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BIENNALE CINEDUC 2010 - par guillaumedeheuvels le 02/02/2010 @ 00:43

Biennale 2010

La troisième édition de la Biennale CINEDUC a pour thème "'Bonjour le bonheur !". Elle se déroulera du 1er au 10 février 2010, à Grenoble et aux environs.

Organisée par l'association "La Maison des Enseignants et de l'Education tout au long de la vie", cette 3ème édition fait suite à la Biennale 2006 qui avait pour thème "Ecole et société" et à la Biennale 2008 dont le thème était "La famille dans tous ses états".

La thématique "bonheur" interroge l'individu comme la société, les gens d'ici comme d'ailleurs. Toutes les générations sont concernées, jeunes et adultes, d'hier et d'aujourd'hui.

La Biennale est destinée à faire découvrir, ou redécouvrir, comment les réalisateurs ont vu le bonheur, comment ils l'ont traduit dans leurs films: atmosphère, quête, utopie, démarche collective, ou individuelle, émotions, amour, consommation, bonheurs artificiels, argent ...

----- Affiche réalisée par Jordy N. - Lycée Argouges - Grenoble

L'objectif est non seulement de montrer des oeuvres cinématographiques, de contribuer à la formation à l'image et l'analyse cinématographique, mais également de stimuler une réflexion : débats, conférences, intervention dans les classes.

Cet évènement culturel est aussi l'occasion d'associer dans un travail pédagogique continu pendant l'année 2009-2010, un public scolaire et d'étudiants à des ateliers de formation à la programmation cinématographique, d'analyses filmiques, de découvertes des métiers du cinéma , de sensibilisation à l'analyse et à la création d'images.

    Pendant la Biennale, CINEDUC proposera :
  • Pour les écoles, collèges et lycées : des ateliers de deux heures, au CRDP, sur les métiers du cinéma. Horaires scolaires.
    Inscriptions : par email , décembre 2009 / début janvier 2010
  • Pour les classes, options et ateliers cinéma : de diffuser des courts-métrages de 3 à 5 minutes, réalisés en cours ou ateliers entre septembre et fin décembre 2009, sur le thème de « Bonjour le bonheur ». Ces courts-métrages pourront être proposés en avant première de films programmés pendant la Biennale et accompagnés d'une discussion avec les réalisateurs et le public .
    Inscriptions avant fin octobre.

L’option cinéma en classe préparatoire littéraire : le lycée Berthollet à Annecy.

 

 

Les élèves d’hypokhâgne et de khâgne du lycée Berthollet à Annecy ont la possibilité de suivre une option cinéma. Option de spécialité au même titre qu’une langue vivante trois ou que la géographie, elle permet de se préparer aux écoles normales supérieures mais aussi à des écoles de cinéma comme la FEMIS.

 

Quatre heures par semaine lui sont consacrées, pendant lesquelles les élèves sont préparés aussi bien à la théorie qu’à la pratique du cinéma. L’histoire, l’analyse de films, les écrits philosophiques sur le cinéma sont abordés à travers un riche panel de films vus en salle avec l’opération « lycéens au cinéma » ou étudiés en profondeur en classe. L’aspect pratique est aussi au centre de cet enseignement, les élèves pouvant réaliser des exercices ou des courts-métrages complets grâce à un matériel de qualité et à l’encadrement de professionnels du cinéma.

Les courts-métrages des étudiants des années précédentes peuvent être vus sur ce site dans la rubrique « Petite fabrique du son et de l’image » (http://audiocinemacademiedegrenoble.unblog.fr/index.php?s=berthollet)

 

Le lycée Berthollet a de plus la chance de se trouver dans une ville cinéphilique, et les étudiants pourront profiter des festivals internationaux comme celui consacré au cinéma italien ou le renommé festival du cinéma d’animation, mais aussi de nombreux autres (consacrés au cinémas slovaque, espagnol…), pour voir des films rares en salle et rencontrer des professionnels.


ALAIN CAVALIER, SERGE BROMBERG, OMAR LOTFI
INVITES DE PLAN LARGE, et de la Cinémathèque des Pays de Savoie, et bien sûr de la Turbine,
DEBUT DECEMBRE A LA TURBINE !


NOTEZ, NOTEZ !

Plan Large, la Cinémathèque des Pays de Savoie sont associées pour  souhaiter un bon cinquième anniversaire au cinéma La Turbine à Cran-Gevrier. Salle fidèle partenaire de soirées où les films sont régulièrement accompagnés par des réalisateurs, des comédiens, des professionnels.

ALAIN CAVALIER sera présent vendredi 4 décembre à 20h 30 pour Irène. Alain Cavalier est rare. Il est venu pour la dernière fois à Annecy en 1986 pour Thérèse. Sa visite constitue un événement exceptionnel. Alain Cavalier poursuit une oeuvre autobiographique émouvante où il se raconte, où il est le "filmeur" qui chuchote à l'oreille du spectateur. Irène est un film magnifique qui rend la vie à  l'épouse du réalisateur disparue en 1972. La rencontre avec le réalisateur promet car Alain Cavalier est au coeur de son souvenir chaque fois qu'il fait entendre sa voix, pudique, forte, au creux d'une intimité révélée, partagée.
A 19h 45 entrée de la salle verre de l'amitié offert par la ville de Cran-Gevrier

SERGE BROMBERG sera présent mercredi 9 décembre à 20h 30 pour L'Enfer. Serge Bromberg est l'ami de la Cinémathèque des Pays de Savoie parce qu'il est un restaurateur inlassable et enthousiaste de vieilles bobines. Il est bien connu à Annecy comme directeur artistique du Festival International d'animation. Il y est apprécié pour ses accompagnements au piano et sa verve de bateleur dans les projections de films anciens. L'Enfer (coréalisé avec Ruxandra Medrea) est le récit  du tournage infernal d'un film avorté de Clouzot en 1964, à cause des ennuis cardiaques du cinéaste et de bien d'autres choses. Bromberg récupère les rushes, le story board, les gestes de Romy Schneider star lumineuse, et en fait un documentaire hommage au cinéma.

OMAR LOTFI sera présent samedi 12 décembre à 17h 30 et dimanche  13 décembre à 20h 30 pour Casanegra.
  Le film de Noureddine Lakhmari offre sa première apparition au cinéma à ce jeune acteur né à Casablanca en 1983. Il a obtenu pour ce rôle le prix d'interprétation au Festival du Film National (Maroc) et au festival de Dubaï.  Il interprète un des deux jeunes casablancais  du film qui vivent de combines et de petits coups minables. Casa la ville blanche est devenue noire. Le contenu du film est un condensé de la vie casablancaise, dure, physique, verbale, sans tabous. Casanegra a un succès immense au Maroc qu'Omar Lotfi a accompagné, comédien d'un coup reconnu par ses pairs et par le public, dans un film coup de poing.

Qu'en dites-vous ? C'est pas une promesse de plaisir et d'intelligence tout ça ? Et puis, alors que les écrans de cinéma tendent à se rétrécir pour se rapprocher de la télé et réciproquement puisque la télé s'agrandit pour échapper au format de l'écran d'ordinateur voire du téléphone portable, cela ne fait-il pas du bien de retrouver le goût du spectacle, de la rencontre avec plusieurs dizaines de spectateurs et avec un invité prestigieux et aimable ?


Compte-rendu de lecture

Philosophie en séries

de Thibaut de Saint Maurice

éditions Ellipses

2009

 

 

Présentation de l’ouvrage

 

L’auteur propose de montrer comment les grandes séries télévisées actuelles peuvent servir de point de départ à une réflexion philosophique. Il montre ainsi que l’on peut trouver dans des séries comme Desperate Housewives, 24 heures chrono, Prison Break, etc. des éléments et des situations qui permettent de saisir l’enjeu et la pertinence d’une question philosophique, relative au bonheur, à la recherche de la vérité, à la liberté. Ce livre repose sur l’idée d’associer aux grandes notions du programme de philosophie de Terminale une série populaire actuelle.

 

L’idée de rapprocher des séries télé et de grands auteurs classiques du corpus philosophique est intéressante. Ces séries ne sont pas au premier abord des objets à forte valeur culturelle et se présentent souvent d’abord comme des divertissements. Lire entre les lignes de ces séries et voir entre les images apparaître de grandes problématiques philosophiques permet de donner à l’exercice du questionnement philosophique de nouveaux objets. La démarche de l’auteur s’apparente ainsi à une nouvelle tendance dans le champ de la recherche philosophique que l’on nomme la pop philosophie. Celle-ci, reprenant le défi du pop art, considère des objets culturels populaires comme la matière première d’une démarche philosophique. Cette tendance est bien développé aux USA où l’on trouve dans les rayons des librairies, des livres d’une même collection aux titres explicites : Le seigneur des anneaux et la philosophie, Les Simpsons et la philosophie, Friends et la philosophie, Seinfeld et la philosophie, Star Trek et la philosophie, etc.

A la différence de cette collection, le livre de Thibault de Saint Maurice ne porte pas sur une série mais sur toutes les grandes séries actuelles, les plus regardées, semble-t-il. L’ouvrage est composé de 15 chapitres. Chaque chapitre porte sur une série télé différentes. Le premier et le dernier chapitre proposent une réflexion plus générale sur la démarche de l’auteur et sur le rapprochement entre séries télé et philosophie. Ce sont ces deux chapitres qui retiendront avant tout notre attention.

 

Les chapitres suivent une même ligne directrice. Après une présentation générale de la série et de sa spécificité narrative (son histoire, sa trame et son intrigue), l’auteur renvoie à des questions et des auteurs philosophiques. L’idée sous-jacente de ce jeu de renvois qui font la première valeur de l’ouvrage est que certaines scènes permettent de mieux comprendre des idées philosophiques abstraites et parfois difficiles. Ainsi le chapitre consacré à la série Dr. House nous montre comment ce docteur et son équipe à la recherche du diagnostique correct suivent une série d’étapes qui rappellent le protocole expérimentale tel qu’il fut élaboré par Claude Bernard. Les intrigues multiples de Desperate Housewives illustrent les idées de Schopenhauer sur le caractère vain et illusoire du désir. Chercher à être heureux en satisfaisant tous ses désirs est une entreprise vouée à l’échec. Et les audaces cruelles de Jack Bauer de la série 24 heures chrono permettent de mettre en scène l’opposition centrale en philosophie morale entre une morale déontique, reposant sur des principes à valeur universelle, et une morale utilitariste, ou conséquentialiste, prenant en compte les conséquences d’un acte, pour évaluer sa moralité. Tous les chapitres n’associent pas une série à un auteur. Dans certains cas, comme pour la série Rome, l’analyse convoque des auteurs divers, Paul Ricoeur ou Hegel.

 

 

 

Un double objectif

 

Le livre s’ouvre sur un avant-propos intitulé Pilote, en référence au premier épisode d’une série. Dans ce court avant-propos, l’auteur nous raconte que l’idée de ce livre lui est venu en cherchant à rendre vivant un cours de philosophie, sur les rapports entre la raison et l’expérience. Pour capter l’attention des élèves, pour faire passer une idée difficile, illustrer cela par une scène d’une série télé a permis de rendre à nouveau le cours intéressant. Les élèves s’ennuyaient. Dès qu’on leur parle du Dr. House, ils ne s’ennuient plus. C’est presque trop beau ... :

«Quelques sourires de connivence, ceux qui regardaient par la fenêtre reviennent dans la classe (…). Pas de doute : le cours est relancé, on progresse, je peux reprendre la lecture du texte et son analyse, ils ne lâcheront plus maintenant, jusqu’à la fin de l’heure…»(p. 7)

 

Il s’agit donc, grâce à ce livre de faire de la philosophie autrement, de la rendre intéressante à un public peu enclin à suivre une démarche philosophique plus abstraite et plus académique. C’est là un but à lui seul essentiel. Le premier chapitre de l’ouvrage, intitulé Peut-on philosopher devant un écran de télévision ? traite directement de ce point. Mais l’auteur ajoute une autre visée à son propos : il s’agit aussi et en même temps de voir les séries télé autrement, y voir quelque chose de plus qu’un simple divertissement. Ce sera l’objet du dernier chapitre du livre intitulé Une série télévisée peut-elle être une oeuvre d’art ? Le coeur théorique de l’ouvrage nous semble être d’avoir lier l’un à l’autre ces deux objectifs :

 

«Tel est le pari qui donne naissance à ce livre : philosopher autrement en regardant la télévision autrement. Les chapitres qui suivent obéissent donc à une double intention : se servir des séries pour illustrer la réflexion philosophique et en même temps mener une analyse critique des histoires qu’elles racontent et conduire, à travers elles, un authentique questionnement philosophique.» (p. 10)

 

Faire de la philosophie autrement ou voir les séries autrement, ces deux objectifs ne se superposent pas exactement. Et chacun d’eux se confrontent à des difficultés propres.

 

 

 

Faire de la philosophie autrement

 

Une question essentielle demeure en suspens dans ce livre : les séries télé sont-elles un nouvel objet pour la philosophie ou une nouvelle méthode pour la philosophie ? Faire de la philosophie autrement est-ce se donner un nouvel objet ou adopter une nouvelle démarche menant à l’étude d’objets déjà classiques du discours philosophique ?

Outre l’exemple de l’avant-propos rappelé ci-dessus, l’auteur dit peu de choses de cette hypothétique nouvelle méthode. S’il s’agit simplement d’une question de méthode et de pédagogie consistant à partir de ce que connaissent les élèves, il est probable que toutes ces références télévisuelles ne deviennent vite dépassées ou obsolètes. C’est ce qui est arrivé avec le film Matrix. Ce film évoquait de manière spectaculaire certaines grandes idées philosophiques sur la réalité et le monde. Pendant quelques temps c’était une référence commune aux professeurs et aux élèves. Mais aujourd’hui, le film date de 1999. Nos élèves de Terminale avaient donc 7 ou 8 ans et n’ont pas vu le film au cinéma ou s’ils l’ont vu, le sens philosophique du film leur a quelque peu échappé.

Par ailleurs, les chapitres mettent en place un subtil dialogue entre ces séries et les grands textes philosophiques. Ce dialogue repose sur des rapprochements imaginatifs, pertinents et clairs. Mais cela donnera-t-il envie de lire les auteurs philosophiques évoqués ou de voir les séries analysées ? Ou les deux ? Quand un enseignant évoque une série dans son cours, qu’en déduisent les élèves ? Qu’il faut lire les philosophes pour comprendre les séries ? Ou bien que les séries peuvent nous dispenser de lire les philosophes ? C’est là une difficulté véritable : ce qui ne devait être qu’une médiation devient le point d’aboutissement.

Il reste donc la possibilité de voir dans ces séries un nouvel objet philosophique. C’est là aussi un point que défend l’auteur dans le premier chapitre. Selon lui, ces séries sont «un formidable miroir de la vie» (p. 9). Elles mettent en scène un questionnement sur des valeurs et sur des représentations du monde. Et elles constituent «un grand réservoir d’expériences et de situations exemplaires auxquelles tout le monde peut facilement faire référence» (p. 9). Mais en voyant ces séries avant tout comme un réservoir de situations problématiques, les analyses menées dans les différents chapitres qui suivent tendent à privilégier ces situations elles-mêmes en laissant de côté la façon dont ces situations sont mises en images. L’histoire et l’intrigue sont privilégiées au détriment des choix esthétiques et formels.

 

 

 

Voir les séries autrement

 

C’est l’objet du dernier chapitre qui vise à montrer à quelles conditions on peut voir ces séries comme de véritables oeuvres d’art et non pas simplement comme des divertissements légers. La réponse consiste, en s’appuyant sur les concepts de Nelson Goodman, à déplacer la question en se demandant non pas ce qu’est une oeuvre d’art, puis à voir si les séries collent à cette définition, mais à se demander plutôt ce qui permet à ces séries de fonctionner comme des oeuvres d’art. La réponse de l’auteur est que ce qui permet à ces séries de fonctionner comme telles, c’est qu’on peut les trouver en DVD et donc qu’on peut les voir hors de leur contexte commercial:

 

«Pour toutes ces raisons, il apparaît que c’est la publication en coffrets de DVD qui rend possible une authentique activation de ces objets comme de véritables oeuvres d’art audiovisuelles.» (p. 162)

 

Cet argument nous apparaît peu convaincant dans la mesure où on peut trouver en coffrets DVD toutes les séries même celles qui datent des années 70, qui n’ont pas grand chose à voir avec celles d’aujourd’hui. Pourquoi les séries d’aujourd’hui sont-elles plus susceptibles d’un traitement philosophique que celles d’hier, elles aussi très célèbres, très populaires ? Par le passé certaines séries n’ont pas manqué elles aussi de susciter la réflexion philosophique : Star Trek, Le prisonnier et bien d’autres. L’auteur précise qu’il a limité son propos à des séries produites il y a moins de dix ans, car il s’agit là de séries «d’un genre nouveau» (p. 12). Malheureusement ce point crucial reste flou et l’auteur n’en dit pas plus sur ce genre nouveau.

 

Il manque à ce livre une analyse de ce qui fait la spécificité de chacune de ses séries, outre leur trame narrative et leur intrigue. Ce qui nous semble faire défaut à ce livre c’est une véritable analyse de l’esthétique propre à ces séries. Rien n’est véritablement dit de ces séries hormis leur histoire et quelques anecdotes de tournages (les décors de Rome ont entièrement brûlés, cela entraînant l’arrêt de la série la plus chère de tous le temps). Même au niveau de l’histoire, aucune analyse n’est mené de la façon dont ces séries tissent leur trame narrative, créent des coups de théâtre, du suspens, etc. Pourtant toutes ces séries sont aussi fortes par les choix esthétiques qu’elles proposent.

 

L’auteur termine son analyse en contre-balançant l’idée de Goodman par une autre idée, de Jerrold Levinson, selon laquelle un objet ne peut fonctionner comme oeuvre d’art que dans un certain contexte culturel. Finalement, il ne suffit pas d’avoir le coffret DVD. Il faut encore remettre ces oeuvres dans un certain contexte culturel:

 

«Les séries fonctionnent d’autant plus comme des oeuvres d’art que leur public est capable de les recevoir dans la médiation d’un contexte culturel.» (p. 165)

 

Outre le fait que cette idée crée une certaine ambiguïté dans l’analyse puisque le DVD a pour but de mettre entre parenthèse un certain contexte commercial, alors qu’un certain contexte culturel est nécessaire, malheureusement, rien n’est dit de ce contexte culturel. Peut-être une philosophie des séries télé devrait-elle proposer aussi une étude de ce contexte culturel ? Mais dans ce cas, les séries ne sont plus tant des objets esthétiques que des objets culturels.

 

 

 

Laurent Bachler

professeur de philosophie

au lycée Vaugelas de Chambéry


Bravo aux établissements suivants qui ont été retenus par le jury "Regards croisés sur l'Europe" :
- lycée Pierre du Terrail à Pontcharra.
 
- lycée Pierre Beghin à Moirans.
 
- lycée professionnel Jean Jaurès à Grenoble.
 
- collège la Moulinière à Domène.
 
- école élémentaire de St Just de Claix.

CINEMA ET PHILOSOPHIE - par guillaumedeheuvels le 08/07/2009 @ 19:49

Un nouveau titre vient de paraître dans la collection « Les petits Cahiers » :

 

-          755D0185      Cinéma et philosophie            9,95 €

 

 

Fiche détaillée
Collection LES PETITS CAHIERS
Résumé détaillé
« Je pense, donc le cinéma existe » affirme Godard, cinéaste et philosophe d’un nouveau type. Mais le cinéma, jeune art du mouvement qui fabrique des images et des sons bien matériels, et la philosophie, connaissance ancestrale qui manie des concepts invisibles et abstraits, ont eu du mal à se rencontrer. Juliette Cerf décrypte et analyse les étapes de cette rencontre depuis la création du cinéma en 1895.
Editeur(s) CNDP - CHASSENEUIL-DU-POITOU
CAHIERS DU CINEMA - PARIS
Description technique 1 ouvrage, 96 p.
Discipline(s) ARTS ET CULTURE, CINEMA, PHILOSOPHIE
Niveau(x) LYCEE D'ENSEIGNEMENT GENERAL, LYCEE PROFESSIONNEL, ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Référence 755D0185
   
   
   
Date de parution 01/04/2009

Pratiques innovantes : Un concours vidéo sur l'égalité des chances et des sexes

Repérée au Forum des enseignants innovants et de l'innovation éducative,
l'équipe du lycée Marie Curie d'Echirolles (38) a construit un remarquable
projet qui a impliqué 3 adultes  : documentaliste, CPE et economie-droit.

La vidéo, surtout dans une application aussi forte, a du mal à entrer dans
l'école, comment vous est venue l'idée de l'utiliser comme support de votre
enseignement ?

C'est une longue histoire car l'utilisation de la vidéo est l'aboutissement
d'un travail sur l'image qui s'est tenu depuis une dizaine d'année dans notre
lycée. En effet, une équipe d'une vingtaine d'enseignants s'est formée à
l'analyse d'images et différents concours ont été organisés autour de l'image
fixe dans un premier temps : « les dix images de la décennie » en 2000, le «
analyse et détournement d'images publicitaires » en 2005, enfin un concours de
« roman-photo » sur le thème du respect garçons-filles en 2007.
Par ailleurs, nous avons toujours revendiqué notre volonté de travailler en
interdisciplinarité sur ce type d'action. Or l'éducation à l'image s'inscrit de
façon transversale dans l'ensemble des programmes des différentes disciplines.
Logiquement, cette année marque le passage de notre projet à l'étude de l'image
animée. Les enseignants volontaires ont été formés à l'analyse d'images
filmiques dans le cadre d'un stage d'établissement. Quant au thème retenu pour
le concours (l'égalité des chances et des sexes) les IUFM de Lyon & Grenoble
nous ont accueillis lors de journées de formation sur « Le genre et les
discriminations sexuées au cinéma, dans la bande dessinée et dans les jeux
vidéos ».

Effectivement, il nous a fallu convaincre l'équipe des professeurs participants
de la faisabilité du projet. D'aucuns étaient sceptiques sur la possibilité de
produire un court métrage en une journée, d'autres redoutaient des contraintes
et problèmes techniques insurmontables liés à l'utilisation de la vidéo
numérique.
Au total sept classes étaient en compétition : 4 classes de seconde et 3
classes de première (STG, ES et arts appliqués) soient 238 élèves répartis en
36 groupes.


Qu'en attendiez vous ?

La dimension d'un travail en équipe pluridisciplinaire nous a toujours tenu à
cour pour le travail sur l'image. Il nous semble en effet, intéressant de
croiser les regards et les compétences et d'ouvrir au maximum les disciplines
sur un sujet commun. Ainsi collaborent au projet des professeurs de lettres,
d'histoire-géographie, d'économie-gestion, d'éducation physique et sportive,
d'arts appliqués, ainsi que les professeurs documentalistes. Un groupe de
pilotage se réunit régulièrement sur l'année pour accompagner la réalisation du
projet (rédaction du règlement du concours, grille d'évaluation, organisation
de la journée jury, soirée de remise des prix.) sous l'impulsion des trois
chefs de projet : deux professeures : documentaliste et économie-gestion et une
conseillère principale d'éducation. Le travail en équipe est indispensable à la
réalisation du projet compte tenu de son ampleur mais il est aussi devenu la
marque de fabrique de notre lycée. Et nous en sommes très fières à l'heure où
il est de bon ton de critiquer l'éducation nationale ! Nous attendions de la
part des élèves une prise de distance par rapport à l'image, et une
sensibilisation  au thème, tout en gageant que le fait de filmer et de
construire (un synopsis, un scénario.) leur permettrait de se construire
eux-mêmes.


Comment articulez vous ces vidéos avec le cours ?

Les classes ont bénéficié de deux types d'intervention :
- Des conférences et animations sur le thème de l'égalité des chances et
des sexes (en lien avec les cours d' E.C.J.S, économie, histoire,
communication) grâce notamment à un travail en partenariat avec la Maison de
L'égalité Hommes Femmes d'Echirolles ainsi qu'une conférence de Christine
DETREZ maître de conférence en sociologie à l'E.N.S de Lyon sur la
représentation sexuée dans les encyclopédies médicales pour enfants.
Des comédiens professionnels sont également venus improviser sur les différents
aspects de l'égalité des chances, ce qui a permis aux élèves de s'approprier le
sujet tout en le dédramatisant.
- En classe : un travail sur l'image cinématographique, les codes du
récit, ceux de l'image, animée mené par les chefs de projet. Les enseignants
travaillent en parallèle avec leur classe sur l'écriture du scénario, du
story-board, du synopsis. Chacun s'approprie le projet en fonction de ses
compétences.
Le C.D.I du lycée met par ailleurs à disposition des collègues comme des élèves
un fonds documentaire (ouvrages et D.V.D) important qui sert de « mallette
pédagogique ».


Matériellement comment les élèves apprennent-ils à utiliser la vidéo, comment
trouvent-ils le temps et le moyen de tourner ?


Les élèves concourent par équipe de six à huit. Chaque équipe devait désigner
un cadreur et un monteur. Tous les « techniciens » ont reçu une formation d'une
demi-journée au maniement des caméscopes numériques : à la prise d'images puis
au montage sur Movie Maker. Cette demi-journée de formation s'est organisée le
mercredi après midi ou le samedi matin en décembre et a été assuré en
collaboration avec l'AI de notre établissement. Les élèves venaient avec le
matériel le cas écheant le lycée prêtait les caméscopes et les ordinateurs
portables.

La forme du concours organisé sur une journée permet un temps fort dans
l'établissement et garantit les mêmes conditions de réalisation à toutes les
équipes d'élèves. Ils sont accueillis dans l'établissement dès 8h, ils arrivent
avec leurs accessoires (costumes, maquillage, objets, musique...) Ils
travaillent le scénario, le synopsis et la note d'intention le matin. Ils
utilisent le temps restant pour réaliser leurs images dans et aux abords du
lycée. Les élèves montent leur production sur Movie Maker au lycée et rendent
les courts métrages et les documents papier à 17h. Nous avions testé la formule
lors de notre stage de formation : on savait que c'était serré mais que c'était
réalisable !


Qu'est-ce qui a bien marché par rapport à vos attentes ? Et qu'est-ce qui a
moins bien marché ?


Ce qui marche à chaque fois : l'enthousiasme, la réactivité et la créativité
des élèves nous épatent à chaque concours. Cette fois encore le pari a
fonctionné. Sur 36 groupes en compétition seuls deux n'ont pas pu rendre leur
production en fin de journée à cause de problèmes techniques insurmontables.
Les enseignants participants comme les personnels spectateurs de l'action sont
à chaque fois séduits de voir la qualité et les compétences « extra-scolaires »
que savent développer nos élèves.
Nous redoutions des problèmes techniques relatifs à l'accueil de 238 élèves le
jour du concours (liés notamment à d'éventuels incompatibilités de standards,
des pannes.) En effet, il nous a fallu emprunter une vingtaine de caméscopes
auprès des familles d'élèves, des  établissements voisins, de l'I.U.F.M, du
C.R.D.P ainsi que quelques P.C portables. Or la technique a bien fonctionné
grâce à une organisation logistique en béton ! Nous vous faisons grâce du
nombre de kilomètres de câbles branchés dans le lycée le jour du concours. Nous
avons récupéré tout le matériel en état. La journée de concours tombait en
plein dans les mouvements de blocages lycéens et nous avons craint de ne pas
avoir la totalité de nos équipes le jour J mais l'enthousiasme de la
préparation a su les convaincre de rentrer dans l'établissement !

L'absence de micros additionnels pendant le tournage a occasionné quelques
problèmes de son. Il a donc fallu retravailler certains courts métrages afin de
les rendre plus audibles.
La projection des travaux d'élèves dans différents lieux du lycée (forum, salle
des professeurs, salle polyvalente) pendant une semaine afin de permettre
l'élection du prix du public a rencontré beaucoup de spectateurs curieux de
découvrir les courts métrages produits.
Enfin la cérémonie de remise des prix s'est déroulée dans une liesse incroyable
tant les élèves étaient excités par le côté festif et solennel de la soirée
ainsi que par le fait de voir sur grand écran leurs productions et celle de
leurs camarades. 


Les élèves sont souvent passionnés de justice. Pensez vous que cela a fait
évoluer leur conception sur l'égalité des chances ?


Sans aucun doute ! Beaucoup de courts métrages produits se passent dans la
sphère professionnelle et portent sur des discriminations à l'embauche liées au
sexe, à l'orientation sexuelle, ou encore à l'origine des postulants. C'est
souvent traité de manière drôle mais cela révèle combien le sujet leur tient à
cour ! Les élèves ont su jouer des clichés traditionnels à l'ouvre dans les
familles, les groupes de jeunes, le milieu du sport ainsi qu'à l'école et leur
régler promptement leur sort grâce à la fiction.

Comment cela a été perçu par votre environnement : la direction, les parents ?

Nous avons eu des retours plus que positifs de la part des parents. Ils ont en
effet, pu partager l'enthousiasme de leur enfant pour la préparation et la
réalisation de leur court-métrage. Mais la soirée de remise des prix leur a
également permis de mesurer l'ampleur du projet, ses objectifs, ses
contraintes, le nombre de participants et nous pensons que l'ambition de
l'ensemble les a fortement séduits.

Les partenaires du projet comme les collègues enseignants étaient unanimes sur
l'ambition de l'action et les compétences développées par les élèves.
D'ailleurs les courts métrages des élèves ont été réclamés par le  C.I.O de
notre secteur, la Maison de l'Egalité et le service jeune de la Mairie
d'Echirolles afin de les utiliser dans d'autres cadres. Cap Canal doit les
diffuser sur son site également.

Notre direction était probablement pour les mêmes raisons que certains
enseignants, un peu sceptique sur la viabilité du projet et un peu frileuse
face à d'éventuels débordements. Nous devons reconnaître que nous avons eu peu
de soutien de sa part. Une fois l'action terminée et avec succès, elle a oublié
de nous remercier !  

Comment voyez-vous les choses à l'avenir ?

Nous avons la satisfaction de clore avec succès un travail riche de plusieurs
années de collaboration avec les collègues des différentes disciplines et des
partenaires extérieurs au lycée qui nous ont beaucoup apporté. Nous n'hésitons
pas à partager cette expérience avec d'autres afin de susciter des
prolongements. Nous savons que le précédent concours (roman photo) a été «
exporté » dans un lycée de Seine et Marne et nous en sommes très satisfaites.
Nous pouvons nous reposer maintenant !

Suzanne Jeanguyot (professeur documentaliste), Nathalie Pichon (professeur
d'économie gestion), Claire Todeschini (Conseillère Principale d'Education).

Entretien François Jarraud

Cher(e)s internautes, vous avez la possibilité de voir en grand écran les films des sections cinéma de l'Académie de Grenoble.
Pour se faire, il vous suffit de cliquer sur le lien rss en bas à droite de votre écran qui vous fait basculer sur le blog "La Petite Fabrique de l'Image et du Son".
Vous aurez l'opportunité de voir, entre autres, les films de l'option cinéma du Lycée Boissy d'Anglas d'Annonay 2009 : Super Héros, Dernières pensées, Les Mains dans la merde...

CINEDUC - par guillaumedeheuvels le 19/06/2009 @ 23:38



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