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Analyses filmiques - Les Enchaînés d'Alfred Hitchcock

Les Enchaînés
 
 
Le suspense de la tasse de café
Comment maintenir le suspense autour d’un objet ? Une séquence permet de mettre en évidence les principes du suspense hitchcockien. Elle est en outre tout à fait représentative de cet art du détail et du gros plan dans lequel Hitchcock est passé maître : il construit le suspense à partir d’un élément en soi dérisoire – une tasse de café – qui prend ici une place essentielle, tant par l’espace qu’elle remplit (gros plan) que par son rôle véritable (cette tasse devient l’arme du crime).

 

[1a]
D.R.
Plan 1 : la mise en place des éléments du suspense
La séquence commence par un plan d’ensemble du salon ; il est construit selon une disposition triangulaire [1a] : Alicia, malade, vêtue de noir fait face à ceux que le spectateur sait être ses meurtriers : Sebastian et sa mère. Au milieu de ce triangle, on peut déjà voir « l’arme du crime » : la cafetière contenant le poison. Le Dr. Anderson, unique innocent de cette scène, est seul debout : il conseille à Alicia de se rendre à l’hôpital.
La caméra suit d’abord le mouvement amorcé par le Dr. Anderson, avant de suivre celui de la mère qui sert une tasse de café : ce déplacement s’accompagne d’un zoom sur la tasse de café servie et portée par la mère jusqu’à un guéridon à côté d’Alicia [1b]. Ce rétrécissement du champ et ce gros plan sur la tasse de café concentrent la situation, délimitent le suspense et définissent l’enjeu de la scène : le spectateur sait que le café est empoisonné. Le mouvement de caméra s’achève sur un gros plan d’Alicia : l’enjeu de la scène est d’autant plus fort que le personnage ignore visiblement le risque encouru. Ce premier plan pose donc tous les éléments du suspense : arme du crime et position de chacun (victime ignorante, meurtriers, innocent). La question est claire : Alicia va-t-elle réaliser le danger qui la menace ?
 
Plans 2 à 8 : la menace et l’information
La répétition du même plan [= 5 = 7] place ce passage sous le signe de la menace : on y voit Alicia et le Dr. Anderson discuter innocemment à l’arrière-plan, tandis qu’au premier plan apparaît la tasse de café qui semble énorme et disproportionnée : cette disproportion dans la taille correspond à sa fonction véritable dans la situation et le suspense. Les dialogues constituent une sorte de faux contrepoint ironique : on évoque « innocemment » la maladie d’Alicia, alors même qu’elle risque, sans le savoir, de boire le poison qui est à la source de cette maladie. Ce passage lance en outre la conversation, qui va s’avérer essentielle, sur le voyage du Dr. Anderson dans la chaîne montagneuse des Aymores. Cette conversation inquiète Sebastian qui coupe autoritairement le Dr. Anderson : à cette coupure dans la conversation correspond la coupe entre les plans 7 et 8.
 
Plans 9 à 15 : l’innocence piégée, un drame en sourdine
Le découpage explicite et renforce le drame. Alicia saisit d’abord sa tasse de café sur le guéridon [9] (plan moyen). Le petit sourire sadique de Sebastian [10] indique son contentement. Alicia boit ensuite son café : le gros plan [11] souligne l’importance de cet acte. Le plan 12 sur la mère qui la regarde boire accentue cette importance.
Reprise du plan moyen [13 = 9] : on voit Alicia reposer la tasse de café. Un drame s’est passé entre ces deux plans moyens identiques, sans qu’Alicia et le Dr. Anderson se soient rendu compte de quoi que ce soit. Au cours de ce même plan, le Dr. Anderson livre une information capitale (le lieu précis où il se rend). Encore une fois Sebastian coupe brutalement le Dr. Anderson (coupe entre les plans 13 et 14).
Le gros plan d’Alicia [15 = 11] traduit sa surprise devant cette réaction étrange de son mari, et annonce sa prise de conscience.
 
Plans 16 à 19 : l’erreur
Avec le plan suivant, on retrouve le plan moyen précédent [16 = 13 = 9], pour une action similaire : cette fois-ci, c’est Anderson qui saisit une tasse de café sur le guéridon. Le gros plan suivant [17] sur la tasse de café insiste sur ce geste qui s’avère être une erreur  : il prend la tasse d’Alicia.
Dans le plan général suivant [18], on assiste encore à une réaction étrange et disproportionnée de Sebastian, cette fois-ci redoublée par celle de sa mère.
Reprise du gros plan d’Alicia [19 = 15] : Alicia est surprise par cette réaction étrange.
 
Plans 20 à 28 : la prise de conscience
C’est par un angle nouveau que s’ouvre cette partie : un plan général en plongée [20] nous montre Alicia assise dans son fauteuil, tandis que le Dr. Anderson repose la tasse à côté d’elle. Le surgissement de cet angle nouveau et l’aspect très dramatique du cadrage en plongée marquent la soudaine prise de conscience, par Alicia, du drame qu’elle est en train de vivre.
Le plan suivant revient en effet au gros plan qui précédait [21 = 19 = 15] : Alicia tourne lentement son regard, jusque-là dirigé vers Sebastian, vers la droite. Une musique dramatique accompagne ce mouvement. Le gros plan suivant [22] révèle ce qu’elle regarde : la tasse de café. On revient au gros plan d’Alicia [23 = 21 =19 = 15] : son regard repart de la tasse de café et entame un mouvement vers la gauche qui s’arrête devant elle. On découvre son point de vue [24] : le zoom avant sur la mère dramatise le regard d’Alicia. On comprend par ce zoom qu’elle a soudain percé à jour les intentions de la mère.
Les plans 25 et 26 reproduisent le même schéma : le regard d’Alicia [25 = 23 = 21 =19 = 15] continue son mouvement vers la gauche pour se tourner vers Sebastian. Le zoom avant sur Sebastian [26] révèle la soudaine prise de conscience par Alicia de la réalité de la situation : son mari (comme sa belle-mère) est en train de l’empoisonner. De manière générale, le mouvement circulaire du regard d’Alicia donne une impression de piège (elle est encerclée), tandis que les effets de zoom, accompagnés et renforcés par la musique, dramatisent un peu plus la situation et la compréhension du danger. On peut remarquer que le personnage du Dr. Anderson disparaît ici de l’image (c’est le seul personnage qui demeure ignorant du drame qui se joue). Mais il reste présent, comme en arrière-plan, sur la bande-son. Lui aussi est, à sa manière, une pièce du piège qui se referme autour d’Alicia : on l’entend en effet accepter l’idée selon laquelle Alicia n’aurait pas besoin d’aller à l’hôpital.
Le plan suivant [27 = 25] accentue cette sensation de piège : Alicia jette son visage vers l’arrière, comme acculée : elle se sent mal, voudrait crier, pleurer, mais ne le peut pas.
Un dernier plan [28 20] achève cette prise de conscience : on retrouve en effet l’angle 20 (en plongée) qui l’a ouverte. Alicia se lève péniblement, tandis que la caméra se rapproche de son visage jusqu’au gros plan : le spectateur est encore une fois comme guidé vers le lieu du drame : ici, l’esprit d’Alicia. Parallèlement, la musique, dorénavant au premier plan sur la bande-son, se suspend en un son strident.
[1b]
D.R.
[3]
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[11]
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[28]
D.R.
Benjamin Delmotte
 
 
Les Enchaînés, un film d’Alfred Hitchcock (Notorious, 1946, VM), scénario de Ben Hecht, avec Cary Grant (T.R. Devlin), Ingrid Bergman (Alicia Huberman Sebastian), Claude Rains (Alexander Sebastian).
1 h 41 min
 lundi 12 juin 2006, 20 h 45


© SCÉRÉN - CNDP
Actualisé en juin 2006  - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.

Date de création : 25/01/2009 @ 21:27
Dernière modification : 25/01/2009 @ 21:27
Catégorie : Analyses filmiques
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