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IXe Agoras - Gilles Laurent :Grenoble, un nouveau modèle d'urbanisme : repenser les friches militaires et industrielles, l'innovation urbaine, (éco-quartier de Bonne, Bouchayer-Viallet, Esplanade)
 Grenoble, un nouveau modèle d'urbanisme : repenser les friches militaires et industrielles, l'innovation urbaine, (éco-quartier de Bonne, Bouchayer-Viallet, Esplanade)

 

L'objet de la visite est le nouvel éco-quartier de la caserne de Bonne, mais nous avons aussi visité le quartier de l'Institut de Géographie Alpine et les réhabilitations en cours des anciennes zones industrielles le long du Drac, le tout sous la conduite de Gilbert Perrin.


Quartier de l'IGA

Nous prenons le tram vers la caserne de Bonne, c'est l'occasion de découvrir le quartier de l'IGA. L'IGA lui-même et les immeubles à l'arrière (groupe Vigny-Musset) datent de 2003 (site d'un ancien aérodrome). Au sud, les immeubles du village olympique (l'avenue Marie Reynoard où se trouve l'IGA a servi de cadre au défilé olympique en 1968). A l'Est, La Villeneuve, édifiée à la fin des années 60 dans les champs. Un nouveau quartier a aussi été construit plus au sud sur Echirolles, et un immense centre commercial s'est logé entre les deux. Dénommé « Grand'Place », il prétendait devenir le nouveau centre de Grenoble ! La Villeneuve a eu une vie associative riche et autonome (par rapport à Grenoble) mais aujourd'hui en déclin du fait du développement de la pauvreté et des communautarismes.

Entretemps, la population grenobloise a évolué : ouvriers dans les années 60, ingénieurs et cadres aujourd'hui, qui recherchent plutôt un habitat de haut niveau dans des quartiers périphériques...

Evolution des conceptions urbanistiques : La Villeneuve : grands ensembles ouvrant sur des espaces verts publics ; Vigny-Musset : blocs d'immeubles enserrant un jardin privé collectif ; actuellement, comme on le verra à Bonne, les jardins font certes partie de la copropriété des immeubles et sont d'accès privé, mais sont visibles (grille) vers l'extérieur.


Caserne de Bonne

Nous avons été reçus par M. Longevialle, Adjoint au Maire chargé de l'Urbanisme, qui nous a accompagnés sur le site après une présentation générale.

Le site, autrefois adossé aux fortifications, était une ancienne caserne sur 8,5 ha, entourée de hauts murs et complètement isolée du quartier. La caserne a été entièrement détruite le 2-12-1943 par la Résistance, au cours du terrible automne 1943 connu sous le nom de "Saint Barthélemy grenobloise" (vague d’arrestations par les forces d’occupation allemande après la manifestation interdite du 11 novembre et la destruction par les Résistants du Polygone militaire dans la presqu'île).

Ce terrain abandonné par l'armée en 1994 a été racheté par la Ville pour en faire le premier éco-quartier d'Europe en centre ville, qui vient de recevoir le Grand prix national Ecoquartier 2009 (Avec d'autres, le quartier Vauban à Fribourg est précurseur mais en périphérie).

Grenoble cumule les difficultés de construction : étroitesse des lieux enserrés de montagnes (ce qui en fait la ville la plus dense de France avec Paris et Boulogne), mauvais terrain (remblaiement post-glaciaire), nappe d'eau à 2m de profondeur, forte amplitude de températures été/hiver, zone sismique, …

Un vrai écoquartier n'est pas seulement un habitat novateur économe en énergie, c'est aussi un quartier conçu pour pouvoir tout faire sans voiture (les transports sont aussi importants que le chauffage dans les émissions de gaz à effet de serre des familles). De fait, le stationnement est limité à 1 place par logement (0,8 pour les logements sociaux, 0,4 pour les étudiants) et le tramway passe à côté. Le quartier limite l'étalement urbain (densification de la ville) tout en gardant des espaces verts importants et des immeubles limités de 4 à 7 étages au lieu de 9 à 10 étages le long des Grands Boulevards voisins, urbanisés après guerre (avec une technique béton « Vicat » spécifique à Grenoble). Cette conception est désormais la norme dans tout Grenoble, y compris pour l'habitat existant.

Commencés en 2004, les travaux seront finis en 2011 et 90% du quartier est déjà habitable. Des cheminements piétons traversent le quartier et même le centre commercial, en prolongement des rues voisines. Un parc central de 5 ha avec jeux d'enfants attire beaucoup de promeneurs d'autres quartiers. Le but est de faire revenir des familles en centre ville : 850 logements, 40% de logements sociaux répartis dans les différents immeubles, résidence étudiante, foyer de retraités, centre commercial de 1700 m², bureaux, 3 salles de cinéma d'art et d'essai, une résidence seniors avec services adaptés, hôtels ****, école primaire « Lucie Aubrac » HQE de 15 classes, et même un bâtiment à énergie positive (les autres sont aux normes basse consommation avec 5 ans d'avance sur la réglementation : cogénération gaz (chauffage+électricité), chauffage urbain partiellement au bois,...). Les habitants et gestionnaires des immeubles sont formés au mode d'emploi de ces nouveaux concepts, et un retour d'expérience sera réalisé dans 2 ans avec eux.

Grenoble souhaite développer la filière bois non seulement pour le chauffage urbain, mais aussi pour la construction (immeuble de 5 étages en cours par un grand groupe BTP).

90% des matériaux de démolition ont été recyclés sur place ce qui a évité 10000 rotations de camions.

Les immeubles ont un jardin privatif mais visible de l'extérieur. Certains logements en étage ont un accès extérieur par un couloir-terrasse, espace non chauffé (donc gain énergétique), pouvant servir d'espace convivial entre voisins en été.

Le centre commercial a été ouvert il y a 6 semaines. Déjà 20% de clients de plus que prévu, et 95% viennent à pied : le parking de 350 places est à moitié vide. Malgré les jérémiades du groupe Casino chargé de sa construction, la Ville a maintenu fermement son programme : pas de climatisation (mais un rafraîchissement fourni par la nappe d'eau), éclairage naturel, cheminements piétons traversants, 1000 m² de capteurs solaires, architecture coordonnée entre le nouveau bâtiment et l'ancien bâtiment militaire etc... L'ensemble est très réussi et attire les clients... et les enseignes (Vieux Campeur, etc...).

La Ville a fortement ressenti les réticences à toute innovation. Elle rappelle que, au début des années 1980, la première ligne de tramway, soumise à référendum, a été approuvée par seulement 51% de oui avec une participation de 17%, autrement dit un jeu de hasard. Alors qu'aujourd'hui le réseau de tramway est plébiscité et a permis une rénovation urbaine en profondeur.

Le projet est équilibré pour la Ville (40M€ de dépenses, 41 M€ de recettes).


Plus d'infos www.debonne-grenoble.fr

et http://www.iar.univ-cezanne.fr/Fiches%20DD%20OK%2003-07/GRENOBLE%20Quartier%20ZAC%20de%20la%20Caserne.pdf


Pour la petite histoire politique locale, le projet de la caserne de Bonne a été initié en 2000 sous la direction de l'adjoint à l'urbanisme Vert de cette époque. Vu qu'il était intransigeant sur ses idées, il s'est opposé au Maire sur plusieurs dossiers, notamment le Stade des Alpes dont la construction a détruit plusieurs arbres du parc. De ce fait la nouvelle majorité en 2008 (3è mandat du Maire M. Destot) est PS-Modem, les Verts étant exclus. L'adjoint à l'urbanisme est désormais Modem et a repris le projet en charge. Mais si celui-ci a eu 5 ans d'avance sur les conceptions urbanistiques économes en énergie, c'est bien aussi parce que l'adjoint Vert a su être directif en lien avec ses convictions tout au long de l'étude....

L'UMP locale demeure affaiblie suite à l'affaire Carignon, compromis dans les contrats de gestion de l'eau. Même les quartiers réputés bourgeois votent PS... et Grenoble a repris la gestion de son eau en Régie, ce qui en fait une des rares agglomérations de France à gérer en Régie Municipale, son eau, son gaz, et son électricité !! (ce qui facilite d'autant les retours d'expérience en consommations d'énergie des habitants et la mise en place de programmes d'économies).


Friches industrielles le long du Drac

Le Grenoble médiéval s'est bâti sur des îles dans le delta du Drac, l'expansion industrielle du XIXè s'est faite vers l'ouest (gare, habitat ouvrier et usines (textile, agroalimentaire, métallurgie) : quartier des Eaux Claires jusqu'au Drac), puis après 1945 et la démolition des remparts, l'extension a continué au sud des Boulevards.

A proximité de l'arrêt de tram C Vallier-Calmette, une église en bois surélevée (célèbre pour son acoustique) et des logements construits sur les terrains de l'ancienne usine Lustucru. On voit bien l'intersection du cours Jean Jaurès surélevé, qui forme une digue par rapport aux inondations de Drac. En haut du Vercors on devine le tremplin olympique à 1000 m d'altitude : inutilisé par manque de neige.

Les immeubles le long de l'autoroute (Rue Dr Greffier) sont protégés d'un grand talus de terre. De fait c'est un coin paisible et bien caché. Mais les constructions fermées sur leur propre parc ne permettent pas de passages piétons, donc nous rejoignons la rue Ampère. Cette rue longe les anciens bâtiments de la chocolaterie Cémoi (vous vous souvenez ? Un timbre de collection dans chaque tablette... hmmm !) (conversion en cours en pépinière d'entreprises, dont le nom reprend les initiales C.E.M.O.I.) jusque la friche Bouchayer-Viallet. Dans ces "cathédrales industrielles" furent construites bon nombre des conduites forcées destinées à domestiquer l'énergie hydraulique des Alpes. Une grande halle parallèle au Drac a été conservée comme pépinière d'entreprise et atelier d'escalade. Une autre abrite des œuvres d'art contemporain (souvent volumineuses). D'autres ont été démolies et broyées sur place en vue de réutilisation sur site. Un coin « alternatif » rappelle l'esprit de Christiania à Copenhague (fresque de tags décoratifs, ...). Les autres terrains sont en cours de réaménagement en logements. Le portail monumental (en ferronnerie bien sûr) marque toujours l'entrée, et l'ancienne voie ferrée d'accès se dessine en pavage au sol, vers le cours Berriat.


C'est le tram ligne A qui y roule maintenant, et qui nous ramène au CRDP pour une pièce de théâtre... révolutionnaire !



Gilles LAURENT 1 Rue Ravel 59650 VILLENEUVE D'ASCQ gilles.laurent-va@sfr.fr


Date de création : 16.05.2012 @ 8:23 PM
Dernière modification : 16.05.2012 @ 8:23 PM
Catégorie : IXe Agoras


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