|
Les citations proposées par Mathilde Dubesset |
- Révolution
française
Condorcet,
"Sur l'admission des femmes au droit de cité", Le journal de la
Société de 1789, juillet 1790 "Il serait difficile de prouver que
les femmes sont incapables d'exercer les droits de la cité. Pourquoi des êtres
exposés à des grossesses ou des indispositions passagères ne
pourraient exercer des droits dont on a jamais imaginé de priver les gens qui
ont la goutte tous les hivers ou qui s'enrhument aisément".
Olympe de Gouges,
Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, 1791
"La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également
celui de monter à la tribune", article 10.
Pierre Guyomar,
député à la Convention, avril 1793 : "L'exclusion des femmes est-elle
motivée par leur présence nécessaire dans leurs ménages ?... il
faudrait alors la prononcer contre tous les hommes dont la présence est aussi nécessaire
dans les ateliers".
-
1848
Jeanne Deroin
dans L'Opinion des femmes, mai 1849 : "Une assemblée législative
entièrement composée d'hommes est aussi incompétente pour faire les lois qui
régissent une société composée d'hommes et de femmes que le serait une
assemblée entièrement composée de privilégiés pour discuter des intérêts
des travailleurs".
… et hostiles aux demandes des
femmes :
Ernest Legouvé,
conférence au Collège de France, avril 1848 : "Les femmes ne sont pas
faites pour être des hommes d'Etat".
Joseph Proudhon,
Le Peuple, 12 avril 1849, "Le ménage et la famille, voilà le
sanctuaire de la femme. Il y a dans la femme une essence qualitative qui creuse
entre elle et l'homme un abîme infranchissable et qui lui assigne une destinée
et des fonctions toutes différentes dans la vie sociale"
-
1884
"LES
FEMMES NE
PEUVENT PRENDRE
UNE PART
INTELLIGENTE
A
LA CONDUITE DES AFFAIRES PUBLIQUES"
« En
vain prétend-on que l'égalité civile accordée à la femme a pour
corollaire nécessaire son émancipation politique. C'est méconnaître
absolument le rôle de la femme dans l'humanité. Destinée à la maternité,
faite pour la vie de famille, la dignité de sa situation sera d'autant plus
grande qu'elle n'ira point la compromettre dans les luttes du forum et dans
les hasards de la vie publique. Elle oublierait fatalement ses devoirs de mère
et ses devoirs d'épouse, si elle abandonnait le foyer pour courir à la
tribune. Elle n'y apporterait pas d'ailleurs la modération de langage et la
netteté des conceptions, qui sont indispensables dans les usages parlementaires.
D'autre part, elle introduirait dans la famille un élément de dissolution,
qui lui ferait perdre la légitime influence qu'exerce sur le père de famille
la femme respectable, qui est l'honneur de la maison. Nulle part le rôle de
la femme ne fut mieux compris qu'à Rome ; vénérée et vénérable dans
la vie privée, la matrone romaine n'était rien dans la vie publique et
jamais elle ne songea à compromettre la majesté du foyer domestique dans la
tourbe des comices. Ces mœurs, heureusement, sont encore les nôtres et la
condamnation de la théorie que nous combattons est celle que prononce tous
les jours l'immense majorité des femmes.
On
a donc parfaitement raison d'exclure de la vie politique les femmes et les
personnes qui, par leur peu de maturité d'esprit, ne peuvent prendre une part
intelligente à la conduite des affaires publiques. II est encore fort juste
d'en chasser tous ceux qui s'en sont rendus indignes, en manquant gravement à
leurs devoirs sociaux et qui ont été frappés d'une condamnation d'une
certaine gravité ».
Extrait de la
thèse d'Emile Morlot (1884) : « De la capacité électorale » - Morlot
(1859 - 1907) sera par la suite maître des requêtes au Conseil d'Etat et député
radical de l'Aisne de 1896 à 1907.
in
Brochure pour le Cinquantenaire du droit de vote des femmes en France,
Assemblée Nationale, 1994.
-
Années 1920-1930
Louis Andrieux,
à la Chambre des députés, 20 mai 1919 : "Dans une démocratie,
ceux qui ne votent pas ne comptent pas, et
c'est une des raisons profondément humaines, pour lesquelles je vous demande de
donner à la femme le moyen de défendre son existence, celle de ses enfants,
l'avenir des siens".
Paul Valéry
en 1931, évoque le "Curieux mélange de dévotion et de cynisme avec
lequel les hommes refusent le droit de vote aux femmes" ... "Personne
n'oserait affirmer que la moyenne des femmes est inférieure à la moyenne des
hommes (...) que reste-t-il ? Quel dernier obstacle demeure ?... Il reste
la maternité. Ici l'inégalité est imposée par la nature. La loi doit à la
femme un traitement de faveur (...) Mais qui peut mieux que la femme elle-même
définir ce qu'il faut à la mère, ce qu'il faut à l'enfant ? ".
Jules Jeanneney,
président du Sénat, en 1932, à Louise Weiss : "En principe, il
serait juste d'accorder aux femmes l'égalité des droits politiques mais les
femmes que j'interroge sont indifférentes au vote".
André Tardieu,
ministre du Gt Doumergue, 1934 : "Une démocratie n'est qu'un mot
quand la moitié de la nation est privée du droit de suffrage et de représentation".
Louise Weiss
à propos de la présence de trois femmes dans le Gouvernement de Front
Populaire de juin 1936 : "Trois hirondelles ne font pas le
printemps".
-
Années 1970-1990
Les slogans des féministes du
MLF au début des années 1970 :
- "Un homme sur deux est
une femme".
- " Il y a plus inconnu
encore que le soldat inconnu : sa femme".
- "Notre corps nous appartient".
- "Le privé est politique".