Textes officiels

Fermer 1. Programmes

Fermer 2. Guide technique

Fermer 3. Guide du partenariat

Fermer 4.Pilotage

Fermer 5. Comment devenir enseignant en Cinéma-Audiovisuel?

Fermer 6. Fiche type cession de droit à l'image

Fermer 7. Textes législatifs sur la création, la diffusion et la publication des images

Fermer Sections cinéma Académie de Grenoble

Ressources didactiques

Fermer Actualités

Fermer Analyses filmiques

Fermer Articles

Fermer Bibliographie cinéma

Fermer Cinéma et international

Fermer Cinéma et technique

Fermer Concours et opérations en CInéma-audiovisuel

Fermer Contributions interdisciplinaires sur le cinéma

Fermer Dernières parutions

Fermer Education aux médias

Fermer La pratique cinématographique

Fermer Thématiques et problématiques cinématographiques

Pourquoi ne pas en profiter pour proposer :



Voir les propositions en attente

Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Calendrier
Contributions interdisciplinaires sur le cinéma - L'Enfant sauvage de Truffaut en classe de Première ES

Projection de L'Enfant sauvage en cours de sciences économiques et sociales (Première ES)

 

Joseph Hadjian, professeur de sciences économiques et sociales au Lycée Louis Armand de Chambéry

joseph.hadjian@ac-grenoble.fr

 

 

OBJECTIF : SENSIBILISATION

Il s'agit davantage de sensibiliser les élèves à la notion de socialisation, définie comme le "mécanisme par lequel la société transmet ses normes, ses valeurs et ses croyances à ses membres"1, que d'illustrer ce concept. En effet, l'exemple de Victor, "le sauvage de l'Aveyron", ouvre sur une vaste question : que devient un enfant qui est durablement coupé de la société des hommes, qui - justement - n'est pas socialisé ?

Aussi est-il souhaitable de commencer par la projection du film, avant le cours.

 

Thèmes connexes : les méthodes éducatives, la violence dans l'éducation, l'inné et l'acquis etc.

 

 

PRÉSENTATION : LA RENCONTRE D'UN FAIT DIVERS ET D'UNE SCIENCE SOCIALE NAISSANTE

L'Enfant sauvage (1970) de Truffaut relate une histoire vraie, celle de Victor de l'Aveyron qui fut capturé en janvier 1800, il a alors 12 ans environ. Nous sommes sous le Consulat, les abandons d'enfants sont fréquents (enfants illégitimes…). La presse s'empare de l'affaire, les curieux se pressent lors du transfert de Victor à Paris…

Un fait divers banal devient un objet de science. En effet, le cas de Victor va intéresser les savants de la Société pour l'observation de l'homme (créée en 1799)2, parmi eux on compte le Docteur Philippe PINEL (1745-1826), le psychiatre le plus célèbre à l'époque, et le Docteur Jean ITARD (1774-1838) qui est médecin-chef à l'Institution des sourds-muets. Faut-il rapprocher Victor des peuples appelés (à l'époque) sauvages, est-il au contraire un "idiot" (un handicapé mental) ? Voilà les questions que se posent les observateurs de l'homme.

ITARD pense possible d'éduquer Victor, en tout cas de le faire progresser. En quoi va consister cet apprentissage qui s'étendra sur quatre années ? Quels en seront les résultats ? C'est ce que montre bien le film de Truffaut (qui joue lui-même le rôle d'ITARD). Le film s'inspire de deux documents écrits par ITARD lui-même pour relater ses activités et ses résultats avec Victor : un Mémoire sur les premiers développements de Victor de l'Aveyron (1801) et un Rapport sur les nouveaux développements de Victor de l'Aveyron (1806)3.

Le Mémoire de 1801 commence par ces mots :

 

"Jeté sur ce globe, sans forces physiques et sans idées innées, hors d'état d'obéir par lui-même aux lois constitutionnelles de son organisation, qui l'appellent au premier rang du système des êtres, l'homme ne peut trouver qu'au sein de la société la place éminente qui lui fut marquée dans la nature, et serait sans la civilisation, un des plus faibles et des moins intelligents des animaux... (...) Dans la horde sauvage la plus vagabonde, comme dans la nation d'Europe la plus civilisée, l'homme n'est que ce qu'on le fait être (…)".

 

En juillet 1811, Victor quitte, avec Mme Guérin, l'Institution des sourds-muets. Il meurt en 1828, il a environ 40 ans, il n'aura jamais parlé.

Le film suit fidèlement le récit d'ITARD, y compris le détail des exercices qu'il met en place, par exemple pour développer le sens de l'ouïe (expérience des tambours et des clochettes, exercice avec bandeau sur les yeux et les doigts de la main associés aux voyelles).

Mais il montre aussi que les savants divergent sur l'origine du mutisme et du retard intellectuel de Victor. A Itard s'oppose Philippe Pinel : pour PINEL, Victor a été abandonné parce qu'il était "anormal", pour ITARD, il est "anormal" parce qu'il a été isolé. Après PINEL, de nombreux auteurs vont considérer comme Claude Lévi Strauss que Victor était "retardé", ou comme Bruno Bettelheim qu'il était autiste4.

 

 

DÉMARCHE PÉDAGOGIQUE

Le film dure 1 h 30.

Le questionnaire ci-dessous, distribué aux élèves avant la projection, s'attache, dans l'ordre du film, à des aspects ponctuels de l'histoire de Victor (pas de synthèse). L'élève peut prendre des notes pendant la projection, mais ce n'est pas obligatoire.

A la fin de la projection, on peut répondre aux questions des élèves, puis on leur demande de répondre par écrit au questionnaire.

 

Questionnaire :

1) Pourquoi Victor est-il sensible au bruit d'une noix mais pas à celui d'une porte qui claque ?

2) Pourquoi Victor ne parle-t-il pas ?

3) Pour PINEL, Victor a été abandonné parce qu'il était "anormal", pour ITARD, il est "anormal" parce qu'il a été isolé. Expliquez la différence.

4) Dans le jeu des gobelets, pourquoi Victor a-t-il du mal à trouver le bon gobelet quand ITARD utilise un soldat de plomb (au lieu d'une noix) ?

5) Pourquoi ITARD n'est-il pas satisfait des conditions dans lesquelles Victor prononce le mot LAIT ?

6) Peut-on dire que Victor a appris à écrire ?

7) Pourquoi ITARD commet-il une injustice à l'égard de Victor ?

8) En conclusion, diriez-vous que le Docteur ITARD a bien fait d'essayer d'éduquer Victor ?

 

 

 

1 MENDRAS Henri (1989), Éléments de sociologie, Armand Colin, coll. U, p. 242.

2 Voir "Origine de l'anthropologie et anthropologie des origines", Achille Weinberg, Sciences humaines n° 64, août-septembre 1996, p. 24-27. Pendant que certains observateurs de l'homme étudient Victor, d'autres embarquent vers les terres australes pour étudier les mœurs des "sauvages" dans un but scientifique.

3 On trouve tous ces documents dans l'ouvrage du psychiatre Thierry GINESTE, Victor de l'Aveyron. Dernier enfant sauvage, premier enfant fou, Hachette, coll. Pluriel, 1993 (première édition : Le Sycomore 1981).

4 "Les enfants sauvages. Questions sur la nature humaine", Sciences humaines n° 75, août-septembre 1997. p. 54.

 


Date de création : 11/01/2009 @ 17:20
Dernière modification : 11/01/2009 @ 17:20
Catégorie : Contributions interdisciplinaires sur le cinéma
Page lue 1814 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article


Réaction n°1 

par jean_charles le 17/02/2019 @ 06:26

peu on connaitre la reponse a ces question si pertinente

Rubriques académiques

PetiteFabrique-small.gif

bandeau2_violet_rayures-300x41.png

Daaf-small.gif

DAREIC-small.gif

logo-guppy-lettres-mini.gif

Contacts

Responsable de publication :
Alexandre Winkler, IA-IPR
06 78 60 96 25
alexandre.winkler@ac-grenoble.fr

Webmestre du site :
Guillaume Deheuvels, professeur en spécialité cinéma
06 83 37 81 06
guillaume.deheuvels@ac-grenoble.fr

Recherche



Rédacteur


Nombre de membres2 rédacteurs
Rédacteur en ligne : 0
Spécial !
Flux RSS
RSS
^ Haut ^