portraits - autoportraits

 

Les différentes étapes d’un dispositif

 

DU GESTE A LA FORME (Proposition 1)

S’approprier, observer, imaginer, analyser, construire.

 

GRIBOUILLAGE:

 

(I2-18 mois)- Trait actif - Il est avant tout moteur, imprégné du dynamisme du GESTE, expression de l'instantanéité. Il est caractérisé par un « un mouvement oscillant, puis tournant, déterminé à l'origine par un geste en flexion qui lui donne le sens centripète, opposé aux aiguilles d'une montre». Il est l'expression «d'un rythme biopsychique propre à chaque individu; le gribouillage apparaît avec le sens de la marche, et du sens de l'équilibre », «la précision du geste est liée à la possibilité pour les segments de membre qui l'exécutent de trouver un appui suffisamment ferme dans le reste du corps.»

LE PLAISIR de gribouiller « s'inscrit dans les déterminismes les plus élémentaires de la vie instinctuelle». Le gribouillis n'est « ni tout à fait un objet, ni tout à fait un espace. Nébuleux il préfigure l'un et l'autre. », et pourtant, dès son apparition, «il existe une tentative de modulation spatiale, par combinaisons de vides et de remplissages ». L'enfant va progressivement s'approprier l'espace de la feuille. Cette prise de possession s'opère lentement, elle est unique, et directement liée à la spécificité de chaque identité.

 

ETAPE I :

 

Retrouver ce plaisir premier, dédramatiser la confrontation avec la feuille blanche : S’approprier, investir, parcourir « TOUT L’ESPACE » de la feuille par un développement (parcours) graphique libre et spontané (vous ne devez pas réfléchir) mais toujours présent. Equilibrer les PLEINS et les VIDES.

 

Contraintes :

·     Outil : pinceau (entre n° 10 et n° 15)

·     Médium : encre, peinture, brou de noix (peu de contraste de valeur et couleurs avec le support)

·     Temps : 3mn

·     Effectuer ce parcours sans lever le pinceau de la feuille (trait continu), en variant l’amplitude, la direction, la rapidité du geste ; les graphismes se superposent, le parcours reste lisible.

·     Eventuellement faire 2 propositions contrastées (graphisme, geste, organisation)

Tous supports papier ou carton, formats entre A3 et format raisin (50X65cm)

 

 

ETAPE II :

 

Temps d’observation : j’observe mon dessin sous différents points de vues en essayant de percevoir des éléments, fragments de visages, évocations de bouches expressives, regards, formes de visage, chevelure…

Le visage peut être de profil ou ¾ ; il occupe toute la feuille.

 

ETAPE II bis:

 

Mon parcours construit un visage, révélateur d’une émotion :

Contraintes :

·     Nouveau support

·     Mon trait se déroule de manière continue (en repartant du point d’arrêt si je dois reprendre de la peinture ou de l’encre, ou…)

·     Mon visage se construit (prend corps) par superpositions de graphismes dans un souci du détail, de la décomposition des formes, et de l’expressivité du travail.

 

 

 

 

ETAPE III :

Emergence d’une présence :  visage révélateur d’une identité singulière

Procéder par affirmations progressives des différents éléments du visage en repassant sur ou dans la périphérie de certains graphismes afin de faire émerger un portrait intérieur.

-      Travail  graphique dans un premier temps pour faire émerger la structure du visage avec un souci de décomposition des formes (changer de couleur si nécessaire)

-       Travail sur les formes dans un deuxième temps : distinguer la forme du visage du fond ; travailler les plans du visage par les couleurs et les valeurs pour affirmer sa présence, sa force expressive.

         

                 

                 

 

           

 

 

 

Visage

 

·   SURGI du grouillement informel qui précède toute introduction à la vie ; naissance ou re-naissance.

·   ARRACHE à cet enchevêtrement de fils ténus, seules émergences d'une histoire dont les traces sont inexorablement gommées unes à unes.

·       OUVERT, LIBRE de toute obligation de ressemblance superficielle. Il s'agira dans ce travail de saisir une réalité mouvante, profonde, vivante, de saisir l'instant éphémère et brûlant de la rencontre, au delà des rapports familiers qui diluent l'émotion.

·   INTERROGATION «Un portrait est une percée vers l'autre, vers l'insaisissable de l'autre. C'est une brèche ouverte, instantanément dans une durée opaque, obstruée, soustraite à la saisie.

 

Références artistiques :

Dubuffet : (Autoportraits, effigie incertaine, Osario…)

Giacometti.

Jean Michel Basquiat

Francis Bacon

 

 

ECRITS D’ARTISTES : PORTRAITS : REVELATEUR D'IDENTITE

 

Louis le Brocquy (nov.76) (...) Depuis une vingtaine d'années, je m'efforce de tirer des profondeurs d'une feuille de papier... un visage humain... cette activité tranquille tend à découvrir, à révéler ce qui est caché ;  on peut décrire cette activité comme une sorte d'archéologie de l'esprit. (...)

 

Ewa Kuryluk (janv.78) (...) Mes peintures ont pour sujet l'être humain en dialogue avec lui-même. C'est dans une constante tension entre le monde intérieur et le monde extérieur que cette conversation s'établit. (...)

 

Francis Bacon (...) Eh bien maintenant, ce que personnellement j'aimerais faire ce serait, par exemple, peindre des portraits, qui seraient des portraits, mais proviendraient de choses qui n’auraient rien à voir avec ce qui s’appelle les données illustratives de l'image. (...)

 

Ipousteguy, 1971. Savoir un homme, c'est l'interroger jusqu'à la vivisection... alors donc, je ne questionne pas. Je le regarde, le palpe, le respire, bouleversé par la force d'inconnu qu'il me communique...

 

Henri Michaux (Emergences résurgences, 1972) «L'art est ce qui aide à tirer de l'inertie. Ce qui compte, ce n'est pas le repoussement, ou le sentiment générateur, mais le tonus. »

 

« Lorsque l'homme moderne fait son portrait, il cherche moins à se projeter qu'à se rencontrer, il a plongé dans cet abîme de doute d'où il resurgit. Il revient à ce vide qui l'aspire, s'arrache à l'espace, pour redevenir le lieu privilégié de son interrogation (...) Le corps ou le visage deviennent des champs de bataille où s'affrontent les données les plus contradictoires.»

 

 

 

 

DU GESTE A LA FORME (Proposition 2)

 

 

 

 

ETAPE 1: explorer (constituer un répertoire de transformations)

Retrouver ce plaisir premier, dédramatiser la confrontation avec la feuille blanche:

s’approprier, investir, parcourir « l’objet feuille » par des interventions physiques libres et spontanées (vous ne devez pas réfléchir)

-          froisser

-          plier

-          écraser

-          étirer

-          torsader

-          déchirer

 

Contrainte : la feuille de papier reste entière

 

ETAPE 2 : Le temps du regard

J’observe mon objet sous différents points de vues en essayant de percevoir des éléments de visage (bouche expressive, regard, coiffure...) révélés par l’éclairage (spot halogène)

 

 

 

ETAPE 3: construire

A partir d’un nouveau support papier, je construis en orientant mes interventions pour faire émerger une présence : visage expressif d’une identité singulière qui sera révélée par l’incidence de la lumière sur les reliefs ; faire plusieurs propositions et garder des traces photographiques avec l’appareil numérique.

 

 

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