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 Sujet du message: « Solutions locales pour un désordre global » de C. Serreau
MessagePosté: Mer 14 Avr 2010 20:48 
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Inscription: Jeu 7 Jan 2010 12:03
Messages: 4
Localisation: Annonay, Ardèche
« Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau

Merci, enfin une réflexion, un regard philosophique, des regards tout court et pas seulement des images en survols sublimant du nombril.
Aucune perplexité en sortant, des décisions, des choix, l’envie imminente de commander des semences chez Kokopelli, d’enfin se décider à s’inscrire aux Paniers de Cocagne, d’aller tripoter le sol du champ d’à coté…

Déception de taille : le gâchis visuel de l’effet « caméra au poing », ça tressaute partout, on en attrape le tournis, quel dommage ! Pourquoi faire amateur lorsque les moyens existent de faire pro ! Juste pour ne pas subir la comparaison avec les Super-pros ? N’importe quoi !

Le contexte, les couleurs, la poésie y sont et pas moyen de fixer correctement l’image, tant pis, on l’imagine.
Heureusement, les plans rapprochés et les portraits (nombreux, tant mieux) restent sensibles, accrocheurs et sincères.

A voir, à en causer et à faire voir.

Monique de Vérac

Jeudi 29 avril 2010 - 20h30
cinéma La Nef - Grenoble
en partenariat avec CINEDUC
Projection du film suivie d'un débat avec la réalisatrice Coline Serreau.


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 Sujet du message: Solutions locales pour désordre global
MessagePosté: Mer 26 Mai 2010 06:48 
Hors ligne

Inscription: Mar 12 Jan 2010 09:57
Messages: 9
Solutions locales pour un désordre global
de Coline Serreau. 2009. Durée : 1 h 53.

Le film de Coline Serreau est avant tout un film militant… et à ce titre un peu agaçant pour les pédagogues qui venaient explorer les possibilités d’exploitation de cette production.

Alors soyons clair : voyez ce film, il vous apportera une foule de faits et d’informations, une succession de séquences utiles pour construire un cours ou un TD par exemple. L’esprit critique dont vous ne manquez pas, vous permettra de passer du militantisme de ce film à une démarche marquée du sceau nécessaire de la laïcité. Nous ne sommes pas surs que, tel que présenté, ce film trop univoque, mobilise des jeunes vers des pratiques un peu naïvement idéalisées…tout en considérant qu’il est utile qu’ils les découvrent et les connaissent. Une lecture plus globale s’avère nécessaire…C’est l’intérêt de l’approche Education au Développement Durable… qui permet de saisir davantage ce qu’est le « désordre global ».

Solutions locales pour un désordre global…déçoit tout d’abord en ce que le propos se limite strictement au domaine agricole… un cadre un peu limité pour une approche globale. Oui… il fallait bien faire des choix !…et celui-ci n’est pas le moins significatif. Mais le film déçoit également car non seulement il se limite à l’activité agricole…mais n’aborde pas vraiment la place de celle-ci dans la ruralité. Dommage pour une approche qui se veut globale.

Solutions locales pour un désordre global…déçoit aussi en ce qu’il oppose de façon mécanique et simpliste des pratiques alternatives (toutes originales ou intéressantes et méritant réellement d’être explorées, promues et sans doute développées) et l’agriculture intensive présentée, en un réalisme fort, très légitimement accablant. Cependant, davantage de nuances n’auraient pas nécessairement altéré la qualité de la démonstration. On ne gagne pas toujours à trop simplifier.

Solutions locales pour un désordre global… déçoit encore en ce qu’il offre le plus souvent une juxtaposition de situations individuelles : tel agriculteur productiviste… tel alternatif agricole…, autant d’acteurs qui individuellement conduisent leur exploitation ou leur activité sur la base de leur conviction et de leur intérêt…Les personnes filmées, tirées d’un casting soigné, sont des personnages savoureux, originaux, marquants, au charisme incontestable et nécessaire.

Avec une balance qui penche (heureusement) du (bon) coté alternatif… face aux acteurs industrialo-agricoles. Au-delà de l’intérêt des interviews… la déception vient de ce que le « mouvement social » n’est pas pris en compte… On voit défiler des individus (Latouche, le couple Bourguignon, Rhabi,…) tous avec leur génie particulier, leurs propos accrocheurs et choisis… mais des individus solitaires et géniaux, jamais clairement des personnes inscrites dans une dynamique sociale (même très minoritaire)… Sortes d’Asterix résistant courageusement … mais dans un village plutôt dépeuplé.

Le mouvement social, même s’il est fragile, n’est pas exploré au profit de la valorisation d’individualités. Déception, qui ne vient pas de la situation sociale réelle, mais surtout des choix de la réalisatrice.

Si resituer les difficultés contemporaines au vu de considérations historiques, ne manque pas d’intérêt, ces dernières restent posées à grands traits et souvent approximatives… ce qui n’éclaire pas toujours le sens des choses! Encore un motif de déception !

Faut-il rajouter d’autres motifs de déception ? Le militantisme à des effets contreproductifs lorsqu’il devient obsessionnellement répétitif : c’est le cas du film de Coline Serreau qui, à force de vouloir enfoncer la même idée (l’agriculture alternative…ou plutôt des agricultures alternatives… comme solution pour demain !) confond répétition et démonstration. On a souvent envie d’entendre un propos contradictoire ou au moins une nuance…qui par leur présence renforceraient l’effet de conviction ! C’est l’inverse qui se produit…et l’impression de gavage finit par l’emporter comme des volailles peuvent le ressentir vers Toulouse !

Rajoutons-en encore. Si nous estimons la réalisatrice, fallait-il qu’elle se ridiculise avec un discours féministe des plus bêbête ! (et donc encore contre productif !) : la terre c’est la femme ! La labourer…c’est la violer ! Le productivisme est masculin… (J’imagine le gros tracteur symbole des grosses… …de l’agriculteur céréalier… alors que l’écolo-agriculteur n’a qu’une petite binette*…pour effleurer la terre !... La terre … la vie… la femme !...etc…)

Enfin dernière déception : la façon un peu vieillotte de filmer, dirons certains…On ressort de cette projection avec un sentiment (ah ! le ressenti ! ah ! le sensible !) de mal de mer. La caméra, souvent à l’épaule, vit au rythme de son porteur…les plans défilent à toute vitesse…et vous invitent à tenir les accoudoirs du siège… Les gros plans vous foncent dessus…et se retirent comme les vagues de la mer…alors que l’on aimerait rester un peu auprès de la blondeur de telle vache aux yeux noirs, du groin baveux d’un cochon bisouilleur, ou de l’humus grumeleux d’un terrain grouillant de vie !

Conduire vos élèves à cette séance de près de 2h, à ce documentaire militant et unilatéral risque peut être d’être contreproductif. Mais nous conseillons néanmoins à chacun de voir ce film…car lorsqu’il sera disponible dans des formats utilisables dans les classes, vous pourrez sélectionner des dizaines de séquences précieuses particulièrement intéressantes pour poser un argument, une illustration, un éclairage…et engager une réflexion et un débat.

Jean-Paul Robin, Nathalie Carenco et Rosène Charpine
Formateurs académiques en éducation au développement durable


* Pour les citadins… la binette est un petit instrument aratoire…oui oui.


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