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Articles - Eduquer au regard en collège (entretien Pierre Beccu / Guillaume Deheuvels

L’éducation au regard (entretien entre Pierre Beccu, cinéaste et Guillaume Deheuvels, professeur de cinéma)

 

 

Pourriez-vous nous parler du travail que vous avez mené en tant que cinéaste avec le collège des Bauges en Savoie ? 

Cette expérience de travail avec le collège des Bauges s’est faite sur trois classes entières (soixante-dix élèves) et sur une durée d’un an et demi. Le projet consistait à faire réaliser aux élèves un film documentaire sur le thème de l’année 1944 dans le massif des Bauges où il y a eu de nombreux drames. Ce massif est historiquement et géographiquement coincé entre le Vercors et les Glières. Il s’y est passé des évènements dramatiques du fait de l’incursion des allemands. Or, rien n’avait été fait à ce sujet sous l’angle cinématographique.

Aussi, les professeurs d’histoire, de français, d’arts plastiques, de musique et d’informatique se sont réunis et m’ont contacté parce que mes enfants sont scolarisés dans ce collège et que j’y ai moi-même fait ma scolarité. 

Ces professeurs avaient-ils vu vos films précédents ? 

Ces professeurs avaient vu mes films et avaient eu vent de mes actions en matière d’éducation à l’image. 

Quelles ont été vos actions en matière d’éducation à l’image avant votre intervention dans le collège des Bauges ? 

J’ai fait des actions auprès de publics variés : écoles primaires, maternelles, élémentaires. Je suis intervenu aussi devant des jeunes dans des Maisons de la Jeunesse et de la Culture, des foyers socio-éducatifs. A chaque fois, j’animais un atelier vidéo et faisais réaliser un film par des jeunes. 

Comment s’est mis en place le projet au sein du collège des Bauges ? 

Au sein du collège des Bauges, ce sont les professeurs d’histoire qui ont été vraiment au cœur du dispositif, car une partie de leur programme concernait cette période. Ils ont fait travailler leurs élèves sur le repérage de lieux de mémoire. Ils ont ensuite essayé de donner une histoire à ces lieux (des stèles, des monuments aux morts) à travers des témoins. En parallèle, j’ai fait une sensibilisation au documentaire historique. Ces deux actions se sont rejointes sur la mise en place spécifique du film par groupes constitués d’élèves. Chaque groupe a travaillé à l’échelle d’un village, parfois d’un hameau. Et puis progressivement, on est passé à une formation des élèves aux différents aspects du film, en partant du principe que tout le monde a sa place sur un film, puisque cela requiert des savoir-faire et des compétences complémentaires : formation aux techniques de la prise de vue et de la prise de son, aux techniques de l’interview, du montage…  

Comment les élèves ont-ils travaillé à la réalisation du projet ? 

Par petits groupes. C’était pour moi très important que tout le monde participe, par rapport à d’autres projets où j’avais vu qu’il y avait une certaine élite qui se dessinait. Dans une classe, il y a en général trois ou quatre élèves qui se distinguent pour prendre les choses en main et les autres restent en retrait… Là, on a vraiment essayé d’impliquer tout le monde. 

Comment s’est faite la répartition des rôles ? 

Elle s’est faite progressivement. Par exemple, les filles ne se sont pas proposées d’entrée de jeu pour la prise de vue et au final, ce sont elles qui ont quasiment tout filmé. On a laissé les élèves se révéler et choisir leur domaine. 

Les élèves gardé toujours le même rôle ou ils l’échangeaient avec un camarade ? 

J’avais demandé à ce qu’ils changent mais au final, ils étaient quand même assez impliqués, alors ceux qui ne trouvaient pas leur place dans les fonctions techniques que j’ai citées pouvaient par exemple faire le rapport du script, un dérushage complet, en direct pendant qu’une personne parlait. On pouvait ainsi revisionner les rushes avec une trace écrite en parallèle. Ils n’ont pas changé de fonction mais ils sont allés au bout. 

Quelles difficultés ont-ils rencontrées dans les différentes étapes du projet ? 

Ils ont rencontré la difficulté de prendre la parole, de dire « c’est nous qui allons faire ce film » parce qu’il est difficile pour chacun d’entre nous de franchir le cap de la légitimité de pouvoir s’exprimer à travers un film, même si l’on réalise un documentaire et que l’on ne prend pas la parole directement. Un film est de toute façon un acte de parole. Les élèves ont eu du mal, au départ, à trouver cette légitimité, impressionnés qu’ils étaient par des références documentaires fortes.

La légitimité que je leur ai transmise n’était pas du tout feinte, dans le sens où je me suis rendu compte que tous les témoins de la période 1944 dans les Bauges s’exprimaient beaucoup plus facilement devant des adolescents que devant des adultes, à tel point que lors du tournage de certaines séquences, les adultes sortaient de la salle et laissaient en présence les collégiens et les témoins. Cela a été une marque forte de leur légitimité. 

A quoi cela tient, selon vous, que les témoins se soient exprimés plus facilement devant les collégiens ? 

C’est une question que l’on n’aborde pas facilement. On avait l’impression que pour les témoins, ce film représentait la dernière chance qu’il fallait saisir. Il fallait, selon eux, faire ce film avec les jeunes générations, dans un souci pédagogique. 

Quelle est l’idée du film ? 

Faire la lumière sur des évènements qui, pour beaucoup, au sein de la population jeune, n’avaient pas vraiment de signification. On voyait des noms sur des monuments aux morts. Il y a eu des résistants, des membres de conseils municipaux, des jeunes, des étrangers, des italiens, des espagnols, des juifs fusillés, mais on n’arrivait pas véritablement à comprendre pourquoi et comment, au-delà de la barbarie. Et là, on a apporté la lumière là-dessus. 

Quel dispositif scénaristique avez-vous mis en place avec les élèves ? 

On s’est rendu compte qu’il fallait laisser le temps aux gens de s’exprimer. Donc, dans un premier temps, on a raconté les histoires les unes après les autres (le village a, le village b, le village c...) et puis, dans un second temps, le film arrivant aux deux tiers, on revisite thématiquement un peu chaque village, au-delà du récit, pour une fois prendre du recul par rapport à ces évènements. 

Quel(s) changement(s) y a-t-il eu(s) au montage ? 

Le montage s’est fait pendant les vacances de printemps, donc sur le temps extrascolaire. Aussi, tous n’y ont pas participé. Il y avait plusieurs unités de montage et les élèves présents montaient les séquences qu’ils avaient tournées dans leur village. Et puis, ils essayaient progressivement de dégager l’essence même des témoignages, leur complémentarité. Ils ont appris à construire un récit à partir de la parole même des témoins. Ils ont essayé de voir ce qui faisait sens dans cette évocation des Bauges en 1944, sans avoir beaucoup de documents historiques, iconographiques ou photographiques. Ils ont essayé de retranscrire, au montage, l’atmosphère presqu’inchangée de ces villages depuis 1944 qu’ils avaient réussi à capter lors de la prise de vue. Ils ont créé des ruptures de rythme en utilisant des musiques et des chants enregistrés en cours de musique qui viennent ponctuer le film. 

Comment avez-vous travaillé avec les professeurs du collège ? 

Cela a été assez automatique avec les professeurs de français, sur l’écriture et la technique de l’interview. Ensuite, le professeur de musique s’est tout de suite investi et a travaillé avec les élèves sur des chants et des musiques de répertoire, travaillées et filmées en cours de musique.

Cela a moins bien marché avec le professeur d’informatique car je voulais qu’il y ait une gestion informatique de toutes les informations pour pouvoir constituer une base de données. Le film fait en effet une heure quarante alors qu’il y a vingt-cinq heures d’enregistrement et je voulais que l’on ait un accès relativement facile sur les vingt-cinq heures d’enregistrement.

On n’est pas arrivé au bout de cette idée-là car il y a eu la difficulté de remobiliser les élèves alors que l’on arrivait à la fin de la réalisation du film et de l’année avec l’épreuve de brevet de fin de troisième. 

Y a-t-il eu une projection publique après la réalisation du film ? 

Il y a eu une avant-première en présence des témoins et une série de projections publiques dans les villages grâce à l’association La Halte du Doc qui diffuse très régulièrement des documentaires. C’était bien de partager le film sur grand écran dans des salles communales. Il y a eu six projections publiques qui étaient toutes très fréquentées. Ensuite, un dvd a été édité et mis à la disposition de la population. Il a vraiment circulé.

Il était bien entendu que l’on ne faisait pas une œuvre d’art mais que cet « édifice », puisque j’assimile très souvent la fabrication d’un film à un édifice, qui tenait plus de la cabane que du château de Versailles, soit un lieu dont on soit fier et qui nous permette d’accueillir des gens pour partager cette aventure. Le film est encore diffusé actuellement autour du massif des Bauges et il est demandé par des bibliothèques.  

Dans quelle mesure l’expérience que vous avez eue dans le collège des Bauges peut être représentative d’un enseignement de cinéma en collège, cet enseignement restant toujours à imaginer, car il n’y pas actuellement, à ce niveau d’études, d’option ou de spécialité cinéma à proprement parler ? 

Il est difficile de reproduire cette expérience du collège des Bauges dans d’autres collèges car cela demande du temps et un certain montage financier pour couvrir tout ce travail. La réalisation du film documentaire dans les Bauges tient en quelque sorte de l’exception.

De manière plus générale, le dispositif Ecole et cinéma ne me semble pas suffisant. Il faudrait lui adjoindre un dispositif qui soit beaucoup plus en rapport avec la façon dont l’image rentre dans la constitution de ces êtres en formation que sont les collégiens. Cette réflexion approfondie et adaptée à notre époque devrait nous pousser à faire un effort de mémoire et d’anticipation. Mémoire et anticipation, c’est ce qui signifie conscience chez Bergson.

Or, je me demande si l’on est réellement conscient des enjeux de l’enseignement du cinéma en collège. L’époque est au bricolage : on va introduire des ordinateurs portables pour remplacer les cours papiers. On commence à introduire des lecteurs mp3 pour télécharger les cours. La technologie arrive, mais le sens que l’on donne à tout cela, ainsi qu’au rapport à l’image n’est pas clair.

Du temps où l’image était au service de la parole du maître à aujourd’hui où il y a des flux multiples et permanents dans les poches de chaque élève (ordinateurs et téléphones portables, lecteurs mp3) nous ne prenons toujours pas la mesure de ce que devrait être une éducation des élèves au regard.

Je préfère l’expression d’éducation au regard à celle d’éducation à l’image car elle me semble plus adaptée à la formation audiovisuelle des élèves : comme on constitue un être, on constitue un regard, regard sur le monde, sur l’autre et sur soi-même. C’est un enjeu très important de faire en sorte, par le biais de l’enseignement de l’image au collège, qu’un être en formation soit en relation à l’autre et au monde. 

Dans quelle mesure votre expérience cinématographique au collège des Bauges vous semble spécifique et nécessaire à une approche du cinéma en collège ? 

Evidemment, je serais tenté de dire qu’il faut une matière spécifique à l’école…

L’étude de l’image fixe et mobile devrait faire partie intégrante de la formation des élèves à l’esprit critique et à la vie du citoyen, or on s’aperçoit que la place réelle qui lui est faite dans l’enseignement se réduit souvent à une peau de chagrin.

Pour l’instant, les professeurs volontaires de certaines matières (français, histoire-géographie…) se heurtent parfois à une certaine lourdeur du système : les programmes, les paupières des élèves, convaincre l’établissement autour d’un projet, se former soi-même à l’image en tant qu’enseignant, les problèmes des budgets, les coûts des intervenants.

Le problème est de savoir comment arriver à sortir de cette lourdeur pour remettre de la légèreté et de l’entrain à tout cela… Il faudrait mettre en place un enseignement du cinéma en collège qui soit un réel apprentissage. Un apprentissage qui ne soit pas réducteur mais au contraire une réelle ouverture, cultivant chez l’élève un tel désir de créer qu’il n’ait plus le sentiment d’apprendre.

A ce propos, je commence un projet avec le collège de Boëge où Quentin, le gagnant de la Star Academy 2008 a suivi sa scolarité. C’est assez intéressant d’intervenir en tant que professionnel du cinéma dans ce collège… Il faut éviter l’écueil de s’y rendre en s’opposant d’emblée à la Star Academy, car cela ne servirait à rien. Aujourd’hui, bon nombre d’élèves sont fiers d’appartenir à ce collège, parce qu’on en a parlé sur TF1 et que le gagnant de la Star Academy en est sorti. Il est plus enrichissant d’aller dans ce collège en essayant de montrer aux élèves qu’on peut se valoriser en faisant autre chose : exister et résister à certains formatages (audiovisuels…) exercés par notre société marchande. 

Si vous vous exercez à comparer les expériences que vous avez et que vous aurez aux collèges des Bauges et de Boëge, ainsi qu’au Lycée Louis Armand, quelles pratiques artistiques vous semblent liées au cinéma en collège ? 

Ce qui m’intéresse en collège, c’est de faire en sorte que le savoir de l’élève s’enrichisse au contact de la fabrication du film. Il y a déjà énormément d’énergie et de savoir-faire qui sont dédiés à l’analyse des films dans le dispositif Collège et cinéma.

Je travaille plutôt, pour ma part au niveau de l’acquisition d’un savoir-faire pratique pour l’élève. Je ne dis pas que c’est obligatoire de fabriquer afin de pouvoir être plus curieux mais en tout cas, cela peut aider. Aussi, je travaille sur cet axe là. Avec précaution, car l’on ne peut pas généraliser comme cela des ateliers vidéo dans tous les collèges sans au préalable avoir établi une véritable charte. J’aimerais d’ailleurs qu’une réflexion soit mise en place à ce sujet avec des acteurs du monde de la culture et de l’éducation.

Sinon, pour en revenir à votre question, au lycée, on a des élèves qui sont intéressés par le cinéma et qui ont fait le choix de s’inscrire soit en spécialité, soit en option. Je dirais que le dispositif éducatif autour de l’enseignement du cinéma en lycée est très intéressant. On prépare les élèves sur trois ans à l’examen exigeant du baccalauréat et on peut approfondir.

Le collège, à la différence du lycée, doit s’occuper d’images vis-à-vis de tous les élèves.

Peu importe le métier que ces élèves feront plus tard. Pour moi, il est capital que les élèves, en collège, ait suivi un enseignement qui les sensibilise à la lecture et à la pratique de l’image. C’est un enjeu très important. Les quatre années de collège constituent une étape essentielle dans la constitution d’un être. Pour ma part, je suis persuadé que je me suis formé durant ces quatre années de collège. Vis-à-vis de mon rapport au cinéma, c’est évident. Je n’avais rien vu comme film, lorsque je suis arrivé en sixième. Quand j’ai quitté le collège, par l’entremise du travail des professeurs et du ciné-club du collège, j’avais une ouverture au monde très importante grâce au cinéma.

Par ailleurs, le collège, c’est le moment où l’on doit travailler la légitimité d’être soi-même : j’ai le droit d’exister moi-même, de ressembler parfois aux autres, mais aussi de me distinguer souvent. Aussi, le rapport au cinéma et le rapport à la prise de parole par le cinéma peut aider à cette construction de la légitimité d’être soi-même.

Essayer de faire aimer à des élèves de collège des films de Dreyer ou d’Eisenstein, ce n’est pas facile comme cela d’emblée. Mais d’Harry Potter à Dreyer, il y a un chemin, long certes, mais que l’on peut emprunter. Chemin sur lequel la prise de parole par les images va aussi favoriser l’ouverture au monde, ainsi que toute la compréhension du traitement de l’actualité par les médias1.

Nous ne pouvons pas laisser les jeunes en dehors de cette compréhension-là des images, de toutes les images, leur genèse, leur processus de fabrication, de transformation, de réception, leur fonction, et leurs sens multiples. L’image est aujourd’hui le point de croisement, de friction, de rupture ou de constitution de l’être par rapport au monde.

En tant que réalisateur, je vois la question du côté de ceux qui fabriquent. Aussi ai-je envie de transmettre ce savoir-là, sans leçon à donner, dans l’esprit d’un partage, pour aider les jeunes à affirmer leur droit à exister pour ce qu’ils sont, et pas seulement pour leur pouvoir d’achat.

En outre, c’est en fin de collège que va se faire une sorte de spécialisation des élèves : certains vont se découvrir sportifs, intellectuels, amateurs de voitures, musiciens. Or, les élèves oublient qu’ils ont la légitimité d’être un peu tout cela. La légitimité d’être polymathe va se perdre au collège. Quand je travaille avec des élèves de primaire, je constate qu’il n’y pas trop cette peur du regard de l’autre et l’obligation de choisir son camp et son clan.

C’est pourquoi, il est déterminant de travailler sur les images, ainsi que sur le rapport aux images au collège. 

Comment inscrire dans les différentes matières au collège le cinéma, alors qu’il n’y a pas d’optionnalisation à court terme du cinéma ?

Par ailleurs, vous avez évoqué tout à l’heure l’avantage d’une spécialisation de l’enseignement du cinéma en lycée (approfondissement accru de la lecture et de la pratique de l’image) pour en souligner malgré tout les inconvénients : en dehors de l’option ou de l’enseignement de spécialité cinéma en lycée, l’image, qu’elle soit fixe ou mobile, n’est que trop allusivement abordée dans les enseignements comme le français ou l’histoire- géographie. Aussi, comment aborder l’image en collège dans ces matières-là ? 

Les enseignants de français ou d’histoire-géographie qui s’attellent à cette question-là se heurtent à un certain nombre de difficultés : formation personnelle, théorique et pratique, des professeurs à l’image, possession et utilisation du matériel vidéo, organisation d’une équipe et travail en décloisonnement avec d’autres matières, financement…

Mais il me semble essentiel de réfléchir d’abord au type d’éducation au regard que l’on souhaiterait mettre en place en collège. Pour ma part, il me semble important que les élèves acquièrent une véritable culture de l’image, mais aussi qu’ils en deviennent artisans.

J’ai envie de ne pas diaboliser les images dominantes, celles vues, apprises et récitées par les jeunes. J’ai envie d’assumer ces images-là pour les dépasser. Par ailleurs, il faut mettre fin à l’image unique qui trône sur l’estrade avec le maître à côté qui compose le tableau d’un savoir unique et obligatoire. Il y a des flux d’images au fond de chaque poche d’élève de collège. Il faut d’abord accepter de partager ces images-là avec eux, d’en dégager le sens avec eux, sans manichéisme ni diabolisation. Ensuite, il me semble intéressant, une fois franchie cette étape-là, d’ouvrir avec les élèves l’espace prometteur des images à venir.

 

1 On peut souligner, à ce sujet, le rôle important du C.L.E.M.I. (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information).


Date de création : 06/01/2009 @ 21:56
Dernière modification : 06/01/2009 @ 21:56
Catégorie : Articles
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