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Sorties / Culture
Compte rendu de sortie - Le Léman Juin 2004

«  Le Léman : trait d’union ou frontière ? »

Relations transfrontalières et aménagement du territoire :

La gestion de l’eau, la mise en place d’un programme interreg.

2003, année internationale de l’eau nous avait permis d’organiser une première sortie en septembre sur ce thème au Musée de l’Eau à Pont en Royans. Le sujet était loin d’être épuisé et les participants avaient souhaité poursuivre et élargir les réflexionsultérieurement. Les journées d’études de juinont été l’occasion d’une migration Sud – Nord et de la découverte de la rive française du Léman.

 

Vendredi 11 juin : la gestion internationale de l’eau.

Rendez vous est pris le matin à la station d’hydrobiologie lacustre de l’INRA à Thonon les Bains. La station compte une quarantaine de personnes, la moitié étant des scientifiques ou des ingénieurs. Lesbâtiments (bureaux, laboratoires, ateliers) ainsi qu’une pisciculture expérimentalesont situés dans un parc très agréable au bord du lac. Le port privé abrite les bateaux qui servent aux prélèvementset aux mesures en acoustique.

 

Jean Claude DRUART, ingénieur, nous accueille à 9h. Une vidéo d’introduction permet d’appréhender les pôles de recherches de la station :

-Le bassin versant et la qualité des eaux : l’eutrophisation du Léman comme celle des autres lacs alpins a été une préoccupation dès la création de la station. Le travail des scientifiques se fait dans le cadre de la CIPEL (Commission Internationale de Protection des Eaux du Léman)

-La gestion des ressources piscicoles lacustres.


Jean Paul DUBOIS, chercheur, présente « la pêche dans le Léman »

Le Léman est une entité naturelle, une zone frontière, un espace de circulation et d’activités. Pêche et tourisme sont étroitement liés et la demande des restaurants en poissons du lac, ne peut être satisfaite par les seules prises des pêcheurs professionnels.

L’historique de la pêche dans le lac montre quecelle ci dépend de l’évolution de la législation, de l’apparition de nouvelles techniques, des changements intervenus dans la société et du statut des pêcheurs, des aléas climatiques et politiques.


Guy BARROIN, chercheur, spécialiste entre autres du phosphore dans le lac, complète l’exposé précédent par une présentation de « La gestion concertée  des eaux de surface : le Léman »

Depuis 1960, la CIPEL, Commission Internationale Pour La Protection des Eaux du Léman, formée d’élus et de hauts fonctionnaires français et suisses, finance et coordonne des recherches scientifiques. Elle dresse chaque année un bilan de santé et entreprend des actions pour limiter ou supprimer les sources de pollution.Le rapport annuel s’adresse aux spécialistes. La CIPEL édite également un bulletin d’information mensuelplus accessible « la Lettre du Léman » et propose pour les enseignants et leurs élèves (collèges) une mallette pédagogique.

CIPEL, 23, av.de Chailly CP80 CH 1000 Lausanne 12

www.cipel.orgE-mail : cipel@cipel.org

Guy Barroin insiste sur la nécessaire complémentarité entre partenaires institutionnels et associations. L’association franco-suisse ASL (Association pour la Sauvegarde du Léman, crée en 1980) a entrepris des actions de sensibilisation des habitants de tout le bassin lémaniqueaux problèmes de pollution, fait pression pour obtenir l’interdiction des phosphates dans les lessives(effective en Suisse depuis 1986), a lancé l’ « Opération Rivières Propres », l’ « Opération Léman Rives Propres », la Charte de l’Eau, Lémano.http://asleman.org

 Midi : Le pique nique dans le parc de l’INRA est placéaussi sous le signe de l’eau, mais l’averse n’entame en rien la bonne humeur des participants. Une pause café au port de Rives, et nous nous dirigeons vers l’écomusée de la Pêche et du Lac.

Pour en savoir plus


Après midi : trois temps forts.

 - l’écomusée de la pêche et du lac au port de Rives, visite commentée par Gilles Bondaz.

Le musée a été crée en 1987. Il occupe les anciennes guérites de pêcheurs professionnels. Certaines de ces maisonnettes aux couleurs vives sont encore utilisées aujourd’hui. Les barques à moteuront remplacé les « naus » d’autrefois ; si les nasses sont les mêmes, les filets sont maintenant en nylon mono-filament, invisibles pour les poissons. Ils nécessitent toujours le même soin. « Petit-Jean », figure locale thononaise et authentique pêcheur professionnel, refait pour le plaisir des badauds que nous sommes les gestes de toujours.

L’intérieur offre une intéressante collection d’outils et de matériel de différentes époques. Trois aquariums permettent d’observer ombles, féras, perches, carpes,gardons et ablettes. Un petit bassin dans une autre guérite, alimenté par la source proche, abrite quelques spécimens d’écrevissesaméricaines qui ont colonisé le lac récemment. Les oiseaux du lac ont également leur vitrine. L’espace restreint est utilisé au mieux, et les collègues qui souhaitent venir avec des élèves, par exemple dans le cadre d’IDD peuvent bénéficier de visites et de dossiers pédagogiques.

(S’adresser au Service Culture et patrimoine de la mairie de Thonon les Bains - 74 200,

tél. 04 50 70 69 49fax04 50 70 69 54)


- « La frontière, histoires de contrebande » - exposition 2004 au Musée du Chablais.  

Une mise en jambe pour les plus courageux, ou l’option funiculaire, permettent de gravir la terrasse de 30m sur laquelle est construite la ville de Thonon. Les sous-sols duChâteau de Sonnaz abritent le Musée du Chablais depuis 1953, mais dans les années à venir les collections devraient trouver une place de choix et un espace plus vaste au Château de Rives.

L’exposition temporaire est au cœur des préoccupations de nos deux journées et nous avons la chance de bénéficier d’une visite commentée par les auteurs de l’exposition, Gilles Bondaz et le douanier Jérôme Philippou. C’est l’occasion d’un retour sur les particularités de cette région frontalière (la notion de zone douanière héritée de la période napoléonienne). La présentation d’objets détournés de leur vocation première pour cacher les produits de contrebande montre l’ingéniosité mise en œuvre depuis que la frontière existe pour contourner la réglementation. Cette partie de cache-cache perpétuelle entre douaniers et contrebandiers est illustrée de manière humoristique par des aquarelles originales de J. Philippou et par un astucieux scénario-diaporama. (Exposition jusqu’au 31 octobre 2004, visites guidées et ateliers pédagogiques possibles, livret de l’enseignant - S’adresser au Service Culture et patrimoine de la mairie de Thonon).

- sortie commentée par Gérard BALVAY en bateau « le Colibri »

Nos adhérents ont non seulement le jarret alpin, mais aussi le pied "marin". C’est sans appréhension que nous embarquons à bord du « Colibri » pour une analyse de paysage de la rive française, et une synthèse des connaissances sur le lac. Gérard Balvay, ancien directeur de la station de l’INRA, se révèle excellent pédagogue. Rien ne manque, tout coule de source, bien sûr ; des méduses du lac conservées dans le formol, des échantillons de phyto- et zooplancton, circulent dans l’assistance…médusée ! Le résumé de l’intervention et les références bibliographiques sont distribuées à bord. (cf. l’article de G. Balvay : Le Léman, un océan de vie, au service de l’Homme, à la merci de l’Homme).

Article de G Balvay

Soirée : au Centre International de Séjour de Thonon les Bains

«  Espaces protégés – espaces menacés »Denis JORDAN, chargé de mission à ASTERS (Agir pour la Sauvegarde des Territoires et des Espèces Remarquables et Sensibles)

Naturaliste autodidacte passionné, chargé de dresser l’inventaire des espèces rares, dignes d’être protégées dans le département, D. Jordan a sélectionné environ 80 diapositives pour illustrer les différents types de biotopes rencontrés entre le delta de la Dranse (2ème réserve naturelle crée en Haute Savoie), et le Mont de Grange (2450m) faisant l’objet d’un arrêté de biotope, et recensé « site Natura 2000 »

Il est aisé de comprendre qu’il faut impérativement protégerla sterne pierregarin qui s’arrêtait dans les îlages de la Dranse, ou le grand Tétras, (1 ou 2 individus) présents seulement dans les montagnes de Haute Savoie pour la France alpine. Pourtant,les minuscules et rares champignons de la garride de la Dranse, tout comme les orchis ou ophrys des milieux humides menacés sont aussi d’un grand intérêt. L’éducation à l’environnement du citoyen passe aussi par la formation des enseignants. Tous ne seraient-ils pas encore parfaitement réceptifs ?


Samedi 12 juin : La région lémanique, un espace frontalier

Genève et Chablais, des histoires mêlées

Matinée au Centre International de séjour : table ronde – débat

·Marie Lise LETHENET, chargée de la communication présente le programme INTERREG III-A France-Suisse, Ces programmes visent à renforcer la cohésion économique et sociale au sein de l’UE par la promotion de la coopération transfrontalière (volet A). Le territoire est l’Arc jurassien et le Bassin Lémanique, c’est à dire pour les territoires éligibles : Ain, Doubs, Jura, territoire de Belfort, Haute Savoie, les cantons suisses de Berne, Genève, Jura, Valais, Vaud, Neuchâtel.

4,5 millions d’habitants sont concernés, 55% côté suisse, 45% côté français. C’est le 3èmeprogramme. Il court sur la période 2000 – 2006.

Les aides s’élèvent à 20,7 millions d’€ apportés par le FEDER, et 5,11 millions d’€ apportés par la confédération suisse.

3 axes ont été définis :

- aménagement concerté de l’espace transfrontalier (par exemple transports et communication),

- coopération et valorisation des ressources naturelles, culturelles, touristiques et patrimoniales

- favoriser les échanges dans les domaines de l’emploi, de la formation et améliorer l’environnementéconomique.

La technicité de l’exposé n’est pas une difficulté car chaque participant peut suivre les étapes sur labrochure « guide du porteur de projet ».

Pour plus de renseignements :

INTERREG III-A France-Suisse Espace lémanique - Site d'Archamps - 74166 Archamps -

Tél04.50.95.06.38 Fax 04.50.95.06.42 www.interreg3afch.org

·Monsieur GICQUEL, directeur de l’Office de Tourisme de Thonon, et président de l’association« Léman sans frontière » illustre comment peut se matérialiser la coopération transfrontalière en matière de tourisme. L’association crée en 1995, a bénéficié des aides « Interreg ».On estime que le nombre de visiteurs de la région lémanique s’élève à 15 millions/an (pour mémoire, Disney à Marne la Vallée : 12 millions/an) La durée moyenne des séjours est de 2,5 jours pour le côté suisse, de 6 jours pour le côté français. La coopération doit amener les touristes à circuler autour du lac, et à revenir. Aucun site ne pouvant prétendre à fidéliser seul la clientèle, il est souhaitable d’éviter la concurrence et de travailler en synergie. La plaquette « Léman sans frontière : 37 sites en or » est une première étape.

www.leman-sans-frontiere.com

·Bernard Ducret, notre collègue du lycée Gabriel Fauré d’Annecy, apporte un éclairage personnel fort intéressant sur les relations franco suisses qu’elles soient individuelles ou institutionnelles : relations de séjour, de travail, de chalandise, santé, universités, transports… (voir son article sur le site de la régionale). Il en ressort qu’en dépit des idées reçues sur l’effacement de frontières en Europe, celle qui sépare Genève des départements français reste quotidiennement très présente et contraignante. L’exposé est richement documenté et illustré de croquis. Le ton humoristique ainsi que le parler savoyard – que d’aucuns ont supposé quelque peu …"accentué" en la circonstance – font les délices de l’auditoire.

Notre grand regret, un malencontreux quiproquo sur le lieu de notre table ronde qui nous a privé de la participation du Professeur Paul Guichonnet, pourtant venu, mais en vain, à Thonon. Nous en sommes immensément confus et lui renouvelons nos excuses.

Après midi :

·Châteaux des Allinges : Depuis la colline (712m) qui domine le Chablais, la vue embrasse presque la totalité du lac, et le site est idéal pour une lecture de paysage : en toile de fond, le Jura et les molles ondulations du plateau suisse, servent d’écrin au Petit Lac et au Grand Lac. La pointe d’Yvoire marque la limite entre la partie dite jurassienne et celle dite périalpine. La baie d’Excenevexs’enorgueillit de l’unique plage de sable du Léman, de dunes fossiles, et d’une buxaie exceptionnelle. A nos pieds, s’étendent,les terrasses de kame (3, 10 et 30 m) sur lesquelles est construite la ville de Thonon, les vallums morainiques, les « vouas » (dolines périglaciaires),la saillie du delta de la Dranse.

·Du Château Vieux édifié au Ve siècle par les Burgondes, il ne reste que quelques pans de muraille imposante. LeChâteau neuf, construit au Xe siècle, n’a pas connu de meilleure fortune. Mais la chapelle qui recèle les fresques les plus anciennes de Savoie a miraculeusement résisté aux guerres et aux outrages du temps. De 1594 à 1595, François de Sales y a trouvé asile. L’endroit, devenu depuis le XIXe siècle lieu de pèlerinage salésien, était donc tout indiqué pour faire revivre l’odyssée du saint protecteur du Chablais. Le père Hyacinthe Vulliez, auteur de « Saint François de Sales : l’amour au cœur » (éditions du Vieil Annecy 2002) retracela vie de l‘évêque de Genève (1567 – 1622) dans le contexte troublé de la Contre-réforme catholiqueet des difficiles relations de Genève et du Chablais.

 

·Le dernier rendez vous nous ramène à Thonon, pour une visite pédestre guidée par Joseph TICON, président de l’Académie Chablaisienne. Il reste peu de vestiges de l’époque médiévale ou moderne, des châteaux (Rives, Sonnaz, et bien sûr Ripaille). De nombreuses congrégations religieuses étaient installées dans la capitale chablaisienne.

Celle des Visitandines créée par Sainte Jeanne de Chantal existe toujours à l’extérieur de la ville, les bâtiments du centre ville abritent aujourd’hui l’office de tourisme, la bibliothèque municipale et le siège de l’Académie Chablaisienne. Nous terminons ces 2 journées par la visite de la bibliothèque de l’Académie où nous restons éblouis par de véritables trésors : cartes de Cassini, manuscrits de François de Sales, aquarelles panoramiques d‘Helbronner depuis le sommet du Mont Blanc, cartes du Mont Blanc de Viollet-Le-Duc. C’est avec difficulté que nous nous arrachons à la magie du lieu, et certains se promettent déjà de revenir.

Ces journées furent passionnantes et très riches. Elles ont été l’occasion d’approcher des domaines complémentaires des nôtres, que tous les intervenants, spécialistes, ont partagé avec bonheur. Que tous soient ici chaleureusement remerciés !


Date de création : 05.12.2006 @ 5:37 PM
Dernière modification : 05.12.2006 @ 5:37 PM
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