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Analyses filmiques - Le Vent nous emportera d'Abbas Kiarostami
Le vent nous emportera
 
 
Une invitation à la contemplation
Comment montrer la beauté de la nature ? L’exaltation de la beauté naturelle peut facilement dériver vers l’esthétique de pacotille et l’imagerie de posters. Kiarostami parvient à éviter cet écueil en faisant du décor majestueux non pas un simple décorum, mais un élément qui s’intègre dans la composition des plans pour faire sens.

Dans cette séquence (vers 1 h 41 min), la discussion entre le médecin et Behzad porte sur la maladie de la vieille femme, la vieillesse et la mort. La présence à l’image d’une silhouette de paysan portant une faux renforce d’ailleurs symboliquement cette évocation de la mort, mais la séquence n’a rien de macabre tant la beauté du paysage relativise les préoccupations humaines et intègre la mort comme un élément normal et naturel.
Cette séquence de promenade à moto avec le médecin en suit une autre où ce dernier invitait Behzad à contempler la beauté de la nature plutôt que de ne rien faire. De fait, cette invitation semble aussi bien s’adresser au spectateur, tant la beauté du paysage est ici éclatante. La beauté de la nature envahit en effet l’image au point de déborder, de prendre toute la place, et de reléguer les personnages et leur discussion au second plan. La présence débordante et indépassable de la beauté naturelle relativise donc en même temps la place de l’homme, et cette relativisation s’intègre parfaitement avec la tonalité ironique du reste du film dans l’évocation du ridicule ou de la vanité de certaines affaires humaines.

 

[1]
D.R.
Comment la réalisation produit-t-elle ces effets de sens ? Il faut d’abord remarquer l’échelle des plans : dans les vastes plans d’ensemble de la séquence, le médecin et son passager semblent bien minuscules et perdus dans un univers qui les dépasse [1]. Et lorsqu’à la faveur des panoramiques des premiers plans de la séquence ils prennent plus d’importance dans l’image, c’est pour aussitôt reprendre une place insignifiante dans la suite du mouvement de caméra.
Le mouvement des personnages accentue également la prééminence de la nature : les personnages « ne font que traverser » l’image en suivant une route qui trace souvent une diagonale dans le plan, et sur leur moto, ils forment un simple point mobile dans un univers immuable [2]. Cette impression d’immutabilité est renforcée par les entrées et sorties de champ des personnages : très souvent, le plan s’ouvre sur la seule nature et il faut attendre un instant avant de voir entrer les personnages dans le champ. Il en est de même en fin de plan : la caméra continue à filmer le paysage alors que les personnages ont disparu. Là encore, l’effet de sens est très fort : la nature existe avant les personnages et continuera à exister après eux [3]. La composition interne des plans va dans le même sens : les blés battus par le vent, au premier plan, attirent l’attention et relèguent l’intérêt de la traversée des personnages littéralement au second [4].
La bande-son n’est pas en reste : la beauté naturelle rend vaine toute discussion extérieure, comme l’atteste cette sonnerie de téléphone portable qui résonne de manière dérisoire dans le paysage qui nous est montré. Même la discussion entre les deux hommes semble secondaire, comme effacée par la présence de la nature. À cet égard, la fin du dernier plan de la séquence se révèle exemplaire, reprenant de manière paroxystique tous les éléments envisagés : les blés battus par le vent occupent tout le premier plan, tandis que les personnages se perdent dans le lointain sur leur moto, au point de disparaître de l’image. Leur conversation et le son de leur voix disparaissent tout aussi bien, « emportés » par le bruit du vent. Après cette disparition des personnages, le plan s’étire et nous invite à contempler la seule nature [5].

[2]
D.R.
[3]
D.R.
[4]
D.R.
[5]
D.R.
Il faut remarquer que la composition du plan et le travail sur le son ne font que suivre les conseils tenus par le médecin dans le plan : celui-ci exhorte en effet Behzad à jouir de ce monde-ci plutôt que de se perdre en conjectures sur l’autre monde, or cette jouissance passe par la contemplation de la beauté naturelle. Dans cette séquence, le spectateur est donc invité à mettre en pratique ces conseils et à découvrir le plaisir d’une contemplation cinématographique qui déborde la simple intrigue dramatique.
 
 
Benjamin Delmotte
 
 
Le vent nous emportera, un film iranien d’Abbas Kiarostami (Bad ma ra khahad bord, 1999, VOSTF), scénario d'Abbas Kiarostami d’après une idée de Mahmoud Ayedin, avec Behzad Dourani (l’ingénieur), Noghre Asadi, Roushan Karam Elmi et les habitants du village de Sia Dareh.
dimanche 20 novembre 2005, 22 h 35


© SCÉRÉN - CNDP
Actualisé en novembre 2005  - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.

Date de création : 25/01/2009 @ 21:34
Dernière modification : 25/01/2009 @ 21:34
Catégorie : Analyses filmiques
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