EXPERIMENTATIONS: LE FROTTAGE (CP/CE1, école Condorcet, Valence)

G. Verdier-Chaulieu, PEMF

Marc Delhomme, CP « arts visuels »

Séance 1 :

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES : cf livret «  toute situation nouvelle nécessite un temps de découverte, de tâtonnement, un temps de réglage durant lequel on laisse faire l’élève. Cette situation de découverte est cadrée par des consignes précises, des dispositifs limités par des contraintes. »

1/ Phase de recherches :

(une seule trace par feuille, une seule craie)

L’enseignant explicite en réalisant un frottage devant les élèves.

2/ Phase collective de verbalisation :

3/ Synthèse de la séance (pour l’enseignant)

Ensuite, les problèmes de technicité apparaissent «  si on tient la craie droite ou couchée, c’est pas pareil » «  lui, il a fait un dessin pas un frottage » «  sur le radiateur, ça fait des traits » «  si la craie est petite c’est plus dur ».

Les gestes souvent remplacent les mots (mime) ce qui permet de construire un langage lié à l’activité (rôle de l’enseignant qui reprend).



Exemples de traces écrites « mémoire »

Séance 2 :

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES : cf livret « inventaire et classement des découvertes doivent être constitués ».

C’est incontestablement l’étape la plus difficile et la plus délicate : c’est une phase de catégorisation, de travail de groupes, de construction du langage.

C’est de ce travail que découleront les pistes des séances à venir afin de constituer une progression ( et non une programmation !).

1/ Phase de classement : s’organiser pour se mettre d’accord

Les productions seront collées sur une affiche avec un titre pour chaque ensemble.

Il sera précisé aux élèves que le critère «  ce qui reste » n’est pas autorisé !

2/ Phase collective : expliciter ses démarches et ses choix

un rapporteur pour chaque groupe

3/ Synthèse de la séance (pour l’enseignant)

Nota bene :

Répondre aux questions « Comment classer ? Comment catégoriser ? » est une activité essentielle qui dépasse le cadre des arts visuels. Cette démarche se situe dans le temps, il convient donc de bien respecter la maturité des élèves : en CP, il ne peut être question de demander une pertinence immédiate dans l’élaboration de critères de même niveau.

Ce type d’activité doit être répété dans l’année.

Pour l’enseignant la vigilance aux diverses réponses des élèves permettra de construire le langage adapté à la situation, de choisir les problématiques en lien pour le suivi de la séquence.

 

 

Séance 3 :

Choix1 de l’enseignante : comprendre que selon la tenue de l’outil des effets divers sont obtenus.

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES :

Temps de l’expérimentation : affiner un geste, approfondir un effet, utiliser les opérations plastiques

(associer, transformer, isoler et reproduire).

Ce temps d’action est indispensable à la mise en forme de la pensée. Il garantit la dimension expressive donc artistique de l’activité. Il permet à terme de posséder les moyens de s’exprimer.

« expérimenter des matériaux, des supports, des outils, constater des effets produits et réinvestir tout ou

partie des constats dans une nouvelle production »

OBJECTIFS LIES A LA DEMARCHE DE CREATION EN CLASSE SELON LE PROFESSEUR LAGOUTTE :

1/ Phase d’expérimentation

Etre exigeant sur la différence entre les frottages

2/ Phase collective de verbalisation : expliciter ses démarches et ses choix

  Qu’avez-vous appris ? 

« Bien remplir » « Frotter différemment : faire rouler la craie, frotter la craie »

« changer de côté » ou  « faire tourner la feuille »

« c’est pas pareil si on appuie beaucoup ou si on appuie un peu. » (la pression de l’outil peut

varier)

3/ Synthèse de la séance (pour l’enseignant)

Celle- ci mettra en valeur les difficultés rencontrées, les diverses façons de tenir l’outil ainsi que les pressions exercées sur celui- ci.

L’un d’eux en faisant « rouler » la craie a obtenu un effet «  ouaté » ce qui a été valorisé lors de l’échange.

La plupart des autres élèves avaient travaillé sur des surfaces granuleuses ou lisses ce qui imposera une séance de recherches sur d’autres types de surfaces à frotter !


Une élève avait choisi un élastique d’où des modifications de formes (cet effet peut ensuite être repris pour anticiper des formes en mouvement) :

La séance suivante sera construite à partir de la réflexion de deux élèves :

Un avait choisi de frotter la surface d’un radiateur en fonte : suivant la pression le papier s’est déchiré dans les creux (ce qui est intéressant). Avec une pression moindre, seuls des traits parallèles sont apparus :

Pour une autre, des semelles de chaussures avaient révélé des lignes :

 
Exemples de traces écrites « mémoire » (dictée à l’enseignant)

J’ai fait comme un cadre, puis j’ai étalé vers le milieu.

J’ai frotté la craie à plat, et je l’ai faite rouler aussi.

J’ai appuyé, frotté, et le reste au hasard en fermant les yeux.

J’ai étalé dans un sens et dans l’autre

J’ai mis la craie à plat, et j’ai frotté fort.

 

Séance 4 :

Choix2 de l’enseignante : obtenir des structures comportant des organisations de lignes

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES : identiques à la séance précédente

1/ Phase d’expérimentation

L’enseignant réalise une production devant les élèves pour bien expliciter les contraintes techniques

Le travail par deux est rendu nécessaire par le travail sur ce format (tenir la feuille). Il permettra un travail d’échanges et de choix concertés.

2/ Phase collective de verbalisation :

Choisis la trace que tu préfères. Pourquoi ?

3/ Synthèse de la séance (pour l’enseignant)

Il ressort que le regard s’est affiné : un groupe a par exemple recherché sur un même objet (un rétro- projecteur), un autre a trouvé des traces sur des surfaces inattendues ( une bordure de marche d’escalier).

Si l’on relit les objectifs et la démarche proposée par les IO, l’expérimentation est réussie.

De plus le plaisir de faire et refaire est évident, la technicité liée à cet outil permet d’entrer rapidement en activité et gomme les échecs de la non maîtrise « je sais pas faire, je sais pas quoi faire ! ».

Séance 5 :

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES :

« établir des relations entre les démarches et procédés repérés dans des œuvres et sa propre production.

Reconnaître et nommer quelques œuvres d’artistes. »

    (1) Max Ernst : Les mœurs des feuilles, Histoire naturelle, 1926.

(2) Penone : Trace végétale, 1982

 

Comme dans la séance 1, les enfants cherchent d’abord des analogies :

  1. : « une feuille coincée entre deux arbres, des bouts de bois, une échelle..   » 

  2.  : « une femme enfermée dedans, forme de hérisson, de baleine.. ».

Puis, les problèmes de technicité apparaissent :

  1. « lui, il a fait un dessin pas un frottage » «  c’est décalqué »

Lecture par l’enseignant du texte de Max Ernst explicitant sa technique : « Je posai au hasard des feuilles de papier sur les lattes que je frottai au crayon noir… Devant mes yeux, surgissaient des têtes d’hommes, des animaux, des rochers, .. »

Les élèves imaginent à leur tour : « une cascade, une silhouette, un arbre »

  1. « on dirait pas un frottage, parce qu’il y a plusieurs dessins »

« dans le frottage, il peut y avoir des formes qui apparaissent toutes seules »

Le support a alors été évoqué :

« il a frotté sur la fourrure, ça fait des petits traits » « dessous il y’avait une forme » «  il a moins frotté sur la forme, et plus autour »

« non, c’est sur sa peau, parce qu’il y a des traits comme sur la peau »

Les élèves se sont véritablement questionnés et ont bien mis en relation les procédés des artistes et leur propre expérience.

Le texte de Max Ernst donnera l’idée d’imaginer des mots pour évoquer le résultat de nos frottages.

Cette accumulation (répertoriée par l’enseignante sur une feuille) sera utile pour l’écriture finale.

 

Séance 6 :

Réinvestissement des acquis avec une contrainte supplémentaire

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES : «  être dans l’intention pour produire »

« On a voulu faire un mot croisé »

« On a mélangé chaque fois nos traces »

« On a des lignes, et des points, et après des lignes sur des points. »

Séances 7 et 8:

OBJECTIFS EN LIEN AVEC LES PROGRAMMES : «  aboutir à une réalisation qui portera les traces de son expérimentation »

Avoir à disposition un livret pour montrer aux élèves l’ objet à produire ( un triptyque donc : voir les

photos des productions obtenues).

1) Phase de fabrication

Choix du frottage, collage

Dessin de l’ouverture prévue (C’est l’enseignant qui découpera au cutter !)

2) Phase d’écriture du poème :

Matériel : Utilisation de l’affiche faite après la séance 5.

Structure à partir de « Pour un peu », François de Cornière (poème déjà travaillé avec les élèves lors d’une séance de poésie) :

Pour un peu

Un caillou

sur la plage
Qu'on ramasse
Dans le seau bleu
des souvenirs

 

ou peut-κtre
un bois de bois
un coquillage
une impression
avec un chien qui court
au bord des vagues

Franηois de Corniθre

Un …………………………………………
Sur …………………………………….. …
Ou peut-κtre
Un …………………………………………….
Une …………………………………………..

Avec …………………………… qui ……………

 

 

Un point

Sur la forêt

Ou peut-être

Un tunnel

Une cascade

Avec la pluie qui remonte.

Solal

Un tyrannosaure volant

Sur un rocher

Ou peut-être

Un tourbillon bleu

Une fourmi

Avec un chapeau qui flotte.

Colas

Un rêve douillet

Sur une étoile

Ou peut-être

Un bonbon

Une cascade

Avec une flaque d’eau qui rit.

Nina

Un labyrinthe qui tourne

Sur un autre monde

Ou peut-être

Un cheval

Une fleur

Avec une étoile qui brille.

Florence