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Compte rendu de sortie - 2007 - Campagnes lyonnaises

Les journées d’étude de l’APHG de Grenoble, 8 - 9 juin 2007

 

« Campagnes lyonnaises »

mise en valeur et mutations : la diversité des modèles

Dombes - Beaujolais - Monts du Lyonnais

[consulter le diaporama de P. Foucras]

Problématique : la transformation des campagnes dans l’orbite de la métropole lyonnaise, passé, présent.

 

Les journées de juin de la Régionale, les 8 et 9 juin dernier, ont conduit les participants de la Régionale de Grenoble sur les confins de la métropole lyonnaise (Dombes, Beaujolais et Monts du Lyonnais) pour étudier les transformations des campagnes dans l’orbite de la métropole : quelles adaptations, la diversité des modèles.

Notre « petite troupe » était heureusement un peu plus nombreuse qu’à Sestrières l’an dernier. Chacun y a, semble-t-il, trouvé son compte tant les expériences évoquées étaient intéressantes et les communications vivantes et convaincues.

Nous vous proposons ici la relation que notre ami Gilbert Perrin a bien voulu en faire.  Profitons-en pour remercier encore les personnes que nous avions sollicitées et qui nous ont apporté leur concours : MM. Jean-Luc Payet-Pigeon, Joseph-Pierre Sève, Mme Jacqueline Fournet, MM. Michel Rougier, Jacques Cribier, Jean-Jacques Mondelain, Jean-Luc Ronzon, Mme Anne-Sophie Jouvinroux (société les 3 chênes), et enfin les principaux maîtres d’œuvre de ce programme : Pierre Foucras, Michèle Poncelet, Henri Guibourdenche, Jean-Pierre Houssel et Guy De Saint Denis.

 

Le dossier documentaire remis aux participants peut être acquis par les adhérents APHG qui le désirent pour la somme de 8 € (port compris). Adressez votre demande à : isabelle.puig@ac-grenoble.fr

Les campagnes au nord et à l’ouest de Lyon

L’expansion de la métropole lyonnaise déploie ses tentacules vers les confluences, véritables deltas intérieurs (Ain Rhône et Isère Rhône) à la rencontre des Alpes. Lyon repousse ses contraintes de circulation vers l’espace multimodal de Saint Exupéry et la plaine de l’Ain (01), ses relais portuaires vers Villefranche sur Saône et Roussillon (38), ses grands axes, rocade autoroutière, TGV Méditerranée vers les plaines au Nord, à l’Est et au Sud. Au confluent des deux siècles, les hauteurs du Nord-Ouest et le plateau de la Dombes sont également convoités. Quelles ruralités peuvent s’y maintenir ou se combiner avec la métropolisation de la Loire à l’Ain ?

 

Le plateau de la Dombes entre Saône et Ain subit des pressions remontantes depuis ses costières.

L’urbanisation périphérique est drainée par le triangle autoroutier, mais profite de l’axe Sud-Nord, Lyon, Villars les Dombes, Bourg en Bresse. L’axe Est-Ouest, (Meximieux, Villars, Villefranche sur Saône, et Châtillon sur Chalaronne plus au Nord) restant plus modeste. Jean Luc PAYET – PIGEON, de St Nizier le Désert, pratique plusieurs activités autour des étangs : les marnes argileuses bleues forment un sous sol imperméable, mais le dépôt limoneux permet des cultures en « assec » alors que les étangs en eau douce favorisent la pêche (grenouille, écrevisse, poissons d’étang, malgré les difficultés marchandes de la carpe) et la chasse. Il faut se soumettre aux directives européennes et se prémunir d’espèces végétales et faunistiques nuisibles.

 

Rencontre à Ars avec Mme Jacqueline FOURNET, maire de Jassans-Riottier, et Pierre SEVE, conseiller municipal à Villars les Dombes, vice président de Dombes Qualité (remplaçant au pied levé M. Albert THIEVON, président des Chambres d’agriculture de l’Ain et de Rhône Alpes, empêché) :

Le pays (SCOT) de la Dombes veut conserver son identité rurale mais coordonner les progressions de la métropole lyonnaise.

·Il faut éviter la dispersion urbaine en milieu rural, densifier les centres desservis par les transports en commun : Lyon veut dissuader l’expansion de l’automobile, favoriser les relais logistiques à l’extérieur, et valoriser le trafic par TER (vers Mâcon, vers Bourg, vers Ambérieu). Déjà les communes mitoyennes de Neuville sur Saône à Mionnay et Montluel sont devenues des plates-formes logistiques pour le transport routier et l’entrepôt des marchandises.

·La pression foncière augmente à Villars et les jeunes ménages peinent à acquérir un logement dans leur pays alors que des résidents quittent l’aire métropolitaine. Il faudrait plus de petits appartements pour suivre l’évolution des familles (successions, décomposition générationnelle ou conjugale)

·L’attrait touristique de week-end doit admettre les propriétés autour des étangs, respecter les utilisations agricoles et les chasses des « soyeux lyonnais ». Le tourisme reste clairsemé, des terrains agricoles disparaissent.

·Un parc naturel régional en Dombes serait souhaitable pour coordonner les efforts localisés sur les flux de migrations d’oiseaux. L’écologie européenne pourrait soutenir l’identité du plateau des étangs qui se méfie encore des intrusions du val de Saône (frontière médiévale) et se différencie des autres « pays » du premier département (Bresse, Bugey, pays de Gex). Les liens des nouveaux habitants attachés au pôle lyonnais avec les anciens qui maintiennent les festivités traditionnelles restent difficiles. Une synergie douce et respectueuse reste à construire.

 

Des coteaux du Beaujolais au val de Saône :

L’axe Paris-Lyon quadrille ce pays par des voies ferroviaires et (auto)routières. Villefranche apparaît comme la porte nord de Lyon : barrières A6-A46, la nationale 7 sépare les Monts du Beaujolais de ceux du Lyonnais. Depuis 1807, l’axe télégraphique de Chappe reliait Paris à Lyon et se dispersait vers l’Italie, via le Fréjus et vers Marseille. Ce système de signaux optiques codés utilisait des tours relais sur les hauteurs du Beaujolais. Les informations étaient décodées à Lyon. Le système fonctionnait à Marcy (musée) jusqu’à son remplacement par le télégraphe électrique Morse. Le secteur reste un site d’innovations pour le rail, l’autoroute, le TGV, ce qui contrarie les liaisons locales de l’Ouest montagneux aux plaines de Saône et l’aménagement des villes relais.

 

Les 10 crus du Beaujolais se conjuguent avec 12 appellations dans 3 zones de vignoble descendant en escalier vers la Saône mais regroupent un seul cépage au jus blanc, le gamay noir. Ce cépage subit plusieurs crises (1709, 1860, après 2000) et génère un métier polyvalent (planteur, vinificateur, commerçant) : 20% de vente directe, 40% par les caves, 40% par les négociants.

La réputation du vin a évolué : autrefois réservé au clergé et à la bourgeoisie lyonnaise, il se popularise après 1907. En 1950, les administrations d’Etat imposent une date fixe de livraison. En 1983, le 3ème jeudi de novembre devient une notoriété nationale et mondiale.

Le reflux de la viticulture est provoqué par la concurrence mondiale et un rejet des habitudes. La question foncière s’amplifie par l’arrachage et le désengagement des propriétaires lyonnais. Les plans d’occupation des sols sont menacés par une rurbanisation du coteau viticole.

 

Les hauteurs des Monts du Lyonnais se distinguent de l’avant pays à l’Ouest de Lyon. Du Mont d’Or à la basse vallée de l’Yzeron s’est constituée la banlieue aisée de la métropole et maintient un site panoramique verdoyant de faible densité urbaine. Les riverains refusent une rocade ouest pour compléter la rocade est surchargée et éviter l’engorgement routier des tunnels sous la Croix Rousse et sous Fourvière.

Le SIMOLY, Syndicat Intercommunautaire des Monts du Lyonnais se distingue en regroupant 3 cantons ruraux d’altitude moyenne : St Laurent de Chamousset, St Symphorien sur Coise et Chazelles sur Lyon.

Jean Pierre HOUSSEL, professeur émérite à l’université de Lyon II, évoque la promotion collective du Haut Pays grâce à la communauté (Jeunesse Agricole Chrétienne) et par l’éducation catholique après 1950 relayée par le CNJA. Ce Haut Pays reste ouvert à l’innovation et aux technologies nouvelles ce qui permet d’anticiper les étapes d’un redéploiement économique progressif.

Le maire de Villechenève, M. Jacques CRIBIER ( www.villecheneve-france.com ),inaugure sa nouvelle mairie et valorise l’ancienne par des locaux associatifs et scolaires. 20 associations, 95 enfants scolarisés et utilisateurs d’internet. Le secteur commerçant survit, l’exode urbain s’accroît alors que le foncier reste maîtrisé. Les nouvelles populations participent à la vie locale. La voie express Lyon – Roanne ne transformera pas la commune en cité dortoir. Des entreprises de pépinières en essaimage maintiennent le travail au pays.

Ce pôle d’excellence rurale est rattaché au bio-pôle de Lyon : cultures biologiques, marché des veaux, industries alimentaire et parapharmaceutique. Des ateliers relais développent en éventail des activités innovantes et diversifiées. On valorise la marque « Monts du Lyonnais ». L’agriculture s’oriente vers l’élevage naisseur, la production de fruits rouges permet une densification agricole et la pluriactivité. Le tourisme renforcé le week-end s’appuie sur la restauration, les sentiers paysagers, un centre nautique, des activités douces (vélo, accro sport…). Les problèmes de distribution sont contrôlés par les grandes surfaces, mais la vente directe est encouragée par le panier AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne).

Un parc d’activités innovantes (Axone) maintient le secteur secondaire en relation avec les réseaux internationaux dans un créneau de pointe.

Les Monts du Lyonnais conservent leur autonomie au dessus de la métropole Rhône-Alpes.

 

Gilbert PERRIN


Date de création : 16.10.2007 @ 5:46 PM
Dernière modification : 09.02.2010 @ 10:12 PM
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