec la décolonisation, la fin de la guerre froide, l’élargissement de l’Europe, l’essor des pays émergents, les révolutions dans le monde arabe et la cn’se économique. La politique extérieure avait souvent pris une dimension nouvelle avec le général de Gaulle. Ses successeurs ont-ils préservé, adopté ou rénové notre stratégie ?

Conseil Général, Hôtel du département 26 av Président Herriot. Valence
Jeudi 21 Mars 2013 - 20h00

CONFERENCE

jeudi 20 décembre 2012

Au cœur des débats actuels, sur le redressement productif français, sur le "patriotisme économique ", et plus largement sur les tenants et les aboutissants des échanges internationaux, Serge d’Agostino, professeur d’Analyse Economique et Historique des Sociétés Contemporaines en classe préparatoire économique et commerciale, au lycée Camille Vernet apportera des éclairages sur
« Protectionnisme ou libre échange, histoire et perspectives »

Il animera une conférence, sous l’égide des Amis du Monde Diplomatique

Le Jeudi 20 décembre 2012
De 18h30 20h30

Maison des associations
Salle Haroun Tazieff,
4 rue Saint Jean à Valence (près de la Médiathèque).

Entrée gratuite pour les étudiants.

La grande crise mondiale : où en est-on ?

jeudi 22 mars 2012

Jeudi 22 mars, à 20 heures, Pôle universitaire Latour-Maubourg (87 av. de Romans, Valence)

Dans le cadre de l’université populaire de Valence, conférence de Serge d’Agostino : LA GRANDE CRISE MONDIALE : OÙ EN EST-ON ?

Depuis 2007, le monde subit une crise économique et financière d’ampleur inédite qui ranime les vieux souvenirs de la grande dépression des années 1930.
Aujourd’hui, où en est-on ? Les déséquilibres de l’économie mondiale à l’origine de cette crise sont-ils résorbés ? Les interventions massives des états ont-elles replacé les économies nationales sur un sentier de croissance durable ? Quelles sont les victimes de cette crise ? Qui en bénéficie ? Un nouvel ordre géopolitique mondial émerge-t-il ? C’est à ce type de questions que nous tenterons de répondre.

Entrée gratuite pour les étudiants et lycéens