Exposition « Working Class Hero » au Musée Géo-Charles

Exposition «Working Class Hero» La représentation du travail dans l’art

Du  09 Février 2018 au 31 Janvier 2019 Musée Géo-Charles, Echirolles (38).

Visite enseignant le 07 mars 2018 à 14h. Renseignements et inscription auprès de Marlène Quaranta.

 L’exposition est réalisée à partir des collections d’art moderne et contemporain et des archives du musée Géo-Charles ; des collections et archives du musée de la Viscose : objets, outils, machine, photographies et documentation et des affiches en collaboration avec le Centre du Graphisme. Des artistes art contemporain sont invités pour le regard qu’ils portent sur le travail à travers différents médium: vidéo, dessin, installation, lettre, photographie : BLUX, Estefania Peñafiel Loaiza, Régis Perray, Julien Prévieux, Dominique Torrente.

A cette occasion sera présenté un triptyque sonore A.B.I. Allure(s). Bascule(s). Intervalle(s) de Laurent Sellier ( compositeur et artiste sonore) réalisé pour l’exposition. Un projet pour faire entendre des voix, la mémoire pour témoigner, raconter, baliser le temps.

L’exposition est née d’une interrogation sur l’importance du travail et sa relative invisibilité dans le champ des arts. Enjeu sociétal, individuel, le travail fait et défait la destinée, d’aucuns le considérant comme leur vie même, le signe de leur identité, le gage de leur liberté et non comme une simple obligation matérielle. Si le labeur donne bien lieu, de la part des artistes à une représentation, une part en demeure insaisissable, imperceptible.

Les œuvres présentées témoigneront de la vision du travailleur, d’une mémoire ouvrière, mais aussi de l’artiste dans sa relation au travail et au monde. L’exposition souhaite questionner les nombreuses résonances politiques, psychologiques, culturelles relatives au travail. La représentation du travail cimente encore le mythe du corps constructeur, un corps forcément occupé. Le mot travail tire son nom du bas latin triplanium qui désigne instrument de torture. Depuis la haute antiquité, la représentation du travail humain montre un désir de description de l’activité, du statut de l’homme vissé à sa condition laborieuse. Figurer l’homme dans son travail n’a rien d’un acte mineur. Plutôt que de présenter le travail, il s’agit aussi d’en transcender le principe, la valeur et l’image souvent encombrés de présupposés moraux ou politiques. Aujourd’hui la question du travail est obsédante. Le thème du travailleur fait-il partie du passé ? Est-ce la fin de la classe ouvrière ? En voie de disparition, le travail fait l’objet d’une vision purement négativiste. Le chômage endémique, le sous-emploi, la délocalisation, la redistribution planétaire de la géographie des forces productives sont autant de réflexions sur la difficulté de donner une image signifiante du travail en ce XXIème siècle.

Qu’est-ce qui distingue l’art du travail ? Le travail fait partie de la « poésis » c’est-à-dire la production d’objet.

L’artiste est un homme qui fait son métier, en contact direct avec le monde du travail, s’introduit dans son univers devenant à son tour par intégration de la sphère de production économique, un participant. L’art, un concept même d’activité fabricatrice entre le faire et le voir.  L’art n’est pas une activité séparée, il est relié à la vie dans la société. Les œuvres présentées témoignent aussi bien de la vision de l’artiste sur le travailleur que de l’artiste en travailleur-entrepreneur. Au-delà du seul champ de l’art contemporain, l’exposition souhaite questionner les nombreuses résonances géopolitiques, psychologiques, culturelles du travail à l’heure actuelle. Enjeu sociétal et individuel, le travail fait et défait la destinée, d’aucuns le considérant comme leur vie, leur identité, le gage de leur liberté.

Élisabeth Chambon

Conservateur en chef du patrimoine